La révolte d’Eva, Elise Fontenaille

Voici un roman ultra court, et ultra violent, à réserver aux ados les plus âgés et solides psychologiquement. Eva vit aroman pour ados qui détestent lirevec ses quatre soeurs, sa mère, son chien, et son père dans une petite maison en bord de forêt. Son père est un homme violent, fasciste, sadique. Il bat ses filles régulièrement, les oblige à faire le salut nazi devant Hitler, les humilie. Leur mère n’ose rien dire, elle qui a été pendant si longtemps la victime de ce monstre, avant qu’il ne se retourne contre ses filles. Eva est la troisième, et aussi celle qui a le plus de caractère, et donc sur qui le père s’acharne le plus. Mais elle sait trouver de la liberté, et quelques gouttes de bonheur dans la nature, la forêt, la neige, son ami le chien.

Mon avis : voici un roman bouleversant, par la violence dont il nous rend témoins, mais aussi par l’aveu de l’indifférence de tout l’entourage face à une telle violence. La phrase du gendarme à la fin m’a terrifiée. Cependant l’auteur a aussi su montrer la poésie de son héroïne, sa force morale, sa force de vie qui l’aident à trouver du bonheur dans de petites choses. A réserver aux ados à partir de 14-15 ans, idéal pour ceux qui détestent lire (43 pages seulement).

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Double jeu, Jean-Philippe BLONDEL

roman ado théâtre lycée intégrationQuentin va au lycée dans sa cité. Il a des potes, il fait l’imbécile en cours, il sèche de plus en plus. Le proviseur le convoque avec ses parents, et lui propose une ultime solution : faire sa classe de première dans un lycée de centre ville. C’est ça ou être renvoyé définitivement de l’école car il a passé 16 ans. Quentin n’en a pas du tout envie, mais sa mère lui fait comprendre qu’il n’a pas le choix. Alors il s’exécute, de mauvaise grâce. Rien ne lui plaît dans ce lycée : les autres élèves sont tous issus de familles riches, ils ont des codes qu’il ne comprend pas, ils friment tous, on l’oblige à bosser pour s’en sortir, il n’a personne avec qui faire le bazar en classe alors il préfère rester seul et silencieux dans un coin. Il voudrait fuir, partir ailleurs, recommencer sa vie loin, et avoir plus de chance que ce qu’il n’a eu jusqu’à maintenant. Jusqu’au jour où piqué par la prof de français, il fait une réponse qui laisse tout le monde surpris. De ce jour là, cette prof que tout le lycée adule en raison de l’option théâtre dont elle s’occupe, va s’intéresser à lui, l’obliger à s’ouvrir, à réfléchir, et peut-être même à prendre un rôle auquel il n’aurait jamais osé rêver. Mais le chemin est dur dans cette classe où il doit lutter pour trouver une place.

Mon avis : un roman vraiment sympa sur la difficulté de s’intégrer au collège et au lycée, la difficulté à trouver sa place quand on a l’impression de n’avoir aucune chance dans la vie, les différences sociales, mais aussi sur le théâtre et sa magie.

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Les petits orages, Marie Chartres

Résumé : La vie de Moses Laufer Victor est un calvaire, dont il s’échappe en regardant de stupides vidéos de pandas sur youtube. En effet, déjà il a un prénom idiot, son visage est couvert d’une acné très importante, ses parents sont tous les deux psychanalystes, et pourtant fort peu doués pour roman ado différence handicap indien amitiéparler des leurs émotions. Or les émotions sont grandes et pleines de souffrances dans cette famille, depuis l’année précédente quand un accident de voiture a grièvement blessé l’adolescent, qui a de terribles cicatrices et douleurs, et doit se déplacer avec une béquille, et sa mère, restée handicapée. Moses ne sait plus comment continuer, comment donner du sens à sa vie, où tout ce qui était avant facile et fluide est devenu difficile et douloureux : marcher, se pencher, s’asseoir. Il n’a quasiment pas d’amis, refusant la pitié comme la moquerie. Il va rencontrer un adolescent tout aussi blessé que lui, même si ses cicatrices sont moins visibles : Ratso, un Indien. Tous deux vont apprendre à se connaître, au-delà de leurs sensibilités douloureuses et de leurs colères. Cette amitié leur permettra de surmonter ces souffrances, et au travers d’un voyage assez aventureux et incertain, à bord d’une voiture épave, en direction de la réserve indienne dont est originaire Ratso, de retrouver le goût de la vie et de l’avenir.

