Verte, Marie Desplechin

Verte vit seule avec sa maman, Ursule. Elle va à l’école, comme tout le monde, vit dans un appartement, comme beaucoup… Mais elle est différente des autres malgré tout, car sa mère est une sorcière. Et chez lroman sorcières primaire collègees sorcières, les pouvoirs se transmettent de mère en fille aînée. Aussi, Verte sait-elle qu’un jour, ses pouvoirs se manifesteront.

Cependant, Verte ne trouve pas ça du tout génial. Devenir une sorcière qui fait des potions qui puent, dans le but de jeter des mauvais sorts, et rester seule toute sa vie ? Non merci ! Elle a envie d’avoir une vie normale. D’ailleurs, ce qui l’intéresse en ce moment, c’est ce garçon à l’école, Soufi. Elle aimerait bien aussi connaître son père, qu’elle n’a jamais rencontré.

Sa mère qui désespère de tirer quelque chose d’elle décide de la confier à sa propre mère, la grand-mère de Verte, Anastabotte, tous les mercredis afin de voir si elle parviendra à lui enseigner quelque chose.

Mon avis : L’histoire est racontée successivement par plusieurs personnages, la mère, la grand-mère, Verte, le garçon… Chacun explique sa façon de comprendre les choses, le rapport à la magie, les relations entre personnages, les émotions de chacun. Ce livre, pourtant court et écrit dans une langue très simple, est en même temps très riche. Il permet de s’interroger sur la famille, la transmission, le libre-arbitre, les préjugés…

Il peut être lu par des lecteurs très jeunes (catégorie à partir de 10 ans sur ce blog car c’est la plus basse, mais de bons lecteurs de 8 ou 9 ans pourront y trouver du plaisir également).

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Le troisième vœu, Janette Rallison

Savannah a 15 ans, un petit ami qui est en terminale, dans la même classe que sa sœur. Elle prévoit d’aller au bal de fin d’année avec lui. Sauf que… contre tout attente, son petit ami tombe fou amoureux de sa sœur, et rompt avec Savannah.

Celle-ci est très en colère, et surtout désespérée. C’est alors qu’apparaît dans sa vie une jeune fée, qui se présente comme une Marraine fée débutante. Elle lui donne le droit à trois vœux, pour lesquels Savannah doit signer un contrat. Sans se méfier, Savannah se met à rêver à voix haute, d’un prince, qui la rencontrerait dans un bal, et tomberait amoureux d’elle…. Et crac, la fée l’expédie aussitôt dans la vie de Cendrillon. Sauf que ce n’est pas à franchement parler la Cendrillon de Disney, mais une jeune fille vivant au Moyen-Âge, avec toutes les difficultés que cela comporte. Savannah découvre effarée que le bal aura lieu seulement plusieurs mois plus tard, et qu’elle va devoir travailler comme une forcenée dans un monde sale, injuste et difficile tout ce temps. roman adolescentes amour contes de fées humour suspense histoire

Elle essaie alors de préciser sa pensée à sa Marraine fée, en expliquant qu’elle veut être aimée par un prince bon et elle n’a pas le temps de terminer sa phrase que la Marraine fée l’expédie dans la vie de Blanche-Neige. C’est encore pire. Maintenant elle doit s’occuper de sept nains, qui la prennent pour une idiote finie, incapable de rien comprendre, rien retenir et de rien cuisiner de mangeable.

Savannah en a plus que marre, après 50 appels (il faut dire que sa Marraine fée débutante est une ado qui ne pense à rien d’autre qu’au shopping et ne répond qu’après 36 relances), elle arrive enfin à expliquer à sa Marraine fée qu’il faut qu’elle l’écoute jusqu’au bout lorsqu’elle prononce son voeu, et qu’elle arrête de lui couper la parole. Elle prend donc le temps d’expliquer que ce qu’elle veut, c’est un garçon dans son monde à elle, qui l’aimera pour elle-même et pas juste pour sa figure, qui soit du genre prince charmant (entendez dans la bouche de Savannah, un mec cool, mais que va en comprendre la fée…!!) et qu’elle veut aller au bal de fin d’année avec lui.

