Les mille visages de notre histoire, Jennifer Niven

Résumé : Il y a deux narrateurs dans cette histoire, qui raconte leur vie tour à tour. D’un côté on rencontre Libby. Elle entre en classe de première au lycée. Elle a perdu sa mère 6 ans auparavant, brutalement, d’une rupture d’anévrisme. Pour se protéger de la terrible douleur de cette mort, elle a mangé énormément, sans s’arrêter, sans cesse et est devenue énorme. Tellement énorme que dans les six derniers mois elle n’a plus pu sortir de son lit et qu’elle a finalement dû être évacuée de chez elle par les pompiers qui ont détruit le mur extérieur de sa maison et l’ont sortie avec une grue. Elle a ensuite été soignée, coachée, aidée, elle a parlé, extirpé sa peur, sa coroman adolescents obésité amitié amour harcèlementlère, sa douleur. Elle a perdu 136 kilos. Depuis cette époque, elle n’est pas retournée à l’école et a suivi sa scolarité à la maison, aidée de son père, homme merveilleux, encourageant et aimant qui l’a toujours soutenue. La voici prête maintenant à affronter le retour à la vie collective, au lycée, à affronter les regards de ceux qui la verront toujours comme « l’ado la plus grosse des Etats-Unis », à affronter les moqueries sur son obésité. Mais Libby a un tempérament de fer, et elle est bien décidée à ne pas se laisser atteindre. De l’autre côté on rencontre Jack. C’est un lycéen qui a du charme et sait en jouer, est connu au lycée, a une petite amie et pas mal de potes. Mais il cache un très douloureux secret : il est atteint de prosopagnosie, qui est un trouble neurologique empêchant de reconnaître les visages, même ceux des personnes qui lui sont le plus proches (ses parents, ses frères, sa petite amie…). Il cache ce problème à tout le monde, sa famille, ses amis. Personne ne sait sauf lui. Il a mis en place des stratégies pour réussir à identifier son entourage sans trop de difficultés, mais la vie est terrible pour lui, car il avance perpétuellement dans une foule d’inconnus et craint sans cesse de se tromper.

On suit leurs parcours au milieu de la vie lycéenne, de ses difficultés, de ses péripéties. Je n’en dis pas plus pour ne pas enlever le plaisir de la découverte aux futurs lecteurs…

Mon avis : J’ai adoré ce roman que j’ai lu en une soirée. Les personnages sont généreux, ils rencontrent des difficultés, essaient de bien se comporter et voient que ce n’est pas toujours si facile. Ils veulent vivre leur vie, être heureux. J’ai aimé cette description de l’adolescence car je l’ai trouvée très juste. Les personnages sont entiers, pleins d’ardeur, mais aussi de craintes et d’angoisses.

Je conseille cette lecture à partir de 13 ans pour des lecteurs assez aguerris car la double narration et les 480 pages peuvent rebuter les petits lecteurs.

Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers

Résumé : Aristote a 15 ans. Il a très peu d’amis, aucun en fait. Il se sent en décalage complet avec les garçons de son âge. A la maison, ce n’est pas forcément facile non plus. Ses parents sont plutôt sympas. sa mère, enseignante, passe son temps à lui dire que ce qu’il ressent est normal, que c’est « une phase ». Son père est le plus souvent silencieux. Ancien soldat de la guerre du Vietnam, il est sorti abîmé par cette guerre, et hanté par les souvenirs roman ado homosexualité amourde ce qu’il a vécu. Aristote a aussi deux sœurs, des jumelles qui ont 12 ans de plus que lui, et un frère de 11 ans de plus. Mais ses frères et sœurs ne sont pas un soutien pour lui. Les filles sont trop âgées, elles le traitent presque comme leur propre fils, ce qui l’énerve prodigieusement. Quant à son frère, il est en prison, et plus personne ne parle de lui, toutes ses photos ont été enlevées de la maison, c’est comme s’il n’avait jamais existé.

