A cœurs ouverts, Jessi Kirby

Si vous avez aimé le roman Nos étoiles contraires, je suis quasi sûre que vous allez adorer celui-ci également. Voici une magnifique histoire sur l’amour, le deuil, la famille…roman amour adolescents ado

Emily a 18 ans. Depuis 400 jours, elle pleure la mort de son petit ami, Matt. Ils étaient en couple depuis leurs 14 ans, pour elle, il était l’homme de sa vie. Depuis sa mort elle ne fait que pleurer, elle ne vois presque plus ses amis, elle n’est pas allée à la fête de fin du lycée (ça se passe aux Etats-Unis), elle ne s’est pas inscrite à la fac, elle ne fait plus de sport, elle qui était dans l’équipe d’athlétisme de son lycée.

Matt est mort brutalement, d’un traumatisme crânien renversé par une voiture. Aussi, ses parents ont-ils fait le choix de donner ses organes pour sauver d’autres vies. Emily les accompagne pour rencontrer les personnes qui ont reçu ces dons. Cela l’aide à avancer dans son deuil. Mais l’un d’eux refuse de répondre à la demande, et ne répond pas à sa lettre, celui qui a reçu le cœur de Matt. Emily ne peut s’empêcher de penser à lui, d’attendre sa réponse. Presque obsédée, elle mène des recherches et finit par découvrir son identité. Il habite au bord de l’océan, à seulement 50 km. Elle se rend là-bas, en se faisant la promesse de juste le regarder, de ne pas chercher à l’aborder. Mais une fois sur place, les choses ne se passent pas exactement comme prévu…

Mon avis : j’ai passé un très beau moment de lecture avec ce roman, c’est vraiment un coup de cœur. J’ai été très émue par ce deuil, par cette presque veuve de 18 ans, par l’amour dont sa famille l’entoure dans cette épreuve. Les sentiments sont forts, vrais. Emily ne sait comment avancer, elle ne sait pas même si elle a le droit d’avancer, de commencer à moins penser à Matt. Ses sentiments évoluent, ils sont décrits de façon complexes. Le roman est également très intéressant lorsqu’il s’intéresse au vécu de la personne qui reçoit le don d’organe, lui permettant ainsi d’avoir une nouvelle vie, mais oh combien contraignante.

Je classe ce roman dans mes coups de cœur. Je le recommande à partir de 13 ans au moins, pour d’assez bons lecteurs car il est un peu long (336 pages).

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Le Clan des Otori, Lian Hearn

L’histoire se passe dans un Japon féodal imaginaire, et nous plonge dans les intrigues de seigneurs guerriers de la contrée des Trois Pays. Nous rencontrons Tomasu, jeune garçon vivant dans un village d’Invisibles. Ces gens croient en un dieu unique qui prônerait que tous les hommes sont égaux. A cause de cela, ils sont persécutés par le Seigneur Iida Sadamu, chef du clan des Tohan. Pendant une sortie de Tomasu, tout son village est massacré. En revenant, il se retrouve face au terrible Iida, et parvient, quasiment par hasard, à le désarçonner. Il se fait là un ennemi mortel. Il prend la fuite car il sait que désormais sa mort sera lente et douloureuse. Par chance, il croise la route de Shigeru des Otori, un seigneur guerrier d’un clan opposé à celui d’Iida. Tous deux fuient dans l’incognito. Shigeru ramène Tomasu chez lui, lui donne le nom de Takeo, et décide de prendre en charge son éducation dans le but de l’adopter.

 Tous murmurent en effet que le garçon ressemble au frère de Shigeru, mort dans une bataille l’opposant à Iida, suite à laquelle les Otori ont perdu de nombreuses terres. Takeo découvre que si Shigeru Otori l’a trouvé et recueilli, ce n’était pas par hasard. Il semble connaître mieux que lui ses origines, et lui en dévoile peu à peu les secrets. Takeo apprend alors que par son père, il est l’un des descendants de la Tribu, groupe secret, sorte de guilde d’assassins et d’espions dont les membres possèdent des dons particuliers. Ainsi, Takeo a une ouïe sur-développée, il est capable d’endormir les chiens du regard, il apprend à se dédoubler, à se rendre invisible… Shigeru lui demande de développer ses dons au maximum. Takeo comprend que Shigeru a une mission secrète à lui demander, mission dont les intérêts rejoignent les siens : se venger d’Iida. Mais les influences sont nombreuses et parfois contradictoires, cette mission semble difficile à mener à bien.

