Le troisième vœu, Janette Rallison

Savannah a 15 ans, un petit ami qui est en terminale, dans la même classe que sa sœur. Elle prévoit d’aller au bal de fin d’année avec lui. Sauf que… contre tout attente, son petit ami tombe fou amoureux de sa sœur, et rompt avec Savannah.

Celle-ci est très en colère, et surtout désespérée. C’est alors qu’apparaît dans sa vie une jeune fée, qui se présente comme une Marraine fée débutante. Elle lui donne le droit à trois vœux, pour lesquels Savannah doit signer un contrat. Sans se méfier, Savannah se met à rêver à voix haute, d’un prince, qui la rencontrerait dans un bal, et tomberait amoureux d’elle…. Et crac, la fée l’expédie aussitôt dans la vie de Cendrillon. Sauf que ce n’est pas à franchement parler la Cendrillon de Disney, mais une jeune fille vivant au Moyen-Âge, avec toutes les difficultés que cela comporte. Savannah découvre effarée que le bal aura lieu seulement plusieurs mois plus tard, et qu’elle va devoir travailler comme une forcenée dans un monde sale, injuste et difficile tout ce temps. roman adolescentes amour contes de fées humour suspense histoire

Elle essaie alors de préciser sa pensée à sa Marraine fée, en expliquant qu’elle veut être aimée par un prince bon et elle n’a pas le temps de terminer sa phrase que la Marraine fée l’expédie dans la vie de Blanche-Neige. C’est encore pire. Maintenant elle doit s’occuper de sept nains, qui la prennent pour une idiote finie, incapable de rien comprendre, rien retenir et de rien cuisiner de mangeable.

Savannah en a plus que marre, après 50 appels (il faut dire que sa Marraine fée débutante est une ado qui ne pense à rien d’autre qu’au shopping et ne répond qu’après 36 relances), elle arrive enfin à expliquer à sa Marraine fée qu’il faut qu’elle l’écoute jusqu’au bout lorsqu’elle prononce son voeu, et qu’elle arrête de lui couper la parole. Elle prend donc le temps d’expliquer que ce qu’elle veut, c’est un garçon dans son monde à elle, qui l’aimera pour elle-même et pas juste pour sa figure, qui soit du genre prince charmant (entendez dans la bouche de Savannah, un mec cool, mais que va en comprendre la fée…!!) et qu’elle veut aller au bal de fin d’année avec lui.

Tout va bien, la voici de retour dans sa chambre. Heureuse, elle profite de retrouver sa famille, l’eau courante, l’électricité. Personne ne s’est inquiété de sa disparition, car une heure dans le monde réel correspond à une semaine dans le monde des contes. Sauf que le lendemain, elle apprend qu’un ami à elle a disparu. Elle comprend aussitôt que la fée est responsable. Celle-ci lui avoue alors qu’elle a transporté un garçon du monde moderne au Moyen-Âge, en lui donnant pour mission d’accomplir quelque chose qui fasse de lui un Prince, puisque c’est ce que Savannah veut. Dévorée par la culpabilité Savannah va trouver une solution pour se faire transporter là-bas, afin de lui venir en aide. Ses aventures (et mésaventures) sont loin d’être terminées…

Mon avis : Je n’ai pas du tout accroché au début du roman, j’ai failli arrêter, c’est pour dire. La vie de Jane et Savannah dans le monde réel n’a rien de très palpitant. Par chance je me suis accrochée, et bien m’en a pris, car la suite est délicieuse. Je me suis beaucoup amusée des déboires de Savannah dans le monde des contes de fées. Sa prise de conscience des difficultés de la vie au Moyen-Âge est très bien racontée, et on rigole beaucoup. De même avec sa relation avec cette horripilante Marraine fée qui semble prendre un malin plaisir à mal interpréter ses vœux. Ce fut donc finalement un très chouette moment de lecture, pour un roman un peu à l’eau de rose, mais en mode humoristique, avec du suspense, une petite pointe de littérature par le jeu de réécriture des contes, et une encore plus petite pointe d’histoire.

A recommander à des adolescents qui aiment quand même bien lire car c’est un joli petit pavé, et le brouillage des époques et des personnages peut en perturber plus d’un.

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Chapitre 5 : Le festin

Chapitre 1Chapitre 2Chapitre 2 suiteChapitre 3 début, Chapitre 3 suite, Chapitre 4

Depuis le matin, le château de Quirieu était le théâtre d’une agitation peu commune en ces lieux habitués à la personnalité austère de leur seigneur. Dans la cour on entendait histoires et chansons, de la cuisine s’échappaient les odeurs de pièces de gibier mises à rôtir, d’herbes parfumées… Les servantes s’affairent en tous sens pour préparer les chambres des hôtes attendus. Les soldats étaient sur le qui-vive car quatre seigneurs des environs étaient attendus avec leur escorte. Il fallait les accueillir avec courtoisie sans pour autant relâcher la surveillance du château, ainsi que l’exigeait sa position frontalière. Les dernières chevauchées du comte de Savoie remontaient à trois ans, mais le souvenir de leur violence meurtrière demeurait dans les esprits de tous ces valeureux chevaliers, et aucun ne prenait son devoir à la légère. Lire la suite

