Le sumo qui ne pouvait pas grossir, Eric-Emmanuel Schmitt

Jun a quinze ans. Il vit dans les rues de Tokyo, il survit en vendant des articles à la sauvette sur les trottoirs. Il refuse de parler de sa famille, ou alors il prétend qu’il est orphelin. Lorsque le roman s’ouvre, un vieil homme le regarde et lui dit : « Je vois un gros en toi ». Chaque fois que le vieillard rencontre l’adolescent, il lui répète cette même phrase, complètement dépourvue de sens pour le jeune garçon, car il est plutôt maigre comme un clou.roman bouddhisme japon adolescents

Un jour, le vieil homme, qui s’appelle Shomintsu, lui offre un billet pour un combat de sumo. Jun se rend à la représentation, et est complètement bluffé par ce qu’il découvre. Alors qu’au début de la séance, il ne voyait que deux hommes gros et gras, s’élançant l’un contre l’autre comme des brutes, dans un jeu tellement débile qu’il se demande s’il a bien compris les règles, il se prend au jeu, et commence à voir la ruse, le talent, la concentration, l’agilité sous la graisse. Il comprend toute la subtilité de ce sport et est pris d’enthousiasme.

C’est alors que Shomintsu lui propose de rentrer dans son école de sumo, l’une des plus renommées du Japon. Jun étudie les 82 prises autorisées, développe son endurance, sa force, sa souplesse. Il vit à la dure, ce qui ne lui pose pas de problème, à lui qui vient de la rue. Mais malgré tous les repas qu’il ingurgite, malgré la qualité et l’abondance de la nourriture qui lui est servie, Jun ne parvient pas à grossir. Shomintsu va alors parler avec lui, et commencer à lui donner un enseignement d’inspiration bouddhiste. Il s’agira tout d’abord de le faire se réconcilier avec son passé, puis de lui montrer la voie vers le zen et la méditation.

Mon avis : C’est un très beau roman, extrêmement court, à peine une centaine de pages. Il permet de découvrir un sport peu connu en Europe, l’art des sumos, et nous invite aussi sur la piste du bouddhisme zen. Comme tous les romans du Cycle de l’invisible, cette invitation reste pleine de subtilité, à peine soulève-t-on un voile sur cette spiritualité, mais c’est suffisant pour donner l’envie d’en savoir plus.

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Vango, Timothée de Fombelle

Lorsqu’on rencontre Vango dans les premières pages du roman, il est allongé sur le parvis de Notre dame à paris, avec 39 autres jeunes hommes, prêt à devenir prêtre. Mais la cérémonie est brutalement interrompue par l’irruption de la police. On vient l’arrêter, il est accusé de meurtre. Vango prend la fuite d’une manière tout à fait étonnante : il se met à escalader la façade de l’imposante cathédrale. En même temps, un mystérieux tueur commence à lui tirer dessus dans le but de le tuer. Qui est ce garçon Vango que tous recherchent ?

On fait ensuite un rand retour en arrière, à l’époque où Vango est un enfant, rejeté par la mer avec une femme appelée Mademoiselle sur une île de la Méditerranée. Personne ne sait d’où il vient, qui il est, pas même lui. Il vit comme un enfant sauvage, avec cette femme, merveilleuse cuisinière et pédagogue qui lui enseignera plusieurs langues. Il partira bientôt à la recherche de ses origines, espérant comprendre son destin, et pourquoi tout le monde le traque sans cesse.

On rencontre successivement d’autres personnages mystérieux, le commandant d’un ballon dirigeable, une jeune fille aux yeux verts originaire d’Écosse, une autre, parisienne, qui se promène sur les toits de la capitale, des moines en danger, cachés dans un monastère secret, tout ceci sur le fond historique troublé du milieu du XXème siècle.

