Verte, Marie Desplechin

Verte vit seule avec sa maman, Ursule. Elle va à l’école, comme tout le monde, vit dans un appartement, comme beaucoup… Mais elle est différente des autres malgré tout, car sa mère est une sorcière. Et chez lroman sorcières primaire collègees sorcières, les pouvoirs se transmettent de mère en fille aînée. Aussi, Verte sait-elle qu’un jour, ses pouvoirs se manifesteront.

Cependant, Verte ne trouve pas ça du tout génial. Devenir une sorcière qui fait des potions qui puent, dans le but de jeter des mauvais sorts, et rester seule toute sa vie ? Non merci ! Elle a envie d’avoir une vie normale. D’ailleurs, ce qui l’intéresse en ce moment, c’est ce garçon à l’école, Soufi. Elle aimerait bien aussi connaître son père, qu’elle n’a jamais rencontré.

Sa mère qui désespère de tirer quelque chose d’elle décide de la confier à sa propre mère, la grand-mère de Verte, Anastabotte, tous les mercredis afin de voir si elle parviendra à lui enseigner quelque chose.

Mon avis : L’histoire est racontée successivement par plusieurs personnages, la mère, la grand-mère, Verte, le garçon… Chacun explique sa façon de comprendre les choses, le rapport à la magie, les relations entre personnages, les émotions de chacun. Ce livre, pourtant court et écrit dans une langue très simple, est en même temps très riche. Il permet de s’interroger sur la famille, la transmission, le libre-arbitre, les préjugés…

Il peut être lu par des lecteurs très jeunes (catégorie à partir de 10 ans sur ce blog car c’est la plus basse, mais de bons lecteurs de 8 ou 9 ans pourront y trouver du plaisir également).

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Ceux qui sauront, Pierre Bordage

Une uchronie est un roman mettant en scène notre monde géographiquement identique, mais historiquement modifié. Un événement historique que nous connaissons n’a pas eu lieu et le romancier imagine comment le monde a donc évolué finalement.roman histoire rébellion révolution adolescent ado

Dans Ceux qui sauront, Pierre Bordage imagine que les royalistes ont renversé la IIIème République. Toutes les avancées obtenues suite aux différentes révolutions en France sont annulées. La monarchie gouverne depuis Versailles, la police royale rode et arrête tous les supposés agitateurs et opposants, et surtout les gens du peuple qui auraient le mauvais goût de se rebeller. Nous sommes en 2008, mais à cause de la monarchie, le monde a peu évolué, et surtout les inégalités sont criantes.

L’instruction est interdite aux classes défavorisées, internet est bridé et réservé aussi à l’élite. Les nobles vivent dans le luxe et profitent des progrès technologiques pendant que le peuple a des conditions de vie atroces.

Mais certains ne veulent pas de ce monde injuste. Un réseau clandestin essaie d’apprendre au peuple les rudiments du savoir. C’est dangereux, ils sont considérés comme des terroristes. Ce réseau publie également sur internet des informations sur la situation dans le monde, permet aux gens de communiquer alors qu’ils n’en ont pas le droit.

Les personnages du récit sont d’un côté Clara, riche héritière, promise à un mariage forcé avec un riche prétendant, et de l’autre, Jean, fils d’une famille pauvre, qui apprend à lire clandestinement, malgré les dangers. Tous deux rêvent d’un autre avenir que celui auquel ils sont destinés. Un événement inattendu va bouleverser leur vie, les faire se rencontrer et croiser peut-être l’espoir.

Mon avis : Ce roman est le premier d’une trilogie passionnante. J’ai vraiment beaucoup aimé (j’hésite presque à la classer en coup de cœur, je verrai quand j’aurai terminé la trilogie), et mes élèves aussi. Il est à réserver aux adolescents à partir de 13 voire 14 ans, car il faut une certaine maturité pour comprendre les enjeux de l’uchronie. De plus, suivre deux histoires croisées peut être un peu difficile pour les petits lecteurs. Il est plutôt épais (440 pages), donc à réserver à ceux que cela n’effraie pas.

