Les Petites Reines, Clémentine Beauvais

Coup de cœur pour cette lecture, qui balaie de nombreux thèmes très actuels pour les ados.

Résumé : Mireille consulte Facebook, et bim, les résultats du concours de boudins de son collège-lycée de Bourg-en-Bresse sont tombés, elle est élue Boudin de bronze, après avoir été boudin d’or pendant deux années. Ce concours est une abomination, mais comme il a lieu sur internet, personne ne parvient à le faire cesser. Depuis trois ans, Mireille s’est endurcie petites reineset sait se défendre. Cependant elle est inquiète pour les deux autres « gagnantes », plus jeunes et certainement fragiles. Elles se réunissent toutes les trois et essaient de surmonter ensemble cette humiliation.

Elles s’aperçoivent alors qu’elles ont toutes les trois une bonne raison d’aller à la Garden Party du 14 juillet à l’Elysée. Mireille veut mettre son père biologique, époux de la présidente de la République, face à la vérité. Astrid est une immense fan du groupe Indochine qui sera là pour le concert, et Hakima veut y aller pour dénoncer un général de l’armée française qui doit faire partie des invités, et qu’elle tient pour responsable de l’attaque dont a été victime son frère lorsqu’il était soldat.

Par une succession de hasards ou d’improvisations, elles décident de monter à Paris à vélo, en vendant des boudins sur leur chemin afin de financer leur voyage, clin d’œil sarcastique au concours qui les a réunies, et à son organisateur, à qui elles démontrent ainsi qu’elles ne se sont pas laissées abattre. Elles pédalent accompagnées de Kader, le frère d’Hakima qui voyage pour sa part en fauteuil roulant, une forme de retour à la vie pour lui qui depuis l’attaque et sa terrible mutilation, ne quittait plus l’appartement familial.

Leur équipée attire peu à peu l’attention du public et des médias, et leur aventure prend une tournure qu’elles n’auraient jamais imaginé.

Mon avis : Voici un roman formidable, qui fait réfléchir sur la tyrannie de l’apparence notamment chez les jeunes, et l’enfer que peuvent représenter les réseaux sociaux. J’ai beaucoup apprécié le ton ironique de la narration menée tambour battant par une Mireille qui a la langue acérée et beaucoup de recul sur elle-même et les autres. Les personnages se montrent très fortes et battantes. Leur périple est difficile physiquement, leur aventure éprouvante moralement, mais elles se démènent pour réussir et surmontent les obstacles.

Je recommande ce roman à tous les ados, et j’espère qu’il les fera réfléchir sur ces sujets difficiles et peut-être être davantage conscients de ce qu’ils peuvent dire ou faire.

Chroniques du monde émergé, Licia Troisi

Résumé : La trilogie s’ouvre sur le personnage de Nihal, dans un tome qui lui est consacré, Nihal de la terre du vent. Cette petite fille vit seule avec son père, armurier de métier. Elle est le chef d’une bande d’enfants dont le jeu préféré est de se battre, jeu auquel elle est particulièrement douée et sauvage. Elle rêve de devenir guerrier, même si son père lui répète que les guerriers femmes n’existent pas.

Pour occuper ses ardeurs et soigner son ego mis à mal par un combat perdu contre un apprenti magicien, elle décide d’apprendre la magie auprès de sa tante, Soana, une magicienne très puissante qu’elle ne connaît quasiment pas.

Elle rencontre Fen, un chevalier du vent, ces chevaliers d’élite montés sur le dos d’un dragon, combattants exceptionnels qui dirigent l’armée du monde émergé dans sa lutte contre le Tyran, magicien noir extrêmement puissant qui envahit les royaumes les uns après les autres pour les asservir et les laisser aussi vides et morts que le désert. Nihal comprend d’une part qu’elle est amoureuse de lui, même si c’est un amour à sens unique car il est le compagnon de  sa tante, et d’autre part qu’elle veut éperdument devenir chevalier du vent. roman fantasy dragon combat adolescent

Impressionné par l’ardeur au combat de la jeune fille, le chevalier accepte de l’entraîner chaque fois qu’il vient voir sa bien-aimée Soana. Nihal s’entraîne assidument même quand il n’est pas là.

Pendant qu’elle fait son apprentissage, sa cité est attaquée par l’armée du Tyran composée de fammins, ces créatures d’horreur que le magicien a fabriquées pour servir ses sombres desseins. Nihal essaie de sauver son père, mais l’armée est la plus rapide, et lorsqu’elle arrive à l’armurerie, son père meurt sous ses yeux, elle-même est blessée et manque de mourir. Pendant la bataille, un fammin l’a qualifiée de semi-elfe. Aussi dès qu’elle reprend conscience, elle demande à sa tante Soana de lui fournir des explications. Elle comprend alors que Livon n’était pas son vrai père et qu’elle est la dernière survivante d’un peuple massacré par le Tyran, les demi-elfes. C’est de là que lui viennent ses yeux violets et ses cheveux bleus. La jeune fille sent une rage terrible envahir son cœur, un désir de vengeance irrépressible.