 

Désœuvré pendant les vacances d’été, Aristote va à la piscine. Là, un garçon de son âge l’aborde et lui propose de lui apprendre à nager. Ce garçon, c’est Dante. Dante est lui aussi en décalage avec les garçons de son âge : il aime lire, il est attentionné avec les oiseaux, il apprécie ses parents, il aime dessiner, et comme lui, il a un prénom difficile à porter. Entre les deux adolescents, commence une amitié très forte. Les deux garçons apprennent à se connaître, chacun avec ses parts d’ombre, ses secrets, ses non-dits.

Mon avis : Comme la plupart des très bons romans, celui-ci est quasiment impossible à résumer. L’histoire est racontée du point de vue d’Aristote. Celui-ci se révèle une personne complexe, qui a des difficultés à parler de ses émotions, et même à se comprendre lui-même.

Le récit est très fort et même poignant. Il mêle les thèmes de l’adolescence, de l’amitié, des secrets de famille, des premières amours et de la difficulté à se comprendre soi-même.

C’est un gros coup de cœur que cette lecture. Je la recommande vivement à tous les ados qui aiment les récits inspirés d’histoires vraies, qui se posent des questions sur l’adolescence, l’amitié, l’amour…

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Le froid modifie la trajectoire des poissons, Pierre Szalowski

L’histoire : Le narrateur a onze ans, et il apprend dans les jours qui suivent Noël que ses parents ont décidé de se séparer. Il est super triste et en colère. Dans sa détresse, il lance un appel au ciel, lui demandant de l’aider. Comme réponse un peu étrange, le ciel envoie un épisode de verglas intense et hyper grave.roman bonheur adolescents divorce

Au début, ça n’a pas l’air de bien améliorer les choses pour lui. Son père s’en va habiter temporairement dans leur chalet de vacances, sa mère fait les comptes pour séparer leurs biens communs. Par contre ces conditions météorologiques extrêmes vont entraîner beaucoup de perturbation dans le voisinage. Des gens qui vivaient côte à côte mais sans se connaître vont être obligés de se rencontrer, de s’ouvrir, et peut-être, de voir leur vie métamorphosée à tout jamais. On découvre ainsi Julie, danseuse dans un club nocturne, qui ne sait plus trop pourquoi elle continue ce boulot, et qui ne rencontre que des hommes qui profitent d’elles, Boris, chercheur mathématicien obnubilé par ses poissons et la température de l’eau de leur bocal (c’est le sujet de sa thèse de doctorat qui est en jeu !), Simon et Michel, couple homosexuel qui cache leur amour de peur d’avoir des problèmes, Alex et son père Alexis, blessés par le passé, en colère et en rejet dans le présent… Et puis un jour, le père du narrateur revient à la maison, les deux bras dans le plâtre. Est-ce que les choses vont enfin s’améliorer pour lui aussi ?

Tous ces destins se croisent et s’entrecroisent, pour un roman plein de bonne humeur et de belles surprises. C’est un vrai roman « feel good » pour ados. Cette lecture fait du bien, on sort ragaillardi, motivé, on retrouve confiance dans le genre humain. Idéal à lire en hiver quand on est assailli par la morosité ambiante et qu’on a l’impression que le mauvais temps est vraiment trop déprimant. Une jolie leçon de bonheur.

Acheter ce roman chez Decitre ou à la Fnac.

 

Le collège des éplucheurs de citrouilles, Laure Deslandes

Un nouveau coup de cœur, j’ai de la chance ce week-end !

En fait ce collège s’appelle le collège des Museaux et il est paumé au fin fond de la Bretagne. A l’origine il n’y avait que 30 élèves dans l’établissement, avec une classe6ème/5ème et une autre 4ème/3ème. Mais pour le sauver de la fermeture, le collège a décidé d’accueillir un internat avec des enfants qui n’ont plus de place nulle part ailleurs, en général parce que ce sont des habitués aux conseils de discipline.roman jeunesse collège hippie sorcière vie alternative

