Bacha Posh, Charlotte Erlih

En Afghanistan, les femmes n’ont pas le droit de sortir sans être accompagnées d’un homme, un père, un frère ou un fils. Par conséquent, cela pose un problème dans les familles où il n’y a pas de garçon parmi les enfants. Pour remédier à ce problème, il existe une tradition, déguiser l’une des filles en garçon : on appelle cela une bacha posh. Cette fille a alors tous les droits des garçons : sortir librement dans la rue, étudier, faire du sport. Elle est exemptée des tâches ménagères réservées aux femmes dans cette culture. Et grâce à elle, sa mère et ses sœurs peuvent sortir, accompagnées. Cependant, le jour de sa puberté, cette liberté s’arrête, la jeune fille reprend son statut de fille, ne peut sortir plus que voilée intégralement, et accompagnée d’un homme.

Le roman raconte l’histoire de l’une d’elles, nommée Ferrukzad à la naissance, elle est depuis l’âge de 5 ans Ferrukh. Elle va à l’école, et a monté une équipe d’aviron. Forte de sa connaissance du français, elle a réussi à se procurer un bateau de compétition, et avec ses copains, ils espèrent pouvoir représenter l’Afghanistan aux jeux olympiques. Mais un jour, Ferrukhzad a ses premières règles, et est considérée désormais comme une fille. C’est sa petite sœur, Amira, qui va maintenant jouer le rôle d’un garçon. Les parents de Ferrukhzad mentent aux amis de celle-ci (celui-ci pour les amis), disent qu’il est parti. Ferrukhzad est désespérée, elle ne veut pas trahir ses amis si peu de temps avant les jeux olympiques. Elle va tenter de se révolter contre ses parents et la tradition.

Ce roman est très intéressant, je ne connaissais pas du tout cette tradition. Il n’y a pas de jugement ouvert sur cette tradition, le roman raconte juste les faits, l’action, et retrace les ressentis de la jeune fille.

Un article intéressant sur le sujet.

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Tu es une légende, Tim Winton

Ce roman est le troisième d’une trilogie. Je n’ai pas lu les précédents et cela ne m’a pas gênée une seule seconde. Il raconte l’histoire d’une famille très unie vivant en Australie. roman adolescents maladie dépression déprimeElle comporte deux parents dont le père est flic. Ils sont donc logés dans une maison prêtée par l’état, une maison un peu pourrie dans un quartier pas mal pourri. La mère est écolo, pleine d’énergie, elle élève ses trois enfants avec amour et bienveillance. L’aîné est le héros, il va au collège, s’est fait larguer l’année précédente par sa copine devant tout le monde, et cette année a dû supporter le déménagement de son meilleur copain. C’est pas trop la joie pour lui. Il a un frère cadet en fin d’école primaire, et une petite soeur encore bébé. Une vie assez banale somme toute. Mais d’un coup, tout change et devient compliqué. En effet, sa mère tombe en dépression et doit être hospitalisée. Lockie doit donc assumer la maison à sa place, changer la petite, faire les courses, préparer les repas, faire les lessives, et préparer sa rentrée au collège par dessus le marché. Il rend également visite à sa mère à l’hopital, essaie de renouer le contact avec elle par dessus ce brouillard de tristesse duquel elle semble incapable de sortir.

Ce roman est assez court, très agréable à lire. L’émotion est forte dans ce roman, il permet de découvrir la maladie de la dépression, souvent mal connue, et parfois méprisée. On peut ainsi mieux comprendre les gens qui en sont atteint. Cependant le roman ne tombe pas dans les lamentations et le désespoir. L’humour est toujours présent en sourdine pour nous remonter le moral, et le héros trouvera d’ailleurs une aide mystérieuse inespérée. Un très beau roman, émouvant et authentique.

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Simple, Marie-Aude MURAIL

Résumé : Kléber a 17 ans. Son frère Barnabé a 22 ans. On le surnomme « Simple ». Un problème a eu lieu pendant la grossesse, et il a maintenant l’âge mental d’un enfant de trois ans. Il joue aux playmobils, a un doudou appelé Monsieur Pinpin qu’il ne faut surtout pas perdre sous peine de grand drame et a un verolair (comprendre « revolver ») pour tuer les méchants (il avoue en chuchotant à Kléber que son vérolair, c’est son zizi, mais chuuuuut). Leur mère est morte depuis quelques années, et leur père a trouvé une nouvelle femme. Celle-ci a peur de Simple, et le père décide donc de le placer dans une institution pour handicapés, Malicroix. Mais Simple est malheureux là-bas. Alors, Kléber décide de le sortir de là, et de s’en occuper lui-même. Mais pas facile de s’occuper d’un frère classé débile mental lorsqu’on est en terminale et qu’on a envie de découvrir la vie, l’amour…simple
Après un bref passage chez une grande-tante, Kléber réussit à trouver une colocation avec 4 autres étudiants. La cohabitation sera parfois difficile, mais aussi enrichissante. Simple, avec son sans-gêne et ses remarques à mourir de rire permettra aux autres jeunes d’évoluer et de trouver le courage de changer leur vie.

