La révolte d’Eva, Elise Fontenaille

Voici un roman ultra court, et ultra violent, à réserver aux ados les plus âgés et solides psychologiquement. Eva vit aroman pour ados qui détestent lirevec ses quatre soeurs, sa mère, son chien, et son père dans une petite maison en bord de forêt. Son père est un homme violent, fasciste, sadique. Il bat ses filles régulièrement, les oblige à faire le salut nazi devant Hitler, les humilie. Leur mère n’ose rien dire, elle qui a été pendant si longtemps la victime de ce monstre, avant qu’il ne se retourne contre ses filles. Eva est la troisième, et aussi celle qui a le plus de caractère, et donc sur qui le père s’acharne le plus. Mais elle sait trouver de la liberté, et quelques gouttes de bonheur dans la nature, la forêt, la neige, son ami le chien.

Mon avis : voici un roman bouleversant, par la violence dont il nous rend témoins, mais aussi par l’aveu de l’indifférence de tout l’entourage face à une telle violence. La phrase du gendarme à la fin m’a terrifiée. Cependant l’auteur a aussi su montrer la poésie de son héroïne, sa force morale, sa force de vie qui l’aident à trouver du bonheur dans de petites choses. A réserver aux ados à partir de 14-15 ans, idéal pour ceux qui détestent lire (43 pages seulement).

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Tu es une légende, Tim Winton

Ce roman est le troisième d’une trilogie. Je n’ai pas lu les précédents et cela ne m’a pas gênée une seule seconde. Il raconte l’histoire d’une famille très unie vivant en Australie. roman adolescents maladie dépression déprimeElle comporte deux parents dont le père est flic. Ils sont donc logés dans une maison prêtée par l’état, une maison un peu pourrie dans un quartier pas mal pourri. La mère est écolo, pleine d’énergie, elle élève ses trois enfants avec amour et bienveillance. L’aîné est le héros, il va au collège, s’est fait larguer l’année précédente par sa copine devant tout le monde, et cette année a dû supporter le déménagement de son meilleur copain. C’est pas trop la joie pour lui. Il a un frère cadet en fin d’école primaire, et une petite soeur encore bébé. Une vie assez banale somme toute. Mais d’un coup, tout change et devient compliqué. En effet, sa mère tombe en dépression et doit être hospitalisée. Lockie doit donc assumer la maison à sa place, changer la petite, faire les courses, préparer les repas, faire les lessives, et préparer sa rentrée au collège par dessus le marché. Il rend également visite à sa mère à l’hopital, essaie de renouer le contact avec elle par dessus ce brouillard de tristesse duquel elle semble incapable de sortir.

Ce roman est assez court, très agréable à lire. L’émotion est forte dans ce roman, il permet de découvrir la maladie de la dépression, souvent mal connue, et parfois méprisée. On peut ainsi mieux comprendre les gens qui en sont atteint. Cependant le roman ne tombe pas dans les lamentations et le désespoir. L’humour est toujours présent en sourdine pour nous remonter le moral, et le héros trouvera d’ailleurs une aide mystérieuse inespérée. Un très beau roman, émouvant et authentique.

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35 kgs d’espoir, Anna Gavalda

Grégoire a 13 ans et il est en 6ème, cherchez l’erreur… Il a redoublé deux fois, le CE2 et la 6ème. Il déteste l’école. Il ne sait pas pourquoi. Pourtant il est aussi intelligent qu’un autre, aussi gentil… Mais il ne supporte pas ‘aller à l’école. Tous les matins il a une grosse boule d’angoisse dans le ventre, il se sent mal. Livre parfait pour ceux qui détestent lire et détestent l'écoleTout lui paraît ennuyeux et impossible à l’école, même le sport ! Il ne se sent bien que dans l’atelier au fond du jardin e son grand-père. Là, il s’amuse à construire des tas de choses, il bricole, il invente. Mais à l’école on ne fait rien de tout ça. Aussi peu à peu la situation se dégrade, il se fait renvoyer. Plus aucun collège ne l’accepte. Ses parents parlent de l’envoyer au pensionnat. Son grand-père qui l’avait toujours soutenu ne veut plus lui parler. Grégoire est désespéré, il ne sait plus quoi faire. Une petite lueur d’espoir s’allume lorsqu’il découvre le prospectus d’un lycée technique qui propose un internat. Là les élèves semblent faire des choses intéressantes : bricoler, utiliser des machins… Mais avec son dossier scolaire plus que minable, va-t-il réussir à y entrer ?