Acheter sur le site de la FNAC

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Cœur d’encre, Cornelia Funke

Meggie a douze ans, elle vit avec son père Mo. Ils vivent de façon un peu marginale. Son père est relieur, il répare les livres anciens, leur refait une couverture. C’est un passionné de bouquins, et il a transmis sa passion à sa fille. Ils vivent à l’écart du monde, dans une vieille maison. Meggie l’accompagne dans tous ses voyages, même si cela l’oblige parfois à rater l’école.roman cornelia funke magie lecture

Un jour, un homme très étrange vient voir son père, un homme que l’on appelle Doigt de Poussière. Meggie les écoute en cachette, il parle d’un danger, d’hommes qui pourraient les poursuivre, d’un livre qui serait recherché. Alors, Meggie et son père partent en voyage pour fuir ce danger, emportant secrètement un livre que Meggie n’a jamais vu. Ils vont se réfugier chez la tante de Meggie, Elinor, une vieille fille qui ne vit que pour ses livres, qu’elle possède par milliers, protège jalousement, et semble aimer bien plus que les êtres humains. Là ils pensent être en sécurité. Malheureusement, ils vont découvrir que ce n’est pas le cas : le livre qu’ils cherchaient à protéger est volé, et le père de Meggie kidnappé.

C’est alors que l’on découvre le secret de Mo, le père de Meggie. Il est une « langue magique », c’est-à-dire qu’il a la capacité à faire sortir des éléments de l’histoire d’un livre lorsqu’il le lit à voix haute. Mais cette capacité fonctionne aussi à l’envers. C’est ainsi que lorsque Meggie était toute petite, sa mère a disparu dans un roman d’aventures, alors que des personnages, malheureusement fort antipathiques, en sont sortis. Ce sont eux qui, s’étant parfaitement adaptés au monde dans lequel ils ont atterri, qui kidnappent Mo, dans l’espoir d’exploiter son don à leur profit.

Meggie se lance alors avec sa tante et Doigt de Poussière, fort opportunément resté dans les parages, à la poursuite des ravisseurs de son père. Commence une formidable aventure.

Mon avis : c’est un roman tout à fait sympathique, plaisant à la lecture. J’aime beaucoup le personnage d’Elinor, qui vient mettre un peu de relief dans l’histoire. Le thème m’a beaucoup plu, cette idée de pouvoir entrer ou sortir d’une histoire. Le roman est cependant assez long à lire, il faut donc le réserver à des ado bons lecteurs et fan de ce type de littérature.

Le Combat d’Hiver, Jean-Claude Mourlevat

Voici un roman difficile à résumer ! Mais je le classe en coup de cœur car j’en ai adoré la lecture, impossible de le relâcher avant de l’avoir terminé. L’action est bien menée, le rythme soutenu sans être pour autant effréné, les personnages riches et attachants. Ça faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir avec un roman jeunesse.roman ados imaginaire monde dictature lutte résistance

L’histoire débute dans un internat qui est plutôt une sorte d’orphelinat pour jeunes filles. Les règles sont cruelles, le fonctionnement strict et inhumain. Nous suivons deux jeunes filles, puis deux jeunes hommes, qui font partie de l’internant de garçons installés dans la même ville. Ces quatre jeunes gens vont s’évader lorsqu’ils découvrent que s’ils sont enfermés là, c’est que leurs parents ont tous été assassinés suite au coup d’état qui a installé la dictature en place. Leurs parents étaient des résistants. Ces quatre héros vont essayer de lutter à leur tour. Ils sont séparés par la suite, donc on suit leur parcours dans trois narrations qui s’entrecroisent. Le tout est bien construit et facile à comprendre. L’écriture est très belle, et sait nous garder en haleine.

400 pages pour ce beau roman, qu’il faut donc plutôt proposer à de bons lecteurs.

Sur le site de la FNAC.