Avis : J’ai beaucoup aimé ce livre, un coup de cœur comme cela faisait longtemps que je n’en avais plus eu. Ce livre traite de la différence, qu’elle soit dûe au handicap, à la pauvreté, à l’origine… Il est facile à lire, pas trop long. Les émotions sont fortes, mais pour autant restent vraies et évitent le sensationnalisme. L’auteure sait nous ménager des surprises, ses personnages se dévoilent peu à peu, mais n’hésitent pas à garder une part de mystère. On a envie de savoir la suite de l’histoire, de comprendre les personnages et leur vie. On découvre la misère matérielle, psychologique et politique de la vie dans les réserves indiennes. Très belle lecture, que je recommande à partir de 14 ans.

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La cascade gelée, Gaye Hiçyilmaz

Selda vit en Turquie avec sa mère et ses sœurs. Son père et ses frères ont émigré en Suisse allemande depuis plusieurs années. Elles attendent avec impatience de pouvoir les rejoindre. Enfin les billets d’avion arrivent, et c’est le grand départ. Selda est impatiente, mais en même temps très inquiète. Elle qui est excellente élève en Turquie, comment va-t-elle faire à l’école dans un pays dont elle ne connaît pas la langue ? Elle a peur de devenir une élève à problèmes, de ne pas pouvoir réaliser ses ambitions.

roman adolescents ados immigration Turquie SuisseL’arrivée en Suisse est pleine de sentiments complexes. Le pays lui plaît, elle découvre les montagnes, la neige. Elle admire l’ordre suisse, l’élégance des villes. Pourtant, elle ne retrouve pas l’ambiance familiale telle qu’elle l’avait connue en Turquie, son père est devenu maussade, sa mère ne trouve pas sa place dans ce nouveau pays. A l’école, les enseignants sont très gentils, mais Selda ne se fait aucun ami, progresse lentement en allemand. Pourtant elle s’accroche, et peu à peu réussit à faire surface. Elle devient amie avec la fille du directeur de la plus grosse usine de la ville, qui malgré sa fortune est rejetée par les autres élèves. Selda découvre alors que la fortune n’empêche pas à une famille de connaître les soucis et le malheur.

Elle rencontre également un jeune homme turc, mais qui lui est un immigré clandestin, et à cause de cela, voué à un avenir sombre, perpétuellement exploité par les autres. Elle veut lui venir en aide, mais ce n’est pas si facile qu’elle pourrait le croire.

Mon avis : Ce roman m’a beaucoup plu. C’est un roman qui sait prendre son temps, qui installe les personnages avec beaucoup de profondeur, qui décrit les situations avec subtilité. Ce roman évite la caricature face à la question de l’immigration. Il montre combien les situations peuvent être complexes, parfois presque contradictoires. De nombreux sujets sont abordés, les différences des cultures, les risques de la radicalisation, le problème de l’immigration clandestine, de l’esclavage moderne qui en résulte, de l’intégration à l’école et dans la vie quotidienne. Il sait montrer les richesses de l’immigré aux côtés des difficultés qu’il rencontre. Il offre également une réflexion sur l’amitié, la franchise et ses difficultés, même sur la famille.

Ce roman est riche et dense. Je le conseille aux bons lecteurs, que les 373 pages n’effraieront pas.

Freak city, Kathrin Schrocke

Résumé : Mika est un adolescent de 15-16 ans. Il ne sait pas vraiment où il en est avec sa petite amie qui a décidé de rompre au moins momentanément. Il sort au hasard dans un café branché, et rencontre une jeune fille vraiment très attirante, Léa. amour surdité handicap roman adolescents adolescence adoUn peu surpris par ses réactions étranges, il comprend qu’elle est sourde et qu’elle communique par la langue des signes. Il s’inscrit un peu sur un coup de tête à un cours pour apprendre lui aussi à signer. Peu à peu sa relation avec Léa se construit, il découvre l’univers des sourds, il apprend à connaître leurs codes, leurs difficultés, leurs forces aussi et pourquoi certains d’entre eux affirment qu’ils ne voudraient pas devenir des « entendants ». Mais son coeur ballotte encore un peu entre son ancienne petite amie Sandra et cette jeune fille fascinante mais un peu effrayante Léa. Il entre peu à peu dans le monde des adultes, découvre ses ambiguïtés, apprend la difficultés des choix, et la joie de s’assumer.