Ce roman est passionnant, j’ai dévoré les deux tomes de cette aventure avec grand plaisir et beaucoup d’intérêt. La lecture est un peu compliquée, en effet, la narration suit plusieurs personnages tour à tour, et à plusieurs époques différentes. Cela m’a un peu embrouillée par moments, mais au final j’ai suivi l’intrigue sans trop de difficultés, cela permet d’ailleurs d’aiguiser l’attention en ravivant le mystère. Il faut être plutôt un bon lecteur pour se repérer dans cette histoire riche et complexe. De même, le contexte historique est sans cesse présent, mais pas forcément expliqué, c’est mieux alors de connaître l’époque de la montée du nazisme, les différents évènements de cette époque (la nuit des longs couteaux par exemple), et la période de la seconde guerre mondiale. Cette lecture semble donc tout à fait conseillée pour des élèves de 3ème dont c’est le programme d’histoire. J’ai failli classer ce roman dans mes coups de coeur.

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The Big History Show – L’Emission, Jeanne Bocquenet-Carle

L’histoire : L’histoire se passe dans le futur (mais pas si lointain, quelques années tout au plus). Un magnat des médias, milliardaire, a réussi à faire mettre au point une machine à voyager dans le temps. Il a décidé que cette invention serait le point central d’un immense nouveau jeu de télé-réalité : le big history show. 5 équipes de deux personnes partent à différentes époques de l’histoire, elles ont une mission à remplir le plus vite possible. A chaque manche, une équipe est éliminée. Le jeu présente certains risques car les époques historiques peuvent être dangereuses, et l’équipe de télé n’a pas toujours le temps d’intervenir, surtout qu’il leur faut rester discret pour ne pas risquer de changer l’histoire.

anticipation, science, science-fiction, éthiqueLe roman s’ouvre sur une série de personnages dont on fait rapidement connaissance. D’un côté les futurs candidats de l’émission : Lana inscrit sa sœur Coline sans lui demander son avis, car elle veut l’aider à se bouger après une rupture sentimentale mal digérée ; Chris et Mathilde s’inscrivent à l’initiative de Chris, dont on découvrira qu’il a vécu un traumatisme terrible un an auparavant, qu’il espère soigner avec le jeu ;  Jean, beau et courageux guide de haute montagne qui s’inscrit pour faire plaisir à sa mère, retraitée férue d’histoire ; Juliette et Adem, deux étudiants dont la première est une sacrée peste, qui veut gagner à tout prix, et enfin deux hommes qu’on voit assez peu, d’ailleurs ils seront les premiers à être éliminés. De l’autre côté on rencontre l’équipe de production de l’émission : le producteur, le présentateur, le patron de la chaîne, personnages imbus d’eux-mêmes, superficiels, assez insupportables, mais aussi la directrice du casting, le responsable des voyages, le technicien, plus humains, plus torturés…

On découvre les dessous de l’émission, la façon dont les candidats sont choisis pour correspondre aux émotions à provoquer chez le public, la façon dont le montage est fait, le plus voyeuriste possible, mais surtout en évitant toute référence qui pourrait choquer une association quelconque, ou risquer de faire réfléchir le public au bien fondé d’un tel jeu.

Lorsque le jeu se lance, on ne peut s’empêcher de vibrer avec les personnages, d’être pris dans le rythme haletant des épreuves. La première époque parcourue est la seconde guerre mondiale, lors de l’invasion de la France par les Allemands en juin 1944. C’est un pléonasme, mais l’époque est historique !

Mon avis : Un grand coup de cœur pour ce roman, qui plus est écrit en langue française et édité par une petite maison d’édition indépendante. Ce n’est pas si souvent que je lis des romans à tendance un peu utopie/uchronie en langue française, donc ça fait vraiment plaisir, surtout quand la lecture est aussi agréable. Les personnages se sont montrés très attachants, j’ai ri, pleuré, frémi avec eux. Le rythme est rapide, sans être effréné, les chapitres assez courts encourageront les lecteurs un peu moins aguerris. C’est un roman qui mélange les voix narratives puisqu’on suit différents personnages tour à tour, mais pour une fois c’est fait d’une façon très claire, et je ne pense pas que ce sera un obstacle à la lecture pour les lecteurs moins habitués.

