Les mille visages de notre histoire, Jennifer Niven

Résumé : Il y a deux narrateurs dans cette histoire, qui raconte leur vie tour à tour. D’un côté on rencontre Libby. Elle entre en classe de première au lycée. Elle a perdu sa mère 6 ans auparavant, brutalement, d’une rupture d’anévrisme. Pour se protéger de la terrible douleur de cette mort, elle a mangé énormément, sans s’arrêter, sans cesse et est devenue énorme. Tellement énorme que dans les six derniers mois elle n’a plus pu sortir de son lit et qu’elle a finalement dû être évacuée de chez elle par les pompiers qui ont détruit le mur extérieur de sa maison et l’ont sortie avec une grue. Elle a ensuite été soignée, coachée, aidée, elle a parlé, extirpé sa peur, sa coroman adolescents obésité amitié amour harcèlementlère, sa douleur. Elle a perdu 136 kilos. Depuis cette époque, elle n’est pas retournée à l’école et a suivi sa scolarité à la maison, aidée de son père, homme merveilleux, encourageant et aimant qui l’a toujours soutenue. La voici prête maintenant à affronter le retour à la vie collective, au lycée, à affronter les regards de ceux qui la verront toujours comme « l’ado la plus grosse des Etats-Unis », à affronter les moqueries sur son obésité. Mais Libby a un tempérament de fer, et elle est bien décidée à ne pas se laisser atteindre. De l’autre côté on rencontre Jack. C’est un lycéen qui a du charme et sait en jouer, est connu au lycée, a une petite amie et pas mal de potes. Mais il cache un très douloureux secret : il est atteint de prosopagnosie, qui est un trouble neurologique empêchant de reconnaître les visages, même ceux des personnes qui lui sont le plus proches (ses parents, ses frères, sa petite amie…). Il cache ce problème à tout le monde, sa famille, ses amis. Personne ne sait sauf lui. Il a mis en place des stratégies pour réussir à identifier son entourage sans trop de difficultés, mais la vie est terrible pour lui, car il avance perpétuellement dans une foule d’inconnus et craint sans cesse de se tromper.

On suit leurs parcours au milieu de la vie lycéenne, de ses difficultés, de ses péripéties. Je n’en dis pas plus pour ne pas enlever le plaisir de la découverte aux futurs lecteurs…

Mon avis : J’ai adoré ce roman que j’ai lu en une soirée. Les personnages sont généreux, ils rencontrent des difficultés, essaient de bien se comporter et voient que ce n’est pas toujours si facile. Ils veulent vivre leur vie, être heureux. J’ai aimé cette description de l’adolescence car je l’ai trouvée très juste. Les personnages sont entiers, pleins d’ardeur, mais aussi de craintes et d’angoisses.

Je conseille cette lecture à partir de 13 ans pour des lecteurs assez aguerris car la double narration et les 480 pages peuvent rebuter les petits lecteurs.

Ma vie sens dessus dessous, S.E. Durrant

Nouveau coup de cœur pour ce roman, que j’ai lu en une soirée au coin du feu.

Ira et son petit frère Zac sont promenés de famille d’accueil en famille d’accueil avant d’arriver au foyer de Skilly House, à Londres. Plutôt méfiants, ils vont découvrir un univers pas si difficile, où les adultes encadrants leur donnent réconfort et quiétude. Ils vivent dans une petite chambre sous les toits. Ira a 9 ans et Zac 7 ans lorsque l’histoire débute. Ils ne connaissent de leur passé qu’une photo un peu floue d’eux avec un chien noir. Ira se sent responsable de son petit frère, elle essaie d’être forte pour deux. Elle le rassure, lui raconte des histoires, le protège. C’est une enfant qui aime écrire des histoires, dessiner.

Le roman raconte leur quotidien dans le foyer, leurs espoirs, leurs craintes, leurs rêves, leurs amitiés avec les autres enfants, la façon dont chacun gère les difficultés de sa vie d’enfant sans famille, voire sans histoire pour certains. Tous ils rêvent de trouver une famille qui les accueillera définitivement, mais comme le dit Ira avec un cynisme tellement triste pour son âge, plus on est vieux, moins on fait envie aux familles adoptives…roman adolescent orphelinat famille d'accueil foyer émotions

Un jour ils vont avoir la chance de partir à la campagne en vacances pendant une semaine chez une ancienne institutrice. Ils reviennent métamorphosés de ce voyage, mais le quotidien leur paraît par contraste encore plus difficile. Mais la vie continue et peut-être un jour s’améliorera-t-elle.