 

Coraline, Neil Gaiman

Coraline s’est installée avec ses parents dans une immense et très ancienne maison. L’appartement qu’ils occupent comporte plusieurs pièces, dont un salon où Coraline va rarement car il est décoré de meubles anciens et fragiles. Au fond du salon se trouve une porte qui lorsqu’on l’ouvre, donne sur un mur de briques. Dans le temps cette porte permettait de circuler dans tout l’étage, mais désormais il a été divisé en deux appartements distincts et donc la communication fermée. Coraline se livre à son activité favorite, explorer son environnement, le jardin et le vieux puits interdit, les rues alentours. Elle fait aussi connaissance des nouveaux voisins de la maison, tous très vieux, très gentils, mais un peu fêlés. Lorsqu’une vieille dame lui prédit qu’elle est en grand danger, et lui offre un petit caillou pour la protéger, Coraline n’y croit guère, mais ressent quand même un petit pincement d’excitation.

Un jour qu’il pleut et qu’elle ne peut pas continuer d’explorer l’extérieur, elle se lance dans la découverte de l’intérieur. Une surprise de taille l’attend : la porte murée du salon ne l’est plus. Elle entre dans un mystérieux et sombre corridor, qui la mène vers un appartement en tous points identique au sien… Quoique… Ses parents sont là, mais légèrement différents, surtout leurs yeux, qui ont été remplacés par d’étranges boutons noirs. Ces « autres parents » comme elle les appelle sont extrêmement gentils avec elle, et pourtant Coraline se sent assez mal à l’aise. Ils lui proposent de rester ici autant qu’elle le souhaite, pour toujours même. Coraline préfère quand même rentrer chez elle. Mais à son retour dans le vrai appartement, elle constate, apeurée, que ses vrais parents ont disparu. Après quelques heures d’attente, elle comprend qu’elle n’a pas le choix, elle doit retourner dans l’appartement mystérieux pour tenter de les sauver.

Mon avis : Un chouette roman fantastique, manipulant l’angoisse avec dextérité. Le rythme n’est pas très rapide, mais l’inquiétude monte régulièrement. On s’attache à cette petite fille qui observe le monde avec courage et attention. On se demande bien ce qui se cache derrière ces événements mystérieux, et peu à peu, les ingrédients du mystère se dévoilent, avec toute l’horreur qu’ils contiennent. 150 pages pour ce roman, au rythme calme et inquiétant.

Sur le site de la FNAC : la version BD / la version roman

Le pouvoir des cinq : Raven’s gate, Anthony Horowitz

Matt a 14 ans et une vie pourrie. Ses parents sont décédés dans un accident de voiture 6 ans auparavant, il a été placé chez sa tante (ou plutôt sa demi-tante si on peut dire ça), qui ne s’occupe pas de lui. Il sèche les cours, traîne avec un voyou car c’est le seul qui lui montre un semblant d’intérêt. Il se laisse entraîner par ce dernier dans un cambriolage, qui tourne mal.

On l’envoie dans une famille d’accueil du Yorkshire, dans un coin de campagne complètement isolé, et même arriéré. Chez Mme Deverill, il doit travailler à la ferme, comme un forçat. Cette femme est glaçante, et le devient encore plus lorsque Matt découvre qu’elle a un dossier sur lui, et ce, depuis la mort de ses parents. Que lui veut-elle ? Que se trame-t-il dans ce village étrange ? Matt essaie de s’enfuir, mais un mystérieux pouvoir l’en empêche. Il découvre de plus en plus de choses angoissantes, et se sent complètement impuissant pour lutter contre.

Mon avis : Ce roman appartient au genre de l’horreur. L’écriture est vivante, agréable à lire. Il y a pas mal d’action, mais aussi des moments plus lents où l’angoisse monte. PErsonnellement je n’aime pas le genre de l’horreur, mais pour être objective, ce roman est bien ficelé et bien écrit. Je trouve cependant qu’il y a un peu trop de violence à mon goût et parfois assez gore quand même. Je le recommande donc à partir de 13 ans environ, selon si l’ado a l’habitude de ce genre ou pas.

Sur le site de la FNAC

Cette chronique constitue ma 4ème participation au challenge Littérature de l’imaginaire organisé par le blog Ma Lecturothèque.

