La révolte d’Eva, Elise Fontenaille

Voici un roman ultra court, et ultra violent, à réserver aux ados les plus âgés et solides psychologiquement. Eva vit aroman pour ados qui détestent lirevec ses quatre soeurs, sa mère, son chien, et son père dans une petite maison en bord de forêt. Son père est un homme violent, fasciste, sadique. Il bat ses filles régulièrement, les oblige à faire le salut nazi devant Hitler, les humilie. Leur mère n’ose rien dire, elle qui a été pendant si longtemps la victime de ce monstre, avant qu’il ne se retourne contre ses filles. Eva est la troisième, et aussi celle qui a le plus de caractère, et donc sur qui le père s’acharne le plus. Mais elle sait trouver de la liberté, et quelques gouttes de bonheur dans la nature, la forêt, la neige, son ami le chien.

Mon avis : voici un roman bouleversant, par la violence dont il nous rend témoins, mais aussi par l’aveu de l’indifférence de tout l’entourage face à une telle violence. La phrase du gendarme à la fin m’a terrifiée. Cependant l’auteur a aussi su montrer la poésie de son héroïne, sa force morale, sa force de vie qui l’aident à trouver du bonheur dans de petites choses. A réserver aux ados à partir de 14-15 ans, idéal pour ceux qui détestent lire (43 pages seulement).

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Anastasia avec conviction, Lois LOWRY

roman enquête réflexion valeurs enfants adosRésumé : Anastasia a un chien depuis quelques jours, et elle a promis à ses parents de s’en occuper. Aussi lorsque le chien gratte la porte pour sortir à 6h du matin, c’est qui doit aller le promener pour qu’il fasse ses besoins dans la rue. C’est aussi elle qui doit emmener un petit sachet plastique afin de ramasser les dits-besoins et de les jeter à la poubelle afin de ne pas salir les trottoirs de la ville. Ce matin-là, Anastasia fait tout bien correctement, et en profite pour emporter une lettre que sa maman lui a demandé de poster. Mais malheur, un peu angoissée par l’idée que quelqu’un la voit en train de ramasser une crotte avec un sachet plastique, elle se trompe et met le sachet contenant la crotte dans la boîte aux lettres, et la lettre dans la poubelle. Comprenant son erreur, elle est très embarrassée, et craint d’être accusée d’avoir causé du désagrément aux postiers. Surtout qu’elle apprend que la police s’est trouvé sur les lieux peu après son « crime » et que la poubelle en question a disparu. Le cours de réflexion philosophique qu’elle suit au collège et qui la mène à s’interroger sur les choix et les responsabilités de chacun la conduisent à se poser de plus en plus de questions.

Mon avis : Voici un livre très agréable, facile à lire, avec une héroïne tout à fait sympathique dans ses nombreux doutes. Ce roman pousse à s’interroger sur nos choix dans la vie, tout en restant sur un mode léger et presque un peu humoristique. C’est une très bonne lecture, à recommander à partir de 10 ans.

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Le garçon qui avait perdu la face, Louis Sachar

David va au collège. Il aimerait bien intégrer le groupe que son ancien meilleur pote fréquente, mais il sent que ce n’est pas si facile, il n’est pas assez « cool » pour eux. Un jour qu’il est avec ce groupe, les garçons décident d’attaquer une vieille dame pour lui voler sa canne. louis sachar le garçon qui avait perdu la face roman ados collège amitiéDavid les suit pour ne pas que les autres se moquent de lui, mais cette idée ne lui plait pas du tout. Les autres font tomber la vieille dame (David voit ses dessous), lui renversent de la limonade sur la tête, cassent un carreau et volent sa canne. David ne sait comment réagir. Il voudrait venir en aide à cette vieille dame par terre, mais il a peur de perdre la face devant les autres garçons. Alors, il fait un doigt d’honneur à la vieille dame, espérant vaguement qu’elle ne saura pas ce que ça veut dire. La vieille femme prononce alors une sorte de formule magique en le regardant, une malédiction.

