Les petits orages, Marie Chartres

Résumé : La vie de Moses Laufer Victor est un calvaire, dont il s’échappe en regardant de stupides vidéos de pandas sur youtube. En effet, déjà il a un prénom idiot, son visage est couvert d’une acné très importante, ses parents sont tous les deux psychanalystes, et pourtant fort peu doués pour roman ado différence handicap indien amitiéparler des leurs émotions. Or les émotions sont grandes et pleines de souffrances dans cette famille, depuis l’année précédente quand un accident de voiture a grièvement blessé l’adolescent, qui a de terribles cicatrices et douleurs, et doit se déplacer avec une béquille, et sa mère, restée handicapée. Moses ne sait plus comment continuer, comment donner du sens à sa vie, où tout ce qui était avant facile et fluide est devenu difficile et douloureux : marcher, se pencher, s’asseoir. Il n’a quasiment pas d’amis, refusant la pitié comme la moquerie. Il va rencontrer un adolescent tout aussi blessé que lui, même si ses cicatrices sont moins visibles : Ratso, un Indien. Tous deux vont apprendre à se connaître, au-delà de leurs sensibilités douloureuses et de leurs colères. Cette amitié leur permettra de surmonter ces souffrances, et au travers d’un voyage assez aventureux et incertain, à bord d’une voiture épave, en direction de la réserve indienne dont est originaire Ratso, de retrouver le goût de la vie et de l’avenir.

Avis : J’ai beaucoup aimé ce livre, un coup de cœur comme cela faisait longtemps que je n’en avais plus eu. Ce livre traite de la différence, qu’elle soit dûe au handicap, à la pauvreté, à l’origine… Il est facile à lire, pas trop long. Les émotions sont fortes, mais pour autant restent vraies et évitent le sensationnalisme. L’auteure sait nous ménager des surprises, ses personnages se dévoilent peu à peu, mais n’hésitent pas à garder une part de mystère. On a envie de savoir la suite de l’histoire, de comprendre les personnages et leur vie. On découvre la misère matérielle, psychologique et politique de la vie dans les réserves indiennes. Très belle lecture, que je recommande à partir de 14 ans.

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Tobie Lolness, Timothée de Fombelle (coup de coeur)

Résumé : L’histoire se passe sur un arbre. Des petits êtres, tout petit (dans cet univers, faire 2 millimètres, c’est être déjà très grand) vivent ici. Les habitants de l’arbre ne connaissent pas la vroman écologie adolescents nature aventuresie en dehors de leur arbre, qui constitue pour eux un monde complet, avec ses cascades, ses forêts, ses champs, ses animaux, ses problèmes climatiques… Tobie est le fils d’un savant génial, qui fait des expériences et a des théories novatrices sur cet univers dans lequel se déroule leur vie. Lorsque l’histoire débute, Tobie est en fuite. Ses parents ont été emprisonnés et tout le peuple de l’arbre est à sa poursuite, débordant d’une haine à son égard qu’il a du mal à comprendre. Le récit remonte alors un peu dans le temps et nous montre combien les théories du savant dérangent, surtout ceux qui ont le pouvoir et l’argent. La famille est d’abord exilée dans une région hostile (où pourtant Tobie fera des rencontres précieuses pour son cœur) puis pourchassée. Tobie fuit, découvre de nouvelles vérités, fait des rencontres formidables. Dans le deuxième tome, il trouve de l’aide dans plusieurs initiatives de résistance, et espère de tout son cœur retrouver ceux qu’il aime, ainsi que sauver l’arbre de cette destruction annoncée depuis longtemps par son père, et dont on voit désormais les effets.

Mon avis : Voici un roman formidable. L’aventure est présente à toutes les pages, le monde est fourmillant, détaillé, poétique, les personnages très attachants, variés et intéressants. En plus d’être un excellent roman d’aventures, ce roman nous apprend des choses sur la vie à toute petite échelle, et construit également une belle métaphore des dégâts que l’humanité impose actuellement à notre planète. Il n’y a plus qu’à espérer que nous serons aussi intelligents que les habitants de l’arbre et que nous saurons nous aussi lutter contre cette destruction. Une lecture coup de coeur pour moi.

