Baguettes chinoises

J’adore la littérature asiatique. Ces cultures sont tellement différentes de la nôtre que les romans sont parfois difficiles à comprendre, mais justement, cela les rend passionnants.

Ici, l’auteur, Xinran, est une femme qui anime une émission de radio sur les femmes en Chine. Elle s’inspire des divers témoignages qu’elle a recueillis pour construire la trame de son roman. C’est un de mes romans préférés, super facile à lire, intéressant, grâce auquel on apprend des tonnes de choses, bref passionnant.

Allez, je vous raconte l’histoire…

Dans un village près de Nankin en Chine, un père est déshonoré car il n’a réussi qu’à avoir des filles, 6 filles, qu’il n’a même pas daigné appeler autrement que par leur numéro de naissance : Une Deux Trois… En effet, dans ce village, les filles sont considérées comme des baguettes, et les garçons sont des poutres solides qui seront capables de soutenir le toit des maisons. Il a réussi à marier sa fille aînée (malgré les réticences de celle-ci) à un homme vieux et influent. On lui propose pour sa deuxième le fils infirme d’un homme riche. Deux, désespérée par ce mariage dont elle ne veut pas, se jette dans le puits. L’homme riche, pas du tout gêné, propose que ce soit Trois qui épouse son fils infirme. Celle-ci décide de s’enfuir dans la ville la plus proche, à Nankin. Le roman retrace le destin de trois femmes chinoises qui cherchent l'indépendance dans une société sexisteLe roman s’ouvre sur son arrivée dans cette ville, sa recherche d’un travail. Comme campagnarde, elle ne connaît pas les usages de la ville, mais heureusement, un certain nombre de citadins, en souvenir de leurs débuts, prennent en pitié les jeunes filles arrivées de la campagne. On lui trouve un emploi dans un restaurant, et elle va gagner bien plus d’argent que n’importe quel habitant de son village. Au bout d’un an, elle ose retourner chez elle. Face à la richesse qu’elle rapporte, son père accepte de lui confier Cinq, car elle est laide et bête, on ne craint donc pas qu’elle se fasse séduire, et Six, la seule à avoir fait quelques études. Les deux jeunes filles vont à leur tour faire leurs preuves, à force de courage et d’envie de réussir. A leur retour, elles prouvent à tous que les filles ne sont pas de simples baguettes.

C’est un roman magnifique, plein d’espoir et qui propose une belle image de l’humanité. C’est un vrai plaisir de le lire, on s’attache à ces jeunes filles, qui n’ont même pas eu la chance de porter un vrai prénom, mais qui veulent vraiment changer leur destin. La lecture est facile, agréable. On découvre avec plaisir une image très intéressante de la vie populaire dans cette ville chinoise. Ce que j’aime particulièrement dans ce roman, c’est l’idée qu’il est possible de changer son destin, de choisir sa voie en quittant celle qui semblait toute tracée. Que d’espoirs !

Si vous le lisez ou l’avez lu, n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé.

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Les valises, Sève Laurent-Farjal

Sarah part en voyage scolaire à Auschwitz. Elle se sent mal, elle est brouillée avec son amie Josy, et le garçon le plus frimeur de la classe n’arrête pas de la provoquer à la fixer du regard sans cesse. Le voyage ne se déroule pas comme prévu. Pendant la visite de l’ancien camp de concentration, elle tombe sur une valise qui porte son nom de famille. 

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D’un seul coup, tout s’embrouille en elle. Pourquoi sa mère a-t-elle toujours refusé de parler de son père ? Qui est-il ? Pourquoi sont-elles seules au monde toutes les deux.

Au retour du voyage, Sarah rassemble ses forces pour poser des questions à sa mère. Malheureusement, la vie ne lui en laisse pas le temps, car sa mère est victime d’un accident de voiture le jour même. Sarah est placée en famille d’accueil.

Elle va se lancer sur les traces de son passé, aidée en cela par son professeur d’histoire, passionné de généalogie, et de ce garçon, Jérôme, qui derrière son attitude frimeuse, révèle des trésors de profondeur et de fidélité.

Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce roman, je lui décerne même un coup de cœur. Déjà, j’ai beaucoup aimé le travail autour de la mémoire, et les secrets de famille. L’auteur mêle habilement les problématiques historiques et les problématiques familiales, c’est passionnant.