Mon avis : Voici un chouette roman. Cela se passe en Allemagne, il ne faut donc pas s’étonner que les âges de scolarité ne collent pas tout à fait avec les nôtres. La découverte de l’univers des sourds, des difficultés que rencontrent certains d’entre eux avec leur famille par exemple, les stratégies qu’ils mettent en place au quotidien pour surmonter leur handicap est vraiment passionnante. Il s’agit également d’une jolie histoire d’amour, intéressante car compliquée, comme dans la vraie vie. Ce roman s’adresse aux grands adolescents, capables de comprendre les ambiguïtés de la vie et des gens.

Bacha Posh, Charlotte Erlih

En Afghanistan, les femmes n’ont pas le droit de sortir sans être accompagnées d’un homme, un père, un frère ou un fils. Par conséquent, cela pose un problème dans les familles où il n’y a pas de garçon parmi les enfants. Pour remédier à ce problème, il existe une tradition, déguiser l’une des filles en garçon : on appelle cela une bacha posh. Cette fille a alors tous les droits des garçons : sortir librement dans la rue, étudier, faire du sport. Elle est exemptée des tâches ménagères réservées aux femmes dans cette culture. Et grâce à elle, sa mère et ses sœurs peuvent sortir, accompagnées. Cependant, le jour de sa puberté, cette liberté s’arrête, la jeune fille reprend son statut de fille, ne peut sortir plus que voilée intégralement, et accompagnée d’un homme.

Le roman raconte l’histoire de l’une d’elles, nommée Ferrukzad à la naissance, elle est depuis l’âge de 5 ans Ferrukh. Elle va à l’école, et a monté une équipe d’aviron. Forte de sa connaissance du français, elle a réussi à se procurer un bateau de compétition, et avec ses copains, ils espèrent pouvoir représenter l’Afghanistan aux jeux olympiques. Mais un jour, Ferrukhzad a ses premières règles, et est considérée désormais comme une fille. C’est sa petite sœur, Amira, qui va maintenant jouer le rôle d’un garçon. Les parents de Ferrukhzad mentent aux amis de celle-ci (celui-ci pour les amis), disent qu’il est parti. Ferrukhzad est désespérée, elle ne veut pas trahir ses amis si peu de temps avant les jeux olympiques. Elle va tenter de se révolter contre ses parents et la tradition.

Ce roman est très intéressant, je ne connaissais pas du tout cette tradition. Il n’y a pas de jugement ouvert sur cette tradition, le roman raconte juste les faits, l’action, et retrace les ressentis de la jeune fille.

Un article intéressant sur le sujet.

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Tu es une légende, Tim Winton

Ce roman est le troisième d’une trilogie. Je n’ai pas lu les précédents et cela ne m’a pas gênée une seule seconde. Il raconte l’histoire d’une famille très unie vivant en Australie. roman adolescents maladie dépression déprimeElle comporte deux parents dont le père est flic. Ils sont donc logés dans une maison prêtée par l’état, une maison un peu pourrie dans un quartier pas mal pourri. La mère est écolo, pleine d’énergie, elle élève ses trois enfants avec amour et bienveillance. L’aîné est le héros, il va au collège, s’est fait larguer l’année précédente par sa copine devant tout le monde, et cette année a dû supporter le déménagement de son meilleur copain. C’est pas trop la joie pour lui. Il a un frère cadet en fin d’école primaire, et une petite soeur encore bébé. Une vie assez banale somme toute. Mais d’un coup, tout change et devient compliqué. En effet, sa mère tombe en dépression et doit être hospitalisée. Lockie doit donc assumer la maison à sa place, changer la petite, faire les courses, préparer les repas, faire les lessives, et préparer sa rentrée au collège par dessus le marché. Il rend également visite à sa mère à l’hopital, essaie de renouer le contact avec elle par dessus ce brouillard de tristesse duquel elle semble incapable de sortir.

Ce roman est assez court, très agréable à lire. L’émotion est forte dans ce roman, il permet de découvrir la maladie de la dépression, souvent mal connue, et parfois méprisée. On peut ainsi mieux comprendre les gens qui en sont atteint. Cependant le roman ne tombe pas dans les lamentations et le désespoir. L’humour est toujours présent en sourdine pour nous remonter le moral, et le héros trouvera d’ailleurs une aide mystérieuse inespérée. Un très beau roman, émouvant et authentique.