Elle va alors tout faire pour devenir chevalier du vent, bravant les interdits et les tabous. Puis, elle se battra avec une violence et une rage telles qu’elles la pousseront à prendre tous les risques. Heureusement, son maître chevalier et Sennar, l’apprenti magicien devenu entre temps puissant conseiller mais aussi un ami très cher, l’aideront à lutter contre ses démons intérieurs, et à découvrir ce qui peut faire d’elle un vrai guerrier.

Mon avis : C’est une très belle saga de fantasy. L’intrigue est un peu longue à se mettre en place, mais elle est ensuite parcourue par un puissant souffle épique. La lecture m’a parfois donné de vrais frissons tellement les combats sont intenses, le personnage intègre et téméraire. J’ai apprécié de voir l’évolution du personnage principal, ses parts d’ombre. J’ai adoré certains personnages secondaires comme son maître chevalier. Certaines scènes m’ont fait jubiler (le combat qu’elle mène pour entrer à l’académie par exemple !). C’est donc une magnifique série de fantasy, tout à fait adaptée aux ados, mais en même temps digne des grands titres du genre. Un roman à conseiller à ceux qui aiment lire, car c’est quand même une trilogie de plus de 900 pages en tout.

Acheter sur le site de la FNAC, sur Amazon.

La Passe-miroir, Christelle Dabos

Résumé : L’univers dans lequel se passe cette série correspond à la planète terre, mais qui aurait eu de gros soucis. En effet, une grande partie de la planète s’est « effondrée » et a disparu dans l’espace pour ne laisser plus que la place à des arches. Ce sont des sortes de petits pays qui flottent dans l’espace. Chacun est régi par un Esprit de Famille, personnage immortel, extrêmement puissant, mais un peu amnésique. Les familles qui peuplent les arches sont pourvues de pouvoirs magiques, et chaque arche a sa spécialité.roman feunesse fantastique

L’histoire débute sur l’arche Amina, dont la famille a des pouvoirs sur les objets. L’héroïne est une jeune fille, Ophélie, qui a deux pouvoirs : celui de « lire » les objets en les touchant, dès qu’elle touche un objet, elle a accès aux pensées des personnes qui l’ont touché avant elle, depuis le moment présent jusqu’à la création de l’objet, et celui de passer à travers les miroirs. Elle est maladroite, perpétuellement enrhumée, pas du tout coquette. Elle n’a comme seul intérêt que son musée où elle rassemble le plus d’objets possibles. Elle ne s’intéresse pas du tout aux hommes, bien au contraire, elle s’arrange pour faire échouer tous les mariages que sa famille essaie d’organiser pour elle. Mais brutalement sa vie entière va être bousculée, lorsqu’elle reçoit l’ordre d’épouser un homme originaire de l’arche du Pôle Nord, Citacielle. Elle comprend rapidement que cette fois-ci elle n’a pas le choix, l’ordre venant de très haut. Quand son promis arrive, Thorn, il se montre froid, brutal, impoli, et veut rentrer chez lui, accompagnée par Ophélie, à peine quelques heures après son arrivée. La jeune fille est alors propulsée dans un monde très différent du sien, l’arche du pôle, où tout est artifice, mensonge, ruses de cour, manipulations politiques. Son promis est extrêmement désagréable avec elle. Les pouvoirs des familles qui peuplent cette arche sont terrifiants, et l’usage qu’ils en font, tout autant. Mais Ophélie, sous ses airs de petite chose fragile et enrhumée, possède une volonté de fer, et un caractère indomptable. Elle va faire preuve de sa personnalité, gagner l’estime et peut-être plus, de son futur époux, et s’imposer dans cet univers terrible. Seulement, elle ne sait pas encore qu’elle est au cœur d’un complot aux conséquences bien plus terribles et engageant non moins que les puissants du monde entier et une entité mystérieuse dont on se demande si elle n’est pas à l’origine de ce monde si étrange.

Mon avis : J’ai adoré cette série, j’attends le dernier tome avec impatience. J’ai aimé l’originalité de l’histoire, de l’univers, des personnages. Les personnages sont très loin des clichés habituels de la beauté, l’élégance, des bonnes manières etc…, la magie de cet univers ne passe pas non plus par une formation, des sorciers, des mages etc… Le monde où se passe l’action est très différent de ce dont on a l’habitude, et relativement complexe. Rien que la couverture du roman est déjà extrêmement attractive et m’a convaincue de commencer à lire, avec cette sorte de ville flottante en forme de spirale.

Je recommande vivement cette lecture, pour d’assez bons lecteurs cependant car justement toute cette originalité peut déboussoler les lecteurs les plus fragiles. Je pense qu’on peut lire cette série à partir de 13 ans environ.