Circus Mirandus, Cassie Beasley

Ca faisait longtemps que je n’avais pas pris tant de plaisir à lire un roman jeunesse. Je l’ai dévoré en une après-midi.

L’histoire est assez loufoque. Il s’agit d’un petit garçon qui vit avec son grand-père. Celui-ci est gravement malade, et a demandé à sa soeur de venir pour l’aider à s’occuper du petit garçon. Mais cette grande-tante est abominablement désagréable, acariâtre. Elle fait tout pour empêcher le petit garçon de communiquer avec son grand-père, et notamment pour empêcher ce dernier de raconter à son petit-fils les histoires du cirque Mirandus.roman jeunesse cirque magie fantastique

En parallèle, on suit le récit de la vie du grand-père enfant, lorsque son père était à la guerre en Europe et lui seul avec sa maman. Il faisait souvent l’école buissonnière. Un jour, il s’est dirigé vers l’endroit d’où lui provenaient des sons de clarinette et de tambour. Il a alors découvert un cirque merveilleux, un cirque magique, inaccessible aux adultes et aux personnes insensibles à la magie. Pendant une semaine il a admiré les spectacles, surtout celui du Plieur de lumière, une magicien illusionniste. Il lui a à son tour montré son don, celui de faire des noeuds presque magiques. En échange de cette démonstration, le Plieur de Lumière lui a offert un miracle, un miracle à durée indéterminée, à utiliser quand il en ressentirait le besoin.

C’est alors que les deux époques se rencontrent puisque le vieux grand-père sur son lit de mort a décidé d’utiliser enfin son miracle. Son petit-fils est fermement décidé à l’aider à retrouver le Plieur de Lumière et à obtenir son miracle.

Mon avis : Cette histoire est difficile à raconter, mon résumé ne lui rend pas bien hommage. J’ai trouvé qu’elle était très douce, agréable, lumineuse. On est dans un univers fantastique très sympathique, avec une vision de la magie différente des romans qu’on lit souvent. Cette originalité est rafraîchissante et tout à fait plaisante. Ce livre peut-être lu à partir de 10 ans, pour d’assez bons lecteurs cependant.

Sur le site de la FNAC.

Chipo à l’âge de pierre, Franz Hohler

Résumé : Chipo est un jeune garçon aux capacités très particulières : il rêve si fort, qu’il est capable de rapporter des objets de ses rêves et parfois roman jeunesse préhistoire hommes cro-magnonsmême il est transporté dans le lieu de son rêve. Pour éviter que ces mésaventures se reproduisent, ses parents l’emmènent chez un médecin qui lui donne des cachets. Mais le traitement est inefficace (et Chipo n’a en plus pas très envie de le prendre). Sa classe étudie l’âge de pierre, et va visiter une grotte préhistorique des environs. Chipo en rêve la nuit suivante, et rapporte une pointe de flèche authentique. La nuit d’après, il est carrément transporté à l’âge de pierre, et rencontre une famille cro-magnonne. La confrontation est très drôle. Chipo essaie d’analyser ce qu’il voit en fonction de ses connaissances de petit garçon du 20ème siècle. De même, il tente d’expliquer les concepts modernes (comme le mot avion) à ses nouveaux amis, ce qui s’avère bien difficile ! Il découvre les difficultés de la vie à l’époque préhistorique (le froid, le danger, la faim), et les coutumes de ces hommes qui sont nos ancêtres. Il se demande bien comment il va pouvoir retourner chez lui, heureusement, ses parents ont fait appel à un autre rêveur génial qui va lui venir en aide.

Mon avis : Ce roman peut se lire dès un âge assez jeune, mais s’avère franchement marrant même pour les plus grands. Il y a beaucoup d’humour, il se lit facilement malgré les quelques 200 pages. Une façon sympathique de se présenter la vie quotidienne à l’époque de la préhistoire.