Par ailleurs ce roman permet une vraie réflexion. On voit les dessous des jeux de télé-réalité. J’ai beaucoup apprécié le délicat dosage entre le cynisme de certains personnages et la sensibilité des autres. L’auteur a su livrer un portrait grinçant de ce phénomène sans pour autant tomber dans la caricature (contrairement à Hunger Games par exemple). On se pose aussi des questions sur la science et l’éthique. A qui appartiennent les découvertes, est-ce normal de pouvoir breveter des inventions aussi extraordinaires et priver l’humanité de leur utilisation à des fins scientifiques ? Bref, j’ai adoré !

Je recommande cette lecture aux adolescents à partir de 12 ans, autant pour de bons lecteurs que pour des lecteurs un peu moins à l’aise.

Pour l’acheter, vous pouvez aller :

sur le site de la maison d’édition : Marathon Éditions.

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Le Combat d’Hiver, Jean-Claude Mourlevat

Voici un roman difficile à résumer ! Mais je le classe en coup de cœur car j’en ai adoré la lecture, impossible de le relâcher avant de l’avoir terminé. L’action est bien menée, le rythme soutenu sans être pour autant effréné, les personnages riches et attachants. Ça faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir avec un roman jeunesse.roman ados imaginaire monde dictature lutte résistance

L’histoire débute dans un internat qui est plutôt une sorte d’orphelinat pour jeunes filles. Les règles sont cruelles, le fonctionnement strict et inhumain. Nous suivons deux jeunes filles, puis deux jeunes hommes, qui font partie de l’internant de garçons installés dans la même ville. Ces quatre jeunes gens vont s’évader lorsqu’ils découvrent que s’ils sont enfermés là, c’est que leurs parents ont tous été assassinés suite au coup d’état qui a installé la dictature en place. Leurs parents étaient des résistants. Ces quatre héros vont essayer de lutter à leur tour. Ils sont séparés par la suite, donc on suit leur parcours dans trois narrations qui s’entrecroisent. Le tout est bien construit et facile à comprendre. L’écriture est très belle, et sait nous garder en haleine.

400 pages pour ce beau roman, qu’il faut donc plutôt proposer à de bons lecteurs.

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Double jeu, Jean-Philippe BLONDEL

roman ado théâtre lycée intégrationQuentin va au lycée dans sa cité. Il a des potes, il fait l’imbécile en cours, il sèche de plus en plus. Le proviseur le convoque avec ses parents, et lui propose une ultime solution : faire sa classe de première dans un lycée de centre ville. C’est ça ou être renvoyé définitivement de l’école car il a passé 16 ans. Quentin n’en a pas du tout envie, mais sa mère lui fait comprendre qu’il n’a pas le choix. Alors il s’exécute, de mauvaise grâce. Rien ne lui plaît dans ce lycée : les autres élèves sont tous issus de familles riches, ils ont des codes qu’il ne comprend pas, ils friment tous, on l’oblige à bosser pour s’en sortir, il n’a personne avec qui faire le bazar en classe alors il préfère rester seul et silencieux dans un coin. Il voudrait fuir, partir ailleurs, recommencer sa vie loin, et avoir plus de chance que ce qu’il n’a eu jusqu’à maintenant. Jusqu’au jour où piqué par la prof de français, il fait une réponse qui laisse tout le monde surpris. De ce jour là, cette prof que tout le lycée adule en raison de l’option théâtre dont elle s’occupe, va s’intéresser à lui, l’obliger à s’ouvrir, à réfléchir, et peut-être même à prendre un rôle auquel il n’aurait jamais osé rêver. Mais le chemin est dur dans cette classe où il doit lutter pour trouver une place.

Mon avis : un roman vraiment sympa sur la difficulté de s’intégrer au collège et au lycée, la difficulté à trouver sa place quand on a l’impression de n’avoir aucune chance dans la vie, les différences sociales, mais aussi sur le théâtre et sa magie.