L’histoire s’ouvre sur le personnage d’Eliott qui fait partie des internes. On comprend qu’il n’est pas vraiment un caïd, plutôt un ado que la vie a malmené. Il est triste et angoissé lorsqu’il pense à sa mère. On comprendra plus tard que celle-ci est sous la coupe d’un homme violent, Vince, et qu’il en a après Eliott. On découvre peu à peu toutes les bizarreries du collège, les profs complètement farfelus (on grimpe aux arbres en EPS, le prof d’histoire fait cours en pantoufles, la prof d’arts pla pratique une sorte d’hypnose…), les menus de la cantine entièrement bio (un des élèves le qualifie avec une formule qui m’a fait bien rigoler, c’est du « végétarien avec de la viande ») et savoureux, les élèves qui aiment aller à l’école (ça c’est peut-être le plus bizarre !)…

La narration s’attache ensuite à Péline, jeune fille qui habite ici depuis toujours. Elle vit seule avec sa mère, a des goûts très bohèmes, est débrouillarde, et peut-être un peu sorcière sur les bords.

Tous les deux vont apprendre à se connaître, et s’enrichir du contact l’un de l’autre, jusqu’à essayer ensemble de résoudre le problème d’Eliott.

Quant au titre du roman, il est bien mystérieux, m’a tout de suite plu, et on le comprend à peu près à la moitié de l’histoire… Je vous laisse découvrir !

Mon avis : J’ai adoré ce roman. L’univers un peu hippie sorcière qu’il met en scène m’a tellement fait rigoler, j’ai eu plaisir à retrouver des valeurs qui me parlent, à découvrir ce collège un peu décalé dans lequel j’aimerais beaucoup enseigner. Les personnages sont attachants et si au début je me demandais si Eliott n’était pas un peu parano, à la fin j’étais quand même assez angoissé à l’idée que le monde des adultes ne saurait peut-être pas entendre ses angoisses pourtant bien réelles.

Ce roman est assez épais, mais je l’ai lu en une petite après-midi. Il parlera à tous les ados qui ont des goûts peut-être un peu décalés par rapport au collégien typique. J’espère que vous apprécierez sa lecture autant que moi ! Et je dis un grand merci à son auteur pour ce moment de bien-être que j’ai vécu à sa lecture qui m’a donné le sourire et la pêche.

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La couleur des sentiments, Kathryn Stockett

L’action se passe aux Etats-Unis, dans l’état du Mississippi dans les années 60. Le racisme et les lois ségrégationnistes sont extrêmement présentes dans la petite ville (Jackson) qui sert de cadre à l’histoire. Les Blancs se font servir par les Noirs, notamment les femmes noires qui ont le rôle de bonnes dans leurs familles, et s’occupent de l’entretien des maisons, du ménage, des enfants…roman racisme ségrégation

La narration suit alternativement plusieurs personnages. Aibileen travaille depuis 40 ans dans des familles blanches. Elle a appris à se taire, à faire ce qu’on lui demande, et à garder tout son coeur pour les enfants qu’elle élève, et pour le cahier d’écriture qu’elle tient tous les soirs, elle, l’ancienne élève excellente qui a dû arrêter l’école pour gagner sa vie. Elle nous raconte son quotidien dans une famille dont la mère n’arrive pas à s’occuper de sa fille, qu’elle maltraite car elle ne sait pas éprouver d’affection pour elle. On suit également Minny, une autre bonne qui pour sa part n’arrive pas à tenir sa langue, et ne peut s’empêcher de dire leurs quatre vérités à ses patrons. Renvoyée une nouvelle fois, mais cette fois-ci pour une raison injuste, elle a du mal à retrouver du travail. Enfin, la narration nous parle de Skeeter, une jeune femme blanche. A la fin de ses études, elle est revenue vivre chez ses parents, et sa mère voudrait que comme toutes les autres jeunes filles de son âge, elle trouve un mari et s’installe. Mais Skeeter est animée par le désir d’écrire, et d’écrire sur les sujets qui sont importants à ses yeux. Elle va s’interroger sur la condition des bonnes noires, leurs sentiments, leur vécu quotidien dans les familles blanches, et leur donner la parole, à elles, ces femmes invisibles que leurs patrons empêchent même de faire leurs besoins dans les mêmes toilettes qu’eux.

Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce roman. En effet, il dénonce le racisme quotidien, les petites phrases assassines, le mépris, la condescendance. Il se veut aussi nuancé et montre que toutes les familles blanches ne sont pas aussi racistes les unes que les autres. Il se situe sur l’arrière-plan de la lutte contre la ségrégation, sont mentionnés Rosa Parks, Martin Luther King, mais aussi le Klu Klux Klan, mais ils ne sont pas au cœur de l’histoire. Le cœur de l’histoire justement se place dans le cœur de ses personnages, que ressentent-ils, chacun dans leurs conditions de vie, comment voient-ils les choses ? Le roman est assez long, mais la lecture est aisée et agréable. Les changements de points de vue permettent de découvrir plusieurs facettes du même problème. Je le conseille pour d’assez bons lecteurs, grands ados et jeunes adultes.

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge #marsauféminin organisé par Floandbooks, qui vise à lire des auteurs féminins en ce mois de la journée internationale des droits de la femme.

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Chronique des temps obscurs, tomes 1 à 4, Michelle Paver

roman adolescent préhistoire loup nature foretL’histoire

L’action se passe dans une grande forêt, il y a 6000 ans. Torak vit avec son père, loin des autres hommes organisés en clans. Son père lui a appris à survivre dans les bois, à s’y sentir chez lui, à connaître les animaux, leurs habitudes, à respecter la nature sous toutes ses formes, et le monde des esprits.

Quand le roman s’ouvre, Torak doit fuir. En effet, un ours terrible vient de blesser son père à mort, et celui-ci sait qu’il va revenir. Cependant avant de mourir, il dit des paroles mystérieuses à son fils, regrettant de ne pas avoir eu le temps de lui dire la vérité, et espérant que celui-ci lui pardonnera. Il donne une mission à Torak, partir vers le Nord, en suivant un guide qui lui apparaîtra au moment propice, pour aller voir l’Esprit du Monde, afin de débarrasser la forêt de cet ours maléfique, qui est en fait un animal possédé par un démon.

Alors commence pour Torak une immense aventure, accompagné d’un loup avec qui il sait communiquer et qui devient son frère de meute, et d’une jeune femme courageuse et habile à l’arc. Ensemble ils sauront braver la colère du démon, la jalousie des hommes, et plus que cela leurs peurs les plus profondes.

Mon avis

Cette lecture est un vrai coup de cœur. J’ai dévoré le premier tome qui est vraiment fantastique, et n’ai eu de cesse de trouver la suite. L’action est palpitante, on frémit avec Torak, on a envie de se rouler par terre comme lui avec Loup, on s’inquiète de savoir quels sont les bons choix. L’auteur a su dessiner un univers riche et passionnant, et pour autant facile à comprendre et à imaginer. J’ai beaucoup apprécié le cadre préhistorique qu’elle a su installer, et les références à la nature et au monde des esprits. Une lecture que je recommande pour les lecteurs de moyens à très bons. Les tomes sont assez épais, mais cependant se lisent plutôt rapidement.

Sur le site de la FNAC : tome 1, tome 2, tome 3, tome 4

Cette chronique constitue ma troisième participation au challenge littérature de l’imaginaire.

J’aime pas le lundi, Jérôme Lambert

Lucien est un collégien plutôt introverti. Il aime être tranquille, il dort souvent en classe. Au désespoir de ses parents, il n’a pas beaucoup d’ami, en fait il en a un seul (sauf si on a le droit de compter dans ses amis le portrait affiché à l’entrée du collège). Par contre il y a des tas de choses qu’il n’aime pas. Tellement, qu’il décide d’en faire la liste pendant les deux heures de retenue qu’un prof lui a donnés. Dans la liste des choses qu’il n’aime pas figure Fatou, une fille du collège, grande, imposante, et qui n’hésite pas à lui rentrer dedans quand elle le croise.

Or justement, Fatou a décidé de lui lancer un défi. Lequel des deux déteste le plus de choses ? Lucien est sûr de gagner, en plus il a pris de l’avance dans sa liste avec ses deux heures de colle.

