Ma vie sens dessus dessous, S.E. Durrant

Nouveau coup de cœur pour ce roman, que j’ai lu en une soirée au coin du feu.

Ira et son petit frère Zac sont promenés de famille d’accueil en famille d’accueil avant d’arriver au foyer de Skilly House, à Londres. Plutôt méfiants, ils vont découvrir un univers pas si difficile, où les adultes encadrants leur donnent réconfort et quiétude. Ils vivent dans une petite chambre sous les toits. Ira a 9 ans et Zac 7 ans lorsque l’histoire débute. Ils ne connaissent de leur passé qu’une photo un peu floue d’eux avec un chien noir. Ira se sent responsable de son petit frère, elle essaie d’être forte pour deux. Elle le rassure, lui raconte des histoires, le protège. C’est une enfant qui aime écrire des histoires, dessiner.

Le roman raconte leur quotidien dans le foyer, leurs espoirs, leurs craintes, leurs rêves, leurs amitiés avec les autres enfants, la façon dont chacun gère les difficultés de sa vie d’enfant sans famille, voire sans histoire pour certains. Tous ils rêvent de trouver une famille qui les accueillera définitivement, mais comme le dit Ira avec un cynisme tellement triste pour son âge, plus on est vieux, moins on fait envie aux familles adoptives…roman adolescent orphelinat famille d'accueil foyer émotions

Un jour ils vont avoir la chance de partir à la campagne en vacances pendant une semaine chez une ancienne institutrice. Ils reviennent métamorphosés de ce voyage, mais le quotidien leur paraît par contraste encore plus difficile. Mais la vie continue et peut-être un jour s’améliorera-t-elle.

Mon avis : c’est un roman difficile à résumer, car sa saveur ne tient pas tant dans l’histoire et les actions racontées, mais plutôt dans la finesse de la description des pensées et émotions de ces enfants laissés pour compte. J’ai trouvé une grande justesse dans la compréhension et la description des personnages. Ira sait si bien décrypter le comportement de son frère, elle sait lire les émotions cachées sous la surface des actions.

Si ce roman est plein d’émotion, tristes comme joyeuses, pour autant, il n’est pas outrancier comme certains romans jeunesse actuels qui se livrent à une débauche émotionnelle fatigante. Le thème abordé est difficile, mais traité je trouve avec sensibilité. J’ai vraiment aimé cette lecture, qui de plus n’est pas très difficile. En effet, il y a un seul narrateur, le récit est plutôt linéaire. Le roman comporte 200 pages ce qui est raisonnable pour des adolescents moyennement habitués à la lecture.

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A cœurs ouverts, Jessi Kirby

Si vous avez aimé le roman Nos étoiles contraires, je suis quasi sûre que vous allez adorer celui-ci également. Voici une magnifique histoire sur l’amour, le deuil, la famille…roman amour adolescents ado

Emily a 18 ans. Depuis 400 jours, elle pleure la mort de son petit ami, Matt. Ils étaient en couple depuis leurs 14 ans, pour elle, il était l’homme de sa vie. Depuis sa mort elle ne fait que pleurer, elle ne vois presque plus ses amis, elle n’est pas allée à la fête de fin du lycée (ça se passe aux Etats-Unis), elle ne s’est pas inscrite à la fac, elle ne fait plus de sport, elle qui était dans l’équipe d’athlétisme de son lycée.

Matt est mort brutalement, d’un traumatisme crânien renversé par une voiture. Aussi, ses parents ont-ils fait le choix de donner ses organes pour sauver d’autres vies. Emily les accompagne pour rencontrer les personnes qui ont reçu ces dons. Cela l’aide à avancer dans son deuil. Mais l’un d’eux refuse de répondre à la demande, et ne répond pas à sa lettre, celui qui a reçu le cœur de Matt. Emily ne peut s’empêcher de penser à lui, d’attendre sa réponse. Presque obsédée, elle mène des recherches et finit par découvrir son identité. Il habite au bord de l’océan, à seulement 50 km. Elle se rend là-bas, en se faisant la promesse de juste le regarder, de ne pas chercher à l’aborder. Mais une fois sur place, les choses ne se passent pas exactement comme prévu…

Mon avis : j’ai passé un très beau moment de lecture avec ce roman, c’est vraiment un coup de cœur. J’ai été très émue par ce deuil, par cette presque veuve de 18 ans, par l’amour dont sa famille l’entoure dans cette épreuve. Les sentiments sont forts, vrais. Emily ne sait comment avancer, elle ne sait pas même si elle a le droit d’avancer, de commencer à moins penser à Matt. Ses sentiments évoluent, ils sont décrits de façon complexes. Le roman est également très intéressant lorsqu’il s’intéresse au vécu de la personne qui reçoit le don d’organe, lui permettant ainsi d’avoir une nouvelle vie, mais oh combien contraignante.