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Anastasia avec conviction, Lois LOWRY

roman enquête réflexion valeurs enfants adosRésumé : Anastasia a un chien depuis quelques jours, et elle a promis à ses parents de s’en occuper. Aussi lorsque le chien gratte la porte pour sortir à 6h du matin, c’est qui doit aller le promener pour qu’il fasse ses besoins dans la rue. C’est aussi elle qui doit emmener un petit sachet plastique afin de ramasser les dits-besoins et de les jeter à la poubelle afin de ne pas salir les trottoirs de la ville. Ce matin-là, Anastasia fait tout bien correctement, et en profite pour emporter une lettre que sa maman lui a demandé de poster. Mais malheur, un peu angoissée par l’idée que quelqu’un la voit en train de ramasser une crotte avec un sachet plastique, elle se trompe et met le sachet contenant la crotte dans la boîte aux lettres, et la lettre dans la poubelle. Comprenant son erreur, elle est très embarrassée, et craint d’être accusée d’avoir causé du désagrément aux postiers. Surtout qu’elle apprend que la police s’est trouvé sur les lieux peu après son « crime » et que la poubelle en question a disparu. Le cours de réflexion philosophique qu’elle suit au collège et qui la mène à s’interroger sur les choix et les responsabilités de chacun la conduisent à se poser de plus en plus de questions.

Mon avis : Voici un livre très agréable, facile à lire, avec une héroïne tout à fait sympathique dans ses nombreux doutes. Ce roman pousse à s’interroger sur nos choix dans la vie, tout en restant sur un mode léger et presque un peu humoristique. C’est une très bonne lecture, à recommander à partir de 10 ans.

 

Les petits orages, Marie Chartres

Résumé : La vie de Moses Laufer Victor est un calvaire, dont il s’échappe en regardant de stupides vidéos de pandas sur youtube. En effet, déjà il a un prénom idiot, son visage est couvert d’une acné très importante, ses parents sont tous les deux psychanalystes, et pourtant fort peu doués pour roman ado différence handicap indien amitiéparler des leurs émotions. Or les émotions sont grandes et pleines de souffrances dans cette famille, depuis l’année précédente quand un accident de voiture a grièvement blessé l’adolescent, qui a de terribles cicatrices et douleurs, et doit se déplacer avec une béquille, et sa mère, restée handicapée. Moses ne sait plus comment continuer, comment donner du sens à sa vie, où tout ce qui était avant facile et fluide est devenu difficile et douloureux : marcher, se pencher, s’asseoir. Il n’a quasiment pas d’amis, refusant la pitié comme la moquerie. Il va rencontrer un adolescent tout aussi blessé que lui, même si ses cicatrices sont moins visibles : Ratso, un Indien. Tous deux vont apprendre à se connaître, au-delà de leurs sensibilités douloureuses et de leurs colères. Cette amitié leur permettra de surmonter ces souffrances, et au travers d’un voyage assez aventureux et incertain, à bord d’une voiture épave, en direction de la réserve indienne dont est originaire Ratso, de retrouver le goût de la vie et de l’avenir.

Avis : J’ai beaucoup aimé ce livre, un coup de cœur comme cela faisait longtemps que je n’en avais plus eu. Ce livre traite de la différence, qu’elle soit dûe au handicap, à la pauvreté, à l’origine… Il est facile à lire, pas trop long. Les émotions sont fortes, mais pour autant restent vraies et évitent le sensationnalisme. L’auteure sait nous ménager des surprises, ses personnages se dévoilent peu à peu, mais n’hésitent pas à garder une part de mystère. On a envie de savoir la suite de l’histoire, de comprendre les personnages et leur vie. On découvre la misère matérielle, psychologique et politique de la vie dans les réserves indiennes. Très belle lecture, que je recommande à partir de 14 ans.