Chapitre 4 : Une révélation

Chapitre 1Chapitre 2Chapitre 2 suiteChapitre 3 début, Chapitre 3 suite

Béranger chevauchait à travers la forêt, en direction du château de Belmont. Rien ne lui plaisait tant que de galoper, seul dans les bois, de sentir son corps onduler au rythme du cheval. Pour ceci, il était reconnaissant au seigneur Aimeric de lui avoir confié ces courriers. Pourtant, son coeur était empli d’un orage de sentiments tumultueux. Il avait du mal à faire le tri dans les pensées qui se bousculaient derrière son front. Qui était son père ? Tout le monde au château chuchotait qu’il était le bâtard d’Aimeric. Pourquoi Aimeric refusait-il de l’avouer ? C’était monnaie courante chez les seigneurs de donner une place officielle à leurs enfants illégitimes, surtout en l’absence de descendant mâle. Il sentait bien quand même que le seigneur lui réservait un sort particulier. Il avait appris à monter à cheval, un honneur réservé aux chevaliers. Au château il avait plus le rôle d’un page que d’un serviteur. Cependant, Aimeric lui avait toujours interdit de toucher une arme. Mais pourquoi ? Béranger serrait les dents de frustration. S’il était son fils, il avait le droit d’apprendre à se battre ! Cette décision était complètement injustifiée. Lire la suite

Chapitre 3 : D’étranges bohémiens (début)

Chapitre précédent

A quinze lieues de là à vol d’oiseau, de l’autre côté de la Montagne de l’Epine, un étrange dialogue se tenait. Un homme recouvert d’un capuchon noir se tenait face à une troupe de bohémiens dépenaillés et portant des objets aux formes biscornues. Leur chef, grand escogriffe au profil de renard discutait âprement avec l’homme en noir.

« Avez-vous bien compris votre mission ? Il vous faudra être extrêmement discrets. Le seigneur Aimeric est un homme d’une grande méfiance. Depuis plus de dix-huit mois que nous cherchons à infiltrer un espion chez lui, toutes nos tentatives ont été déjouées.

– Ne vous inquiétez pas Monsieur le Conseiller, assura l’homme au profil de renard. Les ménestrels sont toujours bien accueillis, et si jamais on nous surprend à fureter, notre réputation de curieux nous protégera. Mais n’oubliez pas : pas d’argent, pas de renseignements. »

L’homme en noir acquiesça d’un geste nerveux, ce qui fit glisser son capuchon, révélant le visage du conseiller du Comte de Savoie.

Suite du chapitre 3

2ème chapitre : Le Monastère de la pierre plate

Dimanche dernier j’ai publié le premier chapitre de mon roman, la colère du Comte de Savoie. Aujourd’hui je vous propose de lire le début du deuxième chapitre intitulé Le Monastère de la pierre plate. On rencontre les héros, on découvre un peu mieux les lieux, l’intrigue va se mettre en place.

Chapitre 2 : Le Monastère de la Pierre Plate

1291

Un homme de haute taille se tenait sur les murailles du château de Quirieu. Large d’épaules, avec une vaste poitrine et des mains qui auraient pu étrangler un bœuf, cet homme était intimidant pour qui ne le connaissait pas, une impression renforcée par son air revêche. Barbu, les sourcils broussailleux, son visage était renfrogné et semblait avoir oublié le sourire depuis longtemps. Lire la suite

1er chapitre : la colère du Comte de Savoie

1289

Le comte de Savoie donna un grand coup du plat de la main sur la table, faisant voler les feuilles de parchemin à travers la pièce.

« Mon oncle est un abruti ! Comment a-t-il pu laisser cette alliance se faire ? »

Amédée de Savoie marcha à grands pas dans la pièce, énervé par tout ce qu’il venait d’apprendre. Se ressaisissant, il passa le doigt le long de sa fine moustache. Âgé de quarante ans, il était comte de Savoie depuis quatre ans. Il avait passé les quatre premières années à guerroyer du côté de la Suisse et de la Bresse, remportant de nombreux succès. Son conseiller venait de le rappeler dans son château pour lui faire part des manoeuvres politiques de son puissant voisin et rival, Humbert Ier dauphin du Viennois.Celui-ci avait réussi à renverser une alliance qu’Amédée avait obtenue deux ans auparavant pour consolider le Sud de son état. Lire la suite

Résolution 2015 : je me lance dans l’écriture d’un roman historique

Depuis quelques mois un roman me trotte dans la tête. J’avais pensé à cette trame lors d’un travail de groupe avec mes élèves des Avenières. Depuis, l’idée se balade, s’enrichit, se précise. Aussi c’est décidé ! En 2015, vous pourrez suivre sur ce blog l’avancée du roman. Je vais essayer de me fixer la progression d’un chapitre par semaine. J’espère que vous serez nombreux à suivre cette avancée !

Pour les curieux, voici le contexte de l’histoire :
Au XIIIème siècle, la Savoie et le Dauphiné sont deux territoires rivaux. Les tensions sont fortes, et les guerres se succèdent. Les héros s’appellent Ermeline et Béranger.  Ils ont 15 ans et habitent Quirieu, un château situé à la frontière entre ces ennemis ancestraux, mais du côté Dauphiné. Ermeline est la fille du châtelain, Béranger est son frère de lait. Le château du père d’Ermeline est un des premiers dans la défense du territoire contre les comtes de Savoie. Sa famille va subir une trahison et les deux enfants devront à eux tous seuls sauver l’honneur de la famille et empêcher une invasion.