Mais ce que j’ai préféré dans ce roman, c’est l’histoire d’amour. C’est très rare de trouver un auteur qui parle aussi bien de l’amour, avec tant de justesse. Elle ne tombe ni dans le côté mièvre et ridicule, ni dans la pudibonderie. Elle parle avec beaucoup de justesse de la passion vécue par des adolescents, des questions qu’ils se posent, des tourments rencontrés parfois, de l’attirance physique, du doute, du bouleversement émotionnel entraîné.

J’ai juste une petite réserve sur le côté historique. Etait-il vraiment possible d’aller en voyage scolaire à Auschwitz en 1982 malgré le rideau de fer ? Et est-ce que le travail de mémoire se faisait à cette époque comme nous le faisons maintenant ? J’ai vécu l’histoire plutôt comme celle de deux adolescents de notre époque, pourtant les besoin du récit nécessitent que cela se passe en 1982. Cela restera un point d’interrogation dans mon esprit…

Je conseille ce roman à des adolescents à partir de 13 ou 14 ans. Il fait 300 pages et se lit assez facilement.

C’était ma 4ème participation au challenge #marsauféminin organisée par Floandbooks.

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Les insurgés, Malorie Blackman

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L’histoire se passe dans un monde en guerre. Le héros vit dans l’Alliance, une sorte de groupe politique dirigé par un Haut-Conseil et dont les membres sont protégés par une armée appelée les Gardiens. La planète a été presque détruite par les manipulations scientifiques d’un peuple, qui maintenant qu’il n’a plus d’endroit où vivre, veut chasser les habitants de l’Alliance et leur voler leurs terres. Ce peuple est appelé les Croisés, et leurs membres les plus violents, ceux qui perpétuentroman jeunesse ados guerre dictature esprit critique attentats et sabotages, les Insurgés. Au contraire, les membres de l’Alliance sont pacifistes, eux dont les Gardiens ont des armes qui ne permettent que de neutraliser leurs pires ennemis, et ne les tuent jamais.

Kaspar a 19 ans, et il vient d’être reçu comme Gardien après deux ans de formation. Il défend son peuple de son mieux. Un jour, une mission tourne mal et il se retrouve désarmé et blessé face à une Insurgée, Rhéa. Cependant, contrairement à ce qu’il imaginait, elle ne le tue pas, et lui sauve même la vie. Suite à cela, Kaspar fait des rêves étranges, qui le conduisent à se poser de plus en plus de questions sur le monde dans lequel il vit.

Mon avis : Voici un roman fort et qui fait réfléchir. Il contient une certaine violence, mais malgré tout qui reste soutenable (sauf peut-être une scène). La violence vient plutôt de cette société, de ce qu’on découvre peu à peu. C’est extrêmement intéressant, et fait réfléchir à la nécessité de développer son esprit critique face aux informations qui nous sont données, même lorsqu’elles semblent tout à fait irréfutables. J’ai beaucoup aimé, et je suis sortie un peu secouée de cette lecture.

Je le conseille à des ados à partir de 14 ans, même pour ceux qui sont plutôt petits lecteurs. En effet, malgré les 342 pages, le roman se lit vite, et comporte beaucoup d’actions. En plus il n’y a qu’un seul narrateur, ce qui facilite la compréhension.

Troisième chronique dans le cadre du challenge Mars au féminin organisé par le blog Floandbooks. Chronique qui participe également au challenge Littérature de l’imaginaire organisé par le blog Ma lecturothèque.

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Tatiana sous les toits, Gisèle Bienne

#marsauféminin

Aurore vit dans un immeuble avec ses parents et son petit frère Vincent qui lui est « tombé dessus » depuis quelques mois. Aurore a du mal à trouver sa place dans la famille. Ses parents sont un peu dépassés par leur bébé, et ne comprennent pas Aurore, qui a des idées un peu roman deuil ados famille théâtre artdécalées. Un jour, une comédienne, Tatiana, s’installe dans l’appartement au-dessus de chez eux. Aurore est fascinée par cette femme, par l’univers qu’elle représente. Elle s’arrange pour la croiser le plus souvent possible dans les escaliers, et essaie de se faire inviter chez elle. On découvre peu à peu la vie d’Aurore, avec ses questionnements, ses difficultés, son histoire familiale, ses amours et amitiés. La rencontre avec Tatiana oriente l’histoire vers l’art, le théâtre, la littérature.