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Le chemin de Sarasvati, Claire Ubac

En Inde, au XXème siècle.

« Femme de Meyyan, qu’est-ce que tu es en train de faire ?

Elle siffle entre ses dents :

– Tu sais bien qu’il faut la laisser mourir de faim, cette merde que tu nous as pondue ! »

un roman sur les enfants des rues en inde la misère, les castes et les intouchablesVoici comment Isaï est accueillie à sa naissance par la maîtresse de la maison, sa tante. Toutes les femmes du village essaient d’empêcher sa mère de l’allaiter, ou cherchent à provoquer un malheureux accident entraînant la mort de ce bébé né honteusement fille. Mais par chance pour elle, sa mère s’accroche, la protège, et la fillette survit. En grandissant, elle subit les brimades incessantes de sa tante qui la traite comme une servante. Lire la suite

35 kgs d’espoir, Anna Gavalda

Grégoire a 13 ans et il est en 6ème, cherchez l’erreur… Il a redoublé deux fois, le CE2 et la 6ème. Il déteste l’école. Il ne sait pas pourquoi. Pourtant il est aussi intelligent qu’un autre, aussi gentil… Mais il ne supporte pas ‘aller à l’école. Tous les matins il a une grosse boule d’angoisse dans le ventre, il se sent mal. Livre parfait pour ceux qui détestent lire et détestent l'écoleTout lui paraît ennuyeux et impossible à l’école, même le sport ! Il ne se sent bien que dans l’atelier au fond du jardin e son grand-père. Là, il s’amuse à construire des tas de choses, il bricole, il invente. Mais à l’école on ne fait rien de tout ça. Aussi peu à peu la situation se dégrade, il se fait renvoyer. Plus aucun collège ne l’accepte. Ses parents parlent de l’envoyer au pensionnat. Son grand-père qui l’avait toujours soutenu ne veut plus lui parler. Grégoire est désespéré, il ne sait plus quoi faire. Une petite lueur d’espoir s’allume lorsqu’il découvre le prospectus d’un lycée technique qui propose un internat. Là les élèves semblent faire des choses intéressantes : bricoler, utiliser des machins… Mais avec son dossier scolaire plus que minable, va-t-il réussir à y entrer ?

Mon avis : Un excellent roman pour ceux qui n’aiment ni l’école ni la lecture. Il nous montre que pour s’en sortir, il faut vraiment se battre et chercher des solutions adaptées à chacun. La société actuelle ne propose pas beaucoup de voies alternatives, si on veut y parvenir, il faut vraiment chercher à construire son propre chemin. Mais le jeu en vaut la chandelle. C’est un roman extrêmement court (100 pages) et écrit très gros. Cela facilitera la lecture à ceux qui n’en ont pas l’habitude. Mais pour autant il ne prend pas les ados pour des imbéciles comme certains romans vraiment débiles. L’histoire est construite, avec des rebondissements, des problèmes réels. J’ai adoré, je le classe dans mes coups de coeur.

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Oscar et la dame rose, Eric-Emmanuel Schmitt

Résumé : Oscar a dix ans. Il vit à l’hopital. Il a une leucémie, et l’opération pour le soigner a raté. Une dame vient le voir pour lui tenir compagnie. Il la surnomme « Mamie Rose ». oscarElle lui propose d’écrire à Dieu pour se sentir un peu moins seul, et peut-être trouver du réconfort. Alors Oscar lui écrit, une lettre par jour. Il raconte sa vie à l’hopital, ses copains, son amoureuse, ses relations avec ses parents qui sont devenues compliquées depuis qu’il malade, comme si ses parents ne pouvaient plus lui parler normalement. Il raconte ses conversations avec Mamie-Rose, l’ancienne joueuse de catch.