Mon avis : Cet auteur me donne du travail. Chaque fois que je lis un nouveau roman d’elle, je suis obligée de faire un article tellement c’est bien ! Encore une fois j’ai eu envie de rire, de pleurer. Les remarques de Simple sont parfois juste bidonnantes. Il est tellement naturel et dit des trucs énormes aux gens. Et puis ça sert le coeur quand on le voit jouer avec ses playmobils et mettre en scène une bataille où le méchant Malicroix va tuer l’autre bonhomme parce que c’est un idiot et qu’il ne comprend rien.

Un livre magnifique, qui permet de réfléchir au handicap, à la place des personnes handicapées dans notre société, au regard que l’on porte sur eux. Il y a 200 pages, je le recommande donc aux lecteurs d’environ 13 ans, qui aiment un peu lire.

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Les Ostrogoths, Martine Pouchain

Résumé : Clovis appartient à une famille assez particulière. Son père avait une passion pour l’époque mérovingienne, les six enfants de la famille portent donc le nom soit d’un roi, soit d’une femme célèbre de cette époque (Clodomir, Théodoric, Clothaire, Clotilde et Natilde). Leur famille est pauvre, très pauvre. Lorsque le roman débute, leur père touche le RMI, qu’il dépense en boisson au café, et leur mère vient d’être licenciée. ostrogothsIls mangent des crêpes à l’eau, s’ahbillent au secours populaire, et sont rassurés, parce que jusqu’au 16 mars, il y a la trêve hivernale, qui interdit à leur propriétaire des les expulser. Clovis craque un jour au lycée et vole un baladeur CD. A l’intérieur, il trouve un CD d’un groupe bizarre, le Wolfgang, qu’il surnomme immédiatement le gang du loup. C’est du piano. Il va tomber amoureux de cette musique, et grâce à la grand-mère solitaire qui vit dans l’appartement au-dessus du leur, il commence à apprendre la musique. Cela lui redonne de l’espoir, et il s’accroche au rêve d’une vie meilleure, dans laquelle il pourrait devenir pianiste de jazz, et jouer dans les bars. Ce rêve l’aide à survivre quand tout va de plus en plus mal dans sa famille, au point que son père frappe sa mère puis un jour, achète un revolver. Clovis va s’accrocher à son rêve, et tout faire pour que tout ceci ne se termine pas en drame.

Mon avis : Le thème de la misère est traité avec un mélange d’humour et d’émotion qui m’a vraiment accrochée. Ces six gamins sont attendrissants dans leur lutte quotidienne pour être heureux malgré toute la misère qu’ils endurent. On tremble en voyant le père sombrer, et en essayant d’imaginer ce qu’il veut faire. Le thème de ce roman est très difficile, surtout sur la fin, il faut donc le réserver à des adolescents à partir de 14 ans.

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Boys don’t cry, Malorie Blackman

Résumé : Dante a 17 ans, il vient de passer ses examens de fin de lycée et attend les résultats pour aller à l’université. On sonne à la porte, ce n’est pas le facteur, mais son ancienne petite amie, qui a quitté le lycée et qu’il n’a jamais revue. Dans les bras elle porte un bébé. Elle lui annonce qu’il est père de ce bébé. Puis, elle sort faire quelques courses, l’appelle avec son portable, et lui annonce qu’en fait elle ne reviendra pas. Elle n’arrive pas à élever l’enfant seule, elle a peur de faire une bêtise, elle le lui confie. boysDante est paniqué, catastrophé. Il a rêvé mille fois sa vie, mais jamais de cette façon-là. Puis son père et son frère Adam (16 ans) arrivent (ils vivent tous les trois, la maman est décédée quelques années auparavant). Après le premier choc, son père l’oblige à affronter la réalité, Dante est maintenant père, et il doit assumer son enfant.

Le roman raconte aussi ce que vit son frère Adam. On apprend rapidement que celui-ci est homosexuel et l’assume entièrement. Cependant, les amis de Dante semblent avoir un problème avec ça et le lui font bien remarquer. Adam sait se défendre de leurs blagues et allusions douteuses. Seulement, un jour, la situation va virer au drame, et il va être passé à tabac sous le seul prétexte qu’il est homosexuel.

Mon avis : Un bouquin monstrueux, j’ai adoré. Je le range illico dans mes coups de coeur. La façon dont ces trois hommes surmontent l’arrivée d’une petite fille est magnifique, pareil pour la façon dont Dante peu à peu sent grandir l’amour paternel en lui, et le sens des responsabilités (au début, ça n’avait pas l’air gagné !). Le personnage d’Adam est également époustouflant de maturité sur sa sexualité. On sent qu’il s’assume complètement, contrairement à grand nombre de gens dans son entourage. Ce qui lui arrive m’a révoltée, complètement dégoûtée. Le roman est écrit tantôt du point de vue d’un garçon, tantôt du point de vue de l’autre. Il y a beaucoup de rythme, on ne s’ennuie jamais. Les réactions émotionnelles des personnages sont décrites avec beaucoup de justesse et de subtilité. Bref, vous avez compris, je recommande à fond !! Par contre, les sujets étant vraiment difficiles, je pense qu’il est préférable d’attendre 14 ans pour lire ce livre, au risque d’être choqué ou de ne pas bien comprendre les enjeux.