Mon avis : c’est un roman difficile à résumer, car sa saveur ne tient pas tant dans l’histoire et les actions racontées, mais plutôt dans la finesse de la description des pensées et émotions de ces enfants laissés pour compte. J’ai trouvé une grande justesse dans la compréhension et la description des personnages. Ira sait si bien décrypter le comportement de son frère, elle sait lire les émotions cachées sous la surface des actions.

Si ce roman est plein d’émotion, tristes comme joyeuses, pour autant, il n’est pas outrancier comme certains romans jeunesse actuels qui se livrent à une débauche émotionnelle fatigante. Le thème abordé est difficile, mais traité je trouve avec sensibilité. J’ai vraiment aimé cette lecture, qui de plus n’est pas très difficile. En effet, il y a un seul narrateur, le récit est plutôt linéaire. Le roman comporte 200 pages ce qui est raisonnable pour des adolescents moyennement habitués à la lecture.

A cœurs ouverts, Jessi Kirby

Si vous avez aimé le roman Nos étoiles contraires, je suis quasi sûre que vous allez adorer celui-ci également. Voici une magnifique histoire sur l’amour, le deuil, la famille…roman amour adolescents ado

Emily a 18 ans. Depuis 400 jours, elle pleure la mort de son petit ami, Matt. Ils étaient en couple depuis leurs 14 ans, pour elle, il était l’homme de sa vie. Depuis sa mort elle ne fait que pleurer, elle ne vois presque plus ses amis, elle n’est pas allée à la fête de fin du lycée (ça se passe aux Etats-Unis), elle ne s’est pas inscrite à la fac, elle ne fait plus de sport, elle qui était dans l’équipe d’athlétisme de son lycée.

Matt est mort brutalement, d’un traumatisme crânien renversé par une voiture. Aussi, ses parents ont-ils fait le choix de donner ses organes pour sauver d’autres vies. Emily les accompagne pour rencontrer les personnes qui ont reçu ces dons. Cela l’aide à avancer dans son deuil. Mais l’un d’eux refuse de répondre à la demande, et ne répond pas à sa lettre, celui qui a reçu le cœur de Matt. Emily ne peut s’empêcher de penser à lui, d’attendre sa réponse. Presque obsédée, elle mène des recherches et finit par découvrir son identité. Il habite au bord de l’océan, à seulement 50 km. Elle se rend là-bas, en se faisant la promesse de juste le regarder, de ne pas chercher à l’aborder. Mais une fois sur place, les choses ne se passent pas exactement comme prévu…

Mon avis : j’ai passé un très beau moment de lecture avec ce roman, c’est vraiment un coup de cœur. J’ai été très émue par ce deuil, par cette presque veuve de 18 ans, par l’amour dont sa famille l’entoure dans cette épreuve. Les sentiments sont forts, vrais. Emily ne sait comment avancer, elle ne sait pas même si elle a le droit d’avancer, de commencer à moins penser à Matt. Ses sentiments évoluent, ils sont décrits de façon complexes. Le roman est également très intéressant lorsqu’il s’intéresse au vécu de la personne qui reçoit le don d’organe, lui permettant ainsi d’avoir une nouvelle vie, mais oh combien contraignante.

Je classe ce roman dans mes coups de cœur. Je le recommande à partir de 13 ans au moins, pour d’assez bons lecteurs car il est un peu long (336 pages).

Tom petit Tom tout petit homme Tom, Barbara Constantine

Tom a 11 ans. Il vit avec sa maman, Joss, qui en a à peine 25. Elle l’a eu alors qu’elle était encore au collège. Il ne connaît pas son père.roman ado pauvreté

Tous les deux vivent dans une caravane à la campagne, ils sont très pauvres, volent la moitié de leur nourriture dans les potagers des maisons voisines, attrapent des merles pour les manger. Joss fait des petits boulots à droite à gauche pour essayer de survivre, mais elle a du mal à les garder. Elle est assez impulsive, pas trop réfléchie, parfois violente. Elle a du mal à s’en sortir dans la vie, les hommes n’en veulent qu’à ses seins (ce qui la gonfle prodigieusement), elle n’a aucun diplôme. Pourtant elle a de la volonté, et essaie d’économiser pour accomplir ses rêves.

