Ceux qui sauront, Pierre Bordage

Une uchronie est un roman mettant en scène notre monde géographiquement identique, mais historiquement modifié. Un événement historique que nous connaissons n’a pas eu lieu et le romancier imagine comment le monde a donc évolué finalement.roman histoire rébellion révolution adolescent ado

Dans Ceux qui sauront, Pierre Bordage imagine que les royalistes ont renversé la IIIème République. Toutes les avancées obtenues suite aux différentes révolutions en France sont annulées. La monarchie gouverne depuis Versailles, la police royale rode et arrête tous les supposés agitateurs et opposants, et surtout les gens du peuple qui auraient le mauvais goût de se rebeller. Nous sommes en 2008, mais à cause de la monarchie, le monde a peu évolué, et surtout les inégalités sont criantes.

L’instruction est interdite aux classes défavorisées, internet est bridé et réservé aussi à l’élite. Les nobles vivent dans le luxe et profitent des progrès technologiques pendant que le peuple a des conditions de vie atroces.

Mais certains ne veulent pas de ce monde injuste. Un réseau clandestin essaie d’apprendre au peuple les rudiments du savoir. C’est dangereux, ils sont considérés comme des terroristes. Ce réseau publie également sur internet des informations sur la situation dans le monde, permet aux gens de communiquer alors qu’ils n’en ont pas le droit.

Les personnages du récit sont d’un côté Clara, riche héritière, promise à un mariage forcé avec un riche prétendant, et de l’autre, Jean, fils d’une famille pauvre, qui apprend à lire clandestinement, malgré les dangers. Tous deux rêvent d’un autre avenir que celui auquel ils sont destinés. Un événement inattendu va bouleverser leur vie, les faire se rencontrer et croiser peut-être l’espoir.

Mon avis : Ce roman est le premier d’une trilogie passionnante. J’ai vraiment beaucoup aimé (j’hésite presque à la classer en coup de cœur, je verrai quand j’aurai terminé la trilogie), et mes élèves aussi. Il est à réserver aux adolescents à partir de 13 voire 14 ans, car il faut une certaine maturité pour comprendre les enjeux de l’uchronie. De plus, suivre deux histoires croisées peut être un peu difficile pour les petits lecteurs. Il est plutôt épais (440 pages), donc à réserver à ceux que cela n’effraie pas.

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Le Clan des Otori, Lian Hearn

L’histoire se passe dans un Japon féodal imaginaire, et nous plonge dans les intrigues de seigneurs guerriers de la contrée des Trois Pays. Nous rencontrons Tomasu, jeune garçon vivant dans un village d’Invisibles. Ces gens croient en un dieu unique qui prônerait que tous les hommes sont égaux. A cause de cela, ils sont persécutés par le Seigneur Iida Sadamu, chef du clan des Tohan. Pendant une sortie de Tomasu, tout son village est massacré. En revenant, il se retrouve face au terrible Iida, et parvient, quasiment par hasard, à le désarçonner. Il se fait là un ennemi mortel. Il prend la fuite car il sait que désormais sa mort sera lente et douloureuse. Par chance, il croise la route de Shigeru des Otori, un seigneur guerrier d’un clan opposé à celui d’Iida. Tous deux fuient dans l’incognito. Shigeru ramène Tomasu chez lui, lui donne le nom de Takeo, et décide de prendre en charge son éducation dans le but de l’adopter.

 Tous murmurent en effet que le garçon ressemble au frère de Shigeru, mort dans une bataille l’opposant à Iida, suite à laquelle les Otori ont perdu de nombreuses terres. Takeo découvre que si Shigeru Otori l’a trouvé et recueilli, ce n’était pas par hasard. Il semble connaître mieux que lui ses origines, et lui en dévoile peu à peu les secrets. Takeo apprend alors que par son père, il est l’un des descendants de la Tribu, groupe secret, sorte de guilde d’assassins et d’espions dont les membres possèdent des dons particuliers. Ainsi, Takeo a une ouïe sur-développée, il est capable d’endormir les chiens du regard, il apprend à se dédoubler, à se rendre invisible… Shigeru lui demande de développer ses dons au maximum. Takeo comprend que Shigeru a une mission secrète à lui demander, mission dont les intérêts rejoignent les siens : se venger d’Iida. Mais les influences sont nombreuses et parfois contradictoires, cette mission semble difficile à mener à bien.