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Quand j’étais soldate, Valérie Zenatti

Voici un roman très intéressant. En effet, l’auteur Valérie Zenattiroman jeunesse adolescents armée service militaire écrit l’autobiographie de deux années très particulières de sa vie. Née en France, elle a émigré en Israël à l’âge de 13 ans. Or là-bas, tous les jeunes de 18 ans, garçons et filles, partent pour un service militaire de deux ans. Juste après son bac, elle est engagée comme les autres, et part faire ses classes. Elle apprend à manier une arme, à faire son lit au carré, à obéir aux ordres, à dormir 6h par nuit, à se relever la nuit pour appeler ses parents ou ses amis depuis la cabine téléphonique du camp… Et puis après la période des classes vient le temps des affectations dans un service. Valérie entre dans le service des renseignements. Là elle va découvrir un tout nouvel univers.

Il ne se passe rien d’extraordinaire dans ce roman. L’auteur raconte simplement son expérience du service militaire en Israël. Aucun événement sensationnel n’a lieu. Et pourtant, tout est passionnant. On découvre un pays, une mentalité, un milieu, celui de l’armée. Il ne faut pas oublier qu’Israël est un pays entouré de zones de conflits, lui-même en conflit permanent avec le peuple palestinien. D’ailleurs l’auteur montre bien toute l’ambiguïté de l’attitude israëlienne face à ce problème (même si c’est vraiment mieux analysé dans le roman cité au début de l’article). La jeune femme se pose des questions sur la vie, sur l’amour, l’amitié…

Je conseille cette lecture à des adolescents intéressés par le monde réel et ce qu’il s’y passe et ouverts sur le monde qui nous entoure. Sans être difficile, ce livre peut sembler rébarbatif à ceux qui ne cherchent que des intrigues palpitantes, et de l’action en veux-tu en voilà.

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Les yeux de Rose Andersen, Xavier-Laurent PETIT

roman jeunesse immiagration Mexique Etats-Unis pauvreté misèreAdriana vit avec sa famille dans un minuscule village du Mexique, pas loin de la frontière avec les Etats-Unis. Ils sont pauvres, très pauvres. Lorsque la sécheresse transforme leur petit terrain de terre en poussière stérile, ils fuient ensemble vers la ville, pour trouver une misère encore plus absolue. Le père ne trouve aucun travail, son frère Guillermo rencontre des gens qui l’entraînent dans une très mauvaise direction, sa mère travaille des heures durant pour rapporter à peine quelques sous.

Le père a désormais une idée fixe, passer la frontière, au risque d’être abattus comme des chiens par les gardes-frontières.  Pour cela, il faut gagner de l’argent, beaucoup d’argent. Et s’ils réussissent à passer, rien n’est gagné pour eux, il faudra survivre, échapper aux dangers des villes américaines, et se faire une place. Mais Adriana est déterminée, et saura saisir sa chance quand ce sera le moment.

Mon avis : Ce roman est extrêmement violent, j’ai presque eu la nausée en le lisant. Les horreurs auxquelles sont confrontées les miséreux mexicains dans le bidonville puis lors de leur tentative d’immigration sont absolument scandaleuses et terrifiantes. Je ne peux qu’espérer que l’auteur en a rajouté, mais j’ai bien peur que non…

Ce roman permet de découvrir un aspect fort peu reluisant de notre monde, dans lequel le luxe relègue la misère de l’autre côté d’une frontière de barbelés, et n’hésite pas à abattre froidement ceux qui épuisés par le malheur, viennent chercher l’espoir d’une vie meilleure.

Attention toutefois à la violence du roman qui peut choquer certains ados un peu sensibles (en tout cas moi j’ai été choquée).

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Le chemin de Sarasvati, Claire Ubac

En Inde, au XXème siècle.

« Femme de Meyyan, qu’est-ce que tu es en train de faire ?

