2ème chapitre : Le Monastère de la pierre plate

Dimanche dernier j’ai publié le premier chapitre de mon roman, la colère du Comte de Savoie. Aujourd’hui je vous propose de lire le début du deuxième chapitre intitulé Le Monastère de la pierre plate. On rencontre les héros, on découvre un peu mieux les lieux, l’intrigue va se mettre en place.

Chapitre 2 : Le Monastère de la Pierre Plate

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Un homme de haute taille se tenait sur les murailles du château de Quirieu. Large d’épaules, avec une vaste poitrine et des mains qui auraient pu étrangler un bœuf, cet homme était intimidant pour qui ne le connaissait pas, une impression renforcée par son air revêche. Barbu, les sourcils broussailleux, son visage était renfrogné et semblait avoir oublié le sourire depuis longtemps. Lire la suite

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1er chapitre : la colère du Comte de Savoie

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Le comte de Savoie donna un grand coup du plat de la main sur la table, faisant voler les feuilles de parchemin à travers la pièce.

« Mon oncle est un abruti ! Comment a-t-il pu laisser cette alliance se faire ? »

Amédée de Savoie marcha à grands pas dans la pièce, énervé par tout ce qu’il venait d’apprendre. Se ressaisissant, il passa le doigt le long de sa fine moustache. Âgé de quarante ans, il était comte de Savoie depuis quatre ans. Il avait passé les quatre premières années à guerroyer du côté de la Suisse et de la Bresse, remportant de nombreux succès. Son conseiller venait de le rappeler dans son château pour lui faire part des manoeuvres politiques de son puissant voisin et rival, Humbert Ier dauphin du Viennois.Celui-ci avait réussi à renverser une alliance qu’Amédée avait obtenue deux ans auparavant pour consolider le Sud de son état. Lire la suite

Le temps des miracles, Anne-Laure BONDOUX

Koumaïl a 12 ans lorsqu’il est trouvé par des douaniers, à la frontière française, caché au fond d’un camion transportant des porcs. Il ne sait pas parler un mot de français, à part quelques formules apprises par cœur. Il va retracer toute son histoire pour nous. Il arrive du Caucase, une région de Russie déchirée par les différents soulèvements ethniques et la répression russe. 11 ans auparavant, une jeune femme, Gloria, a assisté au déraillement d’un train, provoqué par un attentat. En se précipitant pour aider les passagers, elle découvre un bébé tenue par une femme blessée. miraclesElle recueille le bébé, et ne réussit jamais à retrouver la mère par la suite. Lorsque la guerre civile prend toute son ampleur, elle fuit avec l’enfant. Elle souhaite lui donner la chance de retrouver sa vraie patrie, la France, grâce au passeport qu’elle a récupéré dans les affaires que la maman du petit lui avait tendu en même temps que l’enfant. Cet enfant, c’est Koumaïl. Ils vont traverser ensemble de nombreuses épreuves qui ne sembleront ne jamais vouloir s’arrêter. Ils trouvent de temps en temps un havre de paix (bidonville, camp gitan, immeuble de réfugiés…) avant de devoir fuir à nouveau, avec pour ligne d’horizon, la France…

Mon avis : Ce livre est bouleversant tout en restant assez pudique. L’auteur nous présente des faits d’une gravité terrible, mais ne sombre jamais dans le mélo. Cela reste toujours très digne. L’histoire est impressionnante. Je trouve qu’il est toujours très difficile d’imaginer ce que les réfugiés peuvent avoir traversé. On pense au passage de la frontière, sans penser qu’avant cela, ils ont dû fuir durant des milliers de kilomètres, fuyant une guerre dont ils ne comprenaient pas les enjeux, la mort, la famine, la maladie, l’enrôlement de force… Et pourtant, au milieu de tout ce malheur, on constate qu’il est toujours possible de construire des amitiés, de forger des liens. Un de mes passages préférés est celui de l’université des pauvres Quant au personnage de Gloria, elle est fantastique de confiance en l’avenir, d’espoir, d’optimisme. Je recommande ce livre à partir de 13 ans, pour des lecteurs occasionnels ou réguliers.

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No pasarán, le jeu, Christian Lehmann

Eric, Thierry et Andreas sont trois copains fous de jeux sur ordinateur. Ils sont les seuls de la classe à avoir des ordinateurs puissants, capables de faire tourner les derniers jeux de guerre et de stratégie. Thierry est le plus petit, un peu fragile, et c’est aussi un crac de l’informatique de façon générale. Eric a une mère dépressive, un frère qui fait son service militaire et a été envoyé en Bosnie (l’histoire se passe à l’époque de la guerre de l’ex-Yougoslavie). Andreas est le plus grand, le plus costaud. Il est plus vieux que les autres. C’est lui qui apprécie le plus la violence des jeux. Il choisit toujours les jeux les plus sanguinolents, et le mode de jeu qui lui permettra de voir le plus de sang couler. 