Mon avis : Mon résumé ne fait pas honneur à ce livre. Son intérêt ne tient pas dans l’histoire, assez plate, mais dans le style de l’auteur, plein d’humour et d’ironie assez mordante. Cependant, je suis sceptique sur le fait que ce roman puisse plaire à des adolescents. En effet, cette ironie s’applique souvent au monde adulte, ou à la façon dont les adultes se comportent avec les adolescents. Or je me demande si des adolescents sont sensibles à cet humour. Je vous laisse me dire ce qu’il en est…

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Le loup à l’oreille cassée, André Delabarre

roman ado loups loup sauvage nature forêtLoupataud est un jeune loup d’une portée née au coeur de la Forêt Noire. Sa mère lui apprend les techniques de chasse et de survie qu’un loup doit connaître, mais il est plutôt maladroit et a des difficultés à suivre ses conseils. Un jour, des chasseurs font irruption dans la vie de la meute, et tue la mère du petit loup. Les loups de la meute fuient de tous les côtés, dans l’espoir de semer l’ennemi, et Loupataud, terrorisé, se retrouve seul au milieu de la forêt. Il rencontre alors une petite fille, Miran, qui l’apprivoise peu à peu. Cette petite fille vit seule avec sa mère à l’écart du village, rejetée de tous. Depuis un événement traumatisant, elle refuse de parler et reste repliée sur elle-même, à l’aise seulement dans la nature. L’amitié avec Loupataud va leur permettre à tous deux de réapprendre à faire confiance et à s’ouvrir.

Mon avis : Un roman bien écrit, agréable, qui croise plusieurs sujets de façon passionnante : le thème des loups, que beaucoup d’enfants/ados apprécient, le thème de l’exclusion sociale, de l’amitié. Une belle lecture, adaptée pour dès le début du collège, voire la fin du primaire pour les meilleurs lecteurs.

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Les petits orages, Marie Chartres

Résumé : La vie de Moses Laufer Victor est un calvaire, dont il s’échappe en regardant de stupides vidéos de pandas sur youtube. En effet, déjà il a un prénom idiot, son visage est couvert d’une acné très importante, ses parents sont tous les deux psychanalystes, et pourtant fort peu doués pour roman ado différence handicap indien amitiéparler des leurs émotions. Or les émotions sont grandes et pleines de souffrances dans cette famille, depuis l’année précédente quand un accident de voiture a grièvement blessé l’adolescent, qui a de terribles cicatrices et douleurs, et doit se déplacer avec une béquille, et sa mère, restée handicapée. Moses ne sait plus comment continuer, comment donner du sens à sa vie, où tout ce qui était avant facile et fluide est devenu difficile et douloureux : marcher, se pencher, s’asseoir. Il n’a quasiment pas d’amis, refusant la pitié comme la moquerie. Il va rencontrer un adolescent tout aussi blessé que lui, même si ses cicatrices sont moins visibles : Ratso, un Indien. Tous deux vont apprendre à se connaître, au-delà de leurs sensibilités douloureuses et de leurs colères. Cette amitié leur permettra de surmonter ces souffrances, et au travers d’un voyage assez aventureux et incertain, à bord d’une voiture épave, en direction de la réserve indienne dont est originaire Ratso, de retrouver le goût de la vie et de l’avenir.

Avis : J’ai beaucoup aimé ce livre, un coup de cœur comme cela faisait longtemps que je n’en avais plus eu. Ce livre traite de la différence, qu’elle soit dûe au handicap, à la pauvreté, à l’origine… Il est facile à lire, pas trop long. Les émotions sont fortes, mais pour autant restent vraies et évitent le sensationnalisme. L’auteure sait nous ménager des surprises, ses personnages se dévoilent peu à peu, mais n’hésitent pas à garder une part de mystère. On a envie de savoir la suite de l’histoire, de comprendre les personnages et leur vie. On découvre la misère matérielle, psychologique et politique de la vie dans les réserves indiennes. Très belle lecture, que je recommande à partir de 14 ans.