Mon avis : C’est un roman extrêmement court et facile à lire, qui a plu jusqu’à présent à tous les élèves sans exception à qui je l’ai fait lire. Il est plein d’humour, Oscar a une façon de dire les choses vraiment drôle. Il est triste, bouleversant même, et pourtant, l’auteur n’essaie pas d’en rajouter sur la tristesse du thème. Il cherche au contraire à dédramatiser la situation. Il fait réfléchir : comment nous comportons-nous face à ceux qui sont malades, et ceux qui vont mourir. On parle à Dieu, mais même ceux qui ont une autre religion ou alors qui n’en ont aucune peuvent s’y reconnaître. L’important c’est de se poser des questions. Je le recommande sans exception à tous, bons au archi-mauvais lecteurs. A partir de 13 ans, car le thème reste difficile.

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Boys don’t cry, Malorie Blackman

Résumé : Dante a 17 ans, il vient de passer ses examens de fin de lycée et attend les résultats pour aller à l’université. On sonne à la porte, ce n’est pas le facteur, mais son ancienne petite amie, qui a quitté le lycée et qu’il n’a jamais revue. Dans les bras elle porte un bébé. Elle lui annonce qu’il est père de ce bébé. Puis, elle sort faire quelques courses, l’appelle avec son portable, et lui annonce qu’en fait elle ne reviendra pas. Elle n’arrive pas à élever l’enfant seule, elle a peur de faire une bêtise, elle le lui confie. boysDante est paniqué, catastrophé. Il a rêvé mille fois sa vie, mais jamais de cette façon-là. Puis son père et son frère Adam (16 ans) arrivent (ils vivent tous les trois, la maman est décédée quelques années auparavant). Après le premier choc, son père l’oblige à affronter la réalité, Dante est maintenant père, et il doit assumer son enfant.

Le roman raconte aussi ce que vit son frère Adam. On apprend rapidement que celui-ci est homosexuel et l’assume entièrement. Cependant, les amis de Dante semblent avoir un problème avec ça et le lui font bien remarquer. Adam sait se défendre de leurs blagues et allusions douteuses. Seulement, un jour, la situation va virer au drame, et il va être passé à tabac sous le seul prétexte qu’il est homosexuel.

Mon avis : Un bouquin monstrueux, j’ai adoré. Je le range illico dans mes coups de coeur. La façon dont ces trois hommes surmontent l’arrivée d’une petite fille est magnifique, pareil pour la façon dont Dante peu à peu sent grandir l’amour paternel en lui, et le sens des responsabilités (au début, ça n’avait pas l’air gagné !). Le personnage d’Adam est également époustouflant de maturité sur sa sexualité. On sent qu’il s’assume complètement, contrairement à grand nombre de gens dans son entourage. Ce qui lui arrive m’a révoltée, complètement dégoûtée. Le roman est écrit tantôt du point de vue d’un garçon, tantôt du point de vue de l’autre. Il y a beaucoup de rythme, on ne s’ennuie jamais. Les réactions émotionnelles des personnages sont décrites avec beaucoup de justesse et de subtilité. Bref, vous avez compris, je recommande à fond !! Par contre, les sujets étant vraiment difficiles, je pense qu’il est préférable d’attendre 14 ans pour lire ce livre, au risque d’être choqué ou de ne pas bien comprendre les enjeux.

