Les insurgés, Malorie Blackman

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L’histoire se passe dans un monde en guerre. Le héros vit dans l’Alliance, une sorte de groupe politique dirigé par un Haut-Conseil et dont les membres sont protégés par une armée appelée les Gardiens. La planète a été presque détruite par les manipulations scientifiques d’un peuple, qui maintenant qu’il n’a plus d’endroit où vivre, veut chasser les habitants de l’Alliance et leur voler leurs terres. Ce peuple est appelé les Croisés, et leurs membres les plus violents, ceux qui perpétuentroman jeunesse ados guerre dictature esprit critique attentats et sabotages, les Insurgés. Au contraire, les membres de l’Alliance sont pacifistes, eux dont les Gardiens ont des armes qui ne permettent que de neutraliser leurs pires ennemis, et ne les tuent jamais.

Kaspar a 19 ans, et il vient d’être reçu comme Gardien après deux ans de formation. Il défend son peuple de son mieux. Un jour, une mission tourne mal et il se retrouve désarmé et blessé face à une Insurgée, Rhéa. Cependant, contrairement à ce qu’il imaginait, elle ne le tue pas, et lui sauve même la vie. Suite à cela, Kaspar fait des rêves étranges, qui le conduisent à se poser de plus en plus de questions sur le monde dans lequel il vit.

Mon avis : Voici un roman fort et qui fait réfléchir. Il contient une certaine violence, mais malgré tout qui reste soutenable (sauf peut-être une scène). La violence vient plutôt de cette société, de ce qu’on découvre peu à peu. C’est extrêmement intéressant, et fait réfléchir à la nécessité de développer son esprit critique face aux informations qui nous sont données, même lorsqu’elles semblent tout à fait irréfutables. J’ai beaucoup aimé, et je suis sortie un peu secouée de cette lecture.

Je le conseille à des ados à partir de 14 ans, même pour ceux qui sont plutôt petits lecteurs. En effet, malgré les 342 pages, le roman se lit vite, et comporte beaucoup d’actions. En plus il n’y a qu’un seul narrateur, ce qui facilite la compréhension.

Troisième chronique dans le cadre du challenge Mars au féminin organisé par le blog Floandbooks. Chronique qui participe également au challenge Littérature de l’imaginaire organisé par le blog Ma lecturothèque.

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6000 nuits, André Borbe

Esther est une jeune fille de 16 ans un peu particulière. En effet, depuis sa naissance, elle est insomniaque, elle ne dort pas la nuit. Pas une minute, rien. Elle en profite pour lire. Cette caractéristique est tenue secrète par son entourage. Dans un monde régi par la terreur, sous la dictature d’un Tyran sans cesse masqué, il ne fait pas bon se faire remarquer.

univers étrange avec une dictature une jeune fille insomniaques découvre son destin et le pouvoir de l'écriture pour lutter contre le tyranCe monde où elle vit garde l’espoir grâce à un mystérieux groupe, les Bienveillants. Ces personnes écrivent perpétuellement des histoires et les font livrer dans la ville par les Livreurs. Les histoires sont uniques à chaque fois, et contiennent juste ce qu’il faut pour aider les habitants de la ville à ne pas céder au désespoir et à garder la tête haute malgré la dictature.

Un jour, son oncle est arrêté par la milice. Esther et sa mère obtiennent l’autorisation de lui rendre une visite à la citadelle où il est enfermé. Là, il révèle des paroles étranges à la jeune fille. « Ils te cherchent… Ils savent que quelqu’un va recevoir la plume d’or… » Il lui donne une boîte avec seulement un papier plié à l’intérieur et une adresse « Où bon me semble – Impasse des regrets« .

Esther commence sa quête. Elle se promène de nuit, malgré les dangers de rencontrer la milice et d’être arrêtée. Elle découvre un univers jusqu’ici ignoré. Elle rencontre différentes personnes, amies ou ennemies, à elle de le découvrir. Elle découvre qui elle est, et quel rôle elle doit jouer dans le monde terrible où elle vit.

En parallèle se mettent en place plusieurs autres récits, 16 ans auparavant et 32 ans auparavant. Ils nous font rencontrer le personnage de Rehtsë, un vagabond tombé amoureux de la princesse Meredith. Ces différents récits permettent de comprendre peu à peu comment le pays est tombée sous cette dictature.

Mon avis : C’est un roman très chouette. J’ai beaucoup aimé l’univers dans lequel vit Esther, ses relations avec son amie Edith. Le mystère est distillé avec bonne mesure dans le roman. On comprend peu à peu les enjeux de ce monde et de cette dictature. La fin m’a laissé un goût amer. J’ai trouvé que vraiment le malheur tenait à peu de choses et que c’était un peu triste.

