La couleur des sentiments, Kathryn Stockett

L’action se passe aux Etats-Unis, dans l’état du Mississippi dans les années 60. Le racisme et les lois ségrégationnistes sont extrêmement présentes dans la petite ville (Jackson) qui sert de cadre à l’histoire. Les Blancs se font servir par les Noirs, notamment les femmes noires qui ont le rôle de bonnes dans leurs familles, et s’occupent de l’entretien des maisons, du ménage, des enfants…roman racisme ségrégation

La narration suit alternativement plusieurs personnages. Aibileen travaille depuis 40 ans dans des familles blanches. Elle a appris à se taire, à faire ce qu’on lui demande, et à garder tout son coeur pour les enfants qu’elle élève, et pour le cahier d’écriture qu’elle tient tous les soirs, elle, l’ancienne élève excellente qui a dû arrêter l’école pour gagner sa vie. Elle nous raconte son quotidien dans une famille dont la mère n’arrive pas à s’occuper de sa fille, qu’elle maltraite car elle ne sait pas éprouver d’affection pour elle. On suit également Minny, une autre bonne qui pour sa part n’arrive pas à tenir sa langue, et ne peut s’empêcher de dire leurs quatre vérités à ses patrons. Renvoyée une nouvelle fois, mais cette fois-ci pour une raison injuste, elle a du mal à retrouver du travail. Enfin, la narration nous parle de Skeeter, une jeune femme blanche. A la fin de ses études, elle est revenue vivre chez ses parents, et sa mère voudrait que comme toutes les autres jeunes filles de son âge, elle trouve un mari et s’installe. Mais Skeeter est animée par le désir d’écrire, et d’écrire sur les sujets qui sont importants à ses yeux. Elle va s’interroger sur la condition des bonnes noires, leurs sentiments, leur vécu quotidien dans les familles blanches, et leur donner la parole, à elles, ces femmes invisibles que leurs patrons empêchent même de faire leurs besoins dans les mêmes toilettes qu’eux.

Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce roman. En effet, il dénonce le racisme quotidien, les petites phrases assassines, le mépris, la condescendance. Il se veut aussi nuancé et montre que toutes les familles blanches ne sont pas aussi racistes les unes que les autres. Il se situe sur l’arrière-plan de la lutte contre la ségrégation, sont mentionnés Rosa Parks, Martin Luther King, mais aussi le Klu Klux Klan, mais ils ne sont pas au cœur de l’histoire. Le cœur de l’histoire justement se place dans le cœur de ses personnages, que ressentent-ils, chacun dans leurs conditions de vie, comment voient-ils les choses ? Le roman est assez long, mais la lecture est aisée et agréable. Les changements de points de vue permettent de découvrir plusieurs facettes du même problème. Je le conseille pour d’assez bons lecteurs, grands ados et jeunes adultes.

Ce livre a été lu dans le cadre du challenge #marsauféminin organisé par Floandbooks, qui vise à lire des auteurs féminins en ce mois de la journée internationale des droits de la femme.

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Sweet Sixteen, Annelise Heurtier

Sweet sixteenEn 1957, le président américain décide de faire respecter la loi qui a été votée trois ans auparavant : la mixité des établissements scolaires, ouverts à tous, Noirs comme Blancs. Cette loi est rejetée dans les Etats du sud, de tradition ségrégationniste. Neuf étudiants noirs sont sélectionnés pour intégrer de lycée central de Little Rock en Arkansas. Le roman suit le vécu de Molly, l’une de ces étudiantes. Les étudiants sont harcelés, aggressés, humiliés sans cesse. Le président est obligé d’envoyer l’armée pour les protéger. En parallèle, on suit les préoccupations d’une jeune fille blanche toute entière concentrée sur son apparence physique, sur la fête de fin d’année, ses chances de sortir avec le plus beau garçon du lycée. On assiste à sa lente prise de conscience de la gravité des évènements qui l’entourent.

Mon avis : Ce roman est d’une violence inimaginable, non pas dans les faits, mais dans les attitudes, le langage. Je n’aurais jamais imaginé que par racisme on puisse faire des choses aussi dingues. J’ai rongé mes ongles tout au long de la lecture tellement j’étais prise par l’angoisse de ce qui pouvait arriver. J’ai beaucoup aimé cette lecture, même si j’ai fini un peu tremblante. La lecture est facile, mais l’histoire vraiment poignante. Le site Ricochet conseille le livre à partir de 11 ans. Pour ma part je le réserverais à des adolescents d’au moins 13 ans.

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