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Le tueur à la cravate, Marie-Aude Murail

Ruth a 14 ans. Sa mère est morte quatre ans auparavant. Son père est médecin anesthésiste, il travaille énormément. Un jour, Ruth fouille dans les affaires de son père pour montrer une photo de sa mère à une amie à elle. Elle tombe sur une photo de la classe de Terminale dans laquelle son père et sa mère s’étaient rencontrés. Sur la photo se trouve aussi la jumelle de sa mère, décédée il y a longtemps. Ruth a du mal à les différencier. Curieuse d’en savoir plus, elle s’inscrit sur un site d’anciens élèves, et publie la photo en se faisant passer pour son père. Elle reçoit les réponses de plusieurs camarades de ses parents. Certains mails évoquent des choses très étranges. Cette année-là, la jumelle de sa mère avait été assassinée, étranglée par une cravate. Un coupable, tueur récidiviste a été arrêté. Cependant, quelques personnes évoquent la culpabilité probable de quelqu’un de beaucoup plus proche d’elle, quelqu’un qui porte une cravate en permanence, son père.

Mon avis : Un excellent polar jeunesse, qui pourrait d’ailleurs tout à fait plaire aux adultes également. L’angoisse monte peu à peu. Le mystère est introduit avec beaucoup d’intelligence, on se pose de réelles questions sur le suspect. Les personnages sont riches et intéressants. La fin nous prend dans une forte angoisse qui donne envie de dévorer les dernières pages. Quelques petites touches d’humour viennent cependant détendre parfois l’atmosphère. A recommander plutôt à d’assez bons lecteurs, car le roman est assez dense.

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Argentina, Argentina…, Christophe Léon

Un journaliste français souhaite faire un article sur la prise de pouvoir de la junte militaire de 1976 à 1983. Il rencontre à Buenos Aires un homme, Ignacio, qui a vécu cette période et va lui livrer son témoignage. Le roman alterne entre la parole du journaliste et le récit de la vie d’Ignacio. Ce dernier était un enfant à l’époque de l’arrivée au pouvoir des militaires. Il vivait heureux avec ses parents, sa mère attendait un enfant. Son père appartenait aux opposants de la junte militaire. Un jour, toute la famille (sauf la grand-mère) est emmenée par les militaires. Ils sont séparés à l’entrée en prison. Le père va être torturé, le garçon, âgé de 6 ans sera battu dans l’espoir qu’il livre des informations. Puis, il est emmené chez un colonel appartenant au régime. Là on lui apprend que ses parents sont morts, et qu’il va être adoptés, il doit maintenant appeler ce colonel et sa femme « Papa » et « Maman », alors qu’ils appartiennent au clan de ceux qui ont assassinés ses parents. Le roman montre comment il va vivre cette épreuve, puis ce qu’il devient lors de la chute de la dictature militaire.

Mon avis : J’ai hésité un certain temps avant d’écrire la présentation de ce roman. En effet, les faits relatés sont très violents et m’ont un peu perturbée (je suis un peu sensible, mais là, quand même, c’est vraiment dur). Cependant ce roman m’a vraiment appris des choses sur cette période terrible en Argentine. 30 000 personnes ont été tuées par le régime militaire, notamment les disparus, dont personne n’a su ce qu’ils étaient devenus, dont les corps n’ont jamais été retrouvés. Plus de 500 nouveaux-nés ont été récupérés par la junte militaire et confiés à des couples proches du régime. Je trouve ce roman très intéressant du point de vue documentaire, les personnages sont assez attachants. Il ne faut cependant pas être trop sensible à la violence (rassurez-vous malgré tout, elle n’est pas présentée trop crûment). Pour des lecteurs à partir de 13, voire 14 ans.

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Mon amie Flicka, Mary O’Hara

Ken Mac Laughlin vient passer ses vacances dans le ranch familial. C’est un enfant rêveur et incompris de sa famille qui pourtant l’aime beaucoup. Son père décide de lui offrir un poulain afin qu’il apprenne à être plus terre-à-terre et à prendre des responsabilités. Mais son fils, contre tous ses conseils, choisit une jeune pouliche, Flicka, issue d’une lignée de chevaux sauvages et indomptables. Lorsque les hommes décident de l’attraper, elle s’enfuit, réagit avec furie et se blesse grièvement avec des barbelés. Tout le monde la pense condamnée. Seul Ken se bat pour la sauver et par là, l’apprivoiser.

Mon avis : Nul besoin d’aimer les chevaux pour être touché par l’amour que porte ce petit garçon différent à cette pouliche elle aussi différente. Ce roman nous présente un univers rude mais poétique, en contact avec la nature, le travail du ranch, les chevaux. C’est un beau roman pour des enfants d’environ 10 ou 11 ans, avec un goût pour la lecture plutôt bon, ou un peu plus tard pour des lecteurs moyens.