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Le garçon qui avait perdu la face, Louis Sachar

David va au collège. Il aimerait bien intégrer le groupe que son ancien meilleur pote fréquente, mais il sent que ce n’est pas si facile, il n’est pas assez « cool » pour eux. Un jour qu’il est avec ce groupe, les garçons décident d’attaquer une vieille dame pour lui voler sa canne. louis sachar le garçon qui avait perdu la face roman ados collège amitiéDavid les suit pour ne pas que les autres se moquent de lui, mais cette idée ne lui plait pas du tout. Les autres font tomber la vieille dame (David voit ses dessous), lui renversent de la limonade sur la tête, cassent un carreau et volent sa canne. David ne sait comment réagir. Il voudrait venir en aide à cette vieille dame par terre, mais il a peur de perdre la face devant les autres garçons. Alors, il fait un doigt d’honneur à la vieille dame, espérant vaguement qu’elle ne saura pas ce que ça veut dire. La vieille femme prononce alors une sorte de formule magique en le regardant, une malédiction.

Aussi, dans les jours qui suivent, David sent la malédiction s’acharner sur lui. Tout ce que les garçons ont fait subir à la dame lui arrive : il casse un carreau chez lui, il tombe de sa chaise en classe, il oublie de fermer sa braguette et toute la classe voit ses dessous… David ne sait comment arrêter cette malédiction. Elle lui pose spécialement problème car il aimerait bien inviter une fille à aller au cinéma, mais il a peur de se renverser de la limonade sur la tête ou autre catastrophe. De nouveaux amis vont l’aider à prendre confiance en lui, à réaliser qu’il n’est pas obligé de fréquenter les stars du collège pour avoir de la valeur et être quelqu’un de bien. Peu à peu il va comprendre qu’il n’y a qu’une seule solution pour annuler la malédiction, assumer ce qui a été fait.

Mon avis : Un livre facile à lire, rigolo. De nombreux ados se reconnaîtront dans David, un collégien tout à fait banal qui aimerait bien fréquenter les stars de la classe, et pour ça est prêt à faire un peu n’importe quoi. Le roman montre bien que la confiance en soi est primordiale pour faire face aux moqueries et que l’essentiel est de rester fidèle à soi-même.

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Les autodafeurs, Marine Carteron

Voici un nouveau roman plein d’aventures, d’action et de mystère.

Auguste a 14 ans. Il vit avec ses deux parents et sa petite soeur Césarine. Il est très préoccupé par son look pour plaire aux filles, il réclame à corps et à cris un portable à ses parents qui refusent, et il fait tout pour éviter sa mère qui travaille dans le collège où il va. Ses parents sont un peu ringards et vieux jeu, des profs quoi ! Un jour son père meurt dans un accident de voiture. Auguste propose alors d’aller s’installer à la campagne chez les grands-parents paternels, ce qui semroman adolescents espionnage espions mission secrète agents secrets complotble redonner le sourire à sa mère. Cependant, là-bas, il va faire des découvertes qui vont totalement changer sa vision du monde et de sa famille. Il apprend que sa famille appartient depuis des générations entières à une société secrète, la Confrérie, chargée de protéger le savoir de l’humanité contenu dans les livres. En effet, dans l’ombre oeuvrent les autodafeurs, personnes mauvaises qui veulent asservir les êtres humains en leur coupant l’accès à la connaissance. Leur principal objectif est la destruction générale des livres. Auguste découvre que lui-même a été secrètement formé pour devenir un agent de la Confrérie : cela explique les cours d’arts martiaux, les stages de survie auprès des indiens d’Amérique… Il découvre également que loin d’être des adultes ringards, les membres de sa famille sont des espions surentraînés et hyper organisés pour sauvegarder ces secrets millénaires. Mais les ennemis se rapprochent, et il faut agir. En parallèle, on lit le journal intime de Césarine, sa petite soeur, atteinte d’autisme Asperger. Son journal est fantastiquement drôle avec sa façon d’analyser perpétuellement les évènements de façon rationnelle et terre-à-terre. Césarine est une surdouée à qui personne ne prête attention. Elle va montrer qu’elle peut jouer un rôle de tout premier plan dans cette aventure.