Je classe ce roman dans mes coups de cœur. Je le recommande à partir de 13 ans au moins, pour d’assez bons lecteurs car il est un peu long (336 pages).

Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers

Résumé : Aristote a 15 ans. Il a très peu d’amis, aucun en fait. Il se sent en décalage complet avec les garçons de son âge. A la maison, ce n’est pas forcément facile non plus. Ses parents sont plutôt sympas. sa mère, enseignante, passe son temps à lui dire que ce qu’il ressent est normal, que c’est « une phase ». Son père est le plus souvent silencieux. Ancien soldat de la guerre du Vietnam, il est sorti abîmé par cette guerre, et hanté par les souvenirs roman ado homosexualité amourde ce qu’il a vécu. Aristote a aussi deux sœurs, des jumelles qui ont 12 ans de plus que lui, et un frère de 11 ans de plus. Mais ses frères et sœurs ne sont pas un soutien pour lui. Les filles sont trop âgées, elles le traitent presque comme leur propre fils, ce qui l’énerve prodigieusement. Quant à son frère, il est en prison, et plus personne ne parle de lui, toutes ses photos ont été enlevées de la maison, c’est comme s’il n’avait jamais existé.

 

Désœuvré pendant les vacances d’été, Aristote va à la piscine. Là, un garçon de son âge l’aborde et lui propose de lui apprendre à nager. Ce garçon, c’est Dante. Dante est lui aussi en décalage avec les garçons de son âge : il aime lire, il est attentionné avec les oiseaux, il apprécie ses parents, il aime dessiner, et comme lui, il a un prénom difficile à porter. Entre les deux adolescents, commence une amitié très forte. Les deux garçons apprennent à se connaître, chacun avec ses parts d’ombre, ses secrets, ses non-dits.

Mon avis : Comme la plupart des très bons romans, celui-ci est quasiment impossible à résumer. L’histoire est racontée du point de vue d’Aristote. Celui-ci se révèle une personne complexe, qui a des difficultés à parler de ses émotions, et même à se comprendre lui-même.

Le récit est très fort et même poignant. Il mêle les thèmes de l’adolescence, de l’amitié, des secrets de famille, des premières amours et de la difficulté à se comprendre soi-même.

C’est un gros coup de cœur que cette lecture. Je la recommande vivement à tous les ados qui aiment les récits inspirés d’histoires vraies, qui se posent des questions sur l’adolescence, l’amitié, l’amour…

Sur le site de la FNAC

The Big History Show – L’Emission, Jeanne Bocquenet-Carle

L’histoire : L’histoire se passe dans le futur (mais pas si lointain, quelques années tout au plus). Un magnat des médias, milliardaire, a réussi à faire mettre au point une machine à voyager dans le temps. Il a décidé que cette invention serait le point central d’un immense nouveau jeu de télé-réalité : le big history show. 5 équipes de deux personnes partent à différentes époques de l’histoire, elles ont une mission à remplir le plus vite possible. A chaque manche, une équipe est éliminée. Le jeu présente certains risques car les époques historiques peuvent être dangereuses, et l’équipe de télé n’a pas toujours le temps d’intervenir, surtout qu’il leur faut rester discret pour ne pas risquer de changer l’histoire.

anticipation, science, science-fiction, éthiqueLe roman s’ouvre sur une série de personnages dont on fait rapidement connaissance. D’un côté les futurs candidats de l’émission : Lana inscrit sa sœur Coline sans lui demander son avis, car elle veut l’aider à se bouger après une rupture sentimentale mal digérée ; Chris et Mathilde s’inscrivent à l’initiative de Chris, dont on découvrira qu’il a vécu un traumatisme terrible un an auparavant, qu’il espère soigner avec le jeu ;  Jean, beau et courageux guide de haute montagne qui s’inscrit pour faire plaisir à sa mère, retraitée férue d’histoire ; Juliette et Adem, deux étudiants dont la première est une sacrée peste, qui veut gagner à tout prix, et enfin deux hommes qu’on voit assez peu, d’ailleurs ils seront les premiers à être éliminés. De l’autre côté on rencontre l’équipe de production de l’émission : le producteur, le présentateur, le patron de la chaîne, personnages imbus d’eux-mêmes, superficiels, assez insupportables, mais aussi la directrice du casting, le responsable des voyages, le technicien, plus humains, plus torturés…