Je recommande cette lecture à tous les adolescents qui aiment déjà un peu lire. Le roman fait 250 pages et contient une certaine violence donc mieux faut attendre d’avoir au moins 13 ans pour le lire.

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Nina Volkovitch : tome 1 : La lignée, Carole TREBOR

Résumé : l’histoire se passe en Russie soviétique, sous la dictature de Staline, en 1948. Nina Volkovitch a 15 ans, mais en paraît à peine 12. ninaPendant la guerre, à cause sans doute des privations de nourriture et de la peur, sa croissance s’est arrêtée. Son père a fui en France il y a 10 ans. Lorsque le roman commence, la mère de Nina est arrêtée, accusée d’être traître. On lui avait ordonné de jeter tous les tableaux non-russes de son musée, et elle a refusé. Elle va donc être envoyé dans un goulag (un camp de prisonniers en Sibérie). Nina se retrouve seule et est envoyé dans un orphelinat spécial pour enfants de traîtres. Cependant sa mère lui a fait passer un message secret. Nina doit s’échapper à tout prix, car elle a une mission secrète à remplir. Pour l’aider dans sa mission, sa mère lui a laissé de mystérieux objets, qui vont révéler des pouvoirs étranges. Nina va faire l’impossible pour suivre les conseils de sa mère, fuir et savoir qui elle est vraiment et quelle est sa mission. Elle rencontrera tout au long de son aventure des aides inattendues.

Mon avis : C’est un roman très intéressant. Il nous fait découvrir le monde soviétique et la dictature stalinienne. L’aventure de Nina est bien écrite, il y a du rythme, de l’action, une petite touche de fantastique, c’est très plaisant. Il compte environ 200 pages, l’aventure de l’évasion se termine à la fin du premier tome, mais on a malgré tout très envie de lire la suite et de découvrir la vraie identité de l’héroïne. A recommander pour des élèves à partir de 12 ans, qui aiment déjà un peu la lecture.

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Hunger Games, Suzanne Collins

L’histoire se passe dans un monde futuriste. Une grande guerre a décimé la population. Les survivants se sont organisés en treize districts, selon leur spécialité économique, autour d’un Capitole. Le Capitole rassemble l’élite, les favorisés, les plus riches, ceux qui ont le pouvoir. Un jour, les districts se sont rebellés contre le Capitole. La rébellion a été écrasée dans le sang, le district 13 complètement rasé. Depuis, pour rappeler aux districts combien ils sont dépendants du Capitole et combien la révolte est interdite, sont organisés des Hunger Games. Deux enfants (entre 12 et 18 ans) sont tirés au sort dans chaque district, un garçon et une fille. Les 24 candidats sont enfermés tous ensemble dans une immense arène paysagée en fonction de l’imagination des juges. Le but est d’être le seul survivant. Il n’y a aucune règle, il faut tuer et survivre. La faim, dont les jeux portent le nom, est souvent l’une des pires ennemies des participants. 
Lorsque l’histoire débute, Katniss a 16 ans, elle sait qu’elle a de nombreuses chances d’être tirée au sort. Pourtant, coup de tonnerre lors du tirage, c’est le nom de sa soeur, Prim, 12 ans, qui est tiré. Prim n’aurait aucune chance de survie, elle est jeune, tendre, duce. Alors Katniss comprend qu’elle n’a pas le choix, elle se porte volontaire pour remplacer sa soeur. A elle reviendra la tâche quasiment impossible de survivre dans ces arènes impitoyables. Mais elle ne part pas vaincue : seul soutien de sa famille depuis la mort de son père, elle sait chasser à l’arc, se déplacer silencieusement dans la forêt, reconnaître les plantes sauvages, poser des collets. De plus, l’autre candidat du district 12, Peeta, semble jouer un jeu étrange, et paraît avoir décidé de la protéger une fois dans l’arène.

Mon avis : Je trouve ce roman extrêmement violent pour être proposé en littérature jeunesse. J’ai vérifié plusieurs fois, mais c’est bien dans la collection Pocket Jeunesse qu’il est édité. Alors effectivement, l’histoire est passionnante, haletante même. On s’attache énormément aux deux héros du district 12, et on tremble tout au long de l’histoire pour savoir comment cela va pouvoir se terminer. Chaque nouveau chapitre recèle un nouveau piège, et tout cela dans un monde qui lui même n’est qu’un vaste piège, une immense dictature impitoyable et inhumaine. On peut se contenter de lire le premier tome ou lire la trilogie. Personnellement j’ai vraiment aimé les deux premiers tomes. Cependant, je ne sais pas trop pourquoi, mais je n’ai pas du tout accroché au 3ème tome. Je n’ai même pas réussi à en lire un quart. Je sais par contre que d’autres lecteurs de mon entourage l’ont beaucoup apprécié, surtout pour la fin qui d’après eux permet d’avoir une réflexion sur les enjeux du pouvoir politique.
Je conseille cette lecture pour des adolescents déjà âgés, capables de prendre du recul sur une histoire violente. Le récit est captivant et facile à lire, alors même de petits lecteurs devraient y prendre du plaisir.

