Chapitre 6 : Le traquenard

Après ce banquet, la vie poursuivit son cours au château. Certains jours, Ermeline paraissait songeuse, et Béranger se demandait si elle pensait à ces jeunes seigneurs fats qui s’étaient pressés autour d’elle lors de la fête. Il mourrait d’envie de lui révéler ses véritables origines et avoir ainsi lui aussi une place dans ses rêveries. Mais ces problèmes mystérieux évoqués par le seigneur Aymeric l’angoissaient. Il sentait au fond de son coeur qu’une terrible histoire se cachait derrière tout cela et qu’il valait mieux tenir sa langue avant d’en savoir plus.

Son attente ne fut pas longue. Un matin, alors qu’il soignait les chevaux, Aymeric fit irruption derrière lui.

– Prépare nos chevaux Béranger, je dois aller au monastère, tu vas m’accompagner, débita le seigneur d’un ton pressé. Je t’expliquerai en route, ajouta-t-il avant de sortir.

Béranger harnacha rapidement les deux chevaux. Quatre autres chevaliers entrèrent dans l’écurie et se dirigèrent vers leurs montures. Béranger sentit une vague d’excitation l’envahir. Enfin il allait savoir.

Quelques instants plus tard, la petite troupe chevauchait dans la forêt. Béranger comprit qu’une missive en provenance du monastère était arrivée. Des brigands tournaient dans les parages et le seigneur Aymeric voulait tenir son engagement. A cinq chevaliers armés et bien entraînés, ils pouvaient facilement mettre à mal la dizaine de brigands dépenaillés évoquée par l’abbé. Béranger fut un peu vexé d’avoir encore une fois été mis à l’écart des hommes armés et de ne pas pouvoir participer au combat, mais la promesse de connaître enfin la vérité sur ses origines lui fit ravaler l’amertume qu’il aurait pu ressentir.

Ils galopaient à travers les arbres depuis déjà un bon moment lorsque Béranger sentit ses sens se mettre en alerte. Face à eux le chemin montait sur le flanc nord d’une colline. La forêt de feuillus laissait la place à l’ambiance plus froide d’une forêt de grands pins. Les conifères, très hauts et serrés, ne laissaient pas filtrer le soleil et le chemin devenait très sombre. Béranger crut apercevoir des formes bouger dans l’ombre. Un peu inquiet, il pressa insensiblement les flancs de son cheval qui, répondant immédiatement au souhait de son cavalier, accéléra son allure. Béranger arriva à la hauteur du seigneur Aymeric peu avant de pénétrer dans les pins. Il ne voyait plus rien bouger, mais un sentiment d’urgence l’avait gagné tout entier désormais. Il s’adressa à son seigneur sans avoir reçu l’autorisation de prendre la parole :

– Seigneur commença-t-il, lorsque tout à coup, une nuée de flèches s’abattit sur eux. La monture de Béranger poussa un hennissement déchirant. Elle trébucha, fit encore quelques pas puis s’effondra sur le côté, entraînant Béranger sous elle. Le jeune homme eut encore juste le temps d’entendre des bruits d’épées et le seigneur Aymeric rugir  » Traîtres !  » puis il toucha brutalement le sol et sentit le poids de l’animal écraser sa jambe gauche. Sa tête heurta la terre et tout s’obscurcit.

Il reprit conscience un court instant plus tard. Le fracas des armes s’était calmé. Il entendait des pas, des sabots de chevaux et des voix confuses autour de lui. Il avait du mal à respirer. Un liquide visqueux l’empêchait d’ouvrir les yeux. Il était terrifié. qui les avait attaqués ? Où étaient les autres ? Est-ce qu’ils étaient encore en vie ? Désarmé comme il l’était et aveuglé, il se sentait totalement impuissant et n’osait pas bouger. Soudain, une voix teintée d’un fort accent savoyard lâcha d’un ton railleur :

« – Mon cher Aymeric, vous êtes trop prompt à voler au secours des autres… Maintenant notre seigneur n’a plus qu’à cueillir votre château et votre donzelle. Je sens qu’il va prendre autant de plaisir avec l’un qu’avec l’autre. L’homme qui venait de parler éclata d’un rire mauvais.