On découvre les dessous de l’émission, la façon dont les candidats sont choisis pour correspondre aux émotions à provoquer chez le public, la façon dont le montage est fait, le plus voyeuriste possible, mais surtout en évitant toute référence qui pourrait choquer une association quelconque, ou risquer de faire réfléchir le public au bien fondé d’un tel jeu.

Lorsque le jeu se lance, on ne peut s’empêcher de vibrer avec les personnages, d’être pris dans le rythme haletant des épreuves. La première époque parcourue est la seconde guerre mondiale, lors de l’invasion de la France par les Allemands en juin 1944. C’est un pléonasme, mais l’époque est historique !

Mon avis : Un grand coup de cœur pour ce roman, qui plus est écrit en langue française et édité par une petite maison d’édition indépendante. Ce n’est pas si souvent que je lis des romans à tendance un peu utopie/uchronie en langue française, donc ça fait vraiment plaisir, surtout quand la lecture est aussi agréable. Les personnages se sont montrés très attachants, j’ai ri, pleuré, frémi avec eux. Le rythme est rapide, sans être effréné, les chapitres assez courts encourageront les lecteurs un peu moins aguerris. C’est un roman qui mélange les voix narratives puisqu’on suit différents personnages tour à tour, mais pour une fois c’est fait d’une façon très claire, et je ne pense pas que ce sera un obstacle à la lecture pour les lecteurs moins habitués.

Par ailleurs ce roman permet une vraie réflexion. On voit les dessous des jeux de télé-réalité. J’ai beaucoup apprécié le délicat dosage entre le cynisme de certains personnages et la sensibilité des autres. L’auteur a su livrer un portrait grinçant de ce phénomène sans pour autant tomber dans la caricature (contrairement à Hunger Games par exemple). On se pose aussi des questions sur la science et l’éthique. A qui appartiennent les découvertes, est-ce normal de pouvoir breveter des inventions aussi extraordinaires et priver l’humanité de leur utilisation à des fins scientifiques ? Bref, j’ai adoré !

Je recommande cette lecture aux adolescents à partir de 12 ans, autant pour de bons lecteurs que pour des lecteurs un peu moins à l’aise.

Pour l’acheter, vous pouvez aller :

sur le site de la maison d’édition : Marathon Éditions.

sur le site de la FNAC

Cahier Mon Autobio d’Ado

cahier écriture adolescents écrireJ’ai le plaisir de vous présenter le cahier Mon Autobio d’Ado. C’est le premier cahier que j’écris à destination des adolescents. Il s’agit en fait de la continuité d’un exercice d’écriture que je propose à mes élèves de 3ème depuis maintenant (oulà !) presque 10 ans. Chaque année cet exercice a un grand succès. Les élèves sont super motivés, s’investissent à fond et me rendent des écrits vraiment très très beaux et émouvants. Aussi je me suis dit qu’il serait intéressant d’en faire profiter d’autres ados qui auraient eux aussi envie de raconter leur autobiographie.

Ce cahier s’adresse :

– à tous ceux qui aiment écrire

– à tous qui n’aiment pas écrire ! Chez mes élèves (je l’ai proposé à une dizaine de classes de 30 élèves, il a donc été fait par presque 300 adolescents) cet exercice a toujours rencontré du succès, que ce soient des élèves habitués à la lecture et l’écriture ou au contraire des élèves réticents, peu à l’aise avec l’écrit.

– à tous les ados qui ont envie/besoin de se pencher sur leur propre vie, de faire un peu le bilan de qui ils sont, ce qu’ils aiment, ce qu’ils ont déjà vécu, et ce qu’ils souhaiteraient vivre maintenant. Parler de soi est un besoin important des adolescents, et cet exercice leur permet de prendre le temps de le faire. Ils sont guidés, ce qui leur permet d’étoffer leur pensée et leur réflexion et d’écrire certainement beaucoup plus que s’ils étaient face à une page blanche.

