Suite du Chapitre 2

Chapitre 1 : la colère du Comte de Savoie

Chapitre 2 (1ère partie) : le Monastère de la pierre plate

Arrivant en vue de la porte principale du donjon, Aimeric retint un sourire amusé. Le Père Supérieur du Monastère de la Pierre plate lui avait envoyé le Frère Emilien. Nul doute qu’il avait une proposition à lui faire. Si son embonpoint le rendait peu assidu aux travaux physiques, le Fère Emilien était connu pour ses talents de commerçant et de négociation. Aimeric s’avança vers lui et s’inclina légèrement :

« Bienvenue dans ma seigneurie, Frère Emilien.

– Merci Seigneur Aimeric.

– Voulez-vous me suivre dans mon bureau ? Nous y serons plus à notre aise. Béranger lança-t-il au jeune homme situé derrière lui, veux-tu nous monter quelques bûches pour faire une flambée s’il te plait ? »

Aimeric vit le moine jeter un regard entendu en direction du garçon avant de resserrer contre lui les pans de sa robe de bure. Le seigneur de Quirieu précéda son invité jusqu’à la petite pièce attenante à sa chambre. Très simplement meublé d’une table en chêne et d’un coffre renfermant ses parchemins les plus précieux, c’était un endroit où il aimait se réfugier pour réfléchir et bâtir ses plans pour l’avenir. Il proposa une simple chaise de bois à son visiteur et prit l’autre pour lui-même. Les deux hommes restèrent silencieux tout le temps où Béranger s’affaira dans la pièce pour allumer le feu. Le bois, un peu humide, fuma légèrement, puis de douces flammes s’élevèrent et se mirent à crépiter dans l’âtre.

« Béranger, dit Aimeric d’un ton tranquille, lorsque tu redescendras, tu demanderas à une servante de nous monter quelques-uns de ces gâteaux au miel que nous avons dégustés hier.

– Bien Monseigneur, » répondit Béranger de son air égal avant de se diriger vers la porte.

Le Frère Emilien afficha une mine réjouie à ces paroles. Puis, se penchant en avant, il commença :

« Mon abbé vous envoie ses salutations.

– Je les accepte fort volontiers. Vous lui transmettrez les miennes en retour. » Aimeric espéra que le moine allait vite en venir au sujet car il ne supportait pas bien ces échanges de politesse vaine. Frère Emilien devait savoir à qui il avait affaire, car il enchaîna rapidement :

« Je sais, Seigneur Aimeric, que vous êtes un homme d’action. Aussi, ne vais-je pas perdre de temps pour vous exposer le problème qui m’amène. Depuis quelques semaines, nos terres sont la cible d’attaques de brigands. Ils ne sont pas nombreux et en nous rassemblant nous arrivons à les mettre en fuite avec nos bâtons. Cependant, notre abbé souhaiterait que notre monastère retrouve la quiétude nécessaire à nos prières et nos méditations.

– Et à la fabrication de votre fameuse eau-de-vie, pensa Aimeric en souriant intérieurement. Cette liqueur à la recette jalousement tenue secrète était la source principale des richesses du Monastère.

– Notre abbé m’a chargé de vous remettre ce parchemin dans lequel il a consigné les termes d’un accord qu’il vous propose : vous assurez notre protection contre les brigands et en échange, il vous offre cent bouteilles de notre production par an. Et comme preuve de notre bonne volonté, voici déjà une première bouteille. »

Le moine sortit de sa besace en cuir usé un flacon de verre scellé par un cachet de cire rouge. A l’intérieur miroitait le liquide bienfaisant aux reflets verts et jaunes.

Aimeric profita de l’arrivée de la servante apportant les gâteaux au miel pour rester silencieux et réfléchir. Cet arrangement était honnête, même s’il savait que l’abbé aurait eu les moyens d’au moins doubler son offre. Cette liqueur très prisée lui permettrait de faire des cadeaux aux Seigneurs des environs et de commencer sous de bons auspices les tractations nécessaires pour marier Ermeline au mieux.

Il se retourna vers le moine qui était déjà occupé à engloutir les gâteaux.

« Je serais honoré d’offrir mon assistance à votre monastère. Votre présence dans la région est synonyme de piété et d’apaisement pour tous. »

Frère Emilien le regarda de son air rusé.

« D’ailleurs, l’une de vos connaissances nous a annoncé sa prochaine venue pour trouver cet apaisement dont vous parlez. Le Frère Baudouin sera bientôt dans nos murs. »

Aimeric mit quelques secondes à comprendre, puis retint avec peine une exclamation de stupeur. Baudouin, c’était le nom que son cousin Anthelme avait pris en rentrant dans les ordres. Ainsi donc, il était revenu de Terre Sainte…

Chapitre 3 : D’étranges bohémiens

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5 commentaires sur “Suite du Chapitre 2

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