Le Combat d’Hiver, Jean-Claude Mourlevat

Voici un roman difficile à résumer ! Mais je le classe en coup de cœur car j’en ai adoré la lecture, impossible de le relâcher avant de l’avoir terminé. L’action est bien menée, le rythme soutenu sans être pour autant effréné, les personnages riches et attachants. Ça faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir avec un roman jeunesse.roman ados imaginaire monde dictature lutte résistance

L’histoire débute dans un internat qui est plutôt une sorte d’orphelinat pour jeunes filles. Les règles sont cruelles, le fonctionnement strict et inhumain. Nous suivons deux jeunes filles, puis deux jeunes hommes, qui font partie de l’internant de garçons installés dans la même ville. Ces quatre jeunes gens vont s’évader lorsqu’ils découvrent que s’ils sont enfermés là, c’est que leurs parents ont tous été assassinés suite au coup d’état qui a installé la dictature en place. Leurs parents étaient des résistants. Ces quatre héros vont essayer de lutter à leur tour. Ils sont séparés par la suite, donc on suit leur parcours dans trois narrations qui s’entrecroisent. Le tout est bien construit et facile à comprendre. L’écriture est très belle, et sait nous garder en haleine.

400 pages pour ce beau roman, qu’il faut donc plutôt proposer à de bons lecteurs.

Sur le site de la FNAC.

 

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Argentina, Argentina…, Christophe Léon

Un journaliste français souhaite faire un article sur la prise de pouvoir de la junte militaire de 1976 à 1983. Il rencontre à Buenos Aires un homme, Ignacio, qui a vécu cette période et va lui livrer son témoignage. Le roman alterne entre la parole du journaliste et le récit de la vie d’Ignacio. Ce dernier était un enfant à l’époque de l’arrivée au pouvoir des militaires. Il vivait heureux avec ses parents, sa mère attendait un enfant. Son père appartenait aux opposants de la junte militaire. Un jour, toute la famille (sauf la grand-mère) est emmenée par les militaires. Ils sont séparés à l’entrée en prison. Le père va être torturé, le garçon, âgé de 6 ans sera battu dans l’espoir qu’il livre des informations. Puis, il est emmené chez un colonel appartenant au régime. Là on lui apprend que ses parents sont morts, et qu’il va être adoptés, il doit maintenant appeler ce colonel et sa femme « Papa » et « Maman », alors qu’ils appartiennent au clan de ceux qui ont assassinés ses parents. Le roman montre comment il va vivre cette épreuve, puis ce qu’il devient lors de la chute de la dictature militaire.

Mon avis : J’ai hésité un certain temps avant d’écrire la présentation de ce roman. En effet, les faits relatés sont très violents et m’ont un peu perturbée (je suis un peu sensible, mais là, quand même, c’est vraiment dur). Cependant ce roman m’a vraiment appris des choses sur cette période terrible en Argentine. 30 000 personnes ont été tuées par le régime militaire, notamment les disparus, dont personne n’a su ce qu’ils étaient devenus, dont les corps n’ont jamais été retrouvés. Plus de 500 nouveaux-nés ont été récupérés par la junte militaire et confiés à des couples proches du régime. Je trouve ce roman très intéressant du point de vue documentaire, les personnages sont assez attachants. Il ne faut cependant pas être trop sensible à la violence (rassurez-vous malgré tout, elle n’est pas présentée trop crûment). Pour des lecteurs à partir de 13, voire 14 ans.

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Un sari couleur de boue, Kashmira Sheth

L’histoire se passe en Inde. Leela a été fiancée à 2 ans, mariée à 9 ans. A 13 ans, elle va bientôt aller vivre avec son mari et sa belle-famille, suivant la tradition. Quelques mois avant cette cérémonie, son mari meurt. Elle devient une veuve, obligée de se raser les cheveux, de porter des vêtements marron, de rester enfermée pendant un an dans la maison de ses parents. Elle n’aura plus le droit de se remarier et tout le monde la considère comme une personne qui porte malheur. 

Leela est désespérée par ce qui lui arrive. Pourquoi doit-elle subir cela alors qu’elle n’a rien fait de mal ? Heureusement, son frère aîné la soutient, ainsi que la directrice de son école qui vient lui donner des leçons à domicile. Au même moment, les choses bougent dans le pays, avec Gandhi qui s’insurge contre les injustices du pouvoir en place (l’Inde est un pays colonisé par les Anglais à cette époque) et veut faire changer les traditions injustes de son pays. Tout ceci représente l’espoir pour Leela de vivre une autre vie que celle que la tradition voudrait lui imposer.

Mon avis : C’est un beau roman qui plaira aux adolescents intéressés par les problèmes de société et les histoires inspirées de la réalité. L’histoire met un peu de temps à démarrer, au début l’héroïne semble une adolescente superficielle intéressée seulement par les bracelets et les gâteaux. Puis, l’histoire avance et devient passionnante, on a envie de l’aider à s’en sortir, tout comme on est intéressé par ce qui se joue en trame de fond dans le pays avec Gandhi. Il ne faut pas toujours chercher à tout comprendre, car certains détails sont un peu compliqués, et ne sont pas essentiels à la compréhension de l’histoire. Personnellement, j’ai vraiment accroché. La lecture de ce roman est à réserver aux adolescents à partir de 13 ans, qui aiment déjà un peu lire.

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L’huile d’olive ne meurt jamais, Sophie Chérer

L’histoire : Une élève de seconde lit sa rédaction à la classe. Elle a parlé d’une vieille femme sicilienne qui tient tête à la Mafia, envers et contre tout, alors que toute sa famille a été décimée par l’organisation. Or, Olivier, un garçon de sa classe fou amoureux d’elle part justement en Sicile pour les vacances. Il va louer un scooter et chercher à rencontrer cette vieille dame. Alors que la mafia a interdit à quiconque d’aider cette femme, il passera trois jours sur son domaine à cueillir avec elle les olives. Parallèlement, on suit l’histoire d’une femme qui ne supporte plus que son mari soit aux ordres de la mafia, et lui fait comprendre qu’il doit choisir entre elle et le groupe.

Mon avis : Le roman met du temps à démarrer. Une fois que le garçon est arrivé en Sicile, cela devient plus agréable, mais la lecture n’est pas tellement palpitante. L’intérêt de ce roman réside dans son sujet, l’emprise de la mafia sur les hommes en Sicile, la difficulté de s’y opposer, la peur. Je le conseillerais plutôt comme une lecture d’information sur ce problème que comme une lecture plaisir.