Le dernier Orc, Silvana de Mari

C’est un très beau roman de fantasy. Il se situe dans la suite d’un autre roman de l’auteure, mais je pense qu’on peut le lire indépendamment sans trop de difficultés.

On rencontre un jeune garçon, Rankstrail. Quasiment mutique, très fort physiquement, il voue un amour intense à sa famille, qu’il va essayer de protéger par tous les moyens possibles. Cela commence par aider sa mère à porter le linge qu’elle lave pour gagner un peu d’argent, puis par braconner pour nourrir la famille, et enfin par s’engager comme mercenaire afin d’envoyer l’argent de sa solde à sa famille et leur permettre ainsi de survivre. Mais ce n’est pas un simple gamin des rues, car un homme savant lui apprend à lire, à compter, et lui raconte l’histoire de leur pays, la stratégie guerrière…roman fantasy adolescents

En tant que mercenaire, Rankstrail se fait immédiatement remarquer et respecter pour ses immenses qualités de pisteur, son odorat, son ouïe, et son sens inné de la façon dont on dirige une troupe et dont on se fait respecter de ses hommes. Il les sauve de quantités de situations dangereuses et se hisse peu à peu au rang de chef.

On le suit ensuite dans ses aventures guerrières, notamment contre l’invasion des Orcs, principal danger menaçant le pays. Il croise ensuite le chemin de Yorsh, le dernier des elfes, et de son épouse, Robi. Tous ces destins parviendront peu à peu à modifier la donne, et à redonner l’espoir à un pays pris entre le joug intolérable d’un Juge-Administrateur mégalomane, sadique et dangereux, et les invasions meurtrières du peuple des Orcs.

Mon avis : j’ai adoré cette lecture. C’est de la fantasy d’une grande qualité, et très ambitieuse pour un public adolescent. Certaines scènes de violence réserveront ce roman aux ados âgés d’au moins 13 ans. Le roman est sous-tendu par des idées particulièrement intéressantes qu’il met en scène de façon subtile et passionnante. J’en ai retenu deux. La première est que chaque individu peut s’affranchir de son ascendance, qu’on est soit-même, quelque soit la famille dont on vient, quelques soient nos origines et les actions de nos parents. Ce sont nos actes qui nous définissent. La deuxième est que pour construire la paix il faut mener deux combats, l’un avec les armes contre les ennemis, l’autre avec l’économie contre la pauvreté, la maltraitance, l’ignorance. Les personnages sont complexes, nuancés, le rythme est soutenu, avec des scènes de combat dignes de grandes épopées. Un grand moment de lecture.

Ma vie sens dessus dessous, S.E. Durrant

Nouveau coup de cœur pour ce roman, que j’ai lu en une soirée au coin du feu.

Ira et son petit frère Zac sont promenés de famille d’accueil en famille d’accueil avant d’arriver au foyer de Skilly House, à Londres. Plutôt méfiants, ils vont découvrir un univers pas si difficile, où les adultes encadrants leur donnent réconfort et quiétude. Ils vivent dans une petite chambre sous les toits. Ira a 9 ans et Zac 7 ans lorsque l’histoire débute. Ils ne connaissent de leur passé qu’une photo un peu floue d’eux avec un chien noir. Ira se sent responsable de son petit frère, elle essaie d’être forte pour deux. Elle le rassure, lui raconte des histoires, le protège. C’est une enfant qui aime écrire des histoires, dessiner.

Le roman raconte leur quotidien dans le foyer, leurs espoirs, leurs craintes, leurs rêves, leurs amitiés avec les autres enfants, la façon dont chacun gère les difficultés de sa vie d’enfant sans famille, voire sans histoire pour certains. Tous ils rêvent de trouver une famille qui les accueillera définitivement, mais comme le dit Ira avec un cynisme tellement triste pour son âge, plus on est vieux, moins on fait envie aux familles adoptives…roman adolescent orphelinat famille d'accueil foyer émotions

Un jour ils vont avoir la chance de partir à la campagne en vacances pendant une semaine chez une ancienne institutrice. Ils reviennent métamorphosés de ce voyage, mais le quotidien leur paraît par contraste encore plus difficile. Mais la vie continue et peut-être un jour s’améliorera-t-elle.

Mon avis : c’est un roman difficile à résumer, car sa saveur ne tient pas tant dans l’histoire et les actions racontées, mais plutôt dans la finesse de la description des pensées et émotions de ces enfants laissés pour compte. J’ai trouvé une grande justesse dans la compréhension et la description des personnages. Ira sait si bien décrypter le comportement de son frère, elle sait lire les émotions cachées sous la surface des actions.