Sur amazon : Chipo à l’âge de pierre

Quelques classiques en version bande-dessinée

Les auteurs-illustrateurs de bande-dessinée ont eu l’excellente idée depuis quelques temps de faire des versions BD des grands classiques de la littérature. Je ne saurais qu’encourager cette initiative ! En effet, si l’on aime lire, je pense qu’on préférera malgré tout toujours aller au contact des textes d’origine. Tenir un roman dans ses mains, tourner les pages, ça n’a pas de prix ! Mais pour les jeunes plus réticents à la lecture, il serait tellement dommage de se priver de cette leçon de vie que sont les grandes oeuvres de la littérature. Ces versions en BD permettent donc de leur offrir une solution intermédiaire. Je préfère largement ça aux films.

En effet, le lecteur de bande-dessinée fournit un effort intellectuel malgré tout puisqu’il doit lire des phrases, comprendre le sens des mots.

De plus, il est actif de sa lecture, il peut l’arrêter s’il le souhaite, il doit tourner des pages, il ne peut rien faire d’autre en même temps donc son attention est plus forte (contrairement aux écrans qui nous rendent passifs et permettent d’entretenir cette mauvaise habitude de faire plusieurs choses à la fois ou de zapper sans cesse).

Enfin, le lecteur de bande-dessinée fait travailler son imagination. Le travail de l’imaginaire est moins important qu’avec un roman puisque les personnages sont représentés. Mais il reste toute la partie sonore à créer dans sa tête, l’action, les mouvements… Et c’est très important !

Voici une première sélection de quelques titres que je vous propose de découvrir en bande-dessinée (ou en roman évidemment !).

Bande-dessinée adaptée du roman les Hauts de Hurlevent– Les Hauts de Hurlevent, Emily Brontë : C’est une histoire terrible. Une famille recueille un enfant des rues et l’élève comme leurs enfants. Seulement le garçon, nommé Heathcliff se sent sans cesse méprisé par les autres enfants de son entourage à cause de ses origines obscures. Lorsque Catherine la jeune fille de la famille qui l’a élevé refuse de l’épouser pour préférer un homme plus riche, ce sera le début d’une colère froide et terrible. Il n’aura de cesse de se venger de tous d’une façon implacable. Lorsque j’ai lu ce roman quand j’étais au collège, j’en ai été remuée pendant des jours entiers. Je ne comprenais pas la haine de Heathcliff, sa violence. C’est une très belle lecture, vraiment bouleversante, et en plus, au programme de la classe de 4ème (mais qu’on peut lire à tout âge, c’est un très grand classique de la littérature anglaise !)

BD Les hauts de Hurlevent sur Amazon

Le Horla adapté en bande-dessinée– Le Horla de Maupassant : Une nouvelle fantastique terrible. Nous venons de l’étudier par extraits avec mes 4èmes et la plupart ont bien accroché. Maupassant est un maître pour faire monter l’angoisse. Tout va bien au début. Puis arrive une simple tristesse, petite mélancolie, le narrateur se sent un peu malade. Et cet état empire peu à peu. Le narrateur angoisse, craint quelque chose d’inconnu, un malheur invisible. Peu à peu il semble avoir des hallucinations, se demande s’il est somnambule…

Le horla en bande-dessinée sur amazon

Nina Volkovitch : tome 1 : La lignée, Carole TREBOR

Résumé : l’histoire se passe en Russie soviétique, sous la dictature de Staline, en 1948. Nina Volkovitch a 15 ans, mais en paraît à peine 12. ninaPendant la guerre, à cause sans doute des privations de nourriture et de la peur, sa croissance s’est arrêtée. Son père a fui en France il y a 10 ans. Lorsque le roman commence, la mère de Nina est arrêtée, accusée d’être traître. On lui avait ordonné de jeter tous les tableaux non-russes de son musée, et elle a refusé. Elle va donc être envoyé dans un goulag (un camp de prisonniers en Sibérie). Nina se retrouve seule et est envoyé dans un orphelinat spécial pour enfants de traîtres. Cependant sa mère lui a fait passer un message secret. Nina doit s’échapper à tout prix, car elle a une mission secrète à remplir. Pour l’aider dans sa mission, sa mère lui a laissé de mystérieux objets, qui vont révéler des pouvoirs étranges. Nina va faire l’impossible pour suivre les conseils de sa mère, fuir et savoir qui elle est vraiment et quelle est sa mission. Elle rencontrera tout au long de son aventure des aides inattendues.