– peut-être aussi à des adultes qui ont envie de raconter leur vie et ne savent pas trop par quel bout s’y prendre.

Le cahier comporte :

  • plus de 25 propositions d’écriture
  • des extraits de grands auteurs qui ont écrit leur autobiographie (Rousseau, Beauvoir, Pagnol, Leiris…)
  • des pages vierges pour ceux qui ont envie d’en dire plus
  • des espaces pour coller des photos

Il se divise en quatre chapitres :

  • Mon enfance
  • Mon autoportrait
  • Ma vie actuelle
  • Mon avenir

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Baguettes chinoises

J’adore la littérature asiatique. Ces cultures sont tellement différentes de la nôtre que les romans sont parfois difficiles à comprendre, mais justement, cela les rend passionnants.

Ici, l’auteur, Xinran, est une femme qui anime une émission de radio sur les femmes en Chine. Elle s’inspire des divers témoignages qu’elle a recueillis pour construire la trame de son roman. C’est un de mes romans préférés, super facile à lire, intéressant, grâce auquel on apprend des tonnes de choses, bref passionnant.

Allez, je vous raconte l’histoire…

Dans un village près de Nankin en Chine, un père est déshonoré car il n’a réussi qu’à avoir des filles, 6 filles, qu’il n’a même pas daigné appeler autrement que par leur numéro de naissance : Une Deux Trois… En effet, dans ce village, les filles sont considérées comme des baguettes, et les garçons sont des poutres solides qui seront capables de soutenir le toit des maisons. Il a réussi à marier sa fille aînée (malgré les réticences de celle-ci) à un homme vieux et influent. On lui propose pour sa deuxième le fils infirme d’un homme riche. Deux, désespérée par ce mariage dont elle ne veut pas, se jette dans le puits. L’homme riche, pas du tout gêné, propose que ce soit Trois qui épouse son fils infirme. Celle-ci décide de s’enfuir dans la ville la plus proche, à Nankin. Le roman retrace le destin de trois femmes chinoises qui cherchent l'indépendance dans une société sexisteLe roman s’ouvre sur son arrivée dans cette ville, sa recherche d’un travail. Comme campagnarde, elle ne connaît pas les usages de la ville, mais heureusement, un certain nombre de citadins, en souvenir de leurs débuts, prennent en pitié les jeunes filles arrivées de la campagne. On lui trouve un emploi dans un restaurant, et elle va gagner bien plus d’argent que n’importe quel habitant de son village. Au bout d’un an, elle ose retourner chez elle. Face à la richesse qu’elle rapporte, son père accepte de lui confier Cinq, car elle est laide et bête, on ne craint donc pas qu’elle se fasse séduire, et Six, la seule à avoir fait quelques études. Les deux jeunes filles vont à leur tour faire leurs preuves, à force de courage et d’envie de réussir. A leur retour, elles prouvent à tous que les filles ne sont pas de simples baguettes.

C’est un roman magnifique, plein d’espoir et qui propose une belle image de l’humanité. C’est un vrai plaisir de le lire, on s’attache à ces jeunes filles, qui n’ont même pas eu la chance de porter un vrai prénom, mais qui veulent vraiment changer leur destin. La lecture est facile, agréable. On découvre avec plaisir une image très intéressante de la vie populaire dans cette ville chinoise. Ce que j’aime particulièrement dans ce roman, c’est l’idée qu’il est possible de changer son destin, de choisir sa voie en quittant celle qui semblait toute tracée. Que d’espoirs !

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Les valises, Sève Laurent-Farjal

Sarah part en voyage scolaire à Auschwitz. Elle se sent mal, elle est brouillée avec son amie Josy, et le garçon le plus frimeur de la classe n’arrête pas de la provoquer à la fixer du regard sans cesse. Le voyage ne se déroule pas comme prévu. Pendant la visite de l’ancien camp de concentration, elle tombe sur une valise qui porte son nom de famille. 

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D’un seul coup, tout s’embrouille en elle. Pourquoi sa mère a-t-elle toujours refusé de parler de son père ? Qui est-il ? Pourquoi sont-elles seules au monde toutes les deux.

Au retour du voyage, Sarah rassemble ses forces pour poser des questions à sa mère. Malheureusement, la vie ne lui en laisse pas le temps, car sa mère est victime d’un accident de voiture le jour même. Sarah est placée en famille d’accueil.