Elle siffle entre ses dents :

– Tu sais bien qu’il faut la laisser mourir de faim, cette merde que tu nous as pondue ! »

un roman sur les enfants des rues en inde la misère, les castes et les intouchablesVoici comment Isaï est accueillie à sa naissance par la maîtresse de la maison, sa tante. Toutes les femmes du village essaient d’empêcher sa mère de l’allaiter, ou cherchent à provoquer un malheureux accident entraînant la mort de ce bébé né honteusement fille. Mais par chance pour elle, sa mère s’accroche, la protège, et la fillette survit. En grandissant, elle subit les brimades incessantes de sa tante qui la traite comme une servante. Lire la suite

35 kgs d’espoir, Anna Gavalda

Grégoire a 13 ans et il est en 6ème, cherchez l’erreur… Il a redoublé deux fois, le CE2 et la 6ème. Il déteste l’école. Il ne sait pas pourquoi. Pourtant il est aussi intelligent qu’un autre, aussi gentil… Mais il ne supporte pas ‘aller à l’école. Tous les matins il a une grosse boule d’angoisse dans le ventre, il se sent mal. Livre parfait pour ceux qui détestent lire et détestent l'écoleTout lui paraît ennuyeux et impossible à l’école, même le sport ! Il ne se sent bien que dans l’atelier au fond du jardin e son grand-père. Là, il s’amuse à construire des tas de choses, il bricole, il invente. Mais à l’école on ne fait rien de tout ça. Aussi peu à peu la situation se dégrade, il se fait renvoyer. Plus aucun collège ne l’accepte. Ses parents parlent de l’envoyer au pensionnat. Son grand-père qui l’avait toujours soutenu ne veut plus lui parler. Grégoire est désespéré, il ne sait plus quoi faire. Une petite lueur d’espoir s’allume lorsqu’il découvre le prospectus d’un lycée technique qui propose un internat. Là les élèves semblent faire des choses intéressantes : bricoler, utiliser des machins… Mais avec son dossier scolaire plus que minable, va-t-il réussir à y entrer ?

Mon avis : Un excellent roman pour ceux qui n’aiment ni l’école ni la lecture. Il nous montre que pour s’en sortir, il faut vraiment se battre et chercher des solutions adaptées à chacun. La société actuelle ne propose pas beaucoup de voies alternatives, si on veut y parvenir, il faut vraiment chercher à construire son propre chemin. Mais le jeu en vaut la chandelle. C’est un roman extrêmement court (100 pages) et écrit très gros. Cela facilitera la lecture à ceux qui n’en ont pas l’habitude. Mais pour autant il ne prend pas les ados pour des imbéciles comme certains romans vraiment débiles. L’histoire est construite, avec des rebondissements, des problèmes réels. J’ai adoré, je le classe dans mes coups de coeur.

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La vie comme elle vient, Anne-Laure BONDOUX

Mado a quinze ans. Ses parents sont morts il y a neuf mois dans accident de voiture. Elle est confiée à la garde de sa soeur, Patty. jusqu’à présent les deux sœurs ne s’entendaient pas vraiment, mais maintenant elles sont tout l’une pour l’autre et elles se battent pour que le juge des tutelles ne choisisse pas de mettre Mado plutôt dans un foyer. Mais la vie avec Patty n’est pas facile. Alors que Mado est plutôt du genre timide et bosseuse à l’école, Patty est une fêtarde du genre assez irresponsable.

Lorsque Patty lui annonce qu’elle est enceinte de déjà 6 mois, Mado comprend que cette nouvelle risque de remettre en cause leur organisation. Du coup, les deux sœurs décident de ne rien changer à leurs projets et de partir malgré tout en vacances dans la maison de famille en Ardèche.

Mais la vie va venir chambouler tous leurs plans et les confronter à des épreuves inattendues.

Mon avis : C’est un roman vraiment chouette. Patty est déconcertante, à la fois complètement irresponsable mais tellement généreuse. On comprend finalement qu’elle aussi a beaucoup souffert de la mort de ses parents et qu’à 22 ans se retrouver tutrice de sa sœur et enceinte par erreur ce n’est pas si facile à assumer. Mado est impressionnante de maturité face à la naissance du bébé.

Un roman sur la vie et ses surprises, assez long (un peu plus de 200 pages), à réserver donc à ceux qui ont déjà une certaine habitude de la lecture.

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Oh boy, Marie-Aude Murail

Résumé : les trois enfants Morlevent sont orphelins, leur mère vient de se suicider. Ils font le serment d’empêcher qu’on les sépare.

Ce sont trois enfants au caractère bien affirmé. L’aîné est surdoué et passe le bac à 14 ans. Sa soeur Morgane est elle aussi première de sa classe avec un an d’avance et est très timide. Quant à Venise la dernière, elle a 5 ans et une bouille d’ange, tout le monde craque devant elle.