Tom est très débrouillard, il sait se faire à manger, il se gère souvent seul surtout quand sa maman sort tard le soir, voire part quelques jours en week-end avec des amis.

Il va faire la connaissance de deux autres âmes en perdition, Madeleine, une vieille dame de 93 ans, solitaire, à moitié décrépie, et Samy, un ex-copain de sa maman, ex-taulard, solitaire lui aussi. La première va lui apprendre à faire du potager, le deuxième discute longuement avec lui, de tout et de rien.

Les uns et les autres apprennent à se connaître, à se comprendre. Ils vont découvrir que à plusieurs, la vie est plus facile, plus douce.

Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce roman, tendre et tranquille. Les situations décrites sont difficiles, mais elles sont racontées avec relativement de pudeur. Nous ne sommes pas dans la débauche de sentiments que l’on trouve parfois en littérature jeunesse. D’ailleurs, cette pudeur peut rendre le roman un peu compliqué pour les lecteurs les plus en difficulté, car il faut comprendre les sous-entendus de certaines paroles, déduire des informations. Cependant cela reste une lecture assez facile et abordable, à partir de 12 ans environ. Le roman fait 250 pages.

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Le sumo qui ne pouvait pas grossir, Eric-Emmanuel Schmitt

Jun a quinze ans. Il vit dans les rues de Tokyo, il survit en vendant des articles à la sauvette sur les trottoirs. Il refuse de parler de sa famille, ou alors il prétend qu’il est orphelin. Lorsque le roman s’ouvre, un vieil homme le regarde et lui dit : « Je vois un gros en toi ». Chaque fois que le vieillard rencontre l’adolescent, il lui répète cette même phrase, complètement dépourvue de sens pour le jeune garçon, car il est plutôt maigre comme un clou.roman bouddhisme japon adolescents

Un jour, le vieil homme, qui s’appelle Shomintsu, lui offre un billet pour un combat de sumo. Jun se rend à la représentation, et est complètement bluffé par ce qu’il découvre. Alors qu’au début de la séance, il ne voyait que deux hommes gros et gras, s’élançant l’un contre l’autre comme des brutes, dans un jeu tellement débile qu’il se demande s’il a bien compris les règles, il se prend au jeu, et commence à voir la ruse, le talent, la concentration, l’agilité sous la graisse. Il comprend toute la subtilité de ce sport et est pris d’enthousiasme.

C’est alors que Shomintsu lui propose de rentrer dans son école de sumo, l’une des plus renommées du Japon. Jun étudie les 82 prises autorisées, développe son endurance, sa force, sa souplesse. Il vit à la dure, ce qui ne lui pose pas de problème, à lui qui vient de la rue. Mais malgré tous les repas qu’il ingurgite, malgré la qualité et l’abondance de la nourriture qui lui est servie, Jun ne parvient pas à grossir. Shomintsu va alors parler avec lui, et commencer à lui donner un enseignement d’inspiration bouddhiste. Il s’agira tout d’abord de le faire se réconcilier avec son passé, puis de lui montrer la voie vers le zen et la méditation.

Mon avis : C’est un très beau roman, extrêmement court, à peine une centaine de pages. Il permet de découvrir un sport peu connu en Europe, l’art des sumos, et nous invite aussi sur la piste du bouddhisme zen. Comme tous les romans du Cycle de l’invisible, cette invitation reste pleine de subtilité, à peine soulève-t-on un voile sur cette spiritualité, mais c’est suffisant pour donner l’envie d’en savoir plus.

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Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers

Résumé : Aristote a 15 ans. Il a très peu d’amis, aucun en fait. Il se sent en décalage complet avec les garçons de son âge. A la maison, ce n’est pas forcément facile non plus. Ses parents sont plutôt sympas. sa mère, enseignante, passe son temps à lui dire que ce qu’il ressent est normal, que c’est « une phase ». Son père est le plus souvent silencieux. Ancien soldat de la guerre du Vietnam, il est sorti abîmé par cette guerre, et hanté par les souvenirs roman ado homosexualité amourde ce qu’il a vécu. Aristote a aussi deux sœurs, des jumelles qui ont 12 ans de plus que lui, et un frère de 11 ans de plus. Mais ses frères et sœurs ne sont pas un soutien pour lui. Les filles sont trop âgées, elles le traitent presque comme leur propre fils, ce qui l’énerve prodigieusement. Quant à son frère, il est en prison, et plus personne ne parle de lui, toutes ses photos ont été enlevées de la maison, c’est comme s’il n’avait jamais existé.