– Ne restons pas ici. Il faut que notre action reste secrète pour ne pas mettre les autres habitants du château en alerte.

L’un des deux hommes émit un sifflement. Bérenger entendit les sabots d’au moins une dizaine de chevaux se rassembler et s’éloigner rapidement.

Le silence revint au-dessus de la forêt, entrecoupé des cris rauques des geais. L’angoisse ne quittait pas le garçon. Il poussa un faible cri, mais personne ne répondit. Le désespoir le submergea. Ils étaient tous morts ? Sans même avoir eu le temps de se battre… Les chevauchées du comte de Savoie étaient abominablement meurtrières. Mais il réalisa aussitôt son erreur. Cette attaque n’avait rien d’une chevauchée habituelle. Ils étaient attendus, c’était une embuscade. Les paroles des Savoyards lui revinrent en mémoire et le firent frémir.

Il essuya son visage entièrement recouvert d’un sang épais et poisseux. Sans doute celui du cheval, blessé par plusieurs flèches. Il leva la tête et observa les alentours. Il fut atterré par le spectacle sanglant qui se présentait à son regard. Les quatre chevaliers et le seigneur Aymeric gisaient morts sur le sol, le corps recouvert de multiples blessures. Malgré les blessures par flèches, ils avaient quand même réussi à tuer trois de leurs ennemis dont les cadavres reposaient également sur le sol.  Cinq chevaux en provenance de Quirieu était mort, le seul animal survivant restait en bordure de la forêt, terrorisé, poussant de légers hennissements, le corps traversé de tremblements. Béranger se demanda pourquoi il n’avait pas été achevé. Sans doute le sang qui recouvrait son visage avait-il leurré les Savoyards.

Béranger prit appui sur le sol avec ses bras pour se redresser et essaya de dégager sa jambe coincée sous le cheval. Encore étourdi par la violence du choc, il dut s’y reprendre à plusieurs fois pour s’extirper. Sa peau était écorchée profondément à plusieurs endroits. Quand il voulut s’appuyer sur elle, sa jambe se déroba sous son poids et il s’effondra. Il frotta le membre tuméfié, et serrant les dents, se remit debout. Il n’avait pas le choix, il devait absolument retourner au château, chaque minute comptait.

Cependant, malgré l’urgence de la situation, il ne pouvait pas laisser le cadavre du père d’Ermeline seul au milieu de la forêt. Il s’approcha du cheval rescapé de l’attaque. La bête renâcla et gratta nerveusement la terre de son sabot. Béranger se mit à psalmodier des paroles étranges d’un ton doux et régulier. L’animal, comme hypnotisé, se calma et arrêta ses tentatives de fuite. Bérenger s’approcha lentement de lui, posa la main sur son encolure, le flatta doucement sans jamais arrêter son chant monocorde. Puis il saisit les rênes et le guida à travers les corps étendus. L’animal sembla à nouveau effrayé par la proximité de la mort, il s’ébroua faiblement, mais la sorte d’envoûtement dans lequel l’avait plongé Bérenger gardait tout son pouvoir et il resta docile. Bérenger attrapa le corps de son seigneur par les aisselles. Le visage d’Aymeric était contracté, comme sous l’effet d’une colère violente mélangée à une intense souffrance. Le jeune homme hissa le cadavre de cet homme qui avait été un roc à ses yeux et à ceux de toute la communauté de Quirieu en travers de la selle. Il se hissa lui-même derrière et malgré l’inconfort de la position et la douleur lancinante qu’il ressentait dans toute sa jambe gauche, il lança le cheval au galop sur la piste en direction du retour.

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Bacha Posh, Charlotte Erlih

En Afghanistan, les femmes n’ont pas le droit de sortir sans être accompagnées d’un homme, un père, un frère ou un fils. Par conséquent, cela pose un problème dans les familles où il n’y a pas de garçon parmi les enfants. Pour remédier à ce problème, il existe une tradition, déguiser l’une des filles en garçon : on appelle cela une bacha posh. Cette fille a alors tous les droits des garçons : sortir librement dans la rue, étudier, faire du sport. Elle est exemptée des tâches ménagères réservées aux femmes dans cette culture. Et grâce à elle, sa mère et ses sœurs peuvent sortir, accompagnées. Cependant, le jour de sa puberté, cette liberté s’arrête, la jeune fille reprend son statut de fille, ne peut sortir plus que voilée intégralement, et accompagnée d’un homme.