Tout va bien, la voici de retour dans sa chambre. Heureuse, elle profite de retrouver sa famille, l’eau courante, l’électricité. Personne ne s’est inquiété de sa disparition, car une heure dans le monde réel correspond à une semaine dans le monde des contes. Sauf que le lendemain, elle apprend qu’un ami à elle a disparu. Elle comprend aussitôt que la fée est responsable. Celle-ci lui avoue alors qu’elle a transporté un garçon du monde moderne au Moyen-Âge, en lui donnant pour mission d’accomplir quelque chose qui fasse de lui un Prince, puisque c’est ce que Savannah veut. Dévorée par la culpabilité Savannah va trouver une solution pour se faire transporter là-bas, afin de lui venir en aide. Ses aventures (et mésaventures) sont loin d’être terminées…

Mon avis : Je n’ai pas du tout accroché au début du roman, j’ai failli arrêter, c’est pour dire. La vie de Jane et Savannah dans le monde réel n’a rien de très palpitant. Par chance je me suis accrochée, et bien m’en a pris, car la suite est délicieuse. Je me suis beaucoup amusée des déboires de Savannah dans le monde des contes de fées. Sa prise de conscience des difficultés de la vie au Moyen-Âge est très bien racontée, et on rigole beaucoup. De même avec sa relation avec cette horripilante Marraine fée qui semble prendre un malin plaisir à mal interpréter ses vœux. Ce fut donc finalement un très chouette moment de lecture, pour un roman un peu à l’eau de rose, mais en mode humoristique, avec du suspense, une petite pointe de littérature par le jeu de réécriture des contes, et une encore plus petite pointe d’histoire.

A recommander à des adolescents qui aiment quand même bien lire car c’est un joli petit pavé, et le brouillage des époques et des personnages peut en perturber plus d’un.

Le royaume de Thirrin, tome 1 & 2, Stuart Hill

Voici une nouvelle saga de littérature de fantasy à destination des adolescents. J’ai beaucoup aimé et à plusieurs titres. Déjà, c’est une saga en deux volumes, certes longs (très longs même : 543 pages pour le premier et 670 pour le second, tout ça en grand format), mais malgré tout qui se termine. J’en ai un peu marre des sagas dont on ne voit pas le bout, où il faut lire 50 tomes pour enfin connaître le fin mot de l’histoire. Ici au moins, on avance, on prend son temps, on déguste, et on sait où on va.

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Par ailleurs, j’ai énormément aimé le souffle é

pique qui traverse et transcende toute l’histoire. On enchaîne glorieuses batailles, actes de bravoure, chevauchées infernales, combats chevaleresques. Une grande épopée, à la Raymond Feist (d’ailleurs j’ai trouvé à plusieurs reprises qu’on sentait son influence dans les pages de ces romans).

L’auteur nous livre de magnifiques descriptions des différents paysages traversés, les personnages sont sympathiques, même s’ils ont leurs petits défauts.

J’ai trouvé aussi très amusantes les références au monde réel. Dans cet univers, il existe la ville de Venise avec son doge, un empire du désert qui fait penser à l’empire ottoman. Pourtant ce n’est pas le monde réel, c’est une sorte de mélange entre imaginaire et réalité que j’ai trouvé savoureux.

J’ai quand même été déçue par un aspect de l’histoire. La dimension magique est très peu exploitée. Un des personnages du premier tome se révèle peu à peu avoir des pouvoirs magiques exceptionnels, et une ascendance mystérieuse. Mais cela ne nous sera jamais expliqué vraiment. On ne sait pas comment il a pris connaissance de son potentiel magique, comment la magie fonctionne dans ce monde, son personnage est trop peu exploité à mon goût dans le récit.

Je vous raconte rapidement l’histoire :

Thirrin, princesse de Haute-Froidurie a 14 ans lorsque son petit pays du Nord est envahi par l’empire voisin, géant belliqueux jamais vaincu depuis 15 ans de guerres d’invasion. Son père part au combat dans l’espoir d’arrêter les envahisseurs et de les bloquer jusqu’à l’arrivée de l’hiver, qui à cause des chutes de neige et de la descente de la glace dans les cols de la frontière, protègera son pays. Il espère qu’ainsi sa fille Thirrin et son peuple sauront se

 préparer à affronter leur ennemi pour sauver leur royaume.

Thirrin part alors en quête d’alliés. Pleine d’audace et faisant preuve d’une ouverture d’esprit sans précédent, elle ira à la rencontre des peuples avec lesquels son pays a été en guerre pendant de nombreuses années. Mais leur alliance sera-t-elle suffisante pour affronter l’armée gigantesque et invaincue du général machiavélique qui a juré leur perte ?

Tome 2 :

20 ans ont passés, pendant lesquels le général Scipio Bellorum a retrouvé tout le prestige qu’il avait perdu par sa défaite en Haute-Froidurie. Il a mis au point de nouvelles machines de combat, et se décide à envahir son voisin du Nord avec l’armée la plus grande qu’on ait jamais vu. Il vient avec ses deux fils, de véritables bêtes de guerre, élevés dans la cruauté.