 

Désœuvré pendant les vacances d’été, Aristote va à la piscine. Là, un garçon de son âge l’aborde et lui propose de lui apprendre à nager. Ce garçon, c’est Dante. Dante est lui aussi en décalage avec les garçons de son âge : il aime lire, il est attentionné avec les oiseaux, il apprécie ses parents, il aime dessiner, et comme lui, il a un prénom difficile à porter. Entre les deux adolescents, commence une amitié très forte. Les deux garçons apprennent à se connaître, chacun avec ses parts d’ombre, ses secrets, ses non-dits.

Mon avis : Comme la plupart des très bons romans, celui-ci est quasiment impossible à résumer. L’histoire est racontée du point de vue d’Aristote. Celui-ci se révèle une personne complexe, qui a des difficultés à parler de ses émotions, et même à se comprendre lui-même.

Le récit est très fort et même poignant. Il mêle les thèmes de l’adolescence, de l’amitié, des secrets de famille, des premières amours et de la difficulté à se comprendre soi-même.

C’est un gros coup de cœur que cette lecture. Je la recommande vivement à tous les ados qui aiment les récits inspirés d’histoires vraies, qui se posent des questions sur l’adolescence, l’amitié, l’amour…

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Le froid modifie la trajectoire des poissons, Pierre Szalowski

L’histoire : Le narrateur a onze ans, et il apprend dans les jours qui suivent Noël que ses parents ont décidé de se séparer. Il est super triste et en colère. Dans sa détresse, il lance un appel au ciel, lui demandant de l’aider. Comme réponse un peu étrange, le ciel envoie un épisode de verglas intense et hyper grave.roman bonheur adolescents divorce

Au début, ça n’a pas l’air de bien améliorer les choses pour lui. Son père s’en va habiter temporairement dans leur chalet de vacances, sa mère fait les comptes pour séparer leurs biens communs. Par contre ces conditions météorologiques extrêmes vont entraîner beaucoup de perturbation dans le voisinage. Des gens qui vivaient côte à côte mais sans se connaître vont être obligés de se rencontrer, de s’ouvrir, et peut-être, de voir leur vie métamorphosée à tout jamais. On découvre ainsi Julie, danseuse dans un club nocturne, qui ne sait plus trop pourquoi elle continue ce boulot, et qui ne rencontre que des hommes qui profitent d’elles, Boris, chercheur mathématicien obnubilé par ses poissons et la température de l’eau de leur bocal (c’est le sujet de sa thèse de doctorat qui est en jeu !), Simon et Michel, couple homosexuel qui cache leur amour de peur d’avoir des problèmes, Alex et son père Alexis, blessés par le passé, en colère et en rejet dans le présent… Et puis un jour, le père du narrateur revient à la maison, les deux bras dans le plâtre. Est-ce que les choses vont enfin s’améliorer pour lui aussi ?

Tous ces destins se croisent et s’entrecroisent, pour un roman plein de bonne humeur et de belles surprises. C’est un vrai roman « feel good » pour ados. Cette lecture fait du bien, on sort ragaillardi, motivé, on retrouve confiance dans le genre humain. Idéal à lire en hiver quand on est assailli par la morosité ambiante et qu’on a l’impression que le mauvais temps est vraiment trop déprimant. Une jolie leçon de bonheur.

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Cahier Mon Autobio d’Ado

cahier écriture adolescents écrireJ’ai le plaisir de vous présenter le cahier Mon Autobio d’Ado. C’est le premier cahier que j’écris à destination des adolescents. Il s’agit en fait de la continuité d’un exercice d’écriture que je propose à mes élèves de 3ème depuis maintenant (oulà !) presque 10 ans. Chaque année cet exercice a un grand succès. Les élèves sont super motivés, s’investissent à fond et me rendent des écrits vraiment très très beaux et émouvants. Aussi je me suis dit qu’il serait intéressant d’en faire profiter d’autres ados qui auraient eux aussi envie de raconter leur autobiographie.