Mon avis : Ce roman m’a beaucoup surprise. Je l’ai trouvé assez ennuyeux au début, avec cette petite fille qui paraît superficielle de s’intéresser à la « star » qui vit dans l’appartement au-dessus d’elle. Et puis plus on avance dans le roman, plus l’histoire devient profonde, toute en subtilité. Les personnages se développent, se complexifient. On découvre les secrets de la famille, les non-dits, les tristesses cachées. Et on comprend mieux cette petite fille, plus si petite d’ailleurs, qui se positionne différemment de ses amis collégiens, et n’a pas peur d’assumer sa différence. Ce roman aborde les thèmes de l’adolescence, du deuil familial, de l’art avec beaucoup de pudeur et d’originalité. Il n’est pas tellement épais (139 pages), cependant je le conseille à des ados plutôt bons lecteurs (ou au moins assez mûrs dans leur façon d’envisager la lecture) car cette écriture en demi-teinte pourra surprendre ceux qui préfèrent les romans pleins d’actions et de rebondissements.
Ce livre a été lu dans le cadre du challenge #marsauféminin, qui propose de lire des auteurs féminins, organisé par le blog Floandbooks.

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La couleur des sentiments, Kathryn Stockett

L’action se passe aux Etats-Unis, dans l’état du Mississippi dans les années 60. Le racisme et les lois ségrégationnistes sont extrêmement présentes dans la petite ville (Jackson) qui sert de cadre à l’histoire. Les Blancs se font servir par les Noirs, notamment les femmes noires qui ont le rôle de bonnes dans leurs familles, et s’occupent de l’entretien des maisons, du ménage, des enfants…roman racisme ségrégation

La narration suit alternativement plusieurs personnages. Aibileen travaille depuis 40 ans dans des familles blanches. Elle a appris à se taire, à faire ce qu’on lui demande, et à garder tout son coeur pour les enfants qu’elle élève, et pour le cahier d’écriture qu’elle tient tous les soirs, elle, l’ancienne élève excellente qui a dû arrêter l’école pour gagner sa vie. Elle nous raconte son quotidien dans une famille dont la mère n’arrive pas à s’occuper de sa fille, qu’elle maltraite car elle ne sait pas éprouver d’affection pour elle. On suit également Minny, une autre bonne qui pour sa part n’arrive pas à tenir sa langue, et ne peut s’empêcher de dire leurs quatre vérités à ses patrons. Renvoyée une nouvelle fois, mais cette fois-ci pour une raison injuste, elle a du mal à retrouver du travail. Enfin, la narration nous parle de Skeeter, une jeune femme blanche. A la fin de ses études, elle est revenue vivre chez ses parents, et sa mère voudrait que comme toutes les autres jeunes filles de son âge, elle trouve un mari et s’installe. Mais Skeeter est animée par le désir d’écrire, et d’écrire sur les sujets qui sont importants à ses yeux. Elle va s’interroger sur la condition des bonnes noires, leurs sentiments, leur vécu quotidien dans les familles blanches, et leur donner la parole, à elles, ces femmes invisibles que leurs patrons empêchent même de faire leurs besoins dans les mêmes toilettes qu’eux.

Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce roman. En effet, il dénonce le racisme quotidien, les petites phrases assassines, le mépris, la condescendance. Il se veut aussi nuancé et montre que toutes les familles blanches ne sont pas aussi racistes les unes que les autres. Il se situe sur l’arrière-plan de la lutte contre la ségrégation, sont mentionnés Rosa Parks, Martin Luther King, mais aussi le Klu Klux Klan, mais ils ne sont pas au cœur de l’histoire. Le cœur de l’histoire justement se place dans le cœur de ses personnages, que ressentent-ils, chacun dans leurs conditions de vie, comment voient-ils les choses ? Le roman est assez long, mais la lecture est aisée et agréable. Les changements de points de vue permettent de découvrir plusieurs facettes du même problème. Je le conseille pour d’assez bons lecteurs, grands ados et jeunes adultes.