Le roman raconte l’histoire de l’une d’elles, nommée Ferrukzad à la naissance, elle est depuis l’âge de 5 ans Ferrukh. Elle va à l’école, et a monté une équipe d’aviron. Forte de sa connaissance du français, elle a réussi à se procurer un bateau de compétition, et avec ses copains, ils espèrent pouvoir représenter l’Afghanistan aux jeux olympiques. Mais un jour, Ferrukhzad a ses premières règles, et est considérée désormais comme une fille. C’est sa petite sœur, Amira, qui va maintenant jouer le rôle d’un garçon. Les parents de Ferrukhzad mentent aux amis de celle-ci (celui-ci pour les amis), disent qu’il est parti. Ferrukhzad est désespérée, elle ne veut pas trahir ses amis si peu de temps avant les jeux olympiques. Elle va tenter de se révolter contre ses parents et la tradition.

Ce roman est très intéressant, je ne connaissais pas du tout cette tradition. Il n’y a pas de jugement ouvert sur cette tradition, le roman raconte juste les faits, l’action, et retrace les ressentis de la jeune fille.

Un article intéressant sur le sujet.

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Les autodafeurs, Marine Carteron

Voici un nouveau roman plein d’aventures, d’action et de mystère.

Auguste a 14 ans. Il vit avec ses deux parents et sa petite soeur Césarine. Il est très préoccupé par son look pour plaire aux filles, il réclame à corps et à cris un portable à ses parents qui refusent, et il fait tout pour éviter sa mère qui travaille dans le collège où il va. Ses parents sont un peu ringards et vieux jeu, des profs quoi ! Un jour son père meurt dans un accident de voiture. Auguste propose alors d’aller s’installer à la campagne chez les grands-parents paternels, ce qui semroman adolescents espionnage espions mission secrète agents secrets complotble redonner le sourire à sa mère. Cependant, là-bas, il va faire des découvertes qui vont totalement changer sa vision du monde et de sa famille. Il apprend que sa famille appartient depuis des générations entières à une société secrète, la Confrérie, chargée de protéger le savoir de l’humanité contenu dans les livres. En effet, dans l’ombre oeuvrent les autodafeurs, personnes mauvaises qui veulent asservir les êtres humains en leur coupant l’accès à la connaissance. Leur principal objectif est la destruction générale des livres. Auguste découvre que lui-même a été secrètement formé pour devenir un agent de la Confrérie : cela explique les cours d’arts martiaux, les stages de survie auprès des indiens d’Amérique… Il découvre également que loin d’être des adultes ringards, les membres de sa famille sont des espions surentraînés et hyper organisés pour sauvegarder ces secrets millénaires. Mais les ennemis se rapprochent, et il faut agir. En parallèle, on lit le journal intime de Césarine, sa petite soeur, atteinte d’autisme Asperger. Son journal est fantastiquement drôle avec sa façon d’analyser perpétuellement les évènements de façon rationnelle et terre-à-terre. Césarine est une surdouée à qui personne ne prête attention. Elle va montrer qu’elle peut jouer un rôle de tout premier plan dans cette aventure.

Ce roman est plein d’action, ça va parfois à 100 à l’heure, il y a aussi beaucoup d’humour, et une réflexion intéressante sur le rôle des livres pour l’humanité. Il ne faut pas se décourager en lisant le début qui peut paraître un peu long, par la suite, l’action s’engage et la lecture est plus rapide. Parfois les évènements peuvent sembler même un peu exagéré, mais c’est presque jubilatoire, en tout cas moins toutes ces exagérations m’ont faite beaucoup rire, et j’ai passé un super moment de lecture, sans voir le temps passer. Pour le moment j’ai lu les deux premiers tomes, j’attends de trouver le 3ème avec impatience.