Ce cahier s’adresse :

– à tous ceux qui aiment écrire

– à tous qui n’aiment pas écrire ! Chez mes élèves (je l’ai proposé à une dizaine de classes de 30 élèves, il a donc été fait par presque 300 adolescents) cet exercice a toujours rencontré du succès, que ce soient des élèves habitués à la lecture et l’écriture ou au contraire des élèves réticents, peu à l’aise avec l’écrit.

– à tous les ados qui ont envie/besoin de se pencher sur leur propre vie, de faire un peu le bilan de qui ils sont, ce qu’ils aiment, ce qu’ils ont déjà vécu, et ce qu’ils souhaiteraient vivre maintenant. Parler de soi est un besoin important des adolescents, et cet exercice leur permet de prendre le temps de le faire. Ils sont guidés, ce qui leur permet d’étoffer leur pensée et leur réflexion et d’écrire certainement beaucoup plus que s’ils étaient face à une page blanche.

– peut-être aussi à des adultes qui ont envie de raconter leur vie et ne savent pas trop par quel bout s’y prendre.

Le cahier comporte :

  • plus de 25 propositions d’écriture
  • des extraits de grands auteurs qui ont écrit leur autobiographie (Rousseau, Beauvoir, Pagnol, Leiris…)
  • des pages vierges pour ceux qui ont envie d’en dire plus
  • des espaces pour coller des photos

Il se divise en quatre chapitres :

  • Mon enfance
  • Mon autoportrait
  • Ma vie actuelle
  • Mon avenir

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Baguettes chinoises

J’adore la littérature asiatique. Ces cultures sont tellement différentes de la nôtre que les romans sont parfois difficiles à comprendre, mais justement, cela les rend passionnants.

Ici, l’auteur, Xinran, est une femme qui anime une émission de radio sur les femmes en Chine. Elle s’inspire des divers témoignages qu’elle a recueillis pour construire la trame de son roman. C’est un de mes romans préférés, super facile à lire, intéressant, grâce auquel on apprend des tonnes de choses, bref passionnant.

Allez, je vous raconte l’histoire…

Dans un village près de Nankin en Chine, un père est déshonoré car il n’a réussi qu’à avoir des filles, 6 filles, qu’il n’a même pas daigné appeler autrement que par leur numéro de naissance : Une Deux Trois… En effet, dans ce village, les filles sont considérées comme des baguettes, et les garçons sont des poutres solides qui seront capables de soutenir le toit des maisons. Il a réussi à marier sa fille aînée (malgré les réticences de celle-ci) à un homme vieux et influent. On lui propose pour sa deuxième le fils infirme d’un homme riche. Deux, désespérée par ce mariage dont elle ne veut pas, se jette dans le puits. L’homme riche, pas du tout gêné, propose que ce soit Trois qui épouse son fils infirme. Celle-ci décide de s’enfuir dans la ville la plus proche, à Nankin. Le roman retrace le destin de trois femmes chinoises qui cherchent l'indépendance dans une société sexisteLe roman s’ouvre sur son arrivée dans cette ville, sa recherche d’un travail. Comme campagnarde, elle ne connaît pas les usages de la ville, mais heureusement, un certain nombre de citadins, en souvenir de leurs débuts, prennent en pitié les jeunes filles arrivées de la campagne. On lui trouve un emploi dans un restaurant, et elle va gagner bien plus d’argent que n’importe quel habitant de son village. Au bout d’un an, elle ose retourner chez elle. Face à la richesse qu’elle rapporte, son père accepte de lui confier Cinq, car elle est laide et bête, on ne craint donc pas qu’elle se fasse séduire, et Six, la seule à avoir fait quelques études. Les deux jeunes filles vont à leur tour faire leurs preuves, à force de courage et d’envie de réussir. A leur retour, elles prouvent à tous que les filles ne sont pas de simples baguettes.

C’est un roman magnifique, plein d’espoir et qui propose une belle image de l’humanité. C’est un vrai plaisir de le lire, on s’attache à ces jeunes filles, qui n’ont même pas eu la chance de porter un vrai prénom, mais qui veulent vraiment changer leur destin. La lecture est facile, agréable. On découvre avec plaisir une image très intéressante de la vie populaire dans cette ville chinoise. Ce que j’aime particulièrement dans ce roman, c’est l’idée qu’il est possible de changer son destin, de choisir sa voie en quittant celle qui semblait toute tracée. Que d’espoirs !