Le Clan des Otori est une magnifique fresque historique. L’univers n’est pas strictement celui du Moyen-Age, certaines villes sont inventées, l’histoire véritable du Japon n’est pas respectée à la lettre. Cependant, on découvre vraiment les codes de ce peuple guerrier, la Tribu évoque l’imaginaire des ninja, il y a des références à la peinture traditionnelle du Japon, sa calligraphie, ses monastères… Les personnages sont fascinants, pleins de complexité. On découvre la profondeur de leur caractère petit à petit en avançant dans la lecture. Le héros a une personnalité extraordinaire, partagée entre une force exceptionnelle mais aussi beaucoup de faiblesse. J’ai vraiment beaucoup aimé toute la série. De plus, j’apprécie particulièrement que chaque roman se clôture d’une certaine façon. On a bien sûr envie de lire la suite pour connaître toute l’histoire du clan des Otori dont Takeo est désormais l’héritier, mais si on se fatigue de la lecture, on peut s’arrêter sans trop de frustration. Pour ma part, j’ai adoré les quatre tomes (l’auteur en a écrit un cinquième, racontant les évènements précédents le début du premier tome et notamment ceux conduisant à la mort du frère de Sire Shigeru des Otori. Je ne l’ai pas encore lu, mais ça ne saurait tarder !). Les personnages s’enrichissent tout au long de la saga, on découvre de nouvelles dimensions de cet univers, notamment dans le tome 4 où l’empereur s’intéresse soudainement aux actions de Takeo. Bref, passionnant !

Je recommande cette série à des adolescents plutôt très bons lecteurs. Ceux qui sont passionnés du Japon seront aux anges, mais les autres aussi tellement l’écriture est entraînante et les personnages intéressants. A réserver aux adolescents les plus âgés, car la culture du Japon médiéval est assez violente et certaines scènes peuvent choquer.

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Le pouvoir des cinq : Raven’s gate, Anthony Horowitz

Matt a 14 ans et une vie pourrie. Ses parents sont décédés dans un accident de voiture 6 ans auparavant, il a été placé chez sa tante (ou plutôt sa demi-tante si on peut dire ça), qui ne s’occupe pas de lui. Il sèche les cours, traîne avec un voyou car c’est le seul qui lui montre un semblant d’intérêt. Il se laisse entraîner par ce dernier dans un cambriolage, qui tourne mal.

On l’envoie dans une famille d’accueil du Yorkshire, dans un coin de campagne complètement isolé, et même arriéré. Chez Mme Deverill, il doit travailler à la ferme, comme un forçat. Cette femme est glaçante, et le devient encore plus lorsque Matt découvre qu’elle a un dossier sur lui, et ce, depuis la mort de ses parents. Que lui veut-elle ? Que se trame-t-il dans ce village étrange ? Matt essaie de s’enfuir, mais un mystérieux pouvoir l’en empêche. Il découvre de plus en plus de choses angoissantes, et se sent complètement impuissant pour lutter contre.

Mon avis : Ce roman appartient au genre de l’horreur. L’écriture est vivante, agréable à lire. Il y a pas mal d’action, mais aussi des moments plus lents où l’angoisse monte. PErsonnellement je n’aime pas le genre de l’horreur, mais pour être objective, ce roman est bien ficelé et bien écrit. Je trouve cependant qu’il y a un peu trop de violence à mon goût et parfois assez gore quand même. Je le recommande donc à partir de 13 ans environ, selon si l’ado a l’habitude de ce genre ou pas.

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Cette chronique constitue ma 4ème participation au challenge Littérature de l’imaginaire organisé par le blog Ma Lecturothèque.