Mon avis : C’est un roman très intéressant. Il nous fait découvrir le monde soviétique et la dictature stalinienne. L’aventure de Nina est bien écrite, il y a du rythme, de l’action, une petite touche de fantastique, c’est très plaisant. Il compte environ 200 pages, l’aventure de l’évasion se termine à la fin du premier tome, mais on a malgré tout très envie de lire la suite et de découvrir la vraie identité de l’héroïne. A recommander pour des élèves à partir de 12 ans, qui aiment déjà un peu la lecture.

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La maison cannibale, Gudule

Quentin emménage dans une demeure exceptionnelle avec ses parents, une sorte de château qu’ils ont acheté pour une bouchée de pain. Cependant, il comprend rapidement qu’un mystère se cache dans les lieux. Les habitants des environs racontent qu’un meurtre horrible y a été commis. Soudainement, des évènements étranges ont lieu. Quentin fait des cauchemars effrayants, et la maison semble munie d’une volonté propre. En l’absence de ses parents, Quentin est restée seul avec sa tante Suzy, une étudiante d’une vingtaine d’années. Ils se retrouvent enfermés dans la maison, qui a muré toutes les issues. Ils vont devoir mener l’enquête et reconstituer les terribles évènements du passé pour s’en sortir.

Mon avis : Ce roman ne présente pas beaucoup d’ambition littéraire, si ce n’est celle d’offrir un roman extrêmement court, facile, et plein d’actions, à de jeunes ados qui seraient plutôt fâchés avec la lecture. Ceux-ci trouveront sans doute le courage de lire un roman aussi rapide, et de l’intérêt pour une enquête malgré tout intéressante, avec un certain suspense. Les lecteurs un peu plus habitués s’ennuieront sans doute.

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A comme Association, Erik L’Homme et Pierre Bottero

Le premier tome commence avec le personnage de Jasper. Il a quinze ans, va au lycée, ne voit jamais ses parents qui sont sans cesse en train de conclure de gros marchés pour son père ou en stage de yoga-poterie-méditation pour sa mère, et surtout, il est stagiaire dans l’Association. Le rôle de l’Association est de régler les rapports entre les Normaux (les humains) et les Anormaux (les trolls, vampires, gobelins, garous…), et ceci grâce aux Paranormaux (des humains qui ont développé des pouvoirs particuliers. Jasper est maigre, s’essouffle vite, n’arrête pas de faire des jeux de mots, et surtout, il a un vrai talent pour la magie. Sa première mission de stagiaire consiste à s’occuper d’un trafic de drogue chez les vampires.

Dans le deuxième tome, c’est Ombe qui prend la parole. Orpheline, elle a toujours été plutôt indépendante et solitaire. L’Association l’a recrutée avant ses quinze ans à cause d’une de ses particularités : elle ne se casse presque jamais. Comprenez qu’elle a une force extraordinaire pour une jeune fille de son âge, et qu’elle peut sauter du 4ème étage ou se prendre une baffe de troll sans effet désagréable particulier. Par contre, elle déteste la magie, ce qui lui joue parfois des tours dans ses missions, notamment pour respecter la règle de l’Association qui veut que l’on reste discret en toutes circonstances.

Mon avis : J’adore cette série. J’ai avalé les deux premiers tomes sans une seule pause. Le style des auteurs est plein d’humour, des jeux de mots partout (d’ailleurs je pense être loin de les avoir tous repérés à la première lecture). Les deux héros successifs sont attachants chacun à leur manière (j’ai mis plus de temps avec Ombe, mais finalement elle m’a bien plu). J’ai hâte de les voir travailler ensemble ! Ces romans plairont évidemment à tous les amateurs du style, et il faudrait voir s’ils pourraient attirer également des adolescents peu coutumier de cet univers. Et pour les lecteurs addict comme moi, c’est super !! Il y a au moins 8 tomes !!! Je vais voir ce que ça donne chez les élèves, et j’en reparle.