Aussi, dans les jours qui suivent, David sent la malédiction s’acharner sur lui. Tout ce que les garçons ont fait subir à la dame lui arrive : il casse un carreau chez lui, il tombe de sa chaise en classe, il oublie de fermer sa braguette et toute la classe voit ses dessous… David ne sait comment arrêter cette malédiction. Elle lui pose spécialement problème car il aimerait bien inviter une fille à aller au cinéma, mais il a peur de se renverser de la limonade sur la tête ou autre catastrophe. De nouveaux amis vont l’aider à prendre confiance en lui, à réaliser qu’il n’est pas obligé de fréquenter les stars du collège pour avoir de la valeur et être quelqu’un de bien. Peu à peu il va comprendre qu’il n’y a qu’une seule solution pour annuler la malédiction, assumer ce qui a été fait.

Mon avis : Un livre facile à lire, rigolo. De nombreux ados se reconnaîtront dans David, un collégien tout à fait banal qui aimerait bien fréquenter les stars de la classe, et pour ça est prêt à faire un peu n’importe quoi. Le roman montre bien que la confiance en soi est primordiale pour faire face aux moqueries et que l’essentiel est de rester fidèle à soi-même.

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Tu es une légende, Tim Winton

Ce roman est le troisième d’une trilogie. Je n’ai pas lu les précédents et cela ne m’a pas gênée une seule seconde. Il raconte l’histoire d’une famille très unie vivant en Australie. roman adolescents maladie dépression déprimeElle comporte deux parents dont le père est flic. Ils sont donc logés dans une maison prêtée par l’état, une maison un peu pourrie dans un quartier pas mal pourri. La mère est écolo, pleine d’énergie, elle élève ses trois enfants avec amour et bienveillance. L’aîné est le héros, il va au collège, s’est fait larguer l’année précédente par sa copine devant tout le monde, et cette année a dû supporter le déménagement de son meilleur copain. C’est pas trop la joie pour lui. Il a un frère cadet en fin d’école primaire, et une petite soeur encore bébé. Une vie assez banale somme toute. Mais d’un coup, tout change et devient compliqué. En effet, sa mère tombe en dépression et doit être hospitalisée. Lockie doit donc assumer la maison à sa place, changer la petite, faire les courses, préparer les repas, faire les lessives, et préparer sa rentrée au collège par dessus le marché. Il rend également visite à sa mère à l’hopital, essaie de renouer le contact avec elle par dessus ce brouillard de tristesse duquel elle semble incapable de sortir.

Ce roman est assez court, très agréable à lire. L’émotion est forte dans ce roman, il permet de découvrir la maladie de la dépression, souvent mal connue, et parfois méprisée. On peut ainsi mieux comprendre les gens qui en sont atteint. Cependant le roman ne tombe pas dans les lamentations et le désespoir. L’humour est toujours présent en sourdine pour nous remonter le moral, et le héros trouvera d’ailleurs une aide mystérieuse inespérée. Un très beau roman, émouvant et authentique.

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35 kgs d’espoir, Anna Gavalda

Grégoire a 13 ans et il est en 6ème, cherchez l’erreur… Il a redoublé deux fois, le CE2 et la 6ème. Il déteste l’école. Il ne sait pas pourquoi. Pourtant il est aussi intelligent qu’un autre, aussi gentil… Mais il ne supporte pas ‘aller à l’école. Tous les matins il a une grosse boule d’angoisse dans le ventre, il se sent mal. Livre parfait pour ceux qui détestent lire et détestent l'écoleTout lui paraît ennuyeux et impossible à l’école, même le sport ! Il ne se sent bien que dans l’atelier au fond du jardin e son grand-père. Là, il s’amuse à construire des tas de choses, il bricole, il invente. Mais à l’école on ne fait rien de tout ça. Aussi peu à peu la situation se dégrade, il se fait renvoyer. Plus aucun collège ne l’accepte. Ses parents parlent de l’envoyer au pensionnat. Son grand-père qui l’avait toujours soutenu ne veut plus lui parler. Grégoire est désespéré, il ne sait plus quoi faire. Une petite lueur d’espoir s’allume lorsqu’il découvre le prospectus d’un lycée technique qui propose un internat. Là les élèves semblent faire des choses intéressantes : bricoler, utiliser des machins… Mais avec son dossier scolaire plus que minable, va-t-il réussir à y entrer ?