Les autodafeurs, Marine Carteron

Voici un nouveau roman plein d’aventures, d’action et de mystère.

Auguste a 14 ans. Il vit avec ses deux parents et sa petite soeur Césarine. Il est très préoccupé par son look pour plaire aux filles, il réclame à corps et à cris un portable à ses parents qui refusent, et il fait tout pour éviter sa mère qui travaille dans le collège où il va. Ses parents sont un peu ringards et vieux jeu, des profs quoi ! Un jour son père meurt dans un accident de voiture. Auguste propose alors d’aller s’installer à la campagne chez les grands-parents paternels, ce qui semroman adolescents espionnage espions mission secrète agents secrets complotble redonner le sourire à sa mère. Cependant, là-bas, il va faire des découvertes qui vont totalement changer sa vision du monde et de sa famille. Il apprend que sa famille appartient depuis des générations entières à une société secrète, la Confrérie, chargée de protéger le savoir de l’humanité contenu dans les livres. En effet, dans l’ombre oeuvrent les autodafeurs, personnes mauvaises qui veulent asservir les êtres humains en leur coupant l’accès à la connaissance. Leur principal objectif est la destruction générale des livres. Auguste découvre que lui-même a été secrètement formé pour devenir un agent de la Confrérie : cela explique les cours d’arts martiaux, les stages de survie auprès des indiens d’Amérique… Il découvre également que loin d’être des adultes ringards, les membres de sa famille sont des espions surentraînés et hyper organisés pour sauvegarder ces secrets millénaires. Mais les ennemis se rapprochent, et il faut agir. En parallèle, on lit le journal intime de Césarine, sa petite soeur, atteinte d’autisme Asperger. Son journal est fantastiquement drôle avec sa façon d’analyser perpétuellement les évènements de façon rationnelle et terre-à-terre. Césarine est une surdouée à qui personne ne prête attention. Elle va montrer qu’elle peut jouer un rôle de tout premier plan dans cette aventure.

Ce roman est plein d’action, ça va parfois à 100 à l’heure, il y a aussi beaucoup d’humour, et une réflexion intéressante sur le rôle des livres pour l’humanité. Il ne faut pas se décourager en lisant le début qui peut paraître un peu long, par la suite, l’action s’engage et la lecture est plus rapide. Parfois les évènements peuvent sembler même un peu exagéré, mais c’est presque jubilatoire, en tout cas moins toutes ces exagérations m’ont faite beaucoup rire, et j’ai passé un super moment de lecture, sans voir le temps passer. Pour le moment j’ai lu les deux premiers tomes, j’attends de trouver le 3ème avec impatience.

Sur le site de la FNAC : tome 1 – tome 2 – tome 3

Cherub, Mission 1 : 100 jours en enfer, Robert Muchamore

James vit avec sa mère et sa soeur Lauren. Il ne fait rien à l’école et a tendance à se battre dans la cour. Un jour, excédé par les remarques d’une fille de sa classe sur l’obésité de sa mère, il la plaque contre le mur et la blesse sans le vouloir. Il est exclu du collège puis se retrouve dans un orphelinat. Sa vie sombre peu à peu. Or, on lui fait une proposition très particulière : il s’agit d’intégrer un groupe d’enfants espions travaillant pour le MI5 (l’espionnage anglais). Cette opportunité est l’occasion pour lui d’échapper à la vie de misère qui l’attend. Il accepte et se voit lancé dans une session d’entraînement qui durera 100 jours. Le lieutenant chargé de l’entraînement essaie de faire abandonner ses recrues de toutes els façons possibles : fatigue, humiliation, épreuves surhumaines, privations multiples. James s’accroche.

Mon avis : Ce roman m’a été prêté par un élève de 4ème. Je pense en effet que c’est là le public idéal pour ce livre. L’histoire est bien ficelée, on accroche bien au héros qui malgré beaucoup de grosses bêtises dans sa vie reste un garçon sympathique. L’écriture n’est pas terrible, mais il y a de l’action et le rythme est très soutenu. Je regrette que l’auteur n’ait pas profité de son récit pour apporter un peu de réflexion sur la vie et ses enjeux, il y aurait eu matière. C’est un roman qui plaira à ceux qui aiment les histoires d’espionnage, d’entraînement de type militaire. Le livre est un peu épais, mais comme il y a beaucoup d’action, même des mauvais lecteurs pourront le lire sans difficulté.