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Les valises, Sève Laurent-Farjal

Sarah part en voyage scolaire à Auschwitz. Elle se sent mal, elle est brouillée avec son amie Josy, et le garçon le plus frimeur de la classe n’arrête pas de la provoquer à la fixer du regard sans cesse. Le voyage ne se déroule pas comme prévu. Pendant la visite de l’ancien camp de concentration, elle tombe sur une valise qui porte son nom de famille. 

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D’un seul coup, tout s’embrouille en elle. Pourquoi sa mère a-t-elle toujours refusé de parler de son père ? Qui est-il ? Pourquoi sont-elles seules au monde toutes les deux.

Au retour du voyage, Sarah rassemble ses forces pour poser des questions à sa mère. Malheureusement, la vie ne lui en laisse pas le temps, car sa mère est victime d’un accident de voiture le jour même. Sarah est placée en famille d’accueil.

Elle va se lancer sur les traces de son passé, aidée en cela par son professeur d’histoire, passionné de généalogie, et de ce garçon, Jérôme, qui derrière son attitude frimeuse, révèle des trésors de profondeur et de fidélité.

Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce roman, je lui décerne même un coup de cœur. Déjà, j’ai beaucoup aimé le travail autour de la mémoire, et les secrets de famille. L’auteur mêle habilement les problématiques historiques et les problématiques familiales, c’est passionnant.

Mais ce que j’ai préféré dans ce roman, c’est l’histoire d’amour. C’est très rare de trouver un auteur qui parle aussi bien de l’amour, avec tant de justesse. Elle ne tombe ni dans le côté mièvre et ridicule, ni dans la pudibonderie. Elle parle avec beaucoup de justesse de la passion vécue par des adolescents, des questions qu’ils se posent, des tourments rencontrés parfois, de l’attirance physique, du doute, du bouleversement émotionnel entraîné.

J’ai juste une petite réserve sur le côté historique. Etait-il vraiment possible d’aller en voyage scolaire à Auschwitz en 1982 malgré le rideau de fer ? Et est-ce que le travail de mémoire se faisait à cette époque comme nous le faisons maintenant ? J’ai vécu l’histoire plutôt comme celle de deux adolescents de notre époque, pourtant les besoin du récit nécessitent que cela se passe en 1982. Cela restera un point d’interrogation dans mon esprit…

Je conseille ce roman à des adolescents à partir de 13 ou 14 ans. Il fait 300 pages et se lit assez facilement.

C’était ma 4ème participation au challenge #marsauféminin organisée par Floandbooks.

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Tatiana sous les toits, Gisèle Bienne

#marsauféminin

Aurore vit dans un immeuble avec ses parents et son petit frère Vincent qui lui est « tombé dessus » depuis quelques mois. Aurore a du mal à trouver sa place dans la famille. Ses parents sont un peu dépassés par leur bébé, et ne comprennent pas Aurore, qui a des idées un peu roman deuil ados famille théâtre artdécalées. Un jour, une comédienne, Tatiana, s’installe dans l’appartement au-dessus de chez eux. Aurore est fascinée par cette femme, par l’univers qu’elle représente. Elle s’arrange pour la croiser le plus souvent possible dans les escaliers, et essaie de se faire inviter chez elle. On découvre peu à peu la vie d’Aurore, avec ses questionnements, ses difficultés, son histoire familiale, ses amours et amitiés. La rencontre avec Tatiana oriente l’histoire vers l’art, le théâtre, la littérature.

Mon avis : Ce roman m’a beaucoup surprise. Je l’ai trouvé assez ennuyeux au début, avec cette petite fille qui paraît superficielle de s’intéresser à la « star » qui vit dans l’appartement au-dessus d’elle. Et puis plus on avance dans le roman, plus l’histoire devient profonde, toute en subtilité. Les personnages se développent, se complexifient. On découvre les secrets de la famille, les non-dits, les tristesses cachées. Et on comprend mieux cette petite fille, plus si petite d’ailleurs, qui se positionne différemment de ses amis collégiens, et n’a pas peur d’assumer sa différence. Ce roman aborde les thèmes de l’adolescence, du deuil familial, de l’art avec beaucoup de pudeur et d’originalité. Il n’est pas tellement épais (139 pages), cependant je le conseille à des ados plutôt bons lecteurs (ou au moins assez mûrs dans leur façon d’envisager la lecture) car cette écriture en demi-teinte pourra surprendre ceux qui préfèrent les romans pleins d’actions et de rebondissements.
Ce livre a été lu dans le cadre du challenge #marsauféminin, qui propose de lire des auteurs féminins, organisé par le blog Floandbooks.