Mon avis : Un excellent roman pour ceux qui n’aiment ni l’école ni la lecture. Il nous montre que pour s’en sortir, il faut vraiment se battre et chercher des solutions adaptées à chacun. La société actuelle ne propose pas beaucoup de voies alternatives, si on veut y parvenir, il faut vraiment chercher à construire son propre chemin. Mais le jeu en vaut la chandelle. C’est un roman extrêmement court (100 pages) et écrit très gros. Cela facilitera la lecture à ceux qui n’en ont pas l’habitude. Mais pour autant il ne prend pas les ados pour des imbéciles comme certains romans vraiment débiles. L’histoire est construite, avec des rebondissements, des problèmes réels. J’ai adoré, je le classe dans mes coups de coeur.

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Quelques classiques en version bande-dessinée

Les auteurs-illustrateurs de bande-dessinée ont eu l’excellente idée depuis quelques temps de faire des versions BD des grands classiques de la littérature. Je ne saurais qu’encourager cette initiative ! En effet, si l’on aime lire, je pense qu’on préférera malgré tout toujours aller au contact des textes d’origine. Tenir un roman dans ses mains, tourner les pages, ça n’a pas de prix ! Mais pour les jeunes plus réticents à la lecture, il serait tellement dommage de se priver de cette leçon de vie que sont les grandes oeuvres de la littérature. Ces versions en BD permettent donc de leur offrir une solution intermédiaire. Je préfère largement ça aux films.

En effet, le lecteur de bande-dessinée fournit un effort intellectuel malgré tout puisqu’il doit lire des phrases, comprendre le sens des mots.

De plus, il est actif de sa lecture, il peut l’arrêter s’il le souhaite, il doit tourner des pages, il ne peut rien faire d’autre en même temps donc son attention est plus forte (contrairement aux écrans qui nous rendent passifs et permettent d’entretenir cette mauvaise habitude de faire plusieurs choses à la fois ou de zapper sans cesse).

Enfin, le lecteur de bande-dessinée fait travailler son imagination. Le travail de l’imaginaire est moins important qu’avec un roman puisque les personnages sont représentés. Mais il reste toute la partie sonore à créer dans sa tête, l’action, les mouvements… Et c’est très important !

Voici une première sélection de quelques titres que je vous propose de découvrir en bande-dessinée (ou en roman évidemment !).

Bande-dessinée adaptée du roman les Hauts de Hurlevent– Les Hauts de Hurlevent, Emily Brontë : C’est une histoire terrible. Une famille recueille un enfant des rues et l’élève comme leurs enfants. Seulement le garçon, nommé Heathcliff se sent sans cesse méprisé par les autres enfants de son entourage à cause de ses origines obscures. Lorsque Catherine la jeune fille de la famille qui l’a élevé refuse de l’épouser pour préférer un homme plus riche, ce sera le début d’une colère froide et terrible. Il n’aura de cesse de se venger de tous d’une façon implacable. Lorsque j’ai lu ce roman quand j’étais au collège, j’en ai été remuée pendant des jours entiers. Je ne comprenais pas la haine de Heathcliff, sa violence. C’est une très belle lecture, vraiment bouleversante, et en plus, au programme de la classe de 4ème (mais qu’on peut lire à tout âge, c’est un très grand classique de la littérature anglaise !)

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Le Horla adapté en bande-dessinée– Le Horla de Maupassant : Une nouvelle fantastique terrible. Nous venons de l’étudier par extraits avec mes 4èmes et la plupart ont bien accroché. Maupassant est un maître pour faire monter l’angoisse. Tout va bien au début. Puis arrive une simple tristesse, petite mélancolie, le narrateur se sent un peu malade. Et cet état empire peu à peu. Le narrateur angoisse, craint quelque chose d’inconnu, un malheur invisible. Peu à peu il semble avoir des hallucinations, se demande s’il est somnambule…

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Roald Dahl, auteur à succès

Roald Dahl a écrit de nombreux romans, en général de veine comique. Ces romans ont un succès phénoménal, ils ont été réédités de nombreuses fois et traduits dans de nombreuses langues. Son illustrateur attaché est Quentin Blake, qui vient réhausser l’humour des histoires avec ses dessins tout en longueur et ses nez pointus.