Si ce roman est plein d’émotion, tristes comme joyeuses, pour autant, il n’est pas outrancier comme certains romans jeunesse actuels qui se livrent à une débauche émotionnelle fatigante. Le thème abordé est difficile, mais traité je trouve avec sensibilité. J’ai vraiment aimé cette lecture, qui de plus n’est pas très difficile. En effet, il y a un seul narrateur, le récit est plutôt linéaire. Le roman comporte 200 pages ce qui est raisonnable pour des adolescents moyennement habitués à la lecture.

A cœurs ouverts, Jessi Kirby

Si vous avez aimé le roman Nos étoiles contraires, je suis quasi sûre que vous allez adorer celui-ci également. Voici une magnifique histoire sur l’amour, le deuil, la famille…roman amour adolescents ado

Emily a 18 ans. Depuis 400 jours, elle pleure la mort de son petit ami, Matt. Ils étaient en couple depuis leurs 14 ans, pour elle, il était l’homme de sa vie. Depuis sa mort elle ne fait que pleurer, elle ne vois presque plus ses amis, elle n’est pas allée à la fête de fin du lycée (ça se passe aux Etats-Unis), elle ne s’est pas inscrite à la fac, elle ne fait plus de sport, elle qui était dans l’équipe d’athlétisme de son lycée.

Matt est mort brutalement, d’un traumatisme crânien renversé par une voiture. Aussi, ses parents ont-ils fait le choix de donner ses organes pour sauver d’autres vies. Emily les accompagne pour rencontrer les personnes qui ont reçu ces dons. Cela l’aide à avancer dans son deuil. Mais l’un d’eux refuse de répondre à la demande, et ne répond pas à sa lettre, celui qui a reçu le cœur de Matt. Emily ne peut s’empêcher de penser à lui, d’attendre sa réponse. Presque obsédée, elle mène des recherches et finit par découvrir son identité. Il habite au bord de l’océan, à seulement 50 km. Elle se rend là-bas, en se faisant la promesse de juste le regarder, de ne pas chercher à l’aborder. Mais une fois sur place, les choses ne se passent pas exactement comme prévu…

Mon avis : j’ai passé un très beau moment de lecture avec ce roman, c’est vraiment un coup de cœur. J’ai été très émue par ce deuil, par cette presque veuve de 18 ans, par l’amour dont sa famille l’entoure dans cette épreuve. Les sentiments sont forts, vrais. Emily ne sait comment avancer, elle ne sait pas même si elle a le droit d’avancer, de commencer à moins penser à Matt. Ses sentiments évoluent, ils sont décrits de façon complexes. Le roman est également très intéressant lorsqu’il s’intéresse au vécu de la personne qui reçoit le don d’organe, lui permettant ainsi d’avoir une nouvelle vie, mais oh combien contraignante.

Je classe ce roman dans mes coups de cœur. Je le recommande à partir de 13 ans au moins, pour d’assez bons lecteurs car il est un peu long (336 pages).

Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers

Résumé : Aristote a 15 ans. Il a très peu d’amis, aucun en fait. Il se sent en décalage complet avec les garçons de son âge. A la maison, ce n’est pas forcément facile non plus. Ses parents sont plutôt sympas. sa mère, enseignante, passe son temps à lui dire que ce qu’il ressent est normal, que c’est « une phase ». Son père est le plus souvent silencieux. Ancien soldat de la guerre du Vietnam, il est sorti abîmé par cette guerre, et hanté par les souvenirs roman ado homosexualité amourde ce qu’il a vécu. Aristote a aussi deux sœurs, des jumelles qui ont 12 ans de plus que lui, et un frère de 11 ans de plus. Mais ses frères et sœurs ne sont pas un soutien pour lui. Les filles sont trop âgées, elles le traitent presque comme leur propre fils, ce qui l’énerve prodigieusement. Quant à son frère, il est en prison, et plus personne ne parle de lui, toutes ses photos ont été enlevées de la maison, c’est comme s’il n’avait jamais existé.

 

Désœuvré pendant les vacances d’été, Aristote va à la piscine. Là, un garçon de son âge l’aborde et lui propose de lui apprendre à nager. Ce garçon, c’est Dante. Dante est lui aussi en décalage avec les garçons de son âge : il aime lire, il est attentionné avec les oiseaux, il apprécie ses parents, il aime dessiner, et comme lui, il a un prénom difficile à porter. Entre les deux adolescents, commence une amitié très forte. Les deux garçons apprennent à se connaître, chacun avec ses parts d’ombre, ses secrets, ses non-dits.

Mon avis : Comme la plupart des très bons romans, celui-ci est quasiment impossible à résumer. L’histoire est racontée du point de vue d’Aristote. Celui-ci se révèle une personne complexe, qui a des difficultés à parler de ses émotions, et même à se comprendre lui-même.

Le récit est très fort et même poignant. Il mêle les thèmes de l’adolescence, de l’amitié, des secrets de famille, des premières amours et de la difficulté à se comprendre soi-même.