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge #marsauféminin organisé par Floandbooks, qui vise à lire des auteurs féminins en ce mois de la journée internationale des droits de la femme.

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Le pouvoir des cinq : Raven’s gate, Anthony Horowitz

Matt a 14 ans et une vie pourrie. Ses parents sont décédés dans un accident de voiture 6 ans auparavant, il a été placé chez sa tante (ou plutôt sa demi-tante si on peut dire ça), qui ne s’occupe pas de lui. Il sèche les cours, traîne avec un voyou car c’est le seul qui lui montre un semblant d’intérêt. Il se laisse entraîner par ce dernier dans un cambriolage, qui tourne mal.

On l’envoie dans une famille d’accueil du Yorkshire, dans un coin de campagne complètement isolé, et même arriéré. Chez Mme Deverill, il doit travailler à la ferme, comme un forçat. Cette femme est glaçante, et le devient encore plus lorsque Matt découvre qu’elle a un dossier sur lui, et ce, depuis la mort de ses parents. Que lui veut-elle ? Que se trame-t-il dans ce village étrange ? Matt essaie de s’enfuir, mais un mystérieux pouvoir l’en empêche. Il découvre de plus en plus de choses angoissantes, et se sent complètement impuissant pour lutter contre.

Mon avis : Ce roman appartient au genre de l’horreur. L’écriture est vivante, agréable à lire. Il y a pas mal d’action, mais aussi des moments plus lents où l’angoisse monte. PErsonnellement je n’aime pas le genre de l’horreur, mais pour être objective, ce roman est bien ficelé et bien écrit. Je trouve cependant qu’il y a un peu trop de violence à mon goût et parfois assez gore quand même. Je le recommande donc à partir de 13 ans environ, selon si l’ado a l’habitude de ce genre ou pas.

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Cette chronique constitue ma 4ème participation au challenge Littérature de l’imaginaire organisé par le blog Ma Lecturothèque.

Chronique des temps obscurs, tomes 1 à 4, Michelle Paver

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L’action se passe dans une grande forêt, il y a 6000 ans. Torak vit avec son père, loin des autres hommes organisés en clans. Son père lui a appris à survivre dans les bois, à s’y sentir chez lui, à connaître les animaux, leurs habitudes, à respecter la nature sous toutes ses formes, et le monde des esprits.

Quand le roman s’ouvre, Torak doit fuir. En effet, un ours terrible vient de blesser son père à mort, et celui-ci sait qu’il va revenir. Cependant avant de mourir, il dit des paroles mystérieuses à son fils, regrettant de ne pas avoir eu le temps de lui dire la vérité, et espérant que celui-ci lui pardonnera. Il donne une mission à Torak, partir vers le Nord, en suivant un guide qui lui apparaîtra au moment propice, pour aller voir l’Esprit du Monde, afin de débarrasser la forêt de cet ours maléfique, qui est en fait un animal possédé par un démon.

Alors commence pour Torak une immense aventure, accompagné d’un loup avec qui il sait communiquer et qui devient son frère de meute, et d’une jeune femme courageuse et habile à l’arc. Ensemble ils sauront braver la colère du démon, la jalousie des hommes, et plus que cela leurs peurs les plus profondes.

Mon avis

Cette lecture est un vrai coup de cœur. J’ai dévoré le premier tome qui est vraiment fantastique, et n’ai eu de cesse de trouver la suite. L’action est palpitante, on frémit avec Torak, on a envie de se rouler par terre comme lui avec Loup, on s’inquiète de savoir quels sont les bons choix. L’auteur a su dessiner un univers riche et passionnant, et pour autant facile à comprendre et à imaginer. J’ai beaucoup apprécié le cadre préhistorique qu’elle a su installer, et les références à la nature et au monde des esprits. Une lecture que je recommande pour les lecteurs de moyens à très bons. Les tomes sont assez épais, mais cependant se lisent plutôt rapidement.

Cette chronique constitue ma troisième participation au challenge littérature de l’imaginaire.