Lorsque le roman débute, tous trois sont en Angleterre en voyage scolaire. Ils ont réussi à échapper à la surveillance des professeurs et vont dans une boutique de jeux vidéos planquée au fond d’un quartier louche de Londres. Là ils découvrent tous les derniers jeux à la mode à des prix extraordinaires. Soudain, le vendeur, un très vieil homme (ce qui les surprend dans une boutiques de jeux vidéos) a une réaction terrible face à un insigne en métal que porte Andréas.  Celui-ci quitte la boutique en colère. Répétant « ça ne finira jamais… » le vieil homme donne une disquette toute simple à Eric et Thierry, et leur ordonne de jouer à ce jeu avec leur ami. Face à ce support si minable, une simple disquette, les deux amis pensent qu’il s’agit d’un petit jeu ridicule. Lorsqu’ils le lancent, ils sont stupéfaits par les images et le son qui sortent soudainement de l’ordinateur. Et en commençant à jouer, ils vont découvrir un univers terrifiant, et apprendre sur eux-mêmes et sur leur ami des choses qu’ils auraient souhaité ne pas savoir.

Mon avis : Voici un excellent roman sur le thème des jeux vidéos. L’exaltation qui peut naître chez le joueur face à l’enchaînement des images est très bien décrit. Le roman date de 1996, on pourrait donc craindre que l’univers des jeux vidéos qui y est décrit soit complètement ringard, mais l’auteur a su écrire d’une façon qui reste assez durable. Evidemment, les matériels ont changé, les titres également, mais au final, la passion qui s’empare du joueur est toujours la même, les univers parcourus se ressemblent. On trouve un vrai plaisir à la lecture de ce roman, une vraie angoisse aussi face à ce que doivent affronter les personnages. Je recommande ce roman évidemment aux joueurs passionnés, histoire qu’ils sortent un peu la tête de leurs écrans, et apprennent non pas à refuser le jeu vidéo (c’est un plaisir comme un autre), mais à le considérer avec plus de recul et de sens critique. Ceux qui ne sont pas joueurs apprécieront aussi ce roman car l’histoire est pleine de suspense.

Il y a une suite : Andréas, le retour, mais je ne l’ai pas encore lue. Dès que je trouve le roman, je viens compléter l’article.

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Le joueur d’échecs, Stefan Zweig

Sur un bateau, le narrateur rencontre le champion mondial des échecs, Czentovic, brute épaisse, personnage arrogant, cupide et illettré, mais génie monomaniaque des échecs. Des passagers l’affrontent, perdant sans aucune gloire toutes les parties, lorsqu’un mystérieux inconnu (désigné par les initiales M.B.) surgit, les aide, et parvient à mettre le champion à mal. Cet homme affirme n’avoir pourtant jamais joué aux échecs « pour de vrai ». Il va raconter son histoire, terrible, au narrateur. Il a subi de la part des nazis une torture mentale de l’isolement le plus complet, duquel il s’est échappé grâce à un manuel d’échecs.

Ce roman, très court (presqu’une nouvelle en fait) remporte un énorme succès auprès de mes élèves de 2nde et 1ère . C’est une de mes meilleures cartes pour amener à la lecture les élèves récalcitrants. Ils sont choqués par l’attitude de Czentovic, perturbés par l’histoire de M.B. et la taille particulièrement réduite du livre les met en confiance quant à leurs capacités de tout lire. A recommander absolument.

A partir de 14-15 ans.

Be safe, Xavier-Laurent PETIT

Oskar a 16 ans, il fait de la musique dans son garage avec son frère Jimmy, 18 ans. Ce dernier a arrêté l’école deux ans auparavant, espérant trouver un boulot et gagner sa vie, mais pour le moment il ne fait que traîner. Un jour deux recruteurs de l’armée lui promettent un métier, constructeur de ponts, lui promettent qu’avec cette spécialité il n’a aucun risque d’aller au front et lui font miroiter une vraie vie d’homme. Dans la demi-heure, il a signé un engagement pour 4 ans. Au camp d’entraînement, il s’avère qu’il est plutôt doué pour le tir, et finalement, se trouve engagé dans une section des forces spéciales et envoyé en Irak. Il part tout fier, mais au bout de 15 jours, Oskar reçoit un mail dans lequel Jérémy  avoue son horreur pour ce qui se passe, sa terreur de ce qu’on va lui demander de faire, un jour, et son désespoir. Toute l’histoire est racontée par Oskar entre la musique qu’il continue avec sa nouvelle amie, Marka, et les nouvelles qu’il reçoit de son frère.

Voici une grande découverte que ce roman. La guerre est montrée avec beaucoup de pudeur, puisqu’on ne la voit directement, mais seulement par les lettres de Jérémy, mais également sans aucune concession. On sent dans le texte une émotion sincère, touchant au vécu. Ce roman mélange les thèmes de la guerre, la musique, l’amour, ce qui en fait une belle réussite qui plait aux adolescents. Si certains s’effraient des 250 pages, qu’ils se rassurent, c’est écrit gros !

A partir de 13 ans, pour tous niveaux de lecteurs.

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