Le collège des éplucheurs de citrouilles, Laure Deslandes

Un nouveau coup de cœur, j’ai de la chance ce week-end !

En fait ce collège s’appelle le collège des Museaux et il est paumé au fin fond de la Bretagne. A l’origine il n’y avait que 30 élèves dans l’établissement, avec une classe6ème/5ème et une autre 4ème/3ème. Mais pour le sauver de la fermeture, le collège a décidé d’accueillir un internat avec des enfants qui n’ont plus de place nulle part ailleurs, en général parce que ce sont des habitués aux conseils de discipline.roman jeunesse collège hippie sorcière vie alternative

L’histoire s’ouvre sur le personnage d’Eliott qui fait partie des internes. On comprend qu’il n’est pas vraiment un caïd, plutôt un ado que la vie a malmené. Il est triste et angoissé lorsqu’il pense à sa mère. On comprendra plus tard que celle-ci est sous la coupe d’un homme violent, Vince, et qu’il en a après Eliott. On découvre peu à peu toutes les bizarreries du collège, les profs complètement farfelus (on grimpe aux arbres en EPS, le prof d’histoire fait cours en pantoufles, la prof d’arts pla pratique une sorte d’hypnose…), les menus de la cantine entièrement bio (un des élèves le qualifie avec une formule qui m’a fait bien rigoler, c’est du « végétarien avec de la viande ») et savoureux, les élèves qui aiment aller à l’école (ça c’est peut-être le plus bizarre !)…

La narration s’attache ensuite à Péline, jeune fille qui habite ici depuis toujours. Elle vit seule avec sa mère, a des goûts très bohèmes, est débrouillarde, et peut-être un peu sorcière sur les bords.

Tous les deux vont apprendre à se connaître, et s’enrichir du contact l’un de l’autre, jusqu’à essayer ensemble de résoudre le problème d’Eliott.

Quant au titre du roman, il est bien mystérieux, m’a tout de suite plu, et on le comprend à peu près à la moitié de l’histoire… Je vous laisse découvrir !

Mon avis : J’ai adoré ce roman. L’univers un peu hippie sorcière qu’il met en scène m’a tellement fait rigoler, j’ai eu plaisir à retrouver des valeurs qui me parlent, à découvrir ce collège un peu décalé dans lequel j’aimerais beaucoup enseigner. Les personnages sont attachants et si au début je me demandais si Eliott n’était pas un peu parano, à la fin j’étais quand même assez angoissé à l’idée que le monde des adultes ne saurait peut-être pas entendre ses angoisses pourtant bien réelles.

Ce roman est assez épais, mais je l’ai lu en une petite après-midi. Il parlera à tous les ados qui ont des goûts peut-être un peu décalés par rapport au collégien typique. J’espère que vous apprécierez sa lecture autant que moi ! Et je dis un grand merci à son auteur pour ce moment de bien-être que j’ai vécu à sa lecture qui m’a donné le sourire et la pêche.

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Les valises, Sève Laurent-Farjal

Sarah part en voyage scolaire à Auschwitz. Elle se sent mal, elle est brouillée avec son amie Josy, et le garçon le plus frimeur de la classe n’arrête pas de la provoquer à la fixer du regard sans cesse. Le voyage ne se déroule pas comme prévu. Pendant la visite de l’ancien camp de concentration, elle tombe sur une valise qui porte son nom de famille. 

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D’un seul coup, tout s’embrouille en elle. Pourquoi sa mère a-t-elle toujours refusé de parler de son père ? Qui est-il ? Pourquoi sont-elles seules au monde toutes les deux.

Au retour du voyage, Sarah rassemble ses forces pour poser des questions à sa mère. Malheureusement, la vie ne lui en laisse pas le temps, car sa mère est victime d’un accident de voiture le jour même. Sarah est placée en famille d’accueil.

Elle va se lancer sur les traces de son passé, aidée en cela par son professeur d’histoire, passionné de généalogie, et de ce garçon, Jérôme, qui derrière son attitude frimeuse, révèle des trésors de profondeur et de fidélité.

Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce roman, je lui décerne même un coup de cœur. Déjà, j’ai beaucoup aimé le travail autour de la mémoire, et les secrets de famille. L’auteur mêle habilement les problématiques historiques et les problématiques familiales, c’est passionnant.

Mais ce que j’ai préféré dans ce roman, c’est l’histoire d’amour. C’est très rare de trouver un auteur qui parle aussi bien de l’amour, avec tant de justesse. Elle ne tombe ni dans le côté mièvre et ridicule, ni dans la pudibonderie. Elle parle avec beaucoup de justesse de la passion vécue par des adolescents, des questions qu’ils se posent, des tourments rencontrés parfois, de l’attirance physique, du doute, du bouleversement émotionnel entraîné.

J’ai juste une petite réserve sur le côté historique. Etait-il vraiment possible d’aller en voyage scolaire à Auschwitz en 1982 malgré le rideau de fer ? Et est-ce que le travail de mémoire se faisait à cette époque comme nous le faisons maintenant ? J’ai vécu l’histoire plutôt comme celle de deux adolescents de notre époque, pourtant les besoin du récit nécessitent que cela se passe en 1982. Cela restera un point d’interrogation dans mon esprit…

Je conseille ce roman à des adolescents à partir de 13 ou 14 ans. Il fait 300 pages et se lit assez facilement.

C’était ma 4ème participation au challenge #marsauféminin organisée par Floandbooks.

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Freak city, Kathrin Schrocke

Résumé : Mika est un adolescent de 15-16 ans. Il ne sait pas vraiment où il en est avec sa petite amie qui a décidé de rompre au moins momentanément. Il sort au hasard dans un café branché, et rencontre une jeune fille vraiment très attirante, Léa. amour surdité handicap roman adolescents adolescence adoUn peu surpris par ses réactions étranges, il comprend qu’elle est sourde et qu’elle communique par la langue des signes. Il s’inscrit un peu sur un coup de tête à un cours pour apprendre lui aussi à signer. Peu à peu sa relation avec Léa se construit, il découvre l’univers des sourds, il apprend à connaître leurs codes, leurs difficultés, leurs forces aussi et pourquoi certains d’entre eux affirment qu’ils ne voudraient pas devenir des « entendants ». Mais son coeur ballotte encore un peu entre son ancienne petite amie Sandra et cette jeune fille fascinante mais un peu effrayante Léa. Il entre peu à peu dans le monde des adultes, découvre ses ambiguïtés, apprend la difficultés des choix, et la joie de s’assumer.

Mon avis : Voici un chouette roman. Cela se passe en Allemagne, il ne faut donc pas s’étonner que les âges de scolarité ne collent pas tout à fait avec les nôtres. La découverte de l’univers des sourds, des difficultés que rencontrent certains d’entre eux avec leur famille par exemple, les stratégies qu’ils mettent en place au quotidien pour surmonter leur handicap est vraiment passionnante. Il s’agit également d’une jolie histoire d’amour, intéressante car compliquée, comme dans la vraie vie. Ce roman s’adresse aux grands adolescents, capables de comprendre les ambiguïtés de la vie et des gens.