Elle va se lancer sur les traces de son passé, aidée en cela par son professeur d’histoire, passionné de généalogie, et de ce garçon, Jérôme, qui derrière son attitude frimeuse, révèle des trésors de profondeur et de fidélité.

Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce roman, je lui décerne même un coup de cœur. Déjà, j’ai beaucoup aimé le travail autour de la mémoire, et les secrets de famille. L’auteur mêle habilement les problématiques historiques et les problématiques familiales, c’est passionnant.

Mais ce que j’ai préféré dans ce roman, c’est l’histoire d’amour. C’est très rare de trouver un auteur qui parle aussi bien de l’amour, avec tant de justesse. Elle ne tombe ni dans le côté mièvre et ridicule, ni dans la pudibonderie. Elle parle avec beaucoup de justesse de la passion vécue par des adolescents, des questions qu’ils se posent, des tourments rencontrés parfois, de l’attirance physique, du doute, du bouleversement émotionnel entraîné.

J’ai juste une petite réserve sur le côté historique. Etait-il vraiment possible d’aller en voyage scolaire à Auschwitz en 1982 malgré le rideau de fer ? Et est-ce que le travail de mémoire se faisait à cette époque comme nous le faisons maintenant ? J’ai vécu l’histoire plutôt comme celle de deux adolescents de notre époque, pourtant les besoin du récit nécessitent que cela se passe en 1982. Cela restera un point d’interrogation dans mon esprit…

Je conseille ce roman à des adolescents à partir de 13 ou 14 ans. Il fait 300 pages et se lit assez facilement.

C’était ma 4ème participation au challenge #marsauféminin organisée par Floandbooks.

Sur le site de la FNAC.

Chronique des temps obscurs, tomes 1 à 4, Michelle Paver

roman adolescent préhistoire loup nature foretL’histoire

L’action se passe dans une grande forêt, il y a 6000 ans. Torak vit avec son père, loin des autres hommes organisés en clans. Son père lui a appris à survivre dans les bois, à s’y sentir chez lui, à connaître les animaux, leurs habitudes, à respecter la nature sous toutes ses formes, et le monde des esprits.

Quand le roman s’ouvre, Torak doit fuir. En effet, un ours terrible vient de blesser son père à mort, et celui-ci sait qu’il va revenir. Cependant avant de mourir, il dit des paroles mystérieuses à son fils, regrettant de ne pas avoir eu le temps de lui dire la vérité, et espérant que celui-ci lui pardonnera. Il donne une mission à Torak, partir vers le Nord, en suivant un guide qui lui apparaîtra au moment propice, pour aller voir l’Esprit du Monde, afin de débarrasser la forêt de cet ours maléfique, qui est en fait un animal possédé par un démon.

Alors commence pour Torak une immense aventure, accompagné d’un loup avec qui il sait communiquer et qui devient son frère de meute, et d’une jeune femme courageuse et habile à l’arc. Ensemble ils sauront braver la colère du démon, la jalousie des hommes, et plus que cela leurs peurs les plus profondes.

Mon avis

Cette lecture est un vrai coup de cœur. J’ai dévoré le premier tome qui est vraiment fantastique, et n’ai eu de cesse de trouver la suite. L’action est palpitante, on frémit avec Torak, on a envie de se rouler par terre comme lui avec Loup, on s’inquiète de savoir quels sont les bons choix. L’auteur a su dessiner un univers riche et passionnant, et pour autant facile à comprendre et à imaginer. J’ai beaucoup apprécié le cadre préhistorique qu’elle a su installer, et les références à la nature et au monde des esprits. Une lecture que je recommande pour les lecteurs de moyens à très bons. Les tomes sont assez épais, mais cependant se lisent plutôt rapidement.

Sur le site de la FNAC : tome 1, tome 2, tome 3, tome 4

Cette chronique constitue ma troisième participation au challenge littérature de l’imaginaire.