 

La couleur des sentiments, Kathryn Stockett

L’action se passe aux Etats-Unis, dans l’état du Mississippi dans les années 60. Le racisme et les lois ségrégationnistes sont extrêmement présentes dans la petite ville (Jackson) qui sert de cadre à l’histoire. Les Blancs se font servir par les Noirs, notamment les femmes noires qui ont le rôle de bonnes dans leurs familles, et s’occupent de l’entretien des maisons, du ménage, des enfants…roman racisme ségrégation

La narration suit alternativement plusieurs personnages. Aibileen travaille depuis 40 ans dans des familles blanches. Elle a appris à se taire, à faire ce qu’on lui demande, et à garder tout son coeur pour les enfants qu’elle élève, et pour le cahier d’écriture qu’elle tient tous les soirs, elle, l’ancienne élève excellente qui a dû arrêter l’école pour gagner sa vie. Elle nous raconte son quotidien dans une famille dont la mère n’arrive pas à s’occuper de sa fille, qu’elle maltraite car elle ne sait pas éprouver d’affection pour elle. On suit également Minny, une autre bonne qui pour sa part n’arrive pas à tenir sa langue, et ne peut s’empêcher de dire leurs quatre vérités à ses patrons. Renvoyée une nouvelle fois, mais cette fois-ci pour une raison injuste, elle a du mal à retrouver du travail. Enfin, la narration nous parle de Skeeter, une jeune femme blanche. A la fin de ses études, elle est revenue vivre chez ses parents, et sa mère voudrait que comme toutes les autres jeunes filles de son âge, elle trouve un mari et s’installe. Mais Skeeter est animée par le désir d’écrire, et d’écrire sur les sujets qui sont importants à ses yeux. Elle va s’interroger sur la condition des bonnes noires, leurs sentiments, leur vécu quotidien dans les familles blanches, et leur donner la parole, à elles, ces femmes invisibles que leurs patrons empêchent même de faire leurs besoins dans les mêmes toilettes qu’eux.

Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce roman. En effet, il dénonce le racisme quotidien, les petites phrases assassines, le mépris, la condescendance. Il se veut aussi nuancé et montre que toutes les familles blanches ne sont pas aussi racistes les unes que les autres. Il se situe sur l’arrière-plan de la lutte contre la ségrégation, sont mentionnés Rosa Parks, Martin Luther King, mais aussi le Klu Klux Klan, mais ils ne sont pas au cœur de l’histoire. Le cœur de l’histoire justement se place dans le cœur de ses personnages, que ressentent-ils, chacun dans leurs conditions de vie, comment voient-ils les choses ? Le roman est assez long, mais la lecture est aisée et agréable. Les changements de points de vue permettent de découvrir plusieurs facettes du même problème. Je le conseille pour d’assez bons lecteurs, grands ados et jeunes adultes.

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge #marsauféminin organisé par Floandbooks, qui vise à lire des auteurs féminins en ce mois de la journée internationale des droits de la femme.

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C’est pour la bonne cause, Jacques Fansten

Voici un roman qui, bien que sorti il y a une vingtaine d’années, est bien d’actualité.

Tonin a 12 ans. Son collège organise une action humanitaire en lien avec une association. 20 enfants africains originaires d’un pays en guerre vont venir passer un mois de vacances en France, pour se sortir un peu de leur quotidien difficile, se reposer. L’association recherche des volontairesroman jeunesse racisme migrant pour les accueillir dans leur famille. Tonin espère bien que ses parents seront d’accord et s’inscrit avant d’avoir leur avis. Malheureusement son père, après avoir tenu de beaux discours sur l’importance d’aider autrui, finit par alléguer des excuses vagues pour refuser. Mais c’est la honte pour Tonin, il n’ose pas se désengager maintenant qu’il a fanfaronné devant les copains. Aussi, il va se débrouiller pour accueillir le petit Moussa en cachette de ses parents. Mais un jour l’aventure tourne au drame.

