Baguettes chinoises

J’adore la littérature asiatique. Ces cultures sont tellement différentes de la nôtre que les romans sont parfois difficiles à comprendre, mais justement, cela les rend passionnants.

Ici, l’auteur, Xinran, est une femme qui anime une émission de radio sur les femmes en Chine. Elle s’inspire des divers témoignages qu’elle a recueillis pour construire la trame de son roman. C’est un de mes romans préférés, super facile à lire, intéressant, grâce auquel on apprend des tonnes de choses, bref passionnant.

Allez, je vous raconte l’histoire…

Dans un village près de Nankin en Chine, un père est déshonoré car il n’a réussi qu’à avoir des filles, 6 filles, qu’il n’a même pas daigné appeler autrement que par leur numéro de naissance : Une Deux Trois… En effet, dans ce village, les filles sont considérées comme des baguettes, et les garçons sont des poutres solides qui seront capables de soutenir le toit des maisons. Il a réussi à marier sa fille aînée (malgré les réticences de celle-ci) à un homme vieux et influent. On lui propose pour sa deuxième le fils infirme d’un homme riche. Deux, désespérée par ce mariage dont elle ne veut pas, se jette dans le puits. L’homme riche, pas du tout gêné, propose que ce soit Trois qui épouse son fils infirme. Celle-ci décide de s’enfuir dans la ville la plus proche, à Nankin. Le roman retrace le destin de trois femmes chinoises qui cherchent l'indépendance dans une société sexisteLe roman s’ouvre sur son arrivée dans cette ville, sa recherche d’un travail. Comme campagnarde, elle ne connaît pas les usages de la ville, mais heureusement, un certain nombre de citadins, en souvenir de leurs débuts, prennent en pitié les jeunes filles arrivées de la campagne. On lui trouve un emploi dans un restaurant, et elle va gagner bien plus d’argent que n’importe quel habitant de son village. Au bout d’un an, elle ose retourner chez elle. Face à la richesse qu’elle rapporte, son père accepte de lui confier Cinq, car elle est laide et bête, on ne craint donc pas qu’elle se fasse séduire, et Six, la seule à avoir fait quelques études. Les deux jeunes filles vont à leur tour faire leurs preuves, à force de courage et d’envie de réussir. A leur retour, elles prouvent à tous que les filles ne sont pas de simples baguettes.

C’est un roman magnifique, plein d’espoir et qui propose une belle image de l’humanité. C’est un vrai plaisir de le lire, on s’attache à ces jeunes filles, qui n’ont même pas eu la chance de porter un vrai prénom, mais qui veulent vraiment changer leur destin. La lecture est facile, agréable. On découvre avec plaisir une image très intéressante de la vie populaire dans cette ville chinoise. Ce que j’aime particulièrement dans ce roman, c’est l’idée qu’il est possible de changer son destin, de choisir sa voie en quittant celle qui semblait toute tracée. Que d’espoirs !

Si vous le lisez ou l’avez lu, n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé.

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Un sari couleur de boue, Kashmira Sheth

L’histoire se passe en Inde. Leela a été fiancée à 2 ans, mariée à 9 ans. A 13 ans, elle va bientôt aller vivre avec son mari et sa belle-famille, suivant la tradition. Quelques mois avant cette cérémonie, son mari meurt. Elle devient une veuve, obligée de se raser les cheveux, de porter des vêtements marron, de rester enfermée pendant un an dans la maison de ses parents. Elle n’aura plus le droit de se remarier et tout le monde la considère comme une personne qui porte malheur. 

Leela est désespérée par ce qui lui arrive. Pourquoi doit-elle subir cela alors qu’elle n’a rien fait de mal ? Heureusement, son frère aîné la soutient, ainsi que la directrice de son école qui vient lui donner des leçons à domicile. Au même moment, les choses bougent dans le pays, avec Gandhi qui s’insurge contre les injustices du pouvoir en place (l’Inde est un pays colonisé par les Anglais à cette époque) et veut faire changer les traditions injustes de son pays. Tout ceci représente l’espoir pour Leela de vivre une autre vie que celle que la tradition voudrait lui imposer.

Mon avis : C’est un beau roman qui plaira aux adolescents intéressés par les problèmes de société et les histoires inspirées de la réalité. L’histoire met un peu de temps à démarrer, au début l’héroïne semble une adolescente superficielle intéressée seulement par les bracelets et les gâteaux. Puis, l’histoire avance et devient passionnante, on a envie de l’aider à s’en sortir, tout comme on est intéressé par ce qui se joue en trame de fond dans le pays avec Gandhi. Il ne faut pas toujours chercher à tout comprendre, car certains détails sont un peu compliqués, et ne sont pas essentiels à la compréhension de l’histoire. Personnellement, j’ai vraiment accroché. La lecture de ce roman est à réserver aux adolescents à partir de 13 ans, qui aiment déjà un peu lire.

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