L’assistante sociale qui récupère leur dossier est désespérée, ces trois enfants n’on strictement aucune famille pour les accueillir. A force de chercher en tous sens, elle leur découvre un demi-frère inconnu et une fausse demi-soeur. Ces deux-là ne sont pas très emballés pour s’en occuper, puis découvrent finalement qu’ils se détestent et se font donc la guerre pour avoir les enfants.

A ces problèmes s’ajoutent de graves ennuis de santé pour Siméon l’aîné.

Mon avis : Encore un magnifique roman de Marie-Aude Murail. Toute l’histoire est pleine d’émotion, on a souvent envie de pleurer et de rire. Les personnages sont attachants et intéressants. L’histoire est peut-être un peu compliquée à comprendre au début. Il vaut mieux la réserver à des lecteurs déjà un peu habitués.

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Simple, Marie-Aude MURAIL

Résumé : Kléber a 17 ans. Son frère Barnabé a 22 ans. On le surnomme « Simple ». Un problème a eu lieu pendant la grossesse, et il a maintenant l’âge mental d’un enfant de trois ans. Il joue aux playmobils, a un doudou appelé Monsieur Pinpin qu’il ne faut surtout pas perdre sous peine de grand drame et a un verolair (comprendre « revolver ») pour tuer les méchants (il avoue en chuchotant à Kléber que son vérolair, c’est son zizi, mais chuuuuut). Leur mère est morte depuis quelques années, et leur père a trouvé une nouvelle femme. Celle-ci a peur de Simple, et le père décide donc de le placer dans une institution pour handicapés, Malicroix. Mais Simple est malheureux là-bas. Alors, Kléber décide de le sortir de là, et de s’en occuper lui-même. Mais pas facile de s’occuper d’un frère classé débile mental lorsqu’on est en terminale et qu’on a envie de découvrir la vie, l’amour…simple
Après un bref passage chez une grande-tante, Kléber réussit à trouver une colocation avec 4 autres étudiants. La cohabitation sera parfois difficile, mais aussi enrichissante. Simple, avec son sans-gêne et ses remarques à mourir de rire permettra aux autres jeunes d’évoluer et de trouver le courage de changer leur vie.

Mon avis : Cet auteur me donne du travail. Chaque fois que je lis un nouveau roman d’elle, je suis obligée de faire un article tellement c’est bien ! Encore une fois j’ai eu envie de rire, de pleurer. Les remarques de Simple sont parfois juste bidonnantes. Il est tellement naturel et dit des trucs énormes aux gens. Et puis ça sert le coeur quand on le voit jouer avec ses playmobils et mettre en scène une bataille où le méchant Malicroix va tuer l’autre bonhomme parce que c’est un idiot et qu’il ne comprend rien.

Un livre magnifique, qui permet de réfléchir au handicap, à la place des personnes handicapées dans notre société, au regard que l’on porte sur eux. Il y a 200 pages, je le recommande donc aux lecteurs d’environ 13 ans, qui aiment un peu lire.

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Oscar et la dame rose, Eric-Emmanuel Schmitt

Résumé : Oscar a dix ans. Il vit à l’hopital. Il a une leucémie, et l’opération pour le soigner a raté. Une dame vient le voir pour lui tenir compagnie. Il la surnomme « Mamie Rose ». oscarElle lui propose d’écrire à Dieu pour se sentir un peu moins seul, et peut-être trouver du réconfort. Alors Oscar lui écrit, une lettre par jour. Il raconte sa vie à l’hopital, ses copains, son amoureuse, ses relations avec ses parents qui sont devenues compliquées depuis qu’il malade, comme si ses parents ne pouvaient plus lui parler normalement. Il raconte ses conversations avec Mamie-Rose, l’ancienne joueuse de catch.

Mon avis : C’est un roman extrêmement court et facile à lire, qui a plu jusqu’à présent à tous les élèves sans exception à qui je l’ai fait lire. Il est plein d’humour, Oscar a une façon de dire les choses vraiment drôle. Il est triste, bouleversant même, et pourtant, l’auteur n’essaie pas d’en rajouter sur la tristesse du thème. Il cherche au contraire à dédramatiser la situation. Il fait réfléchir : comment nous comportons-nous face à ceux qui sont malades, et ceux qui vont mourir. On parle à Dieu, mais même ceux qui ont une autre religion ou alors qui n’en ont aucune peuvent s’y reconnaître. L’important c’est de se poser des questions. Je le recommande sans exception à tous, bons au archi-mauvais lecteurs. A partir de 13 ans, car le thème reste difficile.

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