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Le tome 1 existe en version audio :

Le Passeur, Lois Lowry

Jonas vit dans un monde où tout est très bien organisé. Les enfants naissent de mères porteuses, élevés par des nourriciers, puis à l’âge de 1 an reçoivent leur prénom, sont placés dans les familles qui en ont fait la demande et qui ont été agréées. Ensuite, chaque année, les enfants participent à une cérémonie au cours de laquelle ils accèdent à des droits plus élevés en fonction de leur âge : à 6 ans la veste avec les boutons devant, à 8 ans, le droit de participer aux activités de la communauté, à 9 ans une bicyclette. Enfin, à 12 ans, les Sages, après avoir minutieusement étudié les qualités et les défauts de chacun, leurs goûts, leurs attirances leur attribuent un métier dans la communauté. Plus tard, les Sages décideront des unions entre hommes et femmes. Grâce à cette organisation, il n’existe pas de chômage, pas d’inégalités, pas de guerre, pas de divorce. Or, le jour de ses 12 ans, Jonas est choisi pour un métier hors du commun, un métier exercé par une seule personne dans la communauté : Dépositaire de la mémoire. Ce dernier est le seul à se souvenir de ce qu’était le monde avant la communauté, des sentiments, de la souffrance, de la liberté… Jonas va découvrir tous ces souvenirs, et se posera la question de ce qu’est réellement son devoir.

Mon avis : Ce livre est magnifique. Je l’ai adoré quand je l’ai lu à l’âge du collège, et encore aujourd’hui lorsque je l’ai relu pour pouvoir écrire le résumé. L’auteur nous présente un univers imaginaire, utopique, dans lequel on a essayé de trouver des solutions aux problèmes de l’humanité. Il ne donne pas de jugement sur ce système, il nous en fait découvrir les limites par le regard de Jonas. C’est une très belle lecture, assez facile. Le roman peut paraître épais, mais c’est écrit assez gros, et le langage est vraiment facile à comprendre.

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Argentina, Argentina…, Christophe Léon

Un journaliste français souhaite faire un article sur la prise de pouvoir de la junte militaire de 1976 à 1983. Il rencontre à Buenos Aires un homme, Ignacio, qui a vécu cette période et va lui livrer son témoignage. Le roman alterne entre la parole du journaliste et le récit de la vie d’Ignacio. Ce dernier était un enfant à l’époque de l’arrivée au pouvoir des militaires. Il vivait heureux avec ses parents, sa mère attendait un enfant. Son père appartenait aux opposants de la junte militaire. Un jour, toute la famille (sauf la grand-mère) est emmenée par les militaires. Ils sont séparés à l’entrée en prison. Le père va être torturé, le garçon, âgé de 6 ans sera battu dans l’espoir qu’il livre des informations. Puis, il est emmené chez un colonel appartenant au régime. Là on lui apprend que ses parents sont morts, et qu’il va être adoptés, il doit maintenant appeler ce colonel et sa femme « Papa » et « Maman », alors qu’ils appartiennent au clan de ceux qui ont assassinés ses parents. Le roman montre comment il va vivre cette épreuve, puis ce qu’il devient lors de la chute de la dictature militaire.

Mon avis : J’ai hésité un certain temps avant d’écrire la présentation de ce roman. En effet, les faits relatés sont très violents et m’ont un peu perturbée (je suis un peu sensible, mais là, quand même, c’est vraiment dur). Cependant ce roman m’a vraiment appris des choses sur cette période terrible en Argentine. 30 000 personnes ont été tuées par le régime militaire, notamment les disparus, dont personne n’a su ce qu’ils étaient devenus, dont les corps n’ont jamais été retrouvés. Plus de 500 nouveaux-nés ont été récupérés par la junte militaire et confiés à des couples proches du régime. Je trouve ce roman très intéressant du point de vue documentaire, les personnages sont assez attachants. Il ne faut cependant pas être trop sensible à la violence (rassurez-vous malgré tout, elle n’est pas présentée trop crûment). Pour des lecteurs à partir de 13, voire 14 ans.

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