Le Clan des Otori est une magnifique fresque historique. L’univers n’est pas strictement celui du Moyen-Age, certaines villes sont inventées, l’histoire véritable du Japon n’est pas respectée à la lettre. Cependant, on découvre vraiment les codes de ce peuple guerrier, la Tribu évoque l’imaginaire des ninja, il y a des références à la peinture traditionnelle du Japon, sa calligraphie, ses monastères… Les personnages sont fascinants, pleins de complexité. On découvre la profondeur de leur caractère petit à petit en avançant dans la lecture. Le héros a une personnalité extraordinaire, partagée entre une force exceptionnelle mais aussi beaucoup de faiblesse. J’ai vraiment beaucoup aimé toute la série. De plus, j’apprécie particulièrement que chaque roman se clôture d’une certaine façon. On a bien sûr envie de lire la suite pour connaître toute l’histoire du clan des Otori dont Takeo est désormais l’héritier, mais si on se fatigue de la lecture, on peut s’arrêter sans trop de frustration. Pour ma part, j’ai adoré les quatre tomes (l’auteur en a écrit un cinquième, racontant les évènements précédents le début du premier tome et notamment ceux conduisant à la mort du frère de Sire Shigeru des Otori. Je ne l’ai pas encore lu, mais ça ne saurait tarder !). Les personnages s’enrichissent tout au long de la saga, on découvre de nouvelles dimensions de cet univers, notamment dans le tome 4 où l’empereur s’intéresse soudainement aux actions de Takeo. Bref, passionnant !

Je recommande cette série à des adolescents plutôt très bons lecteurs. Ceux qui sont passionnés du Japon seront aux anges, mais les autres aussi tellement l’écriture est entraînante et les personnages intéressants. A réserver aux adolescents les plus âgés, car la culture du Japon médiéval est assez violente et certaines scènes peuvent choquer.

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L’Élégance du hérisson, Muriel Barbery

Mme Michel est concierge dans un immeuble parisien depuis plus de 25 ans. On découvre rapidement qu’alors qu’elle essaie de toutes ses forces de coller au cliché social de la concierge, télé à fond, chat, vêtements de mauvaise qualité… elle est bien loin de l’incarner réellement. Depuis sa petite enfance, elle s’est découvert une passion pour la littérature, l’Art, la langue française, qu’elle a toujours gardée complètement secrète. Elle fait tout pour éviter que cela se sache. Son journal mêle avec délicatesse son amour pour les belles choses et la belle langue, et ses efforts pour le cacher à tous ceux qui l’entourent, à leur snobisme, et à leur inculture crasse, à peine cachée sous le vernis craquelé de la richesse.roman littérature philosophie

Dans son immeuble vit une petite fille de 12 ans, Paloma, fille d’un politicien, et d’une bourgeoise complètement névrosée. Surdouée qui cache sa haute intelligence, Paloma est malheureuse dans ce monde de faux-semblants. Elle tient un journal dans lequel elle cherche à développer des pensées profondes, souvent inspirées par le ballet caricatural du monde dans lequel elle vit. Elle a prévu de se suicider le jour de son anniversaire, car elle est pleinement consciente de la vacuité de l’existence.

Ces deux êtres fragiles portent un regard corrosif sur la société, mais pourtant toujours tendre et en quête de la moindre parcelle de beauté qui pourrait leur apparaître. L’arrivée dans l’immeuble d’un Japonais va bouleverser toutes leurs habitudes, et leur permettre de se rencontrer, mais aussi d’enfin se dévoiler, et se découvrir.

Mon avis : Ce roman est relativement difficile à lire, car en tant qu’hommage à la beauté de la langue française, il en explore de nombreuses finesses, et n’hésite pas opter pour une syntaxe pleine de belles circonvolutions. Il n’en reste cependant que la lecture est fluide et plaisante, qu’on apprécie le cynisme du regard des héroïnes sur leur entourage, tout autant que leur amour de la beauté, qu’elle soit artistique, ou simplement celle de l’instant. C’est une lecture à apprécier tranquillement, avec une tasse de thé, et une fine pâtisserie. Elle se déguste, page après page.