C’est un gros coup de cœur que cette lecture. Je la recommande vivement à tous les ados qui aiment les récits inspirés d’histoires vraies, qui se posent des questions sur l’adolescence, l’amitié, l’amour…

Sur le site de la FNAC

The Big History Show – L’Emission, Jeanne Bocquenet-Carle

L’histoire : L’histoire se passe dans le futur (mais pas si lointain, quelques années tout au plus). Un magnat des médias, milliardaire, a réussi à faire mettre au point une machine à voyager dans le temps. Il a décidé que cette invention serait le point central d’un immense nouveau jeu de télé-réalité : le big history show. 5 équipes de deux personnes partent à différentes époques de l’histoire, elles ont une mission à remplir le plus vite possible. A chaque manche, une équipe est éliminée. Le jeu présente certains risques car les époques historiques peuvent être dangereuses, et l’équipe de télé n’a pas toujours le temps d’intervenir, surtout qu’il leur faut rester discret pour ne pas risquer de changer l’histoire.

anticipation, science, science-fiction, éthiqueLe roman s’ouvre sur une série de personnages dont on fait rapidement connaissance. D’un côté les futurs candidats de l’émission : Lana inscrit sa sœur Coline sans lui demander son avis, car elle veut l’aider à se bouger après une rupture sentimentale mal digérée ; Chris et Mathilde s’inscrivent à l’initiative de Chris, dont on découvrira qu’il a vécu un traumatisme terrible un an auparavant, qu’il espère soigner avec le jeu ;  Jean, beau et courageux guide de haute montagne qui s’inscrit pour faire plaisir à sa mère, retraitée férue d’histoire ; Juliette et Adem, deux étudiants dont la première est une sacrée peste, qui veut gagner à tout prix, et enfin deux hommes qu’on voit assez peu, d’ailleurs ils seront les premiers à être éliminés. De l’autre côté on rencontre l’équipe de production de l’émission : le producteur, le présentateur, le patron de la chaîne, personnages imbus d’eux-mêmes, superficiels, assez insupportables, mais aussi la directrice du casting, le responsable des voyages, le technicien, plus humains, plus torturés…

On découvre les dessous de l’émission, la façon dont les candidats sont choisis pour correspondre aux émotions à provoquer chez le public, la façon dont le montage est fait, le plus voyeuriste possible, mais surtout en évitant toute référence qui pourrait choquer une association quelconque, ou risquer de faire réfléchir le public au bien fondé d’un tel jeu.

Lorsque le jeu se lance, on ne peut s’empêcher de vibrer avec les personnages, d’être pris dans le rythme haletant des épreuves. La première époque parcourue est la seconde guerre mondiale, lors de l’invasion de la France par les Allemands en juin 1944. C’est un pléonasme, mais l’époque est historique !

Mon avis : Un grand coup de cœur pour ce roman, qui plus est écrit en langue française et édité par une petite maison d’édition indépendante. Ce n’est pas si souvent que je lis des romans à tendance un peu utopie/uchronie en langue française, donc ça fait vraiment plaisir, surtout quand la lecture est aussi agréable. Les personnages se sont montrés très attachants, j’ai ri, pleuré, frémi avec eux. Le rythme est rapide, sans être effréné, les chapitres assez courts encourageront les lecteurs un peu moins aguerris. C’est un roman qui mélange les voix narratives puisqu’on suit différents personnages tour à tour, mais pour une fois c’est fait d’une façon très claire, et je ne pense pas que ce sera un obstacle à la lecture pour les lecteurs moins habitués.

Par ailleurs ce roman permet une vraie réflexion. On voit les dessous des jeux de télé-réalité. J’ai beaucoup apprécié le délicat dosage entre le cynisme de certains personnages et la sensibilité des autres. L’auteur a su livrer un portrait grinçant de ce phénomène sans pour autant tomber dans la caricature (contrairement à Hunger Games par exemple). On se pose aussi des questions sur la science et l’éthique. A qui appartiennent les découvertes, est-ce normal de pouvoir breveter des inventions aussi extraordinaires et priver l’humanité de leur utilisation à des fins scientifiques ? Bref, j’ai adoré !

Je recommande cette lecture aux adolescents à partir de 12 ans, autant pour de bons lecteurs que pour des lecteurs un peu moins à l’aise.

Pour l’acheter, vous pouvez aller :

sur le site de la maison d’édition : Marathon Éditions.

sur le site de la FNAC

Cahier Mon Autobio d’Ado

cahier écriture adolescents écrireJ’ai le plaisir de vous présenter le cahier Mon Autobio d’Ado. C’est le premier cahier que j’écris à destination des adolescents. Il s’agit en fait de la continuité d’un exercice d’écriture que je propose à mes élèves de 3ème depuis maintenant (oulà !) presque 10 ans. Chaque année cet exercice a un grand succès. Les élèves sont super motivés, s’investissent à fond et me rendent des écrits vraiment très très beaux et émouvants. Aussi je me suis dit qu’il serait intéressant d’en faire profiter d’autres ados qui auraient eux aussi envie de raconter leur autobiographie.