Voici les titres qui rencontrent le plus de succès :

James et la grosse pêche : une histoire tout à fait loufoque d’un petit garçon qui est maltraité par les deux vieilles tantes chez qui il vit. Il trouve refuge dans une pêche géante et part en voyage avec.

Matilda : une petite fille surdouée, aux prises avec ses parents des abrutis qui trafiquent des voitures pour les revendre et passent leur temps à regarder des idioties à la télévision et avec la directrice de son école une femme sadique qui adore maltraiter les enfants. Heureusement elle trouve secours auprès de son institutrice, une jeune femme douce et à l’écoute. Elle se découvre alors un talent fantastique, qui lui permettra de changer son destin. C’était un de mes préférés quand j’étais gamine.

Détails sur le produitLa potion magique de Georges Bouillon : encore une fois un enfant aux prises avec un adulte horrible, ici sa grand-mère. Mais les enfants ne sont jamais à court de bonnes idées pour se défendre.

Et pour les petits frères et soeurs des ados jaloux qui voudraient eux aussi lire du Roald Dahl, je conseille L’énorme crocodile. Et il en est un que je n’ai pas encore lu mais qui a l’air fantastiquement amusant, c’est Un conte peut en cacher un autre.

Enfin, il n’est plus besoin de présenter Charlie à la chocolaterie tellement il est connu !

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Oscar et la dame rose, Eric-Emmanuel Schmitt

Résumé : Oscar a dix ans. Il vit à l’hopital. Il a une leucémie, et l’opération pour le soigner a raté. Une dame vient le voir pour lui tenir compagnie. Il la surnomme « Mamie Rose ». oscarElle lui propose d’écrire à Dieu pour se sentir un peu moins seul, et peut-être trouver du réconfort. Alors Oscar lui écrit, une lettre par jour. Il raconte sa vie à l’hopital, ses copains, son amoureuse, ses relations avec ses parents qui sont devenues compliquées depuis qu’il malade, comme si ses parents ne pouvaient plus lui parler normalement. Il raconte ses conversations avec Mamie-Rose, l’ancienne joueuse de catch.

Mon avis : C’est un roman extrêmement court et facile à lire, qui a plu jusqu’à présent à tous les élèves sans exception à qui je l’ai fait lire. Il est plein d’humour, Oscar a une façon de dire les choses vraiment drôle. Il est triste, bouleversant même, et pourtant, l’auteur n’essaie pas d’en rajouter sur la tristesse du thème. Il cherche au contraire à dédramatiser la situation. Il fait réfléchir : comment nous comportons-nous face à ceux qui sont malades, et ceux qui vont mourir. On parle à Dieu, mais même ceux qui ont une autre religion ou alors qui n’en ont aucune peuvent s’y reconnaître. L’important c’est de se poser des questions. Je le recommande sans exception à tous, bons au archi-mauvais lecteurs. A partir de 13 ans, car le thème reste difficile.

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No pasarán, le jeu, Christian Lehmann

Eric, Thierry et Andreas sont trois copains fous de jeux sur ordinateur. Ils sont les seuls de la classe à avoir des ordinateurs puissants, capables de faire tourner les derniers jeux de guerre et de stratégie. Thierry est le plus petit, un peu fragile, et c’est aussi un crac de l’informatique de façon générale. Eric a une mère dépressive, un frère qui fait son service militaire et a été envoyé en Bosnie (l’histoire se passe à l’époque de la guerre de l’ex-Yougoslavie). Andreas est le plus grand, le plus costaud. Il est plus vieux que les autres. C’est lui qui apprécie le plus la violence des jeux. Il choisit toujours les jeux les plus sanguinolents, et le mode de jeu qui lui permettra de voir le plus de sang couler. 