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Le coeur en braille, Pascal Ruter

Victor entre en classe de 4ème. Il vit seul avec son père, passionné de voitures anciennes. Il voudrait bien comprendre quelque chose à ce que les professeurs essayent de lui enseigner, mais malgré tous ses efforts, tout lui échappe, il confond les mots, et fait des gaffes qui font rire tout le monde. Un jour, le professeur de maths lui demande de changer de place et de s’asseoir à côté de Marie-José, une élève surdouée, mais assez réservée. Elle lui prête son brouillon et lui permet de tricher.
Grâce à elle il obtient une excellente note au contrôle. Seulement, le voilà bien embêté, tout le monde s’attend désormais à ce qu’il fasse la preuve de ses progrès. Marie-José lui propose de le faire travailler, et peu à peu il progresse. Chaque fois qu’il va chez elle, elle joue du violoncelle avec passion. Peu à peu, les deux adolescents se rapprochent, Victor commence à sortir du brouillard. Cependant, il comprend que Marie-José a un grave problème, et qu’il va devoir l’aider si elle veut pouvoir passer l’audition de violoncelle qui est si importante pour elle. Ils luttent ensemble pour garder le secret, seuls contre tous.

Mon avis : Un gros coup de coeur ce roman. J’ai eu des difficultés à le résumer, comme souvent avec les livres qu j’ai vraiment aimés. Mon résumé me paraît tellement ennuyeux, alors que j’ai passé un moment formidable en lisant ce livre. J’ai ri, à de nombreuses reprises. Victor passe son temps d’une part à faire des commentaires plein de justesse sur la vie, mais toujours formulés d’une façon vraiment drôle, d’autre part à essayer de montrer qu’il sait des choses mais en se trompant dans les mots, ce qui donne lieu à des erreurs tellement désopilantes. Mais j’ai aussi eu envie de pleurer, à plusieurs reprises. Victor est vraiment un personnage au grand coeur, soutenant Marie-José pleine d’un courage impressionnant face aux épreuves qu’elle doit affronter. Les autres personnages sont également très attachants. Seul reproche, je n’avais pas du tout envie que le roman se termine !!!

Le livre est assez long malgré tout, je le conseille donc à ceux qui aiment les histoires vraies, avec des émotions vraies, et qui ont déjà un peu l’habitude de lire. A partir de 12 ou 13 ans.

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Le tueur à la cravate, Marie-Aude Murail

Ruth a 14 ans. Sa mère est morte quatre ans auparavant. Son père est médecin anesthésiste, il travaille énormément. Un jour, Ruth fouille dans les affaires de son père pour montrer une photo de sa mère à une amie à elle. Elle tombe sur une photo de la classe de Terminale dans laquelle son père et sa mère s’étaient rencontrés. Sur la photo se trouve aussi la jumelle de sa mère, décédée il y a longtemps. Ruth a du mal à les différencier. Curieuse d’en savoir plus, elle s’inscrit sur un site d’anciens élèves, et publie la photo en se faisant passer pour son père. Elle reçoit les réponses de plusieurs camarades de ses parents. Certains mails évoquent des choses très étranges. Cette année-là, la jumelle de sa mère avait été assassinée, étranglée par une cravate. Un coupable, tueur récidiviste a été arrêté. Cependant, quelques personnes évoquent la culpabilité probable de quelqu’un de beaucoup plus proche d’elle, quelqu’un qui porte une cravate en permanence, son père.

Mon avis : Un excellent polar jeunesse, qui pourrait d’ailleurs tout à fait plaire aux adultes également. L’angoisse monte peu à peu. Le mystère est introduit avec beaucoup d’intelligence, on se pose de réelles questions sur le suspect. Les personnages sont riches et intéressants. La fin nous prend dans une forte angoisse qui donne envie de dévorer les dernières pages. Quelques petites touches d’humour viennent cependant détendre parfois l’atmosphère. A recommander plutôt à d’assez bons lecteurs, car le roman est assez dense.

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Maïté Coiffure, Marie-Aude Murail

Louis est en classe de 3ème. Il ne comprend pas grand chose en cours, même quand il essaie, et n’aime pas l’école. Un jour, il explique à table qu’il doit faire un stage en entreprise et qu’il n’a aucune idée. Sa grand-mère lui trouve une place dans un salon de coiffure, au grand dam de son père, brillant chirurgien, qui rêve de grandes études pour son fils. Louis ne sait pas trop quoi en penser. Il va à son premier jour de stage, et là, surprise, il découvre qu’il aime cette ambiance, qu’il aime travailler, qu’il a envie d’apporter son aide au salon, et même de le faire prospérer. Désormais, il a un projet : il veut faire un CAP coiffure après la 3ème. Seulement, il sait que son père n’acceptera jamais sa décision.