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Tu es une légende, Tim Winton

Ce roman est le troisième d’une trilogie. Je n’ai pas lu les précédents et cela ne m’a pas gênée une seule seconde. Il raconte l’histoire d’une famille très unie vivant en Australie. roman adolescents maladie dépression déprimeElle comporte deux parents dont le père est flic. Ils sont donc logés dans une maison prêtée par l’état, une maison un peu pourrie dans un quartier pas mal pourri. La mère est écolo, pleine d’énergie, elle élève ses trois enfants avec amour et bienveillance. L’aîné est le héros, il va au collège, s’est fait larguer l’année précédente par sa copine devant tout le monde, et cette année a dû supporter le déménagement de son meilleur copain. C’est pas trop la joie pour lui. Il a un frère cadet en fin d’école primaire, et une petite soeur encore bébé. Une vie assez banale somme toute. Mais d’un coup, tout change et devient compliqué. En effet, sa mère tombe en dépression et doit être hospitalisée. Lockie doit donc assumer la maison à sa place, changer la petite, faire les courses, préparer les repas, faire les lessives, et préparer sa rentrée au collège par dessus le marché. Il rend également visite à sa mère à l’hopital, essaie de renouer le contact avec elle par dessus ce brouillard de tristesse duquel elle semble incapable de sortir.

Ce roman est assez court, très agréable à lire. L’émotion est forte dans ce roman, il permet de découvrir la maladie de la dépression, souvent mal connue, et parfois méprisée. On peut ainsi mieux comprendre les gens qui en sont atteint. Cependant le roman ne tombe pas dans les lamentations et le désespoir. L’humour est toujours présent en sourdine pour nous remonter le moral, et le héros trouvera d’ailleurs une aide mystérieuse inespérée. Un très beau roman, émouvant et authentique.

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Tobie Lolness, Timothée de Fombelle (coup de coeur)

Résumé : L’histoire se passe sur un arbre. Des petits êtres, tout petit (dans cet univers, faire 2 millimètres, c’est être déjà très grand) vivent ici. Les habitants de l’arbre ne connaissent pas la vroman écologie adolescents nature aventuresie en dehors de leur arbre, qui constitue pour eux un monde complet, avec ses cascades, ses forêts, ses champs, ses animaux, ses problèmes climatiques… Tobie est le fils d’un savant génial, qui fait des expériences et a des théories novatrices sur cet univers dans lequel se déroule leur vie. Lorsque l’histoire débute, Tobie est en fuite. Ses parents ont été emprisonnés et tout le peuple de l’arbre est à sa poursuite, débordant d’une haine à son égard qu’il a du mal à comprendre. Le récit remonte alors un peu dans le temps et nous montre combien les théories du savant dérangent, surtout ceux qui ont le pouvoir et l’argent. La famille est d’abord exilée dans une région hostile (où pourtant Tobie fera des rencontres précieuses pour son cœur) puis pourchassée. Tobie fuit, découvre de nouvelles vérités, fait des rencontres formidables. Dans le deuxième tome, il trouve de l’aide dans plusieurs initiatives de résistance, et espère de tout son cœur retrouver ceux qu’il aime, ainsi que sauver l’arbre de cette destruction annoncée depuis longtemps par son père, et dont on voit désormais les effets.

Mon avis : Voici un roman formidable. L’aventure est présente à toutes les pages, le monde est fourmillant, détaillé, poétique, les personnages très attachants, variés et intéressants. En plus d’être un excellent roman d’aventures, ce roman nous apprend des choses sur la vie à toute petite échelle, et construit également une belle métaphore des dégâts que l’humanité impose actuellement à notre planète. Il n’y a plus qu’à espérer que nous serons aussi intelligents que les habitants de l’arbre et que nous saurons nous aussi lutter contre cette destruction. Une lecture coup de coeur pour moi.