Une très belle lecture de 350 pages, à recommander aux adolescents très à l’aise avec la littérature et la langue française.

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Le sumo qui ne pouvait pas grossir, Eric-Emmanuel Schmitt

Jun a quinze ans. Il vit dans les rues de Tokyo, il survit en vendant des articles à la sauvette sur les trottoirs. Il refuse de parler de sa famille, ou alors il prétend qu’il est orphelin. Lorsque le roman s’ouvre, un vieil homme le regarde et lui dit : « Je vois un gros en toi ». Chaque fois que le vieillard rencontre l’adolescent, il lui répète cette même phrase, complètement dépourvue de sens pour le jeune garçon, car il est plutôt maigre comme un clou.roman bouddhisme japon adolescents

Un jour, le vieil homme, qui s’appelle Shomintsu, lui offre un billet pour un combat de sumo. Jun se rend à la représentation, et est complètement bluffé par ce qu’il découvre. Alors qu’au début de la séance, il ne voyait que deux hommes gros et gras, s’élançant l’un contre l’autre comme des brutes, dans un jeu tellement débile qu’il se demande s’il a bien compris les règles, il se prend au jeu, et commence à voir la ruse, le talent, la concentration, l’agilité sous la graisse. Il comprend toute la subtilité de ce sport et est pris d’enthousiasme.

C’est alors que Shomintsu lui propose de rentrer dans son école de sumo, l’une des plus renommées du Japon. Jun étudie les 82 prises autorisées, développe son endurance, sa force, sa souplesse. Il vit à la dure, ce qui ne lui pose pas de problème, à lui qui vient de la rue. Mais malgré tous les repas qu’il ingurgite, malgré la qualité et l’abondance de la nourriture qui lui est servie, Jun ne parvient pas à grossir. Shomintsu va alors parler avec lui, et commencer à lui donner un enseignement d’inspiration bouddhiste. Il s’agira tout d’abord de le faire se réconcilier avec son passé, puis de lui montrer la voie vers le zen et la méditation.

Mon avis : C’est un très beau roman, extrêmement court, à peine une centaine de pages. Il permet de découvrir un sport peu connu en Europe, l’art des sumos, et nous invite aussi sur la piste du bouddhisme zen. Comme tous les romans du Cycle de l’invisible, cette invitation reste pleine de subtilité, à peine soulève-t-on un voile sur cette spiritualité, mais c’est suffisant pour donner l’envie d’en savoir plus.

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Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers

Résumé : Aristote a 15 ans. Il a très peu d’amis, aucun en fait. Il se sent en décalage complet avec les garçons de son âge. A la maison, ce n’est pas forcément facile non plus. Ses parents sont plutôt sympas. sa mère, enseignante, passe son temps à lui dire que ce qu’il ressent est normal, que c’est « une phase ». Son père est le plus souvent silencieux. Ancien soldat de la guerre du Vietnam, il est sorti abîmé par cette guerre, et hanté par les souvenirs roman ado homosexualité amourde ce qu’il a vécu. Aristote a aussi deux sœurs, des jumelles qui ont 12 ans de plus que lui, et un frère de 11 ans de plus. Mais ses frères et sœurs ne sont pas un soutien pour lui. Les filles sont trop âgées, elles le traitent presque comme leur propre fils, ce qui l’énerve prodigieusement. Quant à son frère, il est en prison, et plus personne ne parle de lui, toutes ses photos ont été enlevées de la maison, c’est comme s’il n’avait jamais existé.

 

Désœuvré pendant les vacances d’été, Aristote va à la piscine. Là, un garçon de son âge l’aborde et lui propose de lui apprendre à nager. Ce garçon, c’est Dante. Dante est lui aussi en décalage avec les garçons de son âge : il aime lire, il est attentionné avec les oiseaux, il apprécie ses parents, il aime dessiner, et comme lui, il a un prénom difficile à porter. Entre les deux adolescents, commence une amitié très forte. Les deux garçons apprennent à se connaître, chacun avec ses parts d’ombre, ses secrets, ses non-dits.

