Le dernier Orc, Silvana de Mari

C’est un très beau roman de fantasy. Il se situe dans la suite d’un autre roman de l’auteure, mais je pense qu’on peut le lire indépendamment sans trop de difficultés.

On rencontre un jeune garçon, Rankstrail. Quasiment mutique, très fort physiquement, il voue un amour intense à sa famille, qu’il va essayer de protéger par tous les moyens possibles. Cela commence par aider sa mère à porter le linge qu’elle lave pour gagner un peu d’argent, puis par braconner pour nourrir la famille, et enfin par s’engager comme mercenaire afin d’envoyer l’argent de sa solde à sa famille et leur permettre ainsi de survivre. Mais ce n’est pas un simple gamin des rues, car un homme savant lui apprend à lire, à compter, et lui raconte l’histoire de leur pays, la stratégie guerrière…roman fantasy adolescents

En tant que mercenaire, Rankstrail se fait immédiatement remarquer et respecter pour ses immenses qualités de pisteur, son odorat, son ouïe, et son sens inné de la façon dont on dirige une troupe et dont on se fait respecter de ses hommes. Il les sauve de quantités de situations dangereuses et se hisse peu à peu au rang de chef.

On le suit ensuite dans ses aventures guerrières, notamment contre l’invasion des Orcs, principal danger menaçant le pays. Il croise ensuite le chemin de Yorsh, le dernier des elfes, et de son épouse, Robi. Tous ces destins parviendront peu à peu à modifier la donne, et à redonner l’espoir à un pays pris entre le joug intolérable d’un Juge-Administrateur mégalomane, sadique et dangereux, et les invasions meurtrières du peuple des Orcs.

Mon avis : j’ai adoré cette lecture. C’est de la fantasy d’une grande qualité, et très ambitieuse pour un public adolescent. Certaines scènes de violence réserveront ce roman aux ados âgés d’au moins 13 ans. Le roman est sous-tendu par des idées particulièrement intéressantes qu’il met en scène de façon subtile et passionnante. J’en ai retenu deux. La première est que chaque individu peut s’affranchir de son ascendance, qu’on est soit-même, quelque soit la famille dont on vient, quelques soient nos origines et les actions de nos parents. Ce sont nos actes qui nous définissent. La deuxième est que pour construire la paix il faut mener deux combats, l’un avec les armes contre les ennemis, l’autre avec l’économie contre la pauvreté, la maltraitance, l’ignorance. Les personnages sont complexes, nuancés, le rythme est soutenu, avec des scènes de combat dignes de grandes épopées. Un grand moment de lecture.

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Quand j’étais soldate, Valérie Zenatti

Voici un roman très intéressant. En effet, l’auteur Valérie Zenattiroman jeunesse adolescents armée service militaire écrit l’autobiographie de deux années très particulières de sa vie. Née en France, elle a émigré en Israël à l’âge de 13 ans. Or là-bas, tous les jeunes de 18 ans, garçons et filles, partent pour un service militaire de deux ans. Juste après son bac, elle est engagée comme les autres, et part faire ses classes. Elle apprend à manier une arme, à faire son lit au carré, à obéir aux ordres, à dormir 6h par nuit, à se relever la nuit pour appeler ses parents ou ses amis depuis la cabine téléphonique du camp… Et puis après la période des classes vient le temps des affectations dans un service. Valérie entre dans le service des renseignements. Là elle va découvrir un tout nouvel univers.

Il ne se passe rien d’extraordinaire dans ce roman. L’auteur raconte simplement son expérience du service militaire en Israël. Aucun événement sensationnel n’a lieu. Et pourtant, tout est passionnant. On découvre un pays, une mentalité, un milieu, celui de l’armée. Il ne faut pas oublier qu’Israël est un pays entouré de zones de conflits, lui-même en conflit permanent avec le peuple palestinien. D’ailleurs l’auteur montre bien toute l’ambiguïté de l’attitude israëlienne face à ce problème (même si c’est vraiment mieux analysé dans le roman cité au début de l’article). La jeune femme se pose des questions sur la vie, sur l’amour, l’amitié…

Je conseille cette lecture à des adolescents intéressés par le monde réel et ce qu’il s’y passe et ouverts sur le monde qui nous entoure. Sans être difficile, ce livre peut sembler rébarbatif à ceux qui ne cherchent que des intrigues palpitantes, et de l’action en veux-tu en voilà.

Sur le site de la FNAC

Cherub, Mission 1 : 100 jours en enfer, Robert Muchamore

James vit avec sa mère et sa soeur Lauren. Il ne fait rien à l’école et a tendance à se battre dans la cour. Un jour, excédé par les remarques d’une fille de sa classe sur l’obésité de sa mère, il la plaque contre le mur et la blesse sans le vouloir. Il est exclu du collège puis se retrouve dans un orphelinat. Sa vie sombre peu à peu. Or, on lui fait une proposition très particulière : il s’agit d’intégrer un groupe d’enfants espions travaillant pour le MI5 (l’espionnage anglais). Cette opportunité est l’occasion pour lui d’échapper à la vie de misère qui l’attend. Il accepte et se voit lancé dans une session d’entraînement qui durera 100 jours. Le lieutenant chargé de l’entraînement essaie de faire abandonner ses recrues de toutes els façons possibles : fatigue, humiliation, épreuves surhumaines, privations multiples. James s’accroche.

Mon avis : Ce roman m’a été prêté par un élève de 4ème. Je pense en effet que c’est là le public idéal pour ce livre. L’histoire est bien ficelée, on accroche bien au héros qui malgré beaucoup de grosses bêtises dans sa vie reste un garçon sympathique. L’écriture n’est pas terrible, mais il y a de l’action et le rythme est très soutenu. Je regrette que l’auteur n’ait pas profité de son récit pour apporter un peu de réflexion sur la vie et ses enjeux, il y aurait eu matière. C’est un roman qui plaira à ceux qui aiment les histoires d’espionnage, d’entraînement de type militaire. Le livre est un peu épais, mais comme il y a beaucoup d’action, même des mauvais lecteurs pourront le lire sans difficulté.

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