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Quand j’étais soldate, Valérie Zenatti

Voici un roman très intéressant. En effet, l’auteur Valérie Zenattiroman jeunesse adolescents armée service militaire écrit l’autobiographie de deux années très particulières de sa vie. Née en France, elle a émigré en Israël à l’âge de 13 ans. Or là-bas, tous les jeunes de 18 ans, garçons et filles, partent pour un service militaire de deux ans. Juste après son bac, elle est engagée comme les autres, et part faire ses classes. Elle apprend à manier une arme, à faire son lit au carré, à obéir aux ordres, à dormir 6h par nuit, à se relever la nuit pour appeler ses parents ou ses amis depuis la cabine téléphonique du camp… Et puis après la période des classes vient le temps des affectations dans un service. Valérie entre dans le service des renseignements. Là elle va découvrir un tout nouvel univers.

Il ne se passe rien d’extraordinaire dans ce roman. L’auteur raconte simplement son expérience du service militaire en Israël. Aucun événement sensationnel n’a lieu. Et pourtant, tout est passionnant. On découvre un pays, une mentalité, un milieu, celui de l’armée. Il ne faut pas oublier qu’Israël est un pays entouré de zones de conflits, lui-même en conflit permanent avec le peuple palestinien. D’ailleurs l’auteur montre bien toute l’ambiguïté de l’attitude israëlienne face à ce problème (même si c’est vraiment mieux analysé dans le roman cité au début de l’article). La jeune femme se pose des questions sur la vie, sur l’amour, l’amitié…

Je conseille cette lecture à des adolescents intéressés par le monde réel et ce qu’il s’y passe et ouverts sur le monde qui nous entoure. Sans être difficile, ce livre peut sembler rébarbatif à ceux qui ne cherchent que des intrigues palpitantes, et de l’action en veux-tu en voilà.

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Chapitre 5 : Le festin

Chapitre 1Chapitre 2Chapitre 2 suiteChapitre 3 début, Chapitre 3 suite, Chapitre 4

Depuis le matin, le château de Quirieu était le théâtre d’une agitation peu commune en ces lieux habitués à la personnalité austère de leur seigneur. Dans la cour on entendait histoires et chansons, de la cuisine s’échappaient les odeurs de pièces de gibier mises à rôtir, d’herbes parfumées… Les servantes s’affairent en tous sens pour préparer les chambres des hôtes attendus. Les soldats étaient sur le qui-vive car quatre seigneurs des environs étaient attendus avec leur escorte. Il fallait les accueillir avec courtoisie sans pour autant relâcher la surveillance du château, ainsi que l’exigeait sa position frontalière. Les dernières chevauchées du comte de Savoie remontaient à trois ans, mais le souvenir de leur violence meurtrière demeurait dans les esprits de tous ces valeureux chevaliers, et aucun ne prenait son devoir à la légère. Lire la suite

Les yeux de Rose Andersen, Xavier-Laurent PETIT

roman jeunesse immiagration Mexique Etats-Unis pauvreté misèreAdriana vit avec sa famille dans un minuscule village du Mexique, pas loin de la frontière avec les Etats-Unis. Ils sont pauvres, très pauvres. Lorsque la sécheresse transforme leur petit terrain de terre en poussière stérile, ils fuient ensemble vers la ville, pour trouver une misère encore plus absolue. Le père ne trouve aucun travail, son frère Guillermo rencontre des gens qui l’entraînent dans une très mauvaise direction, sa mère travaille des heures durant pour rapporter à peine quelques sous.

Le père a désormais une idée fixe, passer la frontière, au risque d’être abattus comme des chiens par les gardes-frontières.  Pour cela, il faut gagner de l’argent, beaucoup d’argent. Et s’ils réussissent à passer, rien n’est gagné pour eux, il faudra survivre, échapper aux dangers des villes américaines, et se faire une place. Mais Adriana est déterminée, et saura saisir sa chance quand ce sera le moment.

Mon avis : Ce roman est extrêmement violent, j’ai presque eu la nausée en le lisant. Les horreurs auxquelles sont confrontées les miséreux mexicains dans le bidonville puis lors de leur tentative d’immigration sont absolument scandaleuses et terrifiantes. Je ne peux qu’espérer que l’auteur en a rajouté, mais j’ai bien peur que non…

Ce roman permet de découvrir un aspect fort peu reluisant de notre monde, dans lequel le luxe relègue la misère de l’autre côté d’une frontière de barbelés, et n’hésite pas à abattre froidement ceux qui épuisés par le malheur, viennent chercher l’espoir d’une vie meilleure.