Mon avis : Comme la plupart des très bons romans, celui-ci est quasiment impossible à résumer. L’histoire est racontée du point de vue d’Aristote. Celui-ci se révèle une personne complexe, qui a des difficultés à parler de ses émotions, et même à se comprendre lui-même.

Le récit est très fort et même poignant. Il mêle les thèmes de l’adolescence, de l’amitié, des secrets de famille, des premières amours et de la difficulté à se comprendre soi-même.

C’est un gros coup de cœur que cette lecture. Je la recommande vivement à tous les ados qui aiment les récits inspirés d’histoires vraies, qui se posent des questions sur l’adolescence, l’amitié, l’amour…

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Vango, Timothée de Fombelle

Lorsqu’on rencontre Vango dans les premières pages du roman, il est allongé sur le parvis de Notre dame à paris, avec 39 autres jeunes hommes, prêt à devenir prêtre. Mais la cérémonie est brutalement interrompue par l’irruption de la police. On vient l’arrêter, il est accusé de meurtre. Vango prend la fuite d’une manière tout à fait étonnante : il se met à escalader la façade de l’imposante cathédrale. En même temps, un mystérieux tueur commence à lui tirer dessus dans le but de le tuer. Qui est ce garçon Vango que tous recherchent ?

On fait ensuite un rand retour en arrière, à l’époque où Vango est un enfant, rejeté par la mer avec une femme appelée Mademoiselle sur une île de la Méditerranée. Personne ne sait d’où il vient, qui il est, pas même lui. Il vit comme un enfant sauvage, avec cette femme, merveilleuse cuisinière et pédagogue qui lui enseignera plusieurs langues. Il partira bientôt à la recherche de ses origines, espérant comprendre son destin, et pourquoi tout le monde le traque sans cesse.

On rencontre successivement d’autres personnages mystérieux, le commandant d’un ballon dirigeable, une jeune fille aux yeux verts originaire d’Écosse, une autre, parisienne, qui se promène sur les toits de la capitale, des moines en danger, cachés dans un monastère secret, tout ceci sur le fond historique troublé du milieu du XXème siècle.

Ce roman est passionnant, j’ai dévoré les deux tomes de cette aventure avec grand plaisir et beaucoup d’intérêt. La lecture est un peu compliquée, en effet, la narration suit plusieurs personnages tour à tour, et à plusieurs époques différentes. Cela m’a un peu embrouillée par moments, mais au final j’ai suivi l’intrigue sans trop de difficultés, cela permet d’ailleurs d’aiguiser l’attention en ravivant le mystère. Il faut être plutôt un bon lecteur pour se repérer dans cette histoire riche et complexe. De même, le contexte historique est sans cesse présent, mais pas forcément expliqué, c’est mieux alors de connaître l’époque de la montée du nazisme, les différents évènements de cette époque (la nuit des longs couteaux par exemple), et la période de la seconde guerre mondiale. Cette lecture semble donc tout à fait conseillée pour des élèves de 3ème dont c’est le programme d’histoire. J’ai failli classer ce roman dans mes coups de coeur.

Sur le site de la FNAC : tome 1tome 2intégrale

Le froid modifie la trajectoire des poissons, Pierre Szalowski

L’histoire : Le narrateur a onze ans, et il apprend dans les jours qui suivent Noël que ses parents ont décidé de se séparer. Il est super triste et en colère. Dans sa détresse, il lance un appel au ciel, lui demandant de l’aider. Comme réponse un peu étrange, le ciel envoie un épisode de verglas intense et hyper grave.roman bonheur adolescents divorce

Au début, ça n’a pas l’air de bien améliorer les choses pour lui. Son père s’en va habiter temporairement dans leur chalet de vacances, sa mère fait les comptes pour séparer leurs biens communs. Par contre ces conditions météorologiques extrêmes vont entraîner beaucoup de perturbation dans le voisinage. Des gens qui vivaient côte à côte mais sans se connaître vont être obligés de se rencontrer, de s’ouvrir, et peut-être, de voir leur vie métamorphosée à tout jamais. On découvre ainsi Julie, danseuse dans un club nocturne, qui ne sait plus trop pourquoi elle continue ce boulot, et qui ne rencontre que des hommes qui profitent d’elles, Boris, chercheur mathématicien obnubilé par ses poissons et la température de l’eau de leur bocal (c’est le sujet de sa thèse de doctorat qui est en jeu !), Simon et Michel, couple homosexuel qui cache leur amour de peur d’avoir des problèmes, Alex et son père Alexis, blessés par le passé, en colère et en rejet dans le présent… Et puis un jour, le père du narrateur revient à la maison, les deux bras dans le plâtre. Est-ce que les choses vont enfin s’améliorer pour lui aussi ?