Thirrin a eu 4 enfants. Chacun d’eux trouvera son rôle et rencontrera son destin, plus vaste que ce qu’il avait imaginé pendant cette nouvelle guerre. On suit leurs parcours en parallèle dans une oeuvre qui prend une dimension plus large que le tome précédent, pour toujours autant de plaisir de lecture.

Sur le site de la FNAC : tome 1tome 2

Cette chronique constitue ma deuxième participation au challenge de littérature de l’imaginaire.

Circus Mirandus, Cassie Beasley

Ca faisait longtemps que je n’avais pas pris tant de plaisir à lire un roman jeunesse. Je l’ai dévoré en une après-midi.

L’histoire est assez loufoque. Il s’agit d’un petit garçon qui vit avec son grand-père. Celui-ci est gravement malade, et a demandé à sa soeur de venir pour l’aider à s’occuper du petit garçon. Mais cette grande-tante est abominablement désagréable, acariâtre. Elle fait tout pour empêcher le petit garçon de communiquer avec son grand-père, et notamment pour empêcher ce dernier de raconter à son petit-fils les histoires du cirque Mirandus.roman jeunesse cirque magie fantastique

En parallèle, on suit le récit de la vie du grand-père enfant, lorsque son père était à la guerre en Europe et lui seul avec sa maman. Il faisait souvent l’école buissonnière. Un jour, il s’est dirigé vers l’endroit d’où lui provenaient des sons de clarinette et de tambour. Il a alors découvert un cirque merveilleux, un cirque magique, inaccessible aux adultes et aux personnes insensibles à la magie. Pendant une semaine il a admiré les spectacles, surtout celui du Plieur de lumière, une magicien illusionniste. Il lui a à son tour montré son don, celui de faire des noeuds presque magiques. En échange de cette démonstration, le Plieur de Lumière lui a offert un miracle, un miracle à durée indéterminée, à utiliser quand il en ressentirait le besoin.

C’est alors que les deux époques se rencontrent puisque le vieux grand-père sur son lit de mort a décidé d’utiliser enfin son miracle. Son petit-fils est fermement décidé à l’aider à retrouver le Plieur de Lumière et à obtenir son miracle.

Mon avis : Cette histoire est difficile à raconter, mon résumé ne lui rend pas bien hommage. J’ai trouvé qu’elle était très douce, agréable, lumineuse. On est dans un univers fantastique très sympathique, avec une vision de la magie différente des romans qu’on lit souvent. Cette originalité est rafraîchissante et tout à fait plaisante. Ce livre peut-être lu à partir de 10 ans, pour d’assez bons lecteurs cependant.

Sur le site de la FNAC.

A comme Association, Erik L’Homme et Pierre Bottero

Le premier tome commence avec le personnage de Jasper. Il a quinze ans, va au lycée, ne voit jamais ses parents qui sont sans cesse en train de conclure de gros marchés pour son père ou en stage de yoga-poterie-méditation pour sa mère, et surtout, il est stagiaire dans l’Association. Le rôle de l’Association est de régler les rapports entre les Normaux (les humains) et les Anormaux (les trolls, vampires, gobelins, garous…), et ceci grâce aux Paranormaux (des humains qui ont développé des pouvoirs particuliers. Jasper est maigre, s’essouffle vite, n’arrête pas de faire des jeux de mots, et surtout, il a un vrai talent pour la magie. Sa première mission de stagiaire consiste à s’occuper d’un trafic de drogue chez les vampires.

Dans le deuxième tome, c’est Ombe qui prend la parole. Orpheline, elle a toujours été plutôt indépendante et solitaire. L’Association l’a recrutée avant ses quinze ans à cause d’une de ses particularités : elle ne se casse presque jamais. Comprenez qu’elle a une force extraordinaire pour une jeune fille de son âge, et qu’elle peut sauter du 4ème étage ou se prendre une baffe de troll sans effet désagréable particulier. Par contre, elle déteste la magie, ce qui lui joue parfois des tours dans ses missions, notamment pour respecter la règle de l’Association qui veut que l’on reste discret en toutes circonstances.

Mon avis : J’adore cette série. J’ai avalé les deux premiers tomes sans une seule pause. Le style des auteurs est plein d’humour, des jeux de mots partout (d’ailleurs je pense être loin de les avoir tous repérés à la première lecture). Les deux héros successifs sont attachants chacun à leur manière (j’ai mis plus de temps avec Ombe, mais finalement elle m’a bien plu). J’ai hâte de les voir travailler ensemble ! Ces romans plairont évidemment à tous les amateurs du style, et il faudrait voir s’ils pourraient attirer également des adolescents peu coutumier de cet univers. Et pour les lecteurs addict comme moi, c’est super !! Il y a au moins 8 tomes !!! Je vais voir ce que ça donne chez les élèves, et j’en reparle.

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