Mon avis : Un excellent roman pour ceux qui n’aiment ni l’école ni la lecture. Il nous montre que pour s’en sortir, il faut vraiment se battre et chercher des solutions adaptées à chacun. La société actuelle ne propose pas beaucoup de voies alternatives, si on veut y parvenir, il faut vraiment chercher à construire son propre chemin. Mais le jeu en vaut la chandelle. C’est un roman extrêmement court (100 pages) et écrit très gros. Cela facilitera la lecture à ceux qui n’en ont pas l’habitude. Mais pour autant il ne prend pas les ados pour des imbéciles comme certains romans vraiment débiles. L’histoire est construite, avec des rebondissements, des problèmes réels. J’ai adoré, je le classe dans mes coups de coeur.

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Quelques classiques en version bande-dessinée

Les auteurs-illustrateurs de bande-dessinée ont eu l’excellente idée depuis quelques temps de faire des versions BD des grands classiques de la littérature. Je ne saurais qu’encourager cette initiative ! En effet, si l’on aime lire, je pense qu’on préférera malgré tout toujours aller au contact des textes d’origine. Tenir un roman dans ses mains, tourner les pages, ça n’a pas de prix ! Mais pour les jeunes plus réticents à la lecture, il serait tellement dommage de se priver de cette leçon de vie que sont les grandes oeuvres de la littérature. Ces versions en BD permettent donc de leur offrir une solution intermédiaire. Je préfère largement ça aux films.

En effet, le lecteur de bande-dessinée fournit un effort intellectuel malgré tout puisqu’il doit lire des phrases, comprendre le sens des mots.

De plus, il est actif de sa lecture, il peut l’arrêter s’il le souhaite, il doit tourner des pages, il ne peut rien faire d’autre en même temps donc son attention est plus forte (contrairement aux écrans qui nous rendent passifs et permettent d’entretenir cette mauvaise habitude de faire plusieurs choses à la fois ou de zapper sans cesse).

Enfin, le lecteur de bande-dessinée fait travailler son imagination. Le travail de l’imaginaire est moins important qu’avec un roman puisque les personnages sont représentés. Mais il reste toute la partie sonore à créer dans sa tête, l’action, les mouvements… Et c’est très important !

Voici une première sélection de quelques titres que je vous propose de découvrir en bande-dessinée (ou en roman évidemment !).

Bande-dessinée adaptée du roman les Hauts de Hurlevent– Les Hauts de Hurlevent, Emily Brontë : C’est une histoire terrible. Une famille recueille un enfant des rues et l’élève comme leurs enfants. Seulement le garçon, nommé Heathcliff se sent sans cesse méprisé par les autres enfants de son entourage à cause de ses origines obscures. Lorsque Catherine la jeune fille de la famille qui l’a élevé refuse de l’épouser pour préférer un homme plus riche, ce sera le début d’une colère froide et terrible. Il n’aura de cesse de se venger de tous d’une façon implacable. Lorsque j’ai lu ce roman quand j’étais au collège, j’en ai été remuée pendant des jours entiers. Je ne comprenais pas la haine de Heathcliff, sa violence. C’est une très belle lecture, vraiment bouleversante, et en plus, au programme de la classe de 4ème (mais qu’on peut lire à tout âge, c’est un très grand classique de la littérature anglaise !)