Les petits orages, Marie Chartres

Résumé : La vie de Moses Laufer Victor est un calvaire, dont il s’échappe en regardant de stupides vidéos de pandas sur youtube. En effet, déjà il a un prénom idiot, son visage est couvert d’une acné très importante, ses parents sont tous les deux psychanalystes, et pourtant fort peu doués pour roman ado différence handicap indien amitiéparler des leurs émotions. Or les émotions sont grandes et pleines de souffrances dans cette famille, depuis l’année précédente quand un accident de voiture a grièvement blessé l’adolescent, qui a de terribles cicatrices et douleurs, et doit se déplacer avec une béquille, et sa mère, restée handicapée. Moses ne sait plus comment continuer, comment donner du sens à sa vie, où tout ce qui était avant facile et fluide est devenu difficile et douloureux : marcher, se pencher, s’asseoir. Il n’a quasiment pas d’amis, refusant la pitié comme la moquerie. Il va rencontrer un adolescent tout aussi blessé que lui, même si ses cicatrices sont moins visibles : Ratso, un Indien. Tous deux vont apprendre à se connaître, au-delà de leurs sensibilités douloureuses et de leurs colères. Cette amitié leur permettra de surmonter ces souffrances, et au travers d’un voyage assez aventureux et incertain, à bord d’une voiture épave, en direction de la réserve indienne dont est originaire Ratso, de retrouver le goût de la vie et de l’avenir.

Avis : J’ai beaucoup aimé ce livre, un coup de cœur comme cela faisait longtemps que je n’en avais plus eu. Ce livre traite de la différence, qu’elle soit dûe au handicap, à la pauvreté, à l’origine… Il est facile à lire, pas trop long. Les émotions sont fortes, mais pour autant restent vraies et évitent le sensationnalisme. L’auteure sait nous ménager des surprises, ses personnages se dévoilent peu à peu, mais n’hésitent pas à garder une part de mystère. On a envie de savoir la suite de l’histoire, de comprendre les personnages et leur vie. On découvre la misère matérielle, psychologique et politique de la vie dans les réserves indiennes. Très belle lecture, que je recommande à partir de 14 ans.

Sur le site de la FNAC

Tobie Lolness, Timothée de Fombelle (coup de coeur)

Résumé : L’histoire se passe sur un arbre. Des petits êtres, tout petit (dans cet univers, faire 2 millimètres, c’est être déjà très grand) vivent ici. Les habitants de l’arbre ne connaissent pas la vroman écologie adolescents nature aventuresie en dehors de leur arbre, qui constitue pour eux un monde complet, avec ses cascades, ses forêts, ses champs, ses animaux, ses problèmes climatiques… Tobie est le fils d’un savant génial, qui fait des expériences et a des théories novatrices sur cet univers dans lequel se déroule leur vie. Lorsque l’histoire débute, Tobie est en fuite. Ses parents ont été emprisonnés et tout le peuple de l’arbre est à sa poursuite, débordant d’une haine à son égard qu’il a du mal à comprendre. Le récit remonte alors un peu dans le temps et nous montre combien les théories du savant dérangent, surtout ceux qui ont le pouvoir et l’argent. La famille est d’abord exilée dans une région hostile (où pourtant Tobie fera des rencontres précieuses pour son cœur) puis pourchassée. Tobie fuit, découvre de nouvelles vérités, fait des rencontres formidables. Dans le deuxième tome, il trouve de l’aide dans plusieurs initiatives de résistance, et espère de tout son cœur retrouver ceux qu’il aime, ainsi que sauver l’arbre de cette destruction annoncée depuis longtemps par son père, et dont on voit désormais les effets.

Mon avis : Voici un roman formidable. L’aventure est présente à toutes les pages, le monde est fourmillant, détaillé, poétique, les personnages très attachants, variés et intéressants. En plus d’être un excellent roman d’aventures, ce roman nous apprend des choses sur la vie à toute petite échelle, et construit également une belle métaphore des dégâts que l’humanité impose actuellement à notre planète. Il n’y a plus qu’à espérer que nous serons aussi intelligents que les habitants de l’arbre et que nous saurons nous aussi lutter contre cette destruction. Une lecture coup de coeur pour moi.

Sur le site de la FNAC : tome 1 – tome 2 – intégrale

Le chemin de Sarasvati, Claire Ubac

En Inde, au XXème siècle.

« Femme de Meyyan, qu’est-ce que tu es en train de faire ?