Le royaume de Thirrin, tome 1 & 2, Stuart Hill

Voici une nouvelle saga de littérature de fantasy à destination des adolescents. J’ai beaucoup aimé et à plusieurs titres. Déjà, c’est une saga en deux volumes, certes longs (très longs même : 543 pages pour le premier et 670 pour le second, tout ça en grand format), mais malgré tout qui se termine. J’en ai un peu marre des sagas dont on ne voit pas le bout, où il faut lire 50 tomes pour enfin connaître le fin mot de l’histoire. Ici au moins, on avance, on prend son temps, on déguste, et on sait où on va.

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Par ailleurs, j’ai énormément aimé le souffle é

pique qui traverse et transcende toute l’histoire. On enchaîne glorieuses batailles, actes de bravoure, chevauchées infernales, combats chevaleresques. Une grande épopée, à la Raymond Feist (d’ailleurs j’ai trouvé à plusieurs reprises qu’on sentait son influence dans les pages de ces romans).

L’auteur nous livre de magnifiques descriptions des différents paysages traversés, les personnages sont sympathiques, même s’ils ont leurs petits défauts.

J’ai trouvé aussi très amusantes les références au monde réel. Dans cet univers, il existe la ville de Venise avec son doge, un empire du désert qui fait penser à l’empire ottoman. Pourtant ce n’est pas le monde réel, c’est une sorte de mélange entre imaginaire et réalité que j’ai trouvé savoureux.

J’ai quand même été déçue par un aspect de l’histoire. La dimension magique est très peu exploitée. Un des personnages du premier tome se révèle peu à peu avoir des pouvoirs magiques exceptionnels, et une ascendance mystérieuse. Mais cela ne nous sera jamais expliqué vraiment. On ne sait pas comment il a pris connaissance de son potentiel magique, comment la magie fonctionne dans ce monde, son personnage est trop peu exploité à mon goût dans le récit.

Je vous raconte rapidement l’histoire :

Thirrin, princesse de Haute-Froidurie a 14 ans lorsque son petit pays du Nord est envahi par l’empire voisin, géant belliqueux jamais vaincu depuis 15 ans de guerres d’invasion. Son père part au combat dans l’espoir d’arrêter les envahisseurs et de les bloquer jusqu’à l’arrivée de l’hiver, qui à cause des chutes de neige et de la descente de la glace dans les cols de la frontière, protègera son pays. Il espère qu’ainsi sa fille Thirrin et son peuple sauront se

 préparer à affronter leur ennemi pour sauver leur royaume.

Thirrin part alors en quête d’alliés. Pleine d’audace et faisant preuve d’une ouverture d’esprit sans précédent, elle ira à la rencontre des peuples avec lesquels son pays a été en guerre pendant de nombreuses années. Mais leur alliance sera-t-elle suffisante pour affronter l’armée gigantesque et invaincue du général machiavélique qui a juré leur perte ?

Tome 2 :

20 ans ont passés, pendant lesquels le général Scipio Bellorum a retrouvé tout le prestige qu’il avait perdu par sa défaite en Haute-Froidurie. Il a mis au point de nouvelles machines de combat, et se décide à envahir son voisin du Nord avec l’armée la plus grande qu’on ait jamais vu. Il vient avec ses deux fils, de véritables bêtes de guerre, élevés dans la cruauté.

Thirrin a eu 4 enfants. Chacun d’eux trouvera son rôle et rencontrera son destin, plus vaste que ce qu’il avait imaginé pendant cette nouvelle guerre. On suit leurs parcours en parallèle dans une oeuvre qui prend une dimension plus large que le tome précédent, pour toujours autant de plaisir de lecture.

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  Cette chronique constitue ma deuxième participation au challenge de littérature de l’imaginaire.

Circus Mirandus, Cassie Beasley

Ca faisait longtemps que je n’avais pas pris tant de plaisir à lire un roman jeunesse. Je l’ai dévoré en une après-midi.

