Les petits orages, Marie Chartres

Résumé : La vie de Moses Laufer Victor est un calvaire, dont il s’échappe en regardant de stupides vidéos de pandas sur youtube. En effet, déjà il a un prénom idiot, son visage est couvert d’une acné très importante, ses parents sont tous les deux psychanalystes, et pourtant fort peu doués pour roman ado différence handicap indien amitiéparler des leurs émotions. Or les émotions sont grandes et pleines de souffrances dans cette famille, depuis l’année précédente quand un accident de voiture a grièvement blessé l’adolescent, qui a de terribles cicatrices et douleurs, et doit se déplacer avec une béquille, et sa mère, restée handicapée. Moses ne sait plus comment continuer, comment donner du sens à sa vie, où tout ce qui était avant facile et fluide est devenu difficile et douloureux : marcher, se pencher, s’asseoir. Il n’a quasiment pas d’amis, refusant la pitié comme la moquerie. Il va rencontrer un adolescent tout aussi blessé que lui, même si ses cicatrices sont moins visibles : Ratso, un Indien. Tous deux vont apprendre à se connaître, au-delà de leurs sensibilités douloureuses et de leurs colères. Cette amitié leur permettra de surmonter ces souffrances, et au travers d’un voyage assez aventureux et incertain, à bord d’une voiture épave, en direction de la réserve indienne dont est originaire Ratso, de retrouver le goût de la vie et de l’avenir.

Avis : J’ai beaucoup aimé ce livre, un coup de cœur comme cela faisait longtemps que je n’en avais plus eu. Ce livre traite de la différence, qu’elle soit dûe au handicap, à la pauvreté, à l’origine… Il est facile à lire, pas trop long. Les émotions sont fortes, mais pour autant restent vraies et évitent le sensationnalisme. L’auteure sait nous ménager des surprises, ses personnages se dévoilent peu à peu, mais n’hésitent pas à garder une part de mystère. On a envie de savoir la suite de l’histoire, de comprendre les personnages et leur vie. On découvre la misère matérielle, psychologique et politique de la vie dans les réserves indiennes. Très belle lecture, que je recommande à partir de 14 ans.

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Les yeux de Rose Andersen, Xavier-Laurent PETIT

roman jeunesse immiagration Mexique Etats-Unis pauvreté misèreAdriana vit avec sa famille dans un minuscule village du Mexique, pas loin de la frontière avec les Etats-Unis. Ils sont pauvres, très pauvres. Lorsque la sécheresse transforme leur petit terrain de terre en poussière stérile, ils fuient ensemble vers la ville, pour trouver une misère encore plus absolue. Le père ne trouve aucun travail, son frère Guillermo rencontre des gens qui l’entraînent dans une très mauvaise direction, sa mère travaille des heures durant pour rapporter à peine quelques sous.

Le père a désormais une idée fixe, passer la frontière, au risque d’être abattus comme des chiens par les gardes-frontières.  Pour cela, il faut gagner de l’argent, beaucoup d’argent. Et s’ils réussissent à passer, rien n’est gagné pour eux, il faudra survivre, échapper aux dangers des villes américaines, et se faire une place. Mais Adriana est déterminée, et saura saisir sa chance quand ce sera le moment.

Mon avis : Ce roman est extrêmement violent, j’ai presque eu la nausée en le lisant. Les horreurs auxquelles sont confrontées les miséreux mexicains dans le bidonville puis lors de leur tentative d’immigration sont absolument scandaleuses et terrifiantes. Je ne peux qu’espérer que l’auteur en a rajouté, mais j’ai bien peur que non…

Ce roman permet de découvrir un aspect fort peu reluisant de notre monde, dans lequel le luxe relègue la misère de l’autre côté d’une frontière de barbelés, et n’hésite pas à abattre froidement ceux qui épuisés par le malheur, viennent chercher l’espoir d’une vie meilleure.

Attention toutefois à la violence du roman qui peut choquer certains ados un peu sensibles (en tout cas moi j’ai été choquée).

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Sweet Sixteen, Annelise Heurtier

Sweet sixteenEn 1957, le président américain décide de faire respecter la loi qui a été votée trois ans auparavant : la mixité des établissements scolaires, ouverts à tous, Noirs comme Blancs. Cette loi est rejetée dans les Etats du sud, de tradition ségrégationniste. Neuf étudiants noirs sont sélectionnés pour intégrer de lycée central de Little Rock en Arkansas. Le roman suit le vécu de Molly, l’une de ces étudiantes. Les étudiants sont harcelés, aggressés, humiliés sans cesse. Le président est obligé d’envoyer l’armée pour les protéger. En parallèle, on suit les préoccupations d’une jeune fille blanche toute entière concentrée sur son apparence physique, sur la fête de fin d’année, ses chances de sortir avec le plus beau garçon du lycée. On assiste à sa lente prise de conscience de la gravité des évènements qui l’entourent.

Mon avis : Ce roman est d’une violence inimaginable, non pas dans les faits, mais dans les attitudes, le langage. Je n’aurais jamais imaginé que par racisme on puisse faire des choses aussi dingues. J’ai rongé mes ongles tout au long de la lecture tellement j’étais prise par l’angoisse de ce qui pouvait arriver. J’ai beaucoup aimé cette lecture, même si j’ai fini un peu tremblante. La lecture est facile, mais l’histoire vraiment poignante. Le site Ricochet conseille le livre à partir de 11 ans. Pour ma part je le réserverais à des adolescents d’au moins 13 ans.

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