Lorsque le roman débute, tous trois sont en Angleterre en voyage scolaire. Ils ont réussi à échapper à la surveillance des professeurs et vont dans une boutique de jeux vidéos planquée au fond d’un quartier louche de Londres. Là ils découvrent tous les derniers jeux à la mode à des prix extraordinaires. Soudain, le vendeur, un très vieil homme (ce qui les surprend dans une boutiques de jeux vidéos) a une réaction terrible face à un insigne en métal que porte Andréas.  Celui-ci quitte la boutique en colère. Répétant « ça ne finira jamais… » le vieil homme donne une disquette toute simple à Eric et Thierry, et leur ordonne de jouer à ce jeu avec leur ami. Face à ce support si minable, une simple disquette, les deux amis pensent qu’il s’agit d’un petit jeu ridicule. Lorsqu’ils le lancent, ils sont stupéfaits par les images et le son qui sortent soudainement de l’ordinateur. Et en commençant à jouer, ils vont découvrir un univers terrifiant, et apprendre sur eux-mêmes et sur leur ami des choses qu’ils auraient souhaité ne pas savoir.

Mon avis : Voici un excellent roman sur le thème des jeux vidéos. L’exaltation qui peut naître chez le joueur face à l’enchaînement des images est très bien décrit. Le roman date de 1996, on pourrait donc craindre que l’univers des jeux vidéos qui y est décrit soit complètement ringard, mais l’auteur a su écrire d’une façon qui reste assez durable. Evidemment, les matériels ont changé, les titres également, mais au final, la passion qui s’empare du joueur est toujours la même, les univers parcourus se ressemblent. On trouve un vrai plaisir à la lecture de ce roman, une vraie angoisse aussi face à ce que doivent affronter les personnages. Je recommande ce roman évidemment aux joueurs passionnés, histoire qu’ils sortent un peu la tête de leurs écrans, et apprennent non pas à refuser le jeu vidéo (c’est un plaisir comme un autre), mais à le considérer avec plus de recul et de sens critique. Ceux qui ne sont pas joueurs apprécieront aussi ce roman car l’histoire est pleine de suspense.

Il y a une suite : Andréas, le retour, mais je ne l’ai pas encore lue. Dès que je trouve le roman, je viens compléter l’article.

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Hunger Games, Suzanne Collins

L’histoire se passe dans un monde futuriste. Une grande guerre a décimé la population. Les survivants se sont organisés en treize districts, selon leur spécialité économique, autour d’un Capitole. Le Capitole rassemble l’élite, les favorisés, les plus riches, ceux qui ont le pouvoir. Un jour, les districts se sont rebellés contre le Capitole. La rébellion a été écrasée dans le sang, le district 13 complètement rasé. Depuis, pour rappeler aux districts combien ils sont dépendants du Capitole et combien la révolte est interdite, sont organisés des Hunger Games. Deux enfants (entre 12 et 18 ans) sont tirés au sort dans chaque district, un garçon et une fille. Les 24 candidats sont enfermés tous ensemble dans une immense arène paysagée en fonction de l’imagination des juges. Le but est d’être le seul survivant. Il n’y a aucune règle, il faut tuer et survivre. La faim, dont les jeux portent le nom, est souvent l’une des pires ennemies des participants. 
Lorsque l’histoire débute, Katniss a 16 ans, elle sait qu’elle a de nombreuses chances d’être tirée au sort. Pourtant, coup de tonnerre lors du tirage, c’est le nom de sa soeur, Prim, 12 ans, qui est tiré. Prim n’aurait aucune chance de survie, elle est jeune, tendre, duce. Alors Katniss comprend qu’elle n’a pas le choix, elle se porte volontaire pour remplacer sa soeur. A elle reviendra la tâche quasiment impossible de survivre dans ces arènes impitoyables. Mais elle ne part pas vaincue : seul soutien de sa famille depuis la mort de son père, elle sait chasser à l’arc, se déplacer silencieusement dans la forêt, reconnaître les plantes sauvages, poser des collets. De plus, l’autre candidat du district 12, Peeta, semble jouer un jeu étrange, et paraît avoir décidé de la protéger une fois dans l’arène.