Elle siffle entre ses dents :

– Tu sais bien qu’il faut la laisser mourir de faim, cette merde que tu nous as pondue ! »

un roman sur les enfants des rues en inde la misère, les castes et les intouchablesVoici comment Isaï est accueillie à sa naissance par la maîtresse de la maison, sa tante. Toutes les femmes du village essaient d’empêcher sa mère de l’allaiter, ou cherchent à provoquer un malheureux accident entraînant la mort de ce bébé né honteusement fille. Mais par chance pour elle, sa mère s’accroche, la protège, et la fillette survit. En grandissant, elle subit les brimades incessantes de sa tante qui la traite comme une servante. Lire la suite

35 kgs d’espoir, Anna Gavalda

Grégoire a 13 ans et il est en 6ème, cherchez l’erreur… Il a redoublé deux fois, le CE2 et la 6ème. Il déteste l’école. Il ne sait pas pourquoi. Pourtant il est aussi intelligent qu’un autre, aussi gentil… Mais il ne supporte pas ‘aller à l’école. Tous les matins il a une grosse boule d’angoisse dans le ventre, il se sent mal. Livre parfait pour ceux qui détestent lire et détestent l'écoleTout lui paraît ennuyeux et impossible à l’école, même le sport ! Il ne se sent bien que dans l’atelier au fond du jardin e son grand-père. Là, il s’amuse à construire des tas de choses, il bricole, il invente. Mais à l’école on ne fait rien de tout ça. Aussi peu à peu la situation se dégrade, il se fait renvoyer. Plus aucun collège ne l’accepte. Ses parents parlent de l’envoyer au pensionnat. Son grand-père qui l’avait toujours soutenu ne veut plus lui parler. Grégoire est désespéré, il ne sait plus quoi faire. Une petite lueur d’espoir s’allume lorsqu’il découvre le prospectus d’un lycée technique qui propose un internat. Là les élèves semblent faire des choses intéressantes : bricoler, utiliser des machins… Mais avec son dossier scolaire plus que minable, va-t-il réussir à y entrer ?

Mon avis : Un excellent roman pour ceux qui n’aiment ni l’école ni la lecture. Il nous montre que pour s’en sortir, il faut vraiment se battre et chercher des solutions adaptées à chacun. La société actuelle ne propose pas beaucoup de voies alternatives, si on veut y parvenir, il faut vraiment chercher à construire son propre chemin. Mais le jeu en vaut la chandelle. C’est un roman extrêmement court (100 pages) et écrit très gros. Cela facilitera la lecture à ceux qui n’en ont pas l’habitude. Mais pour autant il ne prend pas les ados pour des imbéciles comme certains romans vraiment débiles. L’histoire est construite, avec des rebondissements, des problèmes réels. J’ai adoré, je le classe dans mes coups de coeur.

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Oscar et la dame rose, Eric-Emmanuel Schmitt

Résumé : Oscar a dix ans. Il vit à l’hopital. Il a une leucémie, et l’opération pour le soigner a raté. Une dame vient le voir pour lui tenir compagnie. Il la surnomme « Mamie Rose ». oscarElle lui propose d’écrire à Dieu pour se sentir un peu moins seul, et peut-être trouver du réconfort. Alors Oscar lui écrit, une lettre par jour. Il raconte sa vie à l’hopital, ses copains, son amoureuse, ses relations avec ses parents qui sont devenues compliquées depuis qu’il malade, comme si ses parents ne pouvaient plus lui parler normalement. Il raconte ses conversations avec Mamie-Rose, l’ancienne joueuse de catch.

Mon avis : C’est un roman extrêmement court et facile à lire, qui a plu jusqu’à présent à tous les élèves sans exception à qui je l’ai fait lire. Il est plein d’humour, Oscar a une façon de dire les choses vraiment drôle. Il est triste, bouleversant même, et pourtant, l’auteur n’essaie pas d’en rajouter sur la tristesse du thème. Il cherche au contraire à dédramatiser la situation. Il fait réfléchir : comment nous comportons-nous face à ceux qui sont malades, et ceux qui vont mourir. On parle à Dieu, mais même ceux qui ont une autre religion ou alors qui n’en ont aucune peuvent s’y reconnaître. L’important c’est de se poser des questions. Je le recommande sans exception à tous, bons au archi-mauvais lecteurs. A partir de 13 ans, car le thème reste difficile.