L’histoire est assez loufoque. Il s’agit d’un petit garçon qui vit avec son grand-père. Celui-ci est gravement malade, et a demandé à sa soeur de venir pour l’aider à s’occuper du petit garçon. Mais cette grande-tante est abominablement désagréable, acariâtre. Elle fait tout pour empêcher le petit garçon de communiquer avec son grand-père, et notamment pour empêcher ce dernier de raconter à son petit-fils les histoires du cirque Mirandus.roman jeunesse cirque magie fantastique

En parallèle, on suit le récit de la vie du grand-père enfant, lorsque son père était à la guerre en Europe et lui seul avec sa maman. Il faisait souvent l’école buissonnière. Un jour, il s’est dirigé vers l’endroit d’où lui provenaient des sons de clarinette et de tambour. Il a alors découvert un cirque merveilleux, un cirque magique, inaccessible aux adultes et aux personnes insensibles à la magie. Pendant une semaine il a admiré les spectacles, surtout celui du Plieur de lumière, une magicien illusionniste. Il lui a à son tour montré son don, celui de faire des noeuds presque magiques. En échange de cette démonstration, le Plieur de Lumière lui a offert un miracle, un miracle à durée indéterminée, à utiliser quand il en ressentirait le besoin.

C’est alors que les deux époques se rencontrent puisque le vieux grand-père sur son lit de mort a décidé d’utiliser enfin son miracle. Son petit-fils est fermement décidé à l’aider à retrouver le Plieur de Lumière et à obtenir son miracle.

Mon avis : Cette histoire est difficile à raconter, mon résumé ne lui rend pas bien hommage. J’ai trouvé qu’elle était très douce, agréable, lumineuse. On est dans un univers fantastique très sympathique, avec une vision de la magie différente des romans qu’on lit souvent. Cette originalité est rafraîchissante et tout à fait plaisante. Ce livre peut-être lu à partir de 10 ans, pour d’assez bons lecteurs cependant.

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C’est pour la bonne cause, Jacques Fansten

Voici un roman qui, bien que sorti il y a une vingtaine d’années, est bien d’actualité.

Tonin a 12 ans. Son collège organise une action humanitaire en lien avec une association. 20 enfants africains originaires d’un pays en guerre vont venir passer un mois de vacances en France, pour se sortir un peu de leur quotidien difficile, se reposer. L’association recherche des volontairesroman jeunesse racisme migrant pour les accueillir dans leur famille. Tonin espère bien que ses parents seront d’accord et s’inscrit avant d’avoir leur avis. Malheureusement son père, après avoir tenu de beaux discours sur l’importance d’aider autrui, finit par alléguer des excuses vagues pour refuser. Mais c’est la honte pour Tonin, il n’ose pas se désengager maintenant qu’il a fanfaronné devant les copains. Aussi, il va se débrouiller pour accueillir le petit Moussa en cachette de ses parents. Mais un jour l’aventure tourne au drame.

Mon avis : ce roman est très intéressant dans le sens où il nous fait réfléchir à la réalité de notre engagement. C’est facile d’avoir de belles paroles « Il faut aider les autres » etc, mais que reste-t-il lorsque vraiment nous sommes face à la possibilité d’agir concrètement ? L’action est bien menée, j’ai été assez angoissée pendant toute la partie centrale du roman, quand les ennuis surgissent. Cependant je trouve un peu dommage que la personnalité de Moussa ne soit pas développée. On ne sait quasi rien de son histoire, à part quelques mots à la fin, son personnage est un peu caricatural. C’est malgré tout une belle histoire, intéressante et bien racontée. Pour les ados à partir de 11 ans.

Le roi de la forêt des brumes, Michel Morpurgo

Un jeune garçon, Ashley, vit en Chine avec son père, responsable d’une mission religieuse et humanitaire. Lorsque le Japon attaque la Chine, l’inquiétude est grande. Elle atteint son comble le jour où un jeune garçon est tué par des bombardements dans la ville voisine. Les étrangers seront les premiers à être tués si le Japon parvient à envahir la province où ils sont installés. Le père du garçon décide alors de l’envoyer se réfugier en Inde, d’où il pourra prendre un bateau à destination de l’Angleterre pour rejoindre la famille de sa mère. Pour ceci, il devra faire un immense voyage à pied, entrer au Tibet, traverser une partie de l’Himalaya.