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Le garçon qui avait perdu la face, Louis Sachar

David va au collège. Il aimerait bien intégrer le groupe que son ancien meilleur pote fréquente, mais il sent que ce n’est pas si facile, il n’est pas assez « cool » pour eux. Un jour qu’il est avec ce groupe, les garçons décident d’attaquer une vieille dame pour lui voler sa canne. louis sachar le garçon qui avait perdu la face roman ados collège amitiéDavid les suit pour ne pas que les autres se moquent de lui, mais cette idée ne lui plait pas du tout. Les autres font tomber la vieille dame (David voit ses dessous), lui renversent de la limonade sur la tête, cassent un carreau et volent sa canne. David ne sait comment réagir. Il voudrait venir en aide à cette vieille dame par terre, mais il a peur de perdre la face devant les autres garçons. Alors, il fait un doigt d’honneur à la vieille dame, espérant vaguement qu’elle ne saura pas ce que ça veut dire. La vieille femme prononce alors une sorte de formule magique en le regardant, une malédiction.

Aussi, dans les jours qui suivent, David sent la malédiction s’acharner sur lui. Tout ce que les garçons ont fait subir à la dame lui arrive : il casse un carreau chez lui, il tombe de sa chaise en classe, il oublie de fermer sa braguette et toute la classe voit ses dessous… David ne sait comment arrêter cette malédiction. Elle lui pose spécialement problème car il aimerait bien inviter une fille à aller au cinéma, mais il a peur de se renverser de la limonade sur la tête ou autre catastrophe. De nouveaux amis vont l’aider à prendre confiance en lui, à réaliser qu’il n’est pas obligé de fréquenter les stars du collège pour avoir de la valeur et être quelqu’un de bien. Peu à peu il va comprendre qu’il n’y a qu’une seule solution pour annuler la malédiction, assumer ce qui a été fait.

Mon avis : Un livre facile à lire, rigolo. De nombreux ados se reconnaîtront dans David, un collégien tout à fait banal qui aimerait bien fréquenter les stars de la classe, et pour ça est prêt à faire un peu n’importe quoi. Le roman montre bien que la confiance en soi est primordiale pour faire face aux moqueries et que l’essentiel est de rester fidèle à soi-même.

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Sako, Martine Pouchain

Résumé : Sako est une petite fille originaire du Mali. Avec sa mère, elles ont fui la misère de leur pays, avec l’espoir de trouver mieux en France. Sa mère souhaite plus que tout que sa fille puisse aller à l’école, faire des études et devenir médecin. Mais pour ça, il faut des papiers. Et pour avoir des papiers il faut travailler. Mais pour travailler, il faut des papiers. Face à ce casse-tête, Sako est un peu perdue. Elle reste seule dans la caravane de sa maman toute la journée et s’ennuie terriblement à lire et relire toujorus le même livre. Alors elle observe ce qui se passe de l’autre côté de la haie, chez Mado.sako

Mado est une vieille femme seule. Elle est veuve, et son fils unique est allé vivre à l’autre bout de la France, elle ne le voit quasiment jamais. Mado n’a plus le goût de la vie. Elle n’a plus envie de sortir, ni même de s’habiller et à peine de se faire à manger. Elle regarde souvent d’un air désapprobateur ces gens venus de partout qui squattent le camping abandonné à côté de son jardin. Elle a un peu peur qu’ils viennent l’agresser un jour, mais peu à peu, elle est intriguée par cette petite fille à la peau si noire, qui la regarde de ses grands yeux.

Ces deux personnages vont se rencontrer. Le roman alterne le récit du point de vue de l’une puis de l’autre, et de temps en temps, du point de vue de la mère de Sako.

Mon avis : Un beau roman, et en plus assez court. L’auteur est vraiment douée pour réussir à monter toute son histoire aussi rapidement. On s’attache à ces deux héroïnes si solitaires et tristes qui vont trouver la joie ensemble. La dure vie des sans-papiers est montrée sans trop s’attarder, mais de façon intéressante. Ce roman peut être lu par des enfants assez jeunes (en étant prévenus cependant que cela raconte des histoires difficiles) et surtout qui n’ont pas bien l’habitude de lire.