Mon avis : Alors là, ça fait du bien un roman comme celui-là au milieu de toutes ces histoires de vampires et d’espions en tous genres. Un roman juste vrai, dans la vraie vie, avec des vraies personnes. Un roman plein d’émotion, des personnages loin d’être parfaits, et justement parfaits de vérité. Tous sont très attachants, et font vraiment réfléchir à ce qui a de la valeur dans la vie. On renverse au passage quelques préjugés, et on crie encore une fois que on peut être mauvais à l’école et très intelligent, rater son brevet et réussir sa vie, que ce qui compte vraiment, c’est de savoir ce qu’on veut et de s’y accrocher. J’adore. A faire lire à tous les lecteurs, à partir de 13 ans.

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A comme Association, Erik L’Homme et Pierre Bottero

Le premier tome commence avec le personnage de Jasper. Il a quinze ans, va au lycée, ne voit jamais ses parents qui sont sans cesse en train de conclure de gros marchés pour son père ou en stage de yoga-poterie-méditation pour sa mère, et surtout, il est stagiaire dans l’Association. Le rôle de l’Association est de régler les rapports entre les Normaux (les humains) et les Anormaux (les trolls, vampires, gobelins, garous…), et ceci grâce aux Paranormaux (des humains qui ont développé des pouvoirs particuliers. Jasper est maigre, s’essouffle vite, n’arrête pas de faire des jeux de mots, et surtout, il a un vrai talent pour la magie. Sa première mission de stagiaire consiste à s’occuper d’un trafic de drogue chez les vampires.

Dans le deuxième tome, c’est Ombe qui prend la parole. Orpheline, elle a toujours été plutôt indépendante et solitaire. L’Association l’a recrutée avant ses quinze ans à cause d’une de ses particularités : elle ne se casse presque jamais. Comprenez qu’elle a une force extraordinaire pour une jeune fille de son âge, et qu’elle peut sauter du 4ème étage ou se prendre une baffe de troll sans effet désagréable particulier. Par contre, elle déteste la magie, ce qui lui joue parfois des tours dans ses missions, notamment pour respecter la règle de l’Association qui veut que l’on reste discret en toutes circonstances.

Mon avis : J’adore cette série. J’ai avalé les deux premiers tomes sans une seule pause. Le style des auteurs est plein d’humour, des jeux de mots partout (d’ailleurs je pense être loin de les avoir tous repérés à la première lecture). Les deux héros successifs sont attachants chacun à leur manière (j’ai mis plus de temps avec Ombe, mais finalement elle m’a bien plu). J’ai hâte de les voir travailler ensemble ! Ces romans plairont évidemment à tous les amateurs du style, et il faudrait voir s’ils pourraient attirer également des adolescents peu coutumier de cet univers. Et pour les lecteurs addict comme moi, c’est super !! Il y a au moins 8 tomes !!! Je vais voir ce que ça donne chez les élèves, et j’en reparle.

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Meto, tome 1 : La Maison, Yves Grevet

L’histoire commence dans un lieu étrange, appelé La Maison (du titre du premier tome). La Maison (Méto, tome 1)Ce lieu est peuplé de 64 enfants, classés par couleurs selon leur âge. Des hommes nommés les César font appliquer une discipline impitoyable, dont l’une des pires punitions est le Frigo : le coupable est enfermé un ou plusieurs jours dans un lieu à 0°. Le héros appartient à la catégorie des Rouges, les plus âgés. On lui confie la tâche de former un nouveau, un petit Bleu clair. Il lui apprend les règles du lieu : obéir sans cesse, compter 120 secondes avant d’être autorisé à manger, compter encore 50 secondes entre chaque bouchée, apprendre par cœur certains cours sans rien y comprendre… Peu à peu, Meto se pose des questions sur les buts réels de cet endroit, sur ce qui existe à l’extérieur, sur son origine, ce qui arrive aux enfants devenus trop vieux et qui quittent la maison, emmenés par des soldats étranges… Il lui faudra discerner ses alliés des traîtres, trouver des réponses à ses questions, résoudre à ses énigmes, tout cela sans se faire remarquer par les César.