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A comme Association, Erik L’Homme et Pierre Bottero

Le premier tome commence avec le personnage de Jasper. Il a quinze ans, va au lycée, ne voit jamais ses parents qui sont sans cesse en train de conclure de gros marchés pour son père ou en stage de yoga-poterie-méditation pour sa mère, et surtout, il est stagiaire dans l’Association. Le rôle de l’Association est de régler les rapports entre les Normaux (les humains) et les Anormaux (les trolls, vampires, gobelins, garous…), et ceci grâce aux Paranormaux (des humains qui ont développé des pouvoirs particuliers. Jasper est maigre, s’essouffle vite, n’arrête pas de faire des jeux de mots, et surtout, il a un vrai talent pour la magie. Sa première mission de stagiaire consiste à s’occuper d’un trafic de drogue chez les vampires.

Dans le deuxième tome, c’est Ombe qui prend la parole. Orpheline, elle a toujours été plutôt indépendante et solitaire. L’Association l’a recrutée avant ses quinze ans à cause d’une de ses particularités : elle ne se casse presque jamais. Comprenez qu’elle a une force extraordinaire pour une jeune fille de son âge, et qu’elle peut sauter du 4ème étage ou se prendre une baffe de troll sans effet désagréable particulier. Par contre, elle déteste la magie, ce qui lui joue parfois des tours dans ses missions, notamment pour respecter la règle de l’Association qui veut que l’on reste discret en toutes circonstances.

Mon avis : J’adore cette série. J’ai avalé les deux premiers tomes sans une seule pause. Le style des auteurs est plein d’humour, des jeux de mots partout (d’ailleurs je pense être loin de les avoir tous repérés à la première lecture). Les deux héros successifs sont attachants chacun à leur manière (j’ai mis plus de temps avec Ombe, mais finalement elle m’a bien plu). J’ai hâte de les voir travailler ensemble ! Ces romans plairont évidemment à tous les amateurs du style, et il faudrait voir s’ils pourraient attirer également des adolescents peu coutumier de cet univers. Et pour les lecteurs addict comme moi, c’est super !! Il y a au moins 8 tomes !!! Je vais voir ce que ça donne chez les élèves, et j’en reparle.

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Strom, 1 Le collectionneur, Emmanuelle et Benoît de Saint Chamas

Raphaël et Raphaëlle sont des jumeaux de 12 ans, élevés par leur parrain, Tristan. Un jour, il les emmène au Louvre, franchit une porte « interdite au public » et là, leur dévoile qu’il appartient à une organisation secrète : les chevaliers de l’insolite. En possession eux aussi d’une double aura, les jumeaux se voient proposer eux aussi d’appartenir à cette mystérieuse organisation. Ils apprendront à maîtriser les pouvoirs mystérieux qui se cachent dans le cerveau humain, ils feront connaissance de créatures étranges, et surtout, combattront les forces du mal et protégeront l’humanité, ceci en tout incognito. Ils se lancent dans leur première enquête, la poursuite d’un mystérieux collectionneur qui a volé un objet mystérieux, trouvé dans un tombeau égyptien.

Mon avis : c’est un chouette roman, plein d’actions, avec des personnages sympathiques. Les jumeaux se complètent et sont parfois amusants. On passe un bon moment en lisant ce livre. Le fantastique est bien développé et s’appuie intelligemment sur des légendes connues, mais le roman sait revenir dans un réel pour mettre en scène des épisodes de vie quotidiens d’adolescents. J’ai hâte de lire les tomes suivants ! Une lecture tout à fait sympathique, accessible à partir de 11 ans, de préférence pour des adolescents qui aiment ce genre d’univers.

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