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Le Horla adapté en bande-dessinée– Le Horla de Maupassant : Une nouvelle fantastique terrible. Nous venons de l’étudier par extraits avec mes 4èmes et la plupart ont bien accroché. Maupassant est un maître pour faire monter l’angoisse. Tout va bien au début. Puis arrive une simple tristesse, petite mélancolie, le narrateur se sent un peu malade. Et cet état empire peu à peu. Le narrateur angoisse, craint quelque chose d’inconnu, un malheur invisible. Peu à peu il semble avoir des hallucinations, se demande s’il est somnambule…

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Les Ostrogoths, Martine Pouchain

Résumé : Clovis appartient à une famille assez particulière. Son père avait une passion pour l’époque mérovingienne, les six enfants de la famille portent donc le nom soit d’un roi, soit d’une femme célèbre de cette époque (Clodomir, Théodoric, Clothaire, Clotilde et Natilde). Leur famille est pauvre, très pauvre. Lorsque le roman débute, leur père touche le RMI, qu’il dépense en boisson au café, et leur mère vient d’être licenciée. ostrogothsIls mangent des crêpes à l’eau, s’ahbillent au secours populaire, et sont rassurés, parce que jusqu’au 16 mars, il y a la trêve hivernale, qui interdit à leur propriétaire des les expulser. Clovis craque un jour au lycée et vole un baladeur CD. A l’intérieur, il trouve un CD d’un groupe bizarre, le Wolfgang, qu’il surnomme immédiatement le gang du loup. C’est du piano. Il va tomber amoureux de cette musique, et grâce à la grand-mère solitaire qui vit dans l’appartement au-dessus du leur, il commence à apprendre la musique. Cela lui redonne de l’espoir, et il s’accroche au rêve d’une vie meilleure, dans laquelle il pourrait devenir pianiste de jazz, et jouer dans les bars. Ce rêve l’aide à survivre quand tout va de plus en plus mal dans sa famille, au point que son père frappe sa mère puis un jour, achète un revolver. Clovis va s’accrocher à son rêve, et tout faire pour que tout ceci ne se termine pas en drame.

Mon avis : Le thème de la misère est traité avec un mélange d’humour et d’émotion qui m’a vraiment accrochée. Ces six gamins sont attendrissants dans leur lutte quotidienne pour être heureux malgré toute la misère qu’ils endurent. On tremble en voyant le père sombrer, et en essayant d’imaginer ce qu’il veut faire. Le thème de ce roman est très difficile, surtout sur la fin, il faut donc le réserver à des adolescents à partir de 14 ans.

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Maïté Coiffure, Marie-Aude Murail

Louis est en classe de 3ème. Il ne comprend pas grand chose en cours, même quand il essaie, et n’aime pas l’école. Un jour, il explique à table qu’il doit faire un stage en entreprise et qu’il n’a aucune idée. Sa grand-mère lui trouve une place dans un salon de coiffure, au grand dam de son père, brillant chirurgien, qui rêve de grandes études pour son fils. Louis ne sait pas trop quoi en penser. Il va à son premier jour de stage, et là, surprise, il découvre qu’il aime cette ambiance, qu’il aime travailler, qu’il a envie d’apporter son aide au salon, et même de le faire prospérer. Désormais, il a un projet : il veut faire un CAP coiffure après la 3ème. Seulement, il sait que son père n’acceptera jamais sa décision.

Mon avis : Alors là, ça fait du bien un roman comme celui-là au milieu de toutes ces histoires de vampires et d’espions en tous genres. Un roman juste vrai, dans la vraie vie, avec des vraies personnes. Un roman plein d’émotion, des personnages loin d’être parfaits, et justement parfaits de vérité. Tous sont très attachants, et font vraiment réfléchir à ce qui a de la valeur dans la vie. On renverse au passage quelques préjugés, et on crie encore une fois que on peut être mauvais à l’école et très intelligent, rater son brevet et réussir sa vie, que ce qui compte vraiment, c’est de savoir ce qu’on veut et de s’y accrocher. J’adore. A faire lire à tous les lecteurs, à partir de 13 ans.

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