Ce cahier s’adresse :

– à tous ceux qui aiment écrire

– à tous qui n’aiment pas écrire ! Chez mes élèves (je l’ai proposé à une dizaine de classes de 30 élèves, il a donc été fait par presque 300 adolescents) cet exercice a toujours rencontré du succès, que ce soient des élèves habitués à la lecture et l’écriture ou au contraire des élèves réticents, peu à l’aise avec l’écrit.

– à tous les ados qui ont envie/besoin de se pencher sur leur propre vie, de faire un peu le bilan de qui ils sont, ce qu’ils aiment, ce qu’ils ont déjà vécu, et ce qu’ils souhaiteraient vivre maintenant. Parler de soi est un besoin important des adolescents, et cet exercice leur permet de prendre le temps de le faire. Ils sont guidés, ce qui leur permet d’étoffer leur pensée et leur réflexion et d’écrire certainement beaucoup plus que s’ils étaient face à une page blanche.

– peut-être aussi à des adultes qui ont envie de raconter leur vie et ne savent pas trop par quel bout s’y prendre.

Le cahier comporte :

  • plus de 25 propositions d’écriture
  • des extraits de grands auteurs qui ont écrit leur autobiographie (Rousseau, Beauvoir, Pagnol, Leiris…)
  • des pages vierges pour ceux qui ont envie d’en dire plus
  • des espaces pour coller des photos

Il se divise en quatre chapitres :

  • Mon enfance
  • Mon autoportrait
  • Ma vie actuelle
  • Mon avenir

Pour l’acheter sur amazon, cliquer sur ce lien.
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Baguettes chinoises

J’adore la littérature asiatique. Ces cultures sont tellement différentes de la nôtre que les romans sont parfois difficiles à comprendre, mais justement, cela les rend passionnants.

Ici, l’auteur, Xinran, est une femme qui anime une émission de radio sur les femmes en Chine. Elle s’inspire des divers témoignages qu’elle a recueillis pour construire la trame de son roman. C’est un de mes romans préférés, super facile à lire, intéressant, grâce auquel on apprend des tonnes de choses, bref passionnant.

Allez, je vous raconte l’histoire…

Dans un village près de Nankin en Chine, un père est déshonoré car il n’a réussi qu’à avoir des filles, 6 filles, qu’il n’a même pas daigné appeler autrement que par leur numéro de naissance : Une Deux Trois… En effet, dans ce village, les filles sont considérées comme des baguettes, et les garçons sont des poutres solides qui seront capables de soutenir le toit des maisons. Il a réussi à marier sa fille aînée (malgré les réticences de celle-ci) à un homme vieux et influent. On lui propose pour sa deuxième le fils infirme d’un homme riche. Deux, désespérée par ce mariage dont elle ne veut pas, se jette dans le puits. L’homme riche, pas du tout gêné, propose que ce soit Trois qui épouse son fils infirme. Celle-ci décide de s’enfuir dans la ville la plus proche, à Nankin. Le roman retrace le destin de trois femmes chinoises qui cherchent l'indépendance dans une société sexisteLe roman s’ouvre sur son arrivée dans cette ville, sa recherche d’un travail. Comme campagnarde, elle ne connaît pas les usages de la ville, mais heureusement, un certain nombre de citadins, en souvenir de leurs débuts, prennent en pitié les jeunes filles arrivées de la campagne. On lui trouve un emploi dans un restaurant, et elle va gagner bien plus d’argent que n’importe quel habitant de son village. Au bout d’un an, elle ose retourner chez elle. Face à la richesse qu’elle rapporte, son père accepte de lui confier Cinq, car elle est laide et bête, on ne craint donc pas qu’elle se fasse séduire, et Six, la seule à avoir fait quelques études. Les deux jeunes filles vont à leur tour faire leurs preuves, à force de courage et d’envie de réussir. A leur retour, elles prouvent à tous que les filles ne sont pas de simples baguettes.

C’est un roman magnifique, plein d’espoir et qui propose une belle image de l’humanité. C’est un vrai plaisir de le lire, on s’attache à ces jeunes filles, qui n’ont même pas eu la chance de porter un vrai prénom, mais qui veulent vraiment changer leur destin. La lecture est facile, agréable. On découvre avec plaisir une image très intéressante de la vie populaire dans cette ville chinoise. Ce que j’aime particulièrement dans ce roman, c’est l’idée qu’il est possible de changer son destin, de choisir sa voie en quittant celle qui semblait toute tracée. Que d’espoirs !

Sur le site de la FNAC.