Tous ces destins se croisent et s’entrecroisent, pour un roman plein de bonne humeur et de belles surprises. C’est un vrai roman « feel good » pour ados. Cette lecture fait du bien, on sort ragaillardi, motivé, on retrouve confiance dans le genre humain. Idéal à lire en hiver quand on est assailli par la morosité ambiante et qu’on a l’impression que le mauvais temps est vraiment trop déprimant. Une jolie leçon de bonheur.

Acheter ce roman chez Decitre ou à la Fnac.

 

The Big History Show – L’Emission, Jeanne Bocquenet-Carle

L’histoire : L’histoire se passe dans le futur (mais pas si lointain, quelques années tout au plus). Un magnat des médias, milliardaire, a réussi à faire mettre au point une machine à voyager dans le temps. Il a décidé que cette invention serait le point central d’un immense nouveau jeu de télé-réalité : le big history show. 5 équipes de deux personnes partent à différentes époques de l’histoire, elles ont une mission à remplir le plus vite possible. A chaque manche, une équipe est éliminée. Le jeu présente certains risques car les époques historiques peuvent être dangereuses, et l’équipe de télé n’a pas toujours le temps d’intervenir, surtout qu’il leur faut rester discret pour ne pas risquer de changer l’histoire.

anticipation, science, science-fiction, éthiqueLe roman s’ouvre sur une série de personnages dont on fait rapidement connaissance. D’un côté les futurs candidats de l’émission : Lana inscrit sa sœur Coline sans lui demander son avis, car elle veut l’aider à se bouger après une rupture sentimentale mal digérée ; Chris et Mathilde s’inscrivent à l’initiative de Chris, dont on découvrira qu’il a vécu un traumatisme terrible un an auparavant, qu’il espère soigner avec le jeu ;  Jean, beau et courageux guide de haute montagne qui s’inscrit pour faire plaisir à sa mère, retraitée férue d’histoire ; Juliette et Adem, deux étudiants dont la première est une sacrée peste, qui veut gagner à tout prix, et enfin deux hommes qu’on voit assez peu, d’ailleurs ils seront les premiers à être éliminés. De l’autre côté on rencontre l’équipe de production de l’émission : le producteur, le présentateur, le patron de la chaîne, personnages imbus d’eux-mêmes, superficiels, assez insupportables, mais aussi la directrice du casting, le responsable des voyages, le technicien, plus humains, plus torturés…

On découvre les dessous de l’émission, la façon dont les candidats sont choisis pour correspondre aux émotions à provoquer chez le public, la façon dont le montage est fait, le plus voyeuriste possible, mais surtout en évitant toute référence qui pourrait choquer une association quelconque, ou risquer de faire réfléchir le public au bien fondé d’un tel jeu.

Lorsque le jeu se lance, on ne peut s’empêcher de vibrer avec les personnages, d’être pris dans le rythme haletant des épreuves. La première époque parcourue est la seconde guerre mondiale, lors de l’invasion de la France par les Allemands en juin 1944. C’est un pléonasme, mais l’époque est historique !

Mon avis : Un grand coup de cœur pour ce roman, qui plus est écrit en langue française et édité par une petite maison d’édition indépendante. Ce n’est pas si souvent que je lis des romans à tendance un peu utopie/uchronie en langue française, donc ça fait vraiment plaisir, surtout quand la lecture est aussi agréable. Les personnages se sont montrés très attachants, j’ai ri, pleuré, frémi avec eux. Le rythme est rapide, sans être effréné, les chapitres assez courts encourageront les lecteurs un peu moins aguerris. C’est un roman qui mélange les voix narratives puisqu’on suit différents personnages tour à tour, mais pour une fois c’est fait d’une façon très claire, et je ne pense pas que ce sera un obstacle à la lecture pour les lecteurs moins habitués.