Mon avis : Ce roman construit un univers étrange, et n’apporte dans le premier tome aucune explication sur les raisons de cette organisation si complexe et cruelle. Cela peut laisser le lecteur un peu perplexe. Au début j’ai trouvé ce manque d’informations un peu énervant, j’attendais d’avoir des éclaircissements à partir de la moitié du roman, mais finalement je me suis laissée prendre par l’intrigue et j’ai pris beaucoup de plaisir à la lecture (d’ailleurs, j’ai hâte de retourner au CDI demain chercher les tomes suivants ! Et j’attends de les avoir lus pour savoir si je le classe dans mes coups de coeur…). Le héros est un personnage vraiment intéressant. Je recommanderais toutefois de réserver ce roman à des adolescents ayant déjà un certain goût pour la lecture, car les autres trouveront cela peut-être un peu long. A partir de 12 ans.

Edit du 15 mai : J’ai pu aller chercher les deux autres tomes au CDI hier. Malheur !! J’ai passé la nuit à les dévorer. Une fois qu’on est accroché dans l’histoire, on n’en ressort plus !!

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Sweet Sixteen, Annelise Heurtier

Sweet sixteenEn 1957, le président américain décide de faire respecter la loi qui a été votée trois ans auparavant : la mixité des établissements scolaires, ouverts à tous, Noirs comme Blancs. Cette loi est rejetée dans les Etats du sud, de tradition ségrégationniste. Neuf étudiants noirs sont sélectionnés pour intégrer de lycée central de Little Rock en Arkansas. Le roman suit le vécu de Molly, l’une de ces étudiantes. Les étudiants sont harcelés, aggressés, humiliés sans cesse. Le président est obligé d’envoyer l’armée pour les protéger. En parallèle, on suit les préoccupations d’une jeune fille blanche toute entière concentrée sur son apparence physique, sur la fête de fin d’année, ses chances de sortir avec le plus beau garçon du lycée. On assiste à sa lente prise de conscience de la gravité des évènements qui l’entourent.

Mon avis : Ce roman est d’une violence inimaginable, non pas dans les faits, mais dans les attitudes, le langage. Je n’aurais jamais imaginé que par racisme on puisse faire des choses aussi dingues. J’ai rongé mes ongles tout au long de la lecture tellement j’étais prise par l’angoisse de ce qui pouvait arriver. J’ai beaucoup aimé cette lecture, même si j’ai fini un peu tremblante. La lecture est facile, mais l’histoire vraiment poignante. Le site Ricochet conseille le livre à partir de 11 ans. Pour ma part je le réserverais à des adolescents d’au moins 13 ans.

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Un sari couleur de boue, Kashmira Sheth

L’histoire se passe en Inde. Leela a été fiancée à 2 ans, mariée à 9 ans. A 13 ans, elle va bientôt aller vivre avec son mari et sa belle-famille, suivant la tradition. Quelques mois avant cette cérémonie, son mari meurt. Elle devient une veuve, obligée de se raser les cheveux, de porter des vêtements marron, de rester enfermée pendant un an dans la maison de ses parents. Elle n’aura plus le droit de se remarier et tout le monde la considère comme une personne qui porte malheur. 