Les valises, Sève Laurent-Farjal

Sarah part en voyage scolaire à Auschwitz. Elle se sent mal, elle est brouillée avec son amie Josy, et le garçon le plus frimeur de la classe n’arrête pas de la provoquer à la fixer du regard sans cesse. Le voyage ne se déroule pas comme prévu. Pendant la visite de l’ancien camp de concentration, elle tombe sur une valise qui porte son nom de famille. 

roman jeunesse histoire nazisme famille amour

D’un seul coup, tout s’embrouille en elle. Pourquoi sa mère a-t-elle toujours refusé de parler de son père ? Qui est-il ? Pourquoi sont-elles seules au monde toutes les deux.

Au retour du voyage, Sarah rassemble ses forces pour poser des questions à sa mère. Malheureusement, la vie ne lui en laisse pas le temps, car sa mère est victime d’un accident de voiture le jour même. Sarah est placée en famille d’accueil.

Elle va se lancer sur les traces de son passé, aidée en cela par son professeur d’histoire, passionné de généalogie, et de ce garçon, Jérôme, qui derrière son attitude frimeuse, révèle des trésors de profondeur et de fidélité.

Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce roman, je lui décerne même un coup de cœur. Déjà, j’ai beaucoup aimé le travail autour de la mémoire, et les secrets de famille. L’auteur mêle habilement les problématiques historiques et les problématiques familiales, c’est passionnant.

Mais ce que j’ai préféré dans ce roman, c’est l’histoire d’amour. C’est très rare de trouver un auteur qui parle aussi bien de l’amour, avec tant de justesse. Elle ne tombe ni dans le côté mièvre et ridicule, ni dans la pudibonderie. Elle parle avec beaucoup de justesse de la passion vécue par des adolescents, des questions qu’ils se posent, des tourments rencontrés parfois, de l’attirance physique, du doute, du bouleversement émotionnel entraîné.

J’ai juste une petite réserve sur le côté historique. Etait-il vraiment possible d’aller en voyage scolaire à Auschwitz en 1982 malgré le rideau de fer ? Et est-ce que le travail de mémoire se faisait à cette époque comme nous le faisons maintenant ? J’ai vécu l’histoire plutôt comme celle de deux adolescents de notre époque, pourtant les besoin du récit nécessitent que cela se passe en 1982. Cela restera un point d’interrogation dans mon esprit…

Je conseille ce roman à des adolescents à partir de 13 ou 14 ans. Il fait 300 pages et se lit assez facilement.

C’était ma 4ème participation au challenge #marsauféminin organisée par Floandbooks.

Sur le site de la FNAC.

Chronique des temps obscurs, tomes 1 à 4, Michelle Paver

roman adolescent préhistoire loup nature foretL’histoire

L’action se passe dans une grande forêt, il y a 6000 ans. Torak vit avec son père, loin des autres hommes organisés en clans. Son père lui a appris à survivre dans les bois, à s’y sentir chez lui, à connaître les animaux, leurs habitudes, à respecter la nature sous toutes ses formes, et le monde des esprits.

Quand le roman s’ouvre, Torak doit fuir. En effet, un ours terrible vient de blesser son père à mort, et celui-ci sait qu’il va revenir. Cependant avant de mourir, il dit des paroles mystérieuses à son fils, regrettant de ne pas avoir eu le temps de lui dire la vérité, et espérant que celui-ci lui pardonnera. Il donne une mission à Torak, partir vers le Nord, en suivant un guide qui lui apparaîtra au moment propice, pour aller voir l’Esprit du Monde, afin de débarrasser la forêt de cet ours maléfique, qui est en fait un animal possédé par un démon.

Alors commence pour Torak une immense aventure, accompagné d’un loup avec qui il sait communiquer et qui devient son frère de meute, et d’une jeune femme courageuse et habile à l’arc. Ensemble ils sauront braver la colère du démon, la jalousie des hommes, et plus que cela leurs peurs les plus profondes.

Mon avis

Cette lecture est un vrai coup de cœur. J’ai dévoré le premier tome qui est vraiment fantastique, et n’ai eu de cesse de trouver la suite. L’action est palpitante, on frémit avec Torak, on a envie de se rouler par terre comme lui avec Loup, on s’inquiète de savoir quels sont les bons choix. L’auteur a su dessiner un univers riche et passionnant, et pour autant facile à comprendre et à imaginer. J’ai beaucoup apprécié le cadre préhistorique qu’elle a su installer, et les références à la nature et au monde des esprits. Une lecture que je recommande pour les lecteurs de moyens à très bons. Les tomes sont assez épais, mais cependant se lisent plutôt rapidement.

Sur le site de la FNAC : tome 1, tome 2, tome 3, tome 4

Cette chronique constitue ma troisième participation au challenge littérature de l’imaginaire.