Ce roman est plein d’action, ça va parfois à 100 à l’heure, il y a aussi beaucoup d’humour, et une réflexion intéressante sur le rôle des livres pour l’humanité. Il ne faut pas se décourager en lisant le début qui peut paraître un peu long, par la suite, l’action s’engage et la lecture est plus rapide. Parfois les évènements peuvent sembler même un peu exagéré, mais c’est presque jubilatoire, en tout cas moins toutes ces exagérations m’ont faite beaucoup rire, et j’ai passé un super moment de lecture, sans voir le temps passer. Pour le moment j’ai lu les deux premiers tomes, j’attends de trouver le 3ème avec impatience.

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Tu es une légende, Tim Winton

Ce roman est le troisième d’une trilogie. Je n’ai pas lu les précédents et cela ne m’a pas gênée une seule seconde. Il raconte l’histoire d’une famille très unie vivant en Australie. roman adolescents maladie dépression déprimeElle comporte deux parents dont le père est flic. Ils sont donc logés dans une maison prêtée par l’état, une maison un peu pourrie dans un quartier pas mal pourri. La mère est écolo, pleine d’énergie, elle élève ses trois enfants avec amour et bienveillance. L’aîné est le héros, il va au collège, s’est fait larguer l’année précédente par sa copine devant tout le monde, et cette année a dû supporter le déménagement de son meilleur copain. C’est pas trop la joie pour lui. Il a un frère cadet en fin d’école primaire, et une petite soeur encore bébé. Une vie assez banale somme toute. Mais d’un coup, tout change et devient compliqué. En effet, sa mère tombe en dépression et doit être hospitalisée. Lockie doit donc assumer la maison à sa place, changer la petite, faire les courses, préparer les repas, faire les lessives, et préparer sa rentrée au collège par dessus le marché. Il rend également visite à sa mère à l’hopital, essaie de renouer le contact avec elle par dessus ce brouillard de tristesse duquel elle semble incapable de sortir.

Ce roman est assez court, très agréable à lire. L’émotion est forte dans ce roman, il permet de découvrir la maladie de la dépression, souvent mal connue, et parfois méprisée. On peut ainsi mieux comprendre les gens qui en sont atteint. Cependant le roman ne tombe pas dans les lamentations et le désespoir. L’humour est toujours présent en sourdine pour nous remonter le moral, et le héros trouvera d’ailleurs une aide mystérieuse inespérée. Un très beau roman, émouvant et authentique.

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Tobie Lolness, Timothée de Fombelle (coup de coeur)

Résumé : L’histoire se passe sur un arbre. Des petits êtres, tout petit (dans cet univers, faire 2 millimètres, c’est être déjà très grand) vivent ici. Les habitants de l’arbre ne connaissent pas la vroman écologie adolescents nature aventuresie en dehors de leur arbre, qui constitue pour eux un monde complet, avec ses cascades, ses forêts, ses champs, ses animaux, ses problèmes climatiques… Tobie est le fils d’un savant génial, qui fait des expériences et a des théories novatrices sur cet univers dans lequel se déroule leur vie. Lorsque l’histoire débute, Tobie est en fuite. Ses parents ont été emprisonnés et tout le peuple de l’arbre est à sa poursuite, débordant d’une haine à son égard qu’il a du mal à comprendre. Le récit remonte alors un peu dans le temps et nous montre combien les théories du savant dérangent, surtout ceux qui ont le pouvoir et l’argent. La famille est d’abord exilée dans une région hostile (où pourtant Tobie fera des rencontres précieuses pour son cœur) puis pourchassée. Tobie fuit, découvre de nouvelles vérités, fait des rencontres formidables. Dans le deuxième tome, il trouve de l’aide dans plusieurs initiatives de résistance, et espère de tout son cœur retrouver ceux qu’il aime, ainsi que sauver l’arbre de cette destruction annoncée depuis longtemps par son père, et dont on voit désormais les effets.