Attention toutefois à la violence du roman qui peut choquer certains ados un peu sensibles (en tout cas moi j’ai été choquée).

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Une expérience du lap-book : autonomie, créativité et motivation

Avec mes élèves de 5èmes, nous avons travaillé sur le roman Michel Strogoff récemment. Je voulais leur proposer une activité qui sorte de l’ordinaire, qui leur permette de travailler de façon autonome et de faire preuve d’un peu de créativité. Je leur ai donc proposé de faire des lap-book autour de notre étude de l’oeuvre. Je vais d’abord parler des consignes que nous avons élaborées pour ce travail, puis de l’intérêt d’une telle réalisation. Enfin, photos à l’appui, je montrerai quelques exemples de ce que les élèves ont fabriqué. Lire la suite

Chapitre 4 : Une révélation

Chapitre 1Chapitre 2Chapitre 2 suiteChapitre 3 début, Chapitre 3 suite

Béranger chevauchait à travers la forêt, en direction du château de Belmont. Rien ne lui plaisait tant que de galoper, seul dans les bois, de sentir son corps onduler au rythme du cheval. Pour ceci, il était reconnaissant au seigneur Aimeric de lui avoir confié ces courriers. Pourtant, son coeur était empli d’un orage de sentiments tumultueux. Il avait du mal à faire le tri dans les pensées qui se bousculaient derrière son front. Qui était son père ? Tout le monde au château chuchotait qu’il était le bâtard d’Aimeric. Pourquoi Aimeric refusait-il de l’avouer ? C’était monnaie courante chez les seigneurs de donner une place officielle à leurs enfants illégitimes, surtout en l’absence de descendant mâle. Il sentait bien quand même que le seigneur lui réservait un sort particulier. Il avait appris à monter à cheval, un honneur réservé aux chevaliers. Au château il avait plus le rôle d’un page que d’un serviteur. Cependant, Aimeric lui avait toujours interdit de toucher une arme. Mais pourquoi ? Béranger serrait les dents de frustration. S’il était son fils, il avait le droit d’apprendre à se battre ! Cette décision était complètement injustifiée. Lire la suite

Chipo à l’âge de pierre, Franz Hohler

Résumé : Chipo est un jeune garçon aux capacités très particulières : il rêve si fort, qu’il est capable de rapporter des objets de ses rêves et parfois roman jeunesse préhistoire hommes cro-magnonsmême il est transporté dans le lieu de son rêve. Pour éviter que ces mésaventures se reproduisent, ses parents l’emmènent chez un médecin qui lui donne des cachets. Mais le traitement est inefficace (et Chipo n’a en plus pas très envie de le prendre). Sa classe étudie l’âge de pierre, et va visiter une grotte préhistorique des environs. Chipo en rêve la nuit suivante, et rapporte une pointe de flèche authentique. La nuit d’après, il est carrément transporté à l’âge de pierre, et rencontre une famille cro-magnonne. La confrontation est très drôle. Chipo essaie d’analyser ce qu’il voit en fonction de ses connaissances de petit garçon du 20ème siècle. De même, il tente d’expliquer les concepts modernes (comme le mot avion) à ses nouveaux amis, ce qui s’avère bien difficile ! Il découvre les difficultés de la vie à l’époque préhistorique (le froid, le danger, la faim), et les coutumes de ces hommes qui sont nos ancêtres. Il se demande bien comment il va pouvoir retourner chez lui, heureusement, ses parents ont fait appel à un autre rêveur génial qui va lui venir en aide.

Mon avis : Ce roman peut se lire dès un âge assez jeune, mais s’avère franchement marrant même pour les plus grands. Il y a beaucoup d’humour, il se lit facilement malgré les quelques 200 pages. Une façon sympathique de se présenter la vie quotidienne à l’époque de la préhistoire.