Les petits orages, Marie Chartres

Résumé : La vie de Moses Laufer Victor est un calvaire, dont il s’échappe en regardant de stupides vidéos de pandas sur youtube. En effet, déjà il a un prénom idiot, son visage est couvert d’une acné très importante, ses parents sont tous les deux psychanalystes, et pourtant fort peu doués pour roman ado différence handicap indien amitiéparler des leurs émotions. Or les émotions sont grandes et pleines de souffrances dans cette famille, depuis l’année précédente quand un accident de voiture a grièvement blessé l’adolescent, qui a de terribles cicatrices et douleurs, et doit se déplacer avec une béquille, et sa mère, restée handicapée. Moses ne sait plus comment continuer, comment donner du sens à sa vie, où tout ce qui était avant facile et fluide est devenu difficile et douloureux : marcher, se pencher, s’asseoir. Il n’a quasiment pas d’amis, refusant la pitié comme la moquerie. Il va rencontrer un adolescent tout aussi blessé que lui, même si ses cicatrices sont moins visibles : Ratso, un Indien. Tous deux vont apprendre à se connaître, au-delà de leurs sensibilités douloureuses et de leurs colères. Cette amitié leur permettra de surmonter ces souffrances, et au travers d’un voyage assez aventureux et incertain, à bord d’une voiture épave, en direction de la réserve indienne dont est originaire Ratso, de retrouver le goût de la vie et de l’avenir.

Avis : J’ai beaucoup aimé ce livre, un coup de cœur comme cela faisait longtemps que je n’en avais plus eu. Ce livre traite de la différence, qu’elle soit dûe au handicap, à la pauvreté, à l’origine… Il est facile à lire, pas trop long. Les émotions sont fortes, mais pour autant restent vraies et évitent le sensationnalisme. L’auteure sait nous ménager des surprises, ses personnages se dévoilent peu à peu, mais n’hésitent pas à garder une part de mystère. On a envie de savoir la suite de l’histoire, de comprendre les personnages et leur vie. On découvre la misère matérielle, psychologique et politique de la vie dans les réserves indiennes. Très belle lecture, que je recommande à partir de 14 ans.

Sur le site de la FNAC

Tobie Lolness, Timothée de Fombelle (coup de coeur)

Résumé : L’histoire se passe sur un arbre. Des petits êtres, tout petit (dans cet univers, faire 2 millimètres, c’est être déjà très grand) vivent ici. Les habitants de l’arbre ne connaissent pas la vroman écologie adolescents nature aventuresie en dehors de leur arbre, qui constitue pour eux un monde complet, avec ses cascades, ses forêts, ses champs, ses animaux, ses problèmes climatiques… Tobie est le fils d’un savant génial, qui fait des expériences et a des théories novatrices sur cet univers dans lequel se déroule leur vie. Lorsque l’histoire débute, Tobie est en fuite. Ses parents ont été emprisonnés et tout le peuple de l’arbre est à sa poursuite, débordant d’une haine à son égard qu’il a du mal à comprendre. Le récit remonte alors un peu dans le temps et nous montre combien les théories du savant dérangent, surtout ceux qui ont le pouvoir et l’argent. La famille est d’abord exilée dans une région hostile (où pourtant Tobie fera des rencontres précieuses pour son cœur) puis pourchassée. Tobie fuit, découvre de nouvelles vérités, fait des rencontres formidables. Dans le deuxième tome, il trouve de l’aide dans plusieurs initiatives de résistance, et espère de tout son cœur retrouver ceux qu’il aime, ainsi que sauver l’arbre de cette destruction annoncée depuis longtemps par son père, et dont on voit désormais les effets.

Mon avis : Voici un roman formidable. L’aventure est présente à toutes les pages, le monde est fourmillant, détaillé, poétique, les personnages très attachants, variés et intéressants. En plus d’être un excellent roman d’aventures, ce roman nous apprend des choses sur la vie à toute petite échelle, et construit également une belle métaphore des dégâts que l’humanité impose actuellement à notre planète. Il n’y a plus qu’à espérer que nous serons aussi intelligents que les habitants de l’arbre et que nous saurons nous aussi lutter contre cette destruction. Une lecture coup de coeur pour moi.

Sur le site de la FNAC : tome 1 – tome 2 – intégrale

Le chemin de Sarasvati, Claire Ubac

En Inde, au XXème siècle.

« Femme de Meyyan, qu’est-ce que tu es en train de faire ?

Elle siffle entre ses dents :

– Tu sais bien qu’il faut la laisser mourir de faim, cette merde que tu nous as pondue ! »

un roman sur les enfants des rues en inde la misère, les castes et les intouchablesVoici comment Isaï est accueillie à sa naissance par la maîtresse de la maison, sa tante. Toutes les femmes du village essaient d’empêcher sa mère de l’allaiter, ou cherchent à provoquer un malheureux accident entraînant la mort de ce bébé né honteusement fille. Mais par chance pour elle, sa mère s’accroche, la protège, et la fillette survit. En grandissant, elle subit les brimades incessantes de sa tante qui la traite comme une servante. Lire la suite