Mon avis : Je trouve ce roman extrêmement violent pour être proposé en littérature jeunesse. J’ai vérifié plusieurs fois, mais c’est bien dans la collection Pocket Jeunesse qu’il est édité. Alors effectivement, l’histoire est passionnante, haletante même. On s’attache énormément aux deux héros du district 12, et on tremble tout au long de l’histoire pour savoir comment cela va pouvoir se terminer. Chaque nouveau chapitre recèle un nouveau piège, et tout cela dans un monde qui lui même n’est qu’un vaste piège, une immense dictature impitoyable et inhumaine. On peut se contenter de lire le premier tome ou lire la trilogie. Personnellement j’ai vraiment aimé les deux premiers tomes. Cependant, je ne sais pas trop pourquoi, mais je n’ai pas du tout accroché au 3ème tome. Je n’ai même pas réussi à en lire un quart. Je sais par contre que d’autres lecteurs de mon entourage l’ont beaucoup apprécié, surtout pour la fin qui d’après eux permet d’avoir une réflexion sur les enjeux du pouvoir politique.
Je conseille cette lecture pour des adolescents déjà âgés, capables de prendre du recul sur une histoire violente. Le récit est captivant et facile à lire, alors même de petits lecteurs devraient y prendre du plaisir.

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Le tome 1 existe en version audio :

La maison cannibale, Gudule

Quentin emménage dans une demeure exceptionnelle avec ses parents, une sorte de château qu’ils ont acheté pour une bouchée de pain. Cependant, il comprend rapidement qu’un mystère se cache dans les lieux. Les habitants des environs racontent qu’un meurtre horrible y a été commis. Soudainement, des évènements étranges ont lieu. Quentin fait des cauchemars effrayants, et la maison semble munie d’une volonté propre. En l’absence de ses parents, Quentin est restée seul avec sa tante Suzy, une étudiante d’une vingtaine d’années. Ils se retrouvent enfermés dans la maison, qui a muré toutes les issues. Ils vont devoir mener l’enquête et reconstituer les terribles évènements du passé pour s’en sortir.

Mon avis : Ce roman ne présente pas beaucoup d’ambition littéraire, si ce n’est celle d’offrir un roman extrêmement court, facile, et plein d’actions, à de jeunes ados qui seraient plutôt fâchés avec la lecture. Ceux-ci trouveront sans doute le courage de lire un roman aussi rapide, et de l’intérêt pour une enquête malgré tout intéressante, avec un certain suspense. Les lecteurs un peu plus habitués s’ennuieront sans doute.

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Ce jeudi-là, Amélie Cantin

Alex en a marre : marre de ses parents qui se disputent sans cesse, marre des reproches de sa mère, marre du collège où il ne comprend rien, marre de se faire embêter par les caïds du quartier. Il ne trouve pas sa place, ne sait pas quoi faire. Un jour, il rencontre un groupe de skinheads qui font des tags sur les murs et distribuent des tracts dans les boîtes aux lettres pour un parti d’extrême-droite. Ils accueillent le jeune garçon avec sympathie, le défendent contre les caïds. Alex ne comprend pas très bien leurs idées, mais au moins maintenant il se sent important, il a une place dans une bande. Un jour, ses nouveaux copains tabassent la vieille femme qui habite au-dessus de chez lui car elle porte un nom juif. Alex commence à avoir peur…

Mon avis : Le roman est très court, facile à lire, et montre comme il est facile pour des adolescents gentils mais un peu timides et isolés de se laisser prendre dans des organisations dont ils ne comprennent pas forcément les sous-entendus. On éprouve une certaine angoisse à la lecture en voyant le piège se refermer peu à peu autour d’Alex. Ce roman permet de faire réfléchir des adolescents même assez jeunes sur les thèmes du racisme, de l’extrémisme.