Mon avis : Voici un roman formidable. L’aventure est présente à toutes les pages, le monde est fourmillant, détaillé, poétique, les personnages très attachants, variés et intéressants. En plus d’être un excellent roman d’aventures, ce roman nous apprend des choses sur la vie à toute petite échelle, et construit également une belle métaphore des dégâts que l’humanité impose actuellement à notre planète. Il n’y a plus qu’à espérer que nous serons aussi intelligents que les habitants de l’arbre et que nous saurons nous aussi lutter contre cette destruction. Une lecture coup de coeur pour moi.

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Quand j’étais soldate, Valérie Zenatti

Voici un roman très intéressant. En effet, l’auteur Valérie Zenattiroman jeunesse adolescents armée service militaire écrit l’autobiographie de deux années très particulières de sa vie. Née en France, elle a émigré en Israël à l’âge de 13 ans. Or là-bas, tous les jeunes de 18 ans, garçons et filles, partent pour un service militaire de deux ans. Juste après son bac, elle est engagée comme les autres, et part faire ses classes. Elle apprend à manier une arme, à faire son lit au carré, à obéir aux ordres, à dormir 6h par nuit, à se relever la nuit pour appeler ses parents ou ses amis depuis la cabine téléphonique du camp… Et puis après la période des classes vient le temps des affectations dans un service. Valérie entre dans le service des renseignements. Là elle va découvrir un tout nouvel univers.

Il ne se passe rien d’extraordinaire dans ce roman. L’auteur raconte simplement son expérience du service militaire en Israël. Aucun événement sensationnel n’a lieu. Et pourtant, tout est passionnant. On découvre un pays, une mentalité, un milieu, celui de l’armée. Il ne faut pas oublier qu’Israël est un pays entouré de zones de conflits, lui-même en conflit permanent avec le peuple palestinien. D’ailleurs l’auteur montre bien toute l’ambiguïté de l’attitude israëlienne face à ce problème (même si c’est vraiment mieux analysé dans le roman cité au début de l’article). La jeune femme se pose des questions sur la vie, sur l’amour, l’amitié…

Je conseille cette lecture à des adolescents intéressés par le monde réel et ce qu’il s’y passe et ouverts sur le monde qui nous entoure. Sans être difficile, ce livre peut sembler rébarbatif à ceux qui ne cherchent que des intrigues palpitantes, et de l’action en veux-tu en voilà.

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Be safe, Xavier-Laurent PETIT

roman guerre Irak adolescent adoOskar a 16 ans, il fait de la musique dans son garage avec son frère Jimmy, 18 ans. Ce dernier a arrêté l’école deux ans auparavant, espérant trouver un boulot et gagner sa vie, mais pour le moment il ne fait que traîner.

Un jour deux recruteurs de l’armée lui promettent un métier, constructeur de ponts, lui promettent qu’avec cette spécialité il n’a aucun risque d’aller au front et lui font miroiter une vraie vie d’homme. Dans la demi-heure, il a signé un engagement pour 4 ans.

Au camp d’entraînement, il s’avère qu’il est plutôt doué pour le tir, et finalement, se trouve engagé dans une section des forces spéciales et envoyé en Irak. Il part tout fier, mais au bout de 15 jours, Oskar reçoit un mail dans lequel Jérémy  avoue son horreur pour ce qui se passe, sa terreur de ce qu’on va lui demander de faire, un jour, et son désespoir. Toute l’histoire est racontée par Oskar entre la musique qu’il continue avec sa nouvelle amie, Marka, et les nouvelles qu’il reçoit de son frère.

Mon avis : Voici une grande découverte que ce roman. La guerre est montrée avec beaucoup de pudeur, puisqu’on ne la voit directement, mais seulement par les lettres de Jérémy, mais également sans aucune concession. On sent dans le texte une émotion sincère, touchant au vécu. Ce roman mélange les thèmes de la guerre, la musique, l’amour, ce qui en fait une belle réussite qui plait aux adolescents. Si certains s’effraient des 250 pages, qu’ils se rassurent, c’est écrit gros !

A partir de 13 ans, pour tous niveaux de lecteurs.

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