Leela est désespérée par ce qui lui arrive. Pourquoi doit-elle subir cela alors qu’elle n’a rien fait de mal ? Heureusement, son frère aîné la soutient, ainsi que la directrice de son école qui vient lui donner des leçons à domicile. Au même moment, les choses bougent dans le pays, avec Gandhi qui s’insurge contre les injustices du pouvoir en place (l’Inde est un pays colonisé par les Anglais à cette époque) et veut faire changer les traditions injustes de son pays. Tout ceci représente l’espoir pour Leela de vivre une autre vie que celle que la tradition voudrait lui imposer.

Mon avis : C’est un beau roman qui plaira aux adolescents intéressés par les problèmes de société et les histoires inspirées de la réalité. L’histoire met un peu de temps à démarrer, au début l’héroïne semble une adolescente superficielle intéressée seulement par les bracelets et les gâteaux. Puis, l’histoire avance et devient passionnante, on a envie de l’aider à s’en sortir, tout comme on est intéressé par ce qui se joue en trame de fond dans le pays avec Gandhi. Il ne faut pas toujours chercher à tout comprendre, car certains détails sont un peu compliqués, et ne sont pas essentiels à la compréhension de l’histoire. Personnellement, j’ai vraiment accroché. La lecture de ce roman est à réserver aux adolescents à partir de 13 ans, qui aiment déjà un peu lire.

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Le joueur d’échecs, Stefan Zweig

Sur un bateau, le narrateur rencontre le champion mondial des échecs, Czentovic, brute épaisse, personnage arrogant, cupide et illettré, mais génie monomaniaque des échecs. Des passagers l’affrontent, perdant sans aucune gloire toutes les parties, lorsqu’un mystérieux inconnu (désigné par les initiales M.B.) surgit, les aide, et parvient à mettre le champion à mal. Cet homme affirme n’avoir pourtant jamais joué aux échecs « pour de vrai ». Il va raconter son histoire, terrible, au narrateur. Il a subi de la part des nazis une torture mentale de l’isolement le plus complet, duquel il s’est échappé grâce à un manuel d’échecs.

Ce roman, très court (presqu’une nouvelle en fait) remporte un énorme succès auprès de mes élèves de 2nde et 1ère . C’est une de mes meilleures cartes pour amener à la lecture les élèves récalcitrants. Ils sont choqués par l’attitude de Czentovic, perturbés par l’histoire de M.B. et la taille particulièrement réduite du livre les met en confiance quant à leurs capacités de tout lire. A recommander absolument.

A partir de 14-15 ans.

Be safe, Xavier-Laurent PETIT

Oskar a 16 ans, il fait de la musique dans son garage avec son frère Jimmy, 18 ans. Ce dernier a arrêté l’école deux ans auparavant, espérant trouver un boulot et gagner sa vie, mais pour le moment il ne fait que traîner. Un jour deux recruteurs de l’armée lui promettent un métier, constructeur de ponts, lui promettent qu’avec cette spécialité il n’a aucun risque d’aller au front et lui font miroiter une vraie vie d’homme. Dans la demi-heure, il a signé un engagement pour 4 ans. Au camp d’entraînement, il s’avère qu’il est plutôt doué pour le tir, et finalement, se trouve engagé dans une section des forces spéciales et envoyé en Irak. Il part tout fier, mais au bout de 15 jours, Oskar reçoit un mail dans lequel Jérémy  avoue son horreur pour ce qui se passe, sa terreur de ce qu’on va lui demander de faire, un jour, et son désespoir. Toute l’histoire est racontée par Oskar entre la musique qu’il continue avec sa nouvelle amie, Marka, et les nouvelles qu’il reçoit de son frère.

Voici une grande découverte que ce roman. La guerre est montrée avec beaucoup de pudeur, puisqu’on ne la voit directement, mais seulement par les lettres de Jérémy, mais également sans aucune concession. On sent dans le texte une émotion sincère, touchant au vécu. Ce roman mélange les thèmes de la guerre, la musique, l’amour, ce qui en fait une belle réussite qui plait aux adolescents. Si certains s’effraient des 250 pages, qu’ils se rassurent, c’est écrit gros !

A partir de 13 ans, pour tous niveaux de lecteurs.

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