Simple, Marie-Aude MURAIL

Résumé : Kléber a 17 ans. Son frère Barnabé a 22 ans. On le surnomme « Simple ». Un problème a eu lieu pendant la grossesse, et il a maintenant l’âge mental d’un enfant de trois ans. Il joue aux playmobils, a un doudou appelé Monsieur Pinpin qu’il ne faut surtout pas perdre sous peine de grand drame et a un verolair (comprendre « revolver ») pour tuer les méchants (il avoue en chuchotant à Kléber que son vérolair, c’est son zizi, mais chuuuuut). Leur mère est morte depuis quelques années, et leur père a trouvé une nouvelle femme. Celle-ci a peur de Simple, et le père décide donc de le placer dans une institution pour handicapés, Malicroix. Mais Simple est malheureux là-bas. Alors, Kléber décide de le sortir de là, et de s’en occuper lui-même. Mais pas facile de s’occuper d’un frère classé débile mental lorsqu’on est en terminale et qu’on a envie de découvrir la vie, l’amour…simple
Après un bref passage chez une grande-tante, Kléber réussit à trouver une colocation avec 4 autres étudiants. La cohabitation sera parfois difficile, mais aussi enrichissante. Simple, avec son sans-gêne et ses remarques à mourir de rire permettra aux autres jeunes d’évoluer et de trouver le courage de changer leur vie.

Mon avis : Cet auteur me donne du travail. Chaque fois que je lis un nouveau roman d’elle, je suis obligée de faire un article tellement c’est bien ! Encore une fois j’ai eu envie de rire, de pleurer. Les remarques de Simple sont parfois juste bidonnantes. Il est tellement naturel et dit des trucs énormes aux gens. Et puis ça sert le coeur quand on le voit jouer avec ses playmobils et mettre en scène une bataille où le méchant Malicroix va tuer l’autre bonhomme parce que c’est un idiot et qu’il ne comprend rien.

Un livre magnifique, qui permet de réfléchir au handicap, à la place des personnes handicapées dans notre société, au regard que l’on porte sur eux. Il y a 200 pages, je le recommande donc aux lecteurs d’environ 13 ans, qui aiment un peu lire.

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Le coeur en braille, Pascal Ruter

Victor entre en classe de 4ème. Il vit seul avec son père, passionné de voitures anciennes. Il voudrait bien comprendre quelque chose à ce que les professeurs essayent de lui enseigner, mais malgré tous ses efforts, tout lui échappe, il confond les mots, et fait des gaffes qui font rire tout le monde. Un jour, le professeur de maths lui demande de changer de place et de s’asseoir à côté de Marie-José, une élève surdouée, mais assez réservée. Elle lui prête son brouillon et lui permet de tricher.
Grâce à elle il obtient une excellente note au contrôle. Seulement, le voilà bien embêté, tout le monde s’attend désormais à ce qu’il fasse la preuve de ses progrès. Marie-José lui propose de le faire travailler, et peu à peu il progresse. Chaque fois qu’il va chez elle, elle joue du violoncelle avec passion. Peu à peu, les deux adolescents se rapprochent, Victor commence à sortir du brouillard. Cependant, il comprend que Marie-José a un grave problème, et qu’il va devoir l’aider si elle veut pouvoir passer l’audition de violoncelle qui est si importante pour elle. Ils luttent ensemble pour garder le secret, seuls contre tous.

Mon avis : Un gros coup de coeur ce roman. J’ai eu des difficultés à le résumer, comme souvent avec les livres qu j’ai vraiment aimés. Mon résumé me paraît tellement ennuyeux, alors que j’ai passé un moment formidable en lisant ce livre. J’ai ri, à de nombreuses reprises. Victor passe son temps d’une part à faire des commentaires plein de justesse sur la vie, mais toujours formulés d’une façon vraiment drôle, d’autre part à essayer de montrer qu’il sait des choses mais en se trompant dans les mots, ce qui donne lieu à des erreurs tellement désopilantes. Mais j’ai aussi eu envie de pleurer, à plusieurs reprises. Victor est vraiment un personnage au grand coeur, soutenant Marie-José pleine d’un courage impressionnant face aux épreuves qu’elle doit affronter. Les autres personnages sont également très attachants. Seul reproche, je n’avais pas du tout envie que le roman se termine !!!

Le livre est assez long malgré tout, je le conseille donc à ceux qui aiment les histoires vraies, avec des émotions vraies, et qui ont déjà un peu l’habitude de lire. A partir de 12 ou 13 ans.