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Monsieur Kipu, David Williams

Chloé a 12 ans. Sa mère, ancienne directrice d’un institut a décidé de se présenter comme député-maire. Elle tient absolument à paraître distinguée, et à cause de cela, impose des tas de règles assommantes à sa famille. Chloé est ainsi inscrite dans une école privée réservée aux filles, qu’elle déteste et dans laquelle elle n’a aucune amie. Tous les jours, Chloé passe devant un banc où est assis un clochard surnommé Monsieur Kipu. Grâce à son imagination galopante, elle a imaginé des dizaine de scénarios sur les raisons qui ont fait de lui un SDF. Un jour, prenant son courage à deux mains, elle lui adresse la parole. Monsieur Kipu se révèle un homme surprenant, d’un sans-gêne désopilant et plein d’humour. Grâce à lui, la vie de Chloé va beaucoup changer.

Mon avis : Voici un roman facile à lire, tout à fait adapté pour les plus jeunes, avec une belle histoire. J’ai beaucoup ri, certaines situations sont cocasses, surtout lorsque Monsieur Kipu passe à la télévision. Le thème des SDF est abordé avec beaucoup d’humanité. Pour tous types de lecteurs.

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Lettres de l’intérieur, John Marsden

En Australie, deux adolescentes s’échangent des lettres suite à une petite annonce de l’une d’elles. Au début, Mandy admire la vie parfaite de Tracy. Cependant, elle découvre un jour que toute cette perfection est un mensonge, Tracy est actuellement dans une prison pour mineures et endure un quotidien difficile. Les deux jeunes filles s’attachent énormément et partagent les problèmes de leurs vies respectives et si différentes. 

Mon avis : Ce roman est poignant. Le début peut laisser un peu perplexe, les lettres s’enchaînent et sont assez banales. La révélation de Tracy crée un coup de théâtre très fort en émotion. Le langage devient plus cru, plus sincère, et on pénètre dans un univers assez déroutant pour des adolescents, celui des prisons pour jeunes. C’est un roman court et à l’écriture très accessible, qui peut amener à la lecture des adolescentes même récalcitrantes (à partir de 13 ans quand même).

Le jardin secret, Frances H. Burnett

Jusqu’à l’âge de dix ans, Mary a été élevée en Inde, par les domestiques de ses parents. Elle n’a reçu que peu d’affection et se montre gâtée et capricieuse. Dans les trois premières pages du roman, ses parents meurent d’une épidémie de choléra. Elle est alors recueillie dans le manoir anglais de son oncle. Ce dernier, miné par un terrible chagrin n’est quasiment jamais là. Elle devient amie avec le jeune frère d’une servante du manoir. Celui-ci lui fait découvrir la nature. Elle apprend à se débrouiller seule et découvre un merveilleux jardin caché abandonné caché derrière une porte fermée à clé et rouillée. Un jour, elle découvre que le manoir renferme un autre habitant, et elle est fermement résolue à faire sa connaissance.

Mon avis : Ce roman est très poétique, sur les thèmes de la nature et de l’amitié. Ces enfants retrouvent la santé et la joie de vivre grâce au jardin et à la relation qu’ils nouent. La lecture plaira à des enfants rêveurs, et en quête d’un univers bien à eux. A partir de 10-11 ans pour des lecteurs qui aiment lire.

Mon amie Flicka, Mary O’Hara

Ken Mac Laughlin vient passer ses vacances dans le ranch familial. C’est un enfant rêveur et incompris de sa famille qui pourtant l’aime beaucoup. Son père décide de lui offrir un poulain afin qu’il apprenne à être plus terre-à-terre et à prendre des responsabilités. Mais son fils, contre tous ses conseils, choisit une jeune pouliche, Flicka, issue d’une lignée de chevaux sauvages et indomptables. Lorsque les hommes décident de l’attraper, elle s’enfuit, réagit avec furie et se blesse grièvement avec des barbelés. Tout le monde la pense condamnée. Seul Ken se bat pour la sauver et par là, l’apprivoiser.

Mon avis : Nul besoin d’aimer les chevaux pour être touché par l’amour que porte ce petit garçon différent à cette pouliche elle aussi différente. Ce roman nous présente un univers rude mais poétique, en contact avec la nature, le travail du ranch, les chevaux. C’est un beau roman pour des enfants d’environ 10 ou 11 ans, avec un goût pour la lecture plutôt bon, ou un peu plus tard pour des lecteurs moyens.