Ashley part avec Oncle Sung, un ami de sa mère décédée, d’origine tibétaine. Il se déguise et fait semblant d’être son neveu, muet. Cependant, tandis qu’ils sont dans les hauteurs de l’Himalaya, une tempête survient. Sung doit abandonner Ashley, blessé à la cheville, avec le maigre espoir de pouvoir rapporter de la nourriture et de les sauver tous deux. C’est alors qu’une créature légendaire survient et sauve le garçon du froid et de la faim. Il va découvrir la vie et les habitudes des mystérieux yétis…

Mon avis : C’est un très beau roman, écrit avec élégance par la plume poétique de Michel Morpurgo. L’histoire est bien menée, intéressante. Il y a suffisamment de suspense pour qu’on soit accroché, sans pour autant que le rythme soit effréné comme dans certains romans actuels. Les descriptions sont splendides et donnent envie de découvrir ce merveilleux pays qu’est le Tibet. La vie du héros avec les yétis fera rêver tous les amoureux des animaux si intelligents qu’ils se rapprochent de l’homme. Une lecture à conseiller, mais plutôt aux bons lecteurs car le style de l’auteur est assez recherché et pourrait mettre en difficulté les petits lecteurs.

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J’aime pas le lundi, Jérôme Lambert

Lucien est un collégien plutôt introverti. Il aime être tranquille, il dort souvent en classe. Au désespoir de ses parents, il n’a pas beaucoup d’ami, en fait il en a un seul (sauf si on a le droit de compter dans ses amis le portrait affiché à l’entrée du collège). Par contre il y a des tas de choses qu’il n’aime pas. Tellement, qu’il décide d’en faire la liste pendant les deux heures de retenue qu’un prof lui a donnés. Dans la liste des choses qu’il n’aime pas figure Fatou, une fille du collège, grande, imposante, et qui n’hésite pas à lui rentrer dedans quand elle le croise.

Or justement, Fatou a décidé de lui lancer un défi. Lequel des deux déteste le plus de choses ? Lucien est sûr de gagner, en plus il a pris de l’avance dans sa liste avec ses deux heures de colle.

Mon avis : Mon résumé ne fait pas honneur à ce livre. Son intérêt ne tient pas dans l’histoire, assez plate, mais dans le style de l’auteur, plein d’humour et d’ironie assez mordante. Cependant, je suis sceptique sur le fait que ce roman puisse plaire à des adolescents. En effet, cette ironie s’applique souvent au monde adulte, ou à la façon dont les adultes se comportent avec les adolescents. Or je me demande si des adolescents sont sensibles à cet humour. Je vous laisse me dire ce qu’il en est…

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Plumes de vies, Isabelle Guigou

Clarisse est en quatrième. Elle vit seule avec son père. Soudain, le monde s’effondre pour elle : son père est arrêté et emprisonné pour trafic de drogue. Elle est alors placée en famille d’accueil, elle doit changer de collège.

Le roman se constitue de lettres ou journaux intimes des différents acteurs de cette histoire : Clarisse écrit à son père Matthieu, qui lui répond. La mère de la famille d’accueil, Amina raconte aussi ce qu’elle vit, ainsi que son fils, Icham. On lit aussi les mots d’une vieille dame, Mme Carmen, qui aime commérer, surtout au sujet de son voisin le drogué.

Au début j’ai été assez surprise par ce roman. Le père fait une bêtise, mais se repend, il promet de ne plus toucher à la drogue. La famille d’accueil est gentille, personne ne juge le père, tout le monde comprend son écart, sait qu’il va essayer de s’en sortir. Les bons sentiments sont omniprésents. Je me demandais un peu quel était l’intérêt du roman. et puis à partir de la moitié, la situation devient plus compliqué. A sa sortie de prison, le père essaie de tenir bon, il a rencontré une femme dont il est amoureux, il a retrouvé un travail. Mais c’est difficile, il est extrêmement fragile, et un jour, il rechute. Sa rechute va finalement avoir des conséquences dramatiques.

Mon avis : Ce roman est intéressant, il traite d’un sujet difficile, et avec beaucoup de justesse. Le mélange des points de vue permet de comprendre la position de chacun. Deux choses m’ont cependant un peu gênée. D’une part cette longueur de la première partie où tout est un peu trop gentillet (mais la 2ème partie rattrape ce petit défaut) et d’autre part les choix typogaphiques. Afin d’imiter les lettres ou journaux intimes, l’éditeur a choisi des polices imitant l’écriture manuscrite. Je trouve que c’est assez fatigant à lire, et j’imagine que les personnes ayant des difficultés à lire (notamment les dyslexiques) seront vraiment gênées. C’est un peu dommage selon moi.