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Strom, 1 Le collectionneur, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas

Raphaël et Raphaëlle sont des jumeaux de 12 ans, élevés par leur parrain, Tristan. Un jour, il les emmène au Louvre, franchit une porte « interdite au public » et là, leur dévoile qu’il appartient à une organisation secrète : les chevaliers de l’insolite. En possession eux aussi d’une double aura, les jumeaux se voient proposer eux aussi d’appartenir à cette mystérieuse organisation. Ils apprendront à maîtriser les pouvoirs mystérieux qui se cachent dans le cerveau humain, ils feront connaissance de créatures étranges, et surtout, combattront les forces du mal et protégeront l’humanité, ceci en tout incognito. Ils se lancent dans leur première enquête, la poursuite d’un mystérieux collectionneur qui a volé un objet mystérieux, trouvé dans un tombeau égyptien.

Mon avis : c’est un chouette roman, plein d’actions, avec des personnages sympathiques. Les jumeaux se complètent et sont parfois amusants. On passe un bon moment en lisant ce livre. Le fantastique est bien développé et s’appuie intelligemment sur des légendes connues, mais le roman sait revenir dans un réel pour mettre en scène des épisodes de vie quotidiens d’adolescents. J’ai hâte de lire les tomes suivants ! Une lecture tout à fait sympathique, accessible à partir de 11 ans, de préférence pour des adolescents qui aiment ce genre d’univers.

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Phaenomen, Erick L’Homme

Quatre enfants sont les patients d’une clinique psychiatrique de la dernière chance. Ces enfants sont bizarres, éprouvent des troubles étranges. Violaine rêve toutes les nuits qu’elle est enfermée avec des dragons, et la journée, au-dessus des gens, elle voit des dragons. Nicolas est hyper-sensible à la lumière, et parfois voit le monde avec des couleurs étranges, ne reconnaît plus rien. Arthur mémorise tout, absolument tout ce qu’il voit, comme si son cerveau était un ordinateur. Claire ne parvient pas à se déplacer correctement et tombe sans cesse. Elle a l’impression de marcher dans un autre espace que celui qui l’entoure. Sous couvert de les aider et de les soigner, la clinique les assomme avec des calmants et cherche à les abrutir. Sauf le « Doc » Barthélémy, qui s’intéresse réellement à eux. Un jour, le Doc est enlevé par des hommes à la recherche de documents mystérieux, révélant un secret bouleversant pour toute l’humanité. Les quatre enfants se lancent à la recherche des documents, dans l’espoir d’obtenir une monnaie d’échange pour le Doc. Dans leur quête, leurs bizarreries vont se révéler être en fait des pouvoirs.

Mon avis : Le premier tome de la trilogie est passionnant. L’enquête est bien menée, on est dans un mélange de policier et de fantastique très réussi. Les personnages sont intéressants, leur psychologie est assez bien fouillée. Ce qui est intéressant c’est que les enfants ne sont pas des super-héros aux pouvoirs magiques, mais des êtres humains qui doutent à cause de leur différence, se sentent exclus du monde, et voudraient comprendre qui ils sont.

Les deux tomes suivants sont toujours aussi haletants, on a vraiment envie de savoir ce qui va se passer, mais moins riches dans l’étude des personnages. Le plaisir de la lecture est moins important. Le mystère part un peu dans tous les sens, mélangeant théorie du complot, secret des templiers, extra-terrestres… Néanmoins, la trilogie se lit facilement. A conserver cependant pour des enfants ayant déjà une certaine habitude de lecture (ou alors passionnés par l’univers fantastique) car certains éléments peuvent dérouter des petits lecteurs (les chapitres commencent tous par un texte en italique, extrait des pensées du personnage par qui commencera l’action du chapitre, cela peut être déroutant. Ils finissent également par un texte extrait d’un livre dont le thème est en rapport avec l’histoire, mais sans en faire partie. Cela enrichit la réflexion et donne un autre regard sur l’histoire, mais de petits lecteurs pourraient avoir du mal à comprendre).

A partir de 12 ans.

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