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Le Capitaine Fracasse, Théophile Gautier

On s’attache beaucoup au héros, le baron de Sigognac : jeune, beau, appartenant à la noblesse mais solitaire à cause de la ruine de sa famille, excellent combattant à l’épée. Il perd sa jeunesse isolé dans son château en ruines avec un vieux serviteur, un vieux chien, un vieux cheval et un vieux chat. Un jour, des comédiens lui demandent l’hospitalité puis lui proposent de les accompagner à Paris. Il accepte, poussé par le désir d’avoir sa chance dans la vie, et aussi attiré par la beauté de l’une des comédiennes. En chemin, ils croiseront un duc qui cherchera à lui ravir sa belle, entraînant de multiples aventures.

Ce roman a tous les ingrédients pour plaire à un public adolescent : un héros attachant, des combats, des défis d’honneur, une histoire d’amour avec un enlèvement…

Différentes versions et éditions :

La version intégrale est particulièrement savoureuse au niveau du vocabulaire, cependant elle s’avère vraiment difficile à part pour d’excellents lecteurs. Exemple : « Le voyageur qui eût aperçu de loin le castel dessinant ses faîtages pointus sur le ciel, au-dessus des genêts et des bruyères, l’eût jugé une demeure convenable pour un hobereau de province ; mais, en approchant, son avis se fût modifié. »

Les versions abrégées sont de qualité diverse :

–          Bibliocollège : la plus raccourcie que j’ai lue. De nombreux rebondissements sont escamotés, c’est vraiment dommage, on ne garde que la trame la plus essentielle de l’histoire et les personnages perdent vraiment en saveur. A garder pour faire connaître l’intrigue à de très mauvais lecteurs.

–          L’école des loisirs : une version de taille raisonnable, dans laquelle les choix de coupes sont plutôt satisfaisants. Par moments la cohérence est un peu gênée par les raccourcis, mais cela reste correct.

–          Le livre de poche jeunesse : une très bonne version, avec des coupes intelligentes. La police est très lisible et la présentation agréable. Cependant elle est un peu plus longue que la version précédente.

Dans tous les cas, si les jeunes lecteurs peinent à entrer dans l’histoire, ne pas hésiter à les accompagner jusqu’aux chapitres 8 et 9 où l’action débute réellement. Le cadre est important pour bien comprendre les personnages, mais il est vrai que les descriptions peuvent en décourager certains.

Be safe, Xavier-Laurent PETIT

Oskar a 16 ans, il fait de la musique dans son garage avec son frère Jimmy, 18 ans. Ce dernier a arrêté l’école deux ans auparavant, espérant trouver un boulot et gagner sa vie, mais pour le moment il ne fait que traîner. Un jour deux recruteurs de l’armée lui promettent un métier, constructeur de ponts, lui promettent qu’avec cette spécialité il n’a aucun risque d’aller au front et lui font miroiter une vraie vie d’homme. Dans la demi-heure, il a signé un engagement pour 4 ans. Au camp d’entraînement, il s’avère qu’il est plutôt doué pour le tir, et finalement, se trouve engagé dans une section des forces spéciales et envoyé en Irak. Il part tout fier, mais au bout de 15 jours, Oskar reçoit un mail dans lequel Jérémy  avoue son horreur pour ce qui se passe, sa terreur de ce qu’on va lui demander de faire, un jour, et son désespoir. Toute l’histoire est racontée par Oskar entre la musique qu’il continue avec sa nouvelle amie, Marka, et les nouvelles qu’il reçoit de son frère.

Voici une grande découverte que ce roman. La guerre est montrée avec beaucoup de pudeur, puisqu’on ne la voit directement, mais seulement par les lettres de Jérémy, mais également sans aucune concession. On sent dans le texte une émotion sincère, touchant au vécu. Ce roman mélange les thèmes de la guerre, la musique, l’amour, ce qui en fait une belle réussite qui plait aux adolescents. Si certains s’effraient des 250 pages, qu’ils se rassurent, c’est écrit gros !

A partir de 13 ans, pour tous niveaux de lecteurs.

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