Par ailleurs ce roman permet une vraie réflexion. On voit les dessous des jeux de télé-réalité. J’ai beaucoup apprécié le délicat dosage entre le cynisme de certains personnages et la sensibilité des autres. L’auteur a su livrer un portrait grinçant de ce phénomène sans pour autant tomber dans la caricature (contrairement à Hunger Games par exemple). On se pose aussi des questions sur la science et l’éthique. A qui appartiennent les découvertes, est-ce normal de pouvoir breveter des inventions aussi extraordinaires et priver l’humanité de leur utilisation à des fins scientifiques ? Bref, j’ai adoré !

Je recommande cette lecture aux adolescents à partir de 12 ans, autant pour de bons lecteurs que pour des lecteurs un peu moins à l’aise.

Pour l’acheter, vous pouvez aller :

sur le site de la maison d’édition : Marathon Éditions.

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Le collège des éplucheurs de citrouilles, Laure Deslandes

Un nouveau coup de cœur, j’ai de la chance ce week-end !

En fait ce collège s’appelle le collège des Museaux et il est paumé au fin fond de la Bretagne. A l’origine il n’y avait que 30 élèves dans l’établissement, avec une classe6ème/5ème et une autre 4ème/3ème. Mais pour le sauver de la fermeture, le collège a décidé d’accueillir un internat avec des enfants qui n’ont plus de place nulle part ailleurs, en général parce que ce sont des habitués aux conseils de discipline.roman jeunesse collège hippie sorcière vie alternative

L’histoire s’ouvre sur le personnage d’Eliott qui fait partie des internes. On comprend qu’il n’est pas vraiment un caïd, plutôt un ado que la vie a malmené. Il est triste et angoissé lorsqu’il pense à sa mère. On comprendra plus tard que celle-ci est sous la coupe d’un homme violent, Vince, et qu’il en a après Eliott. On découvre peu à peu toutes les bizarreries du collège, les profs complètement farfelus (on grimpe aux arbres en EPS, le prof d’histoire fait cours en pantoufles, la prof d’arts pla pratique une sorte d’hypnose…), les menus de la cantine entièrement bio (un des élèves le qualifie avec une formule qui m’a fait bien rigoler, c’est du « végétarien avec de la viande ») et savoureux, les élèves qui aiment aller à l’école (ça c’est peut-être le plus bizarre !)…

La narration s’attache ensuite à Péline, jeune fille qui habite ici depuis toujours. Elle vit seule avec sa mère, a des goûts très bohèmes, est débrouillarde, et peut-être un peu sorcière sur les bords.

Tous les deux vont apprendre à se connaître, et s’enrichir du contact l’un de l’autre, jusqu’à essayer ensemble de résoudre le problème d’Eliott.

Quant au titre du roman, il est bien mystérieux, m’a tout de suite plu, et on le comprend à peu près à la moitié de l’histoire… Je vous laisse découvrir !

Mon avis : J’ai adoré ce roman. L’univers un peu hippie sorcière qu’il met en scène m’a tellement fait rigoler, j’ai eu plaisir à retrouver des valeurs qui me parlent, à découvrir ce collège un peu décalé dans lequel j’aimerais beaucoup enseigner. Les personnages sont attachants et si au début je me demandais si Eliott n’était pas un peu parano, à la fin j’étais quand même assez angoissé à l’idée que le monde des adultes ne saurait peut-être pas entendre ses angoisses pourtant bien réelles.

Ce roman est assez épais, mais je l’ai lu en une petite après-midi. Il parlera à tous les ados qui ont des goûts peut-être un peu décalés par rapport au collégien typique. J’espère que vous apprécierez sa lecture autant que moi ! Et je dis un grand merci à son auteur pour ce moment de bien-être que j’ai vécu à sa lecture qui m’a donné le sourire et la pêche.

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Cahier Mon Autobio d’Ado

cahier écriture adolescents écrireJ’ai le plaisir de vous présenter le cahier Mon Autobio d’Ado. C’est le premier cahier que j’écris à destination des adolescents. Il s’agit en fait de la continuité d’un exercice d’écriture que je propose à mes élèves de 3ème depuis maintenant (oulà !) presque 10 ans. Chaque année cet exercice a un grand succès. Les élèves sont super motivés, s’investissent à fond et me rendent des écrits vraiment très très beaux et émouvants. Aussi je me suis dit qu’il serait intéressant d’en faire profiter d’autres ados qui auraient eux aussi envie de raconter leur autobiographie.