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Boys don’t cry, Malorie Blackman

Résumé : Dante a 17 ans, il vient de passer ses examens de fin de lycée et attend les résultats pour aller à l’université. On sonne à la porte, ce n’est pas le facteur, mais son ancienne petite amie, qui a quitté le lycée et qu’il n’a jamais revue. Dans les bras elle porte un bébé. Elle lui annonce qu’il est père de ce bébé. Puis, elle sort faire quelques courses, l’appelle avec son portable, et lui annonce qu’en fait elle ne reviendra pas. Elle n’arrive pas à élever l’enfant seule, elle a peur de faire une bêtise, elle le lui confie. boysDante est paniqué, catastrophé. Il a rêvé mille fois sa vie, mais jamais de cette façon-là. Puis son père et son frère Adam (16 ans) arrivent (ils vivent tous les trois, la maman est décédée quelques années auparavant). Après le premier choc, son père l’oblige à affronter la réalité, Dante est maintenant père, et il doit assumer son enfant.

Le roman raconte aussi ce que vit son frère Adam. On apprend rapidement que celui-ci est homosexuel et l’assume entièrement. Cependant, les amis de Dante semblent avoir un problème avec ça et le lui font bien remarquer. Adam sait se défendre de leurs blagues et allusions douteuses. Seulement, un jour, la situation va virer au drame, et il va être passé à tabac sous le seul prétexte qu’il est homosexuel.

Mon avis : Un bouquin monstrueux, j’ai adoré. Je le range illico dans mes coups de coeur. La façon dont ces trois hommes surmontent l’arrivée d’une petite fille est magnifique, pareil pour la façon dont Dante peu à peu sent grandir l’amour paternel en lui, et le sens des responsabilités (au début, ça n’avait pas l’air gagné !). Le personnage d’Adam est également époustouflant de maturité sur sa sexualité. On sent qu’il s’assume complètement, contrairement à grand nombre de gens dans son entourage. Ce qui lui arrive m’a révoltée, complètement dégoûtée. Le roman est écrit tantôt du point de vue d’un garçon, tantôt du point de vue de l’autre. Il y a beaucoup de rythme, on ne s’ennuie jamais. Les réactions émotionnelles des personnages sont décrites avec beaucoup de justesse et de subtilité. Bref, vous avez compris, je recommande à fond !! Par contre, les sujets étant vraiment difficiles, je pense qu’il est préférable d’attendre 14 ans pour lire ce livre, au risque d’être choqué ou de ne pas bien comprendre les enjeux.

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Le coeur en braille, Pascal Ruter

Victor entre en classe de 4ème. Il vit seul avec son père, passionné de voitures anciennes. Il voudrait bien comprendre quelque chose à ce que les professeurs essayent de lui enseigner, mais malgré tous ses efforts, tout lui échappe, il confond les mots, et fait des gaffes qui font rire tout le monde. Un jour, le professeur de maths lui demande de changer de place et de s’asseoir à côté de Marie-José, une élève surdouée, mais assez réservée. Elle lui prête son brouillon et lui permet de tricher.
Grâce à elle il obtient une excellente note au contrôle. Seulement, le voilà bien embêté, tout le monde s’attend désormais à ce qu’il fasse la preuve de ses progrès. Marie-José lui propose de le faire travailler, et peu à peu il progresse. Chaque fois qu’il va chez elle, elle joue du violoncelle avec passion. Peu à peu, les deux adolescents se rapprochent, Victor commence à sortir du brouillard. Cependant, il comprend que Marie-José a un grave problème, et qu’il va devoir l’aider si elle veut pouvoir passer l’audition de violoncelle qui est si importante pour elle. Ils luttent ensemble pour garder le secret, seuls contre tous.

Mon avis : Un gros coup de coeur ce roman. J’ai eu des difficultés à le résumer, comme souvent avec les livres qu j’ai vraiment aimés. Mon résumé me paraît tellement ennuyeux, alors que j’ai passé un moment formidable en lisant ce livre. J’ai ri, à de nombreuses reprises. Victor passe son temps d’une part à faire des commentaires plein de justesse sur la vie, mais toujours formulés d’une façon vraiment drôle, d’autre part à essayer de montrer qu’il sait des choses mais en se trompant dans les mots, ce qui donne lieu à des erreurs tellement désopilantes. Mais j’ai aussi eu envie de pleurer, à plusieurs reprises. Victor est vraiment un personnage au grand coeur, soutenant Marie-José pleine d’un courage impressionnant face aux épreuves qu’elle doit affronter. Les autres personnages sont également très attachants. Seul reproche, je n’avais pas du tout envie que le roman se termine !!!

Le livre est assez long malgré tout, je le conseille donc à ceux qui aiment les histoires vraies, avec des émotions vraies, et qui ont déjà un peu l’habitude de lire. A partir de 12 ou 13 ans.

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