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Chapitre 3 : D’étranges bohémiens, suite

Les chapitres précédents :

Chapitre 1Chapitre 2Chapitre 2 suiteChapitre 3 début

– Allons, en route mes amis, s’écria le chef des bohémiens. Si nous marchons bien, dans trois jours nous sommes rendus au château de Quirieu. Nous leur donnerons douce musique et glorieuses chansons…

 Ermeline dormait seule dans une chambre du donjon, contrairement aux habitudes des enfants de seigneurs qui étaient souvent tous couchés ensemble dans un grand lit pour se tenir chaud. Malheureusement, d’enfant, il n’y avait qu’elle. Son frère aîné était mort d’une maladie infantile à l’âge de deux ans, et sa mère n’ayant pas survécu à sa naissance, aucun autre bambin n’était venu égayer les couloirs du château.

Cette situation attristait un peu la jeune fille qui trouvait la solitude pesante. Heureusement, il y avait Béranger, son frère de lait, toujours prêt à lui rendre le sourire.

Ermeline se retourna dans son lit, cherchant la chaleur des draps, l’esprit encore embrumé par le sommeil. Des bruits montaient de la cour du château, aboiements, hennissements, bavardages. Que se passait-il donc ? Elle ouvrit les yeux et se souvint soudainement. Son père allait à la chasse aujourd’hui, et l’avait autorisée à venir… si elle était levée à temps ! Ermeline jaillit de son lit, se rua vers l’escalier et appela : Lire la suite

Chapitre 3 : D’étranges bohémiens (début)

Chapitre précédent

A quinze lieues de là à vol d’oiseau, de l’autre côté de la Montagne de l’Epine, un étrange dialogue se tenait. Un homme recouvert d’un capuchon noir se tenait face à une troupe de bohémiens dépenaillés et portant des objets aux formes biscornues. Leur chef, grand escogriffe au profil de renard discutait âprement avec l’homme en noir.

« Avez-vous bien compris votre mission ? Il vous faudra être extrêmement discrets. Le seigneur Aimeric est un homme d’une grande méfiance. Depuis plus de dix-huit mois que nous cherchons à infiltrer un espion chez lui, toutes nos tentatives ont été déjouées.

– Ne vous inquiétez pas Monsieur le Conseiller, assura l’homme au profil de renard. Les ménestrels sont toujours bien accueillis, et si jamais on nous surprend à fureter, notre réputation de curieux nous protégera. Mais n’oubliez pas : pas d’argent, pas de renseignements. »

L’homme en noir acquiesça d’un geste nerveux, ce qui fit glisser son capuchon, révélant le visage du conseiller du Comte de Savoie.

Suite du chapitre 3

Suite du Chapitre 2

Chapitre 1 : la colère du Comte de Savoie

Chapitre 2 (1ère partie) : le Monastère de la pierre plate

Arrivant en vue de la porte principale du donjon, Aimeric retint un sourire amusé. Le Père Supérieur du Monastère de la Pierre plate lui avait envoyé le Frère Emilien. Nul doute qu’il avait une proposition à lui faire. Si son embonpoint le rendait peu assidu aux travaux physiques, le Fère Emilien était connu pour ses talents de commerçant et de négociation. Aimeric s’avança vers lui et s’inclina légèrement :

« Bienvenue dans ma seigneurie, Frère Emilien.

– Merci Seigneur Aimeric.

– Voulez-vous me suivre dans mon bureau ? Nous y serons plus à notre aise. Béranger lança-t-il au jeune homme situé derrière lui, veux-tu nous monter quelques bûches pour faire une flambée s’il te plait ? » Lire la suite

Le chemin de Sarasvati, Claire Ubac

En Inde, au XXème siècle.

« Femme de Meyyan, qu’est-ce que tu es en train de faire ?

Elle siffle entre ses dents :

– Tu sais bien qu’il faut la laisser mourir de faim, cette merde que tu nous as pondue ! »

un roman sur les enfants des rues en inde la misère, les castes et les intouchablesVoici comment Isaï est accueillie à sa naissance par la maîtresse de la maison, sa tante. Toutes les femmes du village essaient d’empêcher sa mère de l’allaiter, ou cherchent à provoquer un malheureux accident entraînant la mort de ce bébé né honteusement fille. Mais par chance pour elle, sa mère s’accroche, la protège, et la fillette survit. En grandissant, elle subit les brimades incessantes de sa tante qui la traite comme une servante. Lire la suite