Ce cahier s’adresse :

– à tous ceux qui aiment écrire

– à tous qui n’aiment pas écrire ! Chez mes élèves (je l’ai proposé à une dizaine de classes de 30 élèves, il a donc été fait par presque 300 adolescents) cet exercice a toujours rencontré du succès, que ce soient des élèves habitués à la lecture et l’écriture ou au contraire des élèves réticents, peu à l’aise avec l’écrit.

– à tous les ados qui ont envie/besoin de se pencher sur leur propre vie, de faire un peu le bilan de qui ils sont, ce qu’ils aiment, ce qu’ils ont déjà vécu, et ce qu’ils souhaiteraient vivre maintenant. Parler de soi est un besoin important des adolescents, et cet exercice leur permet de prendre le temps de le faire. Ils sont guidés, ce qui leur permet d’étoffer leur pensée et leur réflexion et d’écrire certainement beaucoup plus que s’ils étaient face à une page blanche.

– peut-être aussi à des adultes qui ont envie de raconter leur vie et ne savent pas trop par quel bout s’y prendre.

Le cahier comporte :

  • plus de 25 propositions d’écriture
  • des extraits de grands auteurs qui ont écrit leur autobiographie (Rousseau, Beauvoir, Pagnol, Leiris…)
  • des pages vierges pour ceux qui ont envie d’en dire plus
  • des espaces pour coller des photos

Il se divise en quatre chapitres :

  • Mon enfance
  • Mon autoportrait
  • Ma vie actuelle
  • Mon avenir

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Le Combat d’Hiver, Jean-Claude Mourlevat

Voici un roman difficile à résumer ! Mais je le classe en coup de cœur car j’en ai adoré la lecture, impossible de le relâcher avant de l’avoir terminé. L’action est bien menée, le rythme soutenu sans être pour autant effréné, les personnages riches et attachants. Ça faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir avec un roman jeunesse.roman ados imaginaire monde dictature lutte résistance

L’histoire débute dans un internat qui est plutôt une sorte d’orphelinat pour jeunes filles. Les règles sont cruelles, le fonctionnement strict et inhumain. Nous suivons deux jeunes filles, puis deux jeunes hommes, qui font partie de l’internant de garçons installés dans la même ville. Ces quatre jeunes gens vont s’évader lorsqu’ils découvrent que s’ils sont enfermés là, c’est que leurs parents ont tous été assassinés suite au coup d’état qui a installé la dictature en place. Leurs parents étaient des résistants. Ces quatre héros vont essayer de lutter à leur tour. Ils sont séparés par la suite, donc on suit leur parcours dans trois narrations qui s’entrecroisent. Le tout est bien construit et facile à comprendre. L’écriture est très belle, et sait nous garder en haleine.

400 pages pour ce beau roman, qu’il faut donc plutôt proposer à de bons lecteurs.

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Les incroyables aventures de Baba Wildy, Eric Atlan

Résumé : Baba Wildy est orphelin. Ses parents ont disparu dans un accident d’avion mystérieux, suite aux agissements de son père, qui semble travailler pour des gens plutôt louches. Baba Wildy est donc élevé par sa tante. Son meilleur ami, son alter ego est un hamster appelé Trombone, à l’humour décapant et particulièrement têtu et audacieux.

Baba Wildy est hyper timide, a tendance à bégayer. il adore la musique et est amoureux d’un jeune boulangère aveugle, à qui il n’ose pas dire plus de trois mots. Un jour, il ouvre un logiciel hérité de son père, et est repéré par un groupe d’espions russes qui vont dès lors tenter de mettre la main sur lui.

S’en suivent une série d’actions enchaînées à un rythme effrené, des situations particulièrement dangereuses dont Baba Wildy se sort de façon complètement folle et fantaisiste, pour le plus grand plaisir du lecteur.