Mon avis : ce roman est très intéressant dans le sens où il nous fait réfléchir à la réalité de notre engagement. C’est facile d’avoir de belles paroles « Il faut aider les autres » etc, mais que reste-t-il lorsque vraiment nous sommes face à la possibilité d’agir concrètement ? L’action est bien menée, j’ai été assez angoissée pendant toute la partie centrale du roman, quand les ennuis surgissent. Cependant je trouve un peu dommage que la personnalité de Moussa ne soit pas développée. On ne sait quasi rien de son histoire, à part quelques mots à la fin, son personnage est un peu caricatural. C’est malgré tout une belle histoire, intéressante et bien racontée. Pour les ados à partir de 11 ans.

J’aime pas le lundi, Jérôme Lambert

Lucien est un collégien plutôt introverti. Il aime être tranquille, il dort souvent en classe. Au désespoir de ses parents, il n’a pas beaucoup d’ami, en fait il en a un seul (sauf si on a le droit de compter dans ses amis le portrait affiché à l’entrée du collège). Par contre il y a des tas de choses qu’il n’aime pas. Tellement, qu’il décide d’en faire la liste pendant les deux heures de retenue qu’un prof lui a donnés. Dans la liste des choses qu’il n’aime pas figure Fatou, une fille du collège, grande, imposante, et qui n’hésite pas à lui rentrer dedans quand elle le croise.

Or justement, Fatou a décidé de lui lancer un défi. Lequel des deux déteste le plus de choses ? Lucien est sûr de gagner, en plus il a pris de l’avance dans sa liste avec ses deux heures de colle.

Mon avis : Mon résumé ne fait pas honneur à ce livre. Son intérêt ne tient pas dans l’histoire, assez plate, mais dans le style de l’auteur, plein d’humour et d’ironie assez mordante. Cependant, je suis sceptique sur le fait que ce roman puisse plaire à des adolescents. En effet, cette ironie s’applique souvent au monde adulte, ou à la façon dont les adultes se comportent avec les adolescents. Or je me demande si des adolescents sont sensibles à cet humour. Je vous laisse me dire ce qu’il en est…

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Plumes de vies, Isabelle Guigou

Clarisse est en quatrième. Elle vit seule avec son père. Soudain, le monde s’effondre pour elle : son père est arrêté et emprisonné pour trafic de drogue. Elle est alors placée en famille d’accueil, elle doit changer de collège.

Le roman se constitue de lettres ou journaux intimes des différents acteurs de cette histoire : Clarisse écrit à son père Matthieu, qui lui répond. La mère de la famille d’accueil, Amina raconte aussi ce qu’elle vit, ainsi que son fils, Icham. On lit aussi les mots d’une vieille dame, Mme Carmen, qui aime commérer, surtout au sujet de son voisin le drogué.

Au début j’ai été assez surprise par ce roman. Le père fait une bêtise, mais se repend, il promet de ne plus toucher à la drogue. La famille d’accueil est gentille, personne ne juge le père, tout le monde comprend son écart, sait qu’il va essayer de s’en sortir. Les bons sentiments sont omniprésents. Je me demandais un peu quel était l’intérêt du roman. et puis à partir de la moitié, la situation devient plus compliqué. A sa sortie de prison, le père essaie de tenir bon, il a rencontré une femme dont il est amoureux, il a retrouvé un travail. Mais c’est difficile, il est extrêmement fragile, et un jour, il rechute. Sa rechute va finalement avoir des conséquences dramatiques.

Mon avis : Ce roman est intéressant, il traite d’un sujet difficile, et avec beaucoup de justesse. Le mélange des points de vue permet de comprendre la position de chacun. Deux choses m’ont cependant un peu gênée. D’une part cette longueur de la première partie où tout est un peu trop gentillet (mais la 2ème partie rattrape ce petit défaut) et d’autre part les choix typogaphiques. Afin d’imiter les lettres ou journaux intimes, l’éditeur a choisi des polices imitant l’écriture manuscrite. Je trouve que c’est assez fatigant à lire, et j’imagine que les personnes ayant des difficultés à lire (notamment les dyslexiques) seront vraiment gênées. C’est un peu dommage selon moi.

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