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Monsieur Kipu, David Williams

Chloé a 12 ans. Sa mère, ancienne directrice d’un institut a décidé de se présenter comme député-maire. Elle tient absolument à paraître distinguée, et à cause de cela, impose des tas de règles assommantes à sa famille. Chloé est ainsi inscrite dans une école privée réservée aux filles, qu’elle déteste et dans laquelle elle n’a aucune amie. Tous les jours, Chloé passe devant un banc où est assis un clochard surnommé Monsieur Kipu. Grâce à son imagination galopante, elle a imaginé des dizaine de scénarios sur les raisons qui ont fait de lui un SDF. Un jour, prenant son courage à deux mains, elle lui adresse la parole. Monsieur Kipu se révèle un homme surprenant, d’un sans-gêne désopilant et plein d’humour. Grâce à lui, la vie de Chloé va beaucoup changer.

Mon avis : Voici un roman facile à lire, tout à fait adapté pour les plus jeunes, avec une belle histoire. J’ai beaucoup ri, certaines situations sont cocasses, surtout lorsque Monsieur Kipu passe à la télévision. Le thème des SDF est abordé avec beaucoup d’humanité. Pour tous types de lecteurs.

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Maïté Coiffure, Marie-Aude Murail

Louis est en classe de 3ème. Il ne comprend pas grand chose en cours, même quand il essaie, et n’aime pas l’école. Un jour, il explique à table qu’il doit faire un stage en entreprise et qu’il n’a aucune idée. Sa grand-mère lui trouve une place dans un salon de coiffure, au grand dam de son père, brillant chirurgien, qui rêve de grandes études pour son fils. Louis ne sait pas trop quoi en penser. Il va à son premier jour de stage, et là, surprise, il découvre qu’il aime cette ambiance, qu’il aime travailler, qu’il a envie d’apporter son aide au salon, et même de le faire prospérer. Désormais, il a un projet : il veut faire un CAP coiffure après la 3ème. Seulement, il sait que son père n’acceptera jamais sa décision.

Mon avis : Alors là, ça fait du bien un roman comme celui-là au milieu de toutes ces histoires de vampires et d’espions en tous genres. Un roman juste vrai, dans la vraie vie, avec des vraies personnes. Un roman plein d’émotion, des personnages loin d’être parfaits, et justement parfaits de vérité. Tous sont très attachants, et font vraiment réfléchir à ce qui a de la valeur dans la vie. On renverse au passage quelques préjugés, et on crie encore une fois que on peut être mauvais à l’école et très intelligent, rater son brevet et réussir sa vie, que ce qui compte vraiment, c’est de savoir ce qu’on veut et de s’y accrocher. J’adore. A faire lire à tous les lecteurs, à partir de 13 ans.

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Cherub, Mission 1 : 100 jours en enfer, Robert Muchamore

James vit avec sa mère et sa soeur Lauren. Il ne fait rien à l’école et a tendance à se battre dans la cour. Un jour, excédé par les remarques d’une fille de sa classe sur l’obésité de sa mère, il la plaque contre le mur et la blesse sans le vouloir. Il est exclu du collège puis se retrouve dans un orphelinat. Sa vie sombre peu à peu. Or, on lui fait une proposition très particulière : il s’agit d’intégrer un groupe d’enfants espions travaillant pour le MI5 (l’espionnage anglais). Cette opportunité est l’occasion pour lui d’échapper à la vie de misère qui l’attend. Il accepte et se voit lancé dans une session d’entraînement qui durera 100 jours. Le lieutenant chargé de l’entraînement essaie de faire abandonner ses recrues de toutes els façons possibles : fatigue, humiliation, épreuves surhumaines, privations multiples. James s’accroche.

Mon avis : Ce roman m’a été prêté par un élève de 4ème. Je pense en effet que c’est là le public idéal pour ce livre. L’histoire est bien ficelée, on accroche bien au héros qui malgré beaucoup de grosses bêtises dans sa vie reste un garçon sympathique. L’écriture n’est pas terrible, mais il y a de l’action et le rythme est très soutenu. Je regrette que l’auteur n’ait pas profité de son récit pour apporter un peu de réflexion sur la vie et ses enjeux, il y aurait eu matière. C’est un roman qui plaira à ceux qui aiment les histoires d’espionnage, d’entraînement de type militaire. Le livre est un peu épais, mais comme il y a beaucoup d’action, même des mauvais lecteurs pourront le lire sans difficulté.

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