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Les Maîtres du vent, Judith Bouilloc

carte-gilgalCe roman de fantasy se déroule dans un monde imaginaire, sur un très grand continent de forme circulaire appelé Gilgal. Ce continent se divise en plusieurs entités politiques, chacune dirigée par un gouvernement propre. Le héros de l’histoire lui, vient du royaume de Waldgan, un royaume forestier où est en place une monarchie élective, avec un roi élu par les membres du Conseil des Sages.

Notre héros est adolescent. Il est orphelin de père, et vit entouré de sa mère, une guérisseuse passé experte dans l’art des plantes médicinales et de son oncle, un sculpteur sur pierre au talent inoubliable. Les deux lui enseignent leur art, mais Yann, à leur grand regret, voudrait choisir la voie des armes, comme son défunt père. En décédant, son oncle le sculpteur lui livre un dernier message énigmatique : « tu dois percer les secrets gardés par les maîtres du vent, c’est ainsi que tu pourras saisir la beauté ». C’est ainsi que l’adolescent se met en route pour Avel, le royaume des vents, situé au sud du continent.roman jeunesse fantasy ados

Il arrive sur place lors de la grande cérémonie du choix des futurs étudiants de la très célèbre et convoitée académie des vents. Rencontrant deux compatriotes fort sympathiques, il décide, un peu par hasard, de se présenter lui aussi au concours, ouvert pour la première année à d’autres nationalités que les Avélis. A sa grande surprise, et grâce à un don qu’il découvre pour la première fois pendant une des épreuves, Yann est sélectionné.

Commence pour lui une grande aventure : il va apprendre à ne faire qu’un avec les vents, à les écouter, à les noter sur une partition, à s’en servir pour voler, à les invoquer… Mais tout ceci ne sera pas aussi simple et idyllique qu’il le pensait au début. Très vite, il se rend compte que lui et les autres étudiants étrangers sont victimes d’exclusion et de mépris de la part des étudiants avélis, mais également de certains professeurs. Il comprend également que les plus grands secrets de l’art de combattre avec le vent lui seront interdits. Alors, avec la complicité de son compatriote Adémar, le colosse à la hache, et d’un Avélis d’esprit facétieux, Baldoméro, Yann s’apprête à tirer tout ce qu’il peut de cette expérience, quitte à parfois faire fi des règlements.

Mon avis : Ce roman est très agréable, plutôt bien construit en deux grandes parties principales. L’univers est très beau, les idées originales, notamment celle du peuple des vents. L’action est agréable, se lit avec fluidité. J’aurais aimé une plus grande exploration des différentes possibilités offertes par cette univers, au-delà du goût pour les combats développés par le héros. Peut-être un voyage, une quête… Cela reste en tout cas une très belle lecture, faite avec plaisir. A conseiller plutôt pour de bons lecteurs (quand même 430 pages) à partir de 12 ans environ.

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Le loup à l’oreille cassée, André Delabarre

roman ado loups loup sauvage nature forêtLoupataud est un jeune loup d’une portée née au coeur de la Forêt Noire. Sa mère lui apprend les techniques de chasse et de survie qu’un loup doit connaître, mais il est plutôt maladroit et a des difficultés à suivre ses conseils. Un jour, des chasseurs font irruption dans la vie de la meute, et tue la mère du petit loup. Les loups de la meute fuient de tous les côtés, dans l’espoir de semer l’ennemi, et Loupataud, terrorisé, se retrouve seul au milieu de la forêt. Il rencontre alors une petite fille, Miran, qui l’apprivoise peu à peu. Cette petite fille vit seule avec sa mère à l’écart du village, rejetée de tous. Depuis un événement traumatisant, elle refuse de parler et reste repliée sur elle-même, à l’aise seulement dans la nature. L’amitié avec Loupataud va leur permettre à tous deux de réapprendre à faire confiance et à s’ouvrir.

Mon avis : Un roman bien écrit, agréable, qui croise plusieurs sujets de façon passionnante : le thème des loups, que beaucoup d’enfants/ados apprécient, le thème de l’exclusion sociale, de l’amitié. Une belle lecture, adaptée pour dès le début du collège, voire la fin du primaire pour les meilleurs lecteurs.

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