Mon avis : L’histoire n’est pas très profonde, mais on passe un bon moment à la lecture de ce livre. De l’action, de l’humour, du rythme, des personnages attachants, tous les ingrédients sont réunis pour une lecture détente sympathique. En plus, le livre est très abondamment illustré, ce qui rend la lecture agréable et fluide.

Je le recommande aux ados qui aiment les histoires d’espions, avec de l’action. A partir de 12 ans.

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Baguettes chinoises

J’adore la littérature asiatique. Ces cultures sont tellement différentes de la nôtre que les romans sont parfois difficiles à comprendre, mais justement, cela les rend passionnants.

Ici, l’auteur, Xinran, est une femme qui anime une émission de radio sur les femmes en Chine. Elle s’inspire des divers témoignages qu’elle a recueillis pour construire la trame de son roman. C’est un de mes romans préférés, super facile à lire, intéressant, grâce auquel on apprend des tonnes de choses, bref passionnant.

Allez, je vous raconte l’histoire…

Dans un village près de Nankin en Chine, un père est déshonoré car il n’a réussi qu’à avoir des filles, 6 filles, qu’il n’a même pas daigné appeler autrement que par leur numéro de naissance : Une Deux Trois… En effet, dans ce village, les filles sont considérées comme des baguettes, et les garçons sont des poutres solides qui seront capables de soutenir le toit des maisons. Il a réussi à marier sa fille aînée (malgré les réticences de celle-ci) à un homme vieux et influent. On lui propose pour sa deuxième le fils infirme d’un homme riche. Deux, désespérée par ce mariage dont elle ne veut pas, se jette dans le puits. L’homme riche, pas du tout gêné, propose que ce soit Trois qui épouse son fils infirme. Celle-ci décide de s’enfuir dans la ville la plus proche, à Nankin. Le roman retrace le destin de trois femmes chinoises qui cherchent l'indépendance dans une société sexisteLe roman s’ouvre sur son arrivée dans cette ville, sa recherche d’un travail. Comme campagnarde, elle ne connaît pas les usages de la ville, mais heureusement, un certain nombre de citadins, en souvenir de leurs débuts, prennent en pitié les jeunes filles arrivées de la campagne. On lui trouve un emploi dans un restaurant, et elle va gagner bien plus d’argent que n’importe quel habitant de son village. Au bout d’un an, elle ose retourner chez elle. Face à la richesse qu’elle rapporte, son père accepte de lui confier Cinq, car elle est laide et bête, on ne craint donc pas qu’elle se fasse séduire, et Six, la seule à avoir fait quelques études. Les deux jeunes filles vont à leur tour faire leurs preuves, à force de courage et d’envie de réussir. A leur retour, elles prouvent à tous que les filles ne sont pas de simples baguettes.

C’est un roman magnifique, plein d’espoir et qui propose une belle image de l’humanité. C’est un vrai plaisir de le lire, on s’attache à ces jeunes filles, qui n’ont même pas eu la chance de porter un vrai prénom, mais qui veulent vraiment changer leur destin. La lecture est facile, agréable. On découvre avec plaisir une image très intéressante de la vie populaire dans cette ville chinoise. Ce que j’aime particulièrement dans ce roman, c’est l’idée qu’il est possible de changer son destin, de choisir sa voie en quittant celle qui semblait toute tracée. Que d’espoirs !

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Les valises, Sève Laurent-Farjal

Sarah part en voyage scolaire à Auschwitz. Elle se sent mal, elle est brouillée avec son amie Josy, et le garçon le plus frimeur de la classe n’arrête pas de la provoquer à la fixer du regard sans cesse. Le voyage ne se déroule pas comme prévu. Pendant la visite de l’ancien camp de concentration, elle tombe sur une valise qui porte son nom de famille. 

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D’un seul coup, tout s’embrouille en elle. Pourquoi sa mère a-t-elle toujours refusé de parler de son père ? Qui est-il ? Pourquoi sont-elles seules au monde toutes les deux.

Au retour du voyage, Sarah rassemble ses forces pour poser des questions à sa mère. Malheureusement, la vie ne lui en laisse pas le temps, car sa mère est victime d’un accident de voiture le jour même. Sarah est placée en famille d’accueil.

Elle va se lancer sur les traces de son passé, aidée en cela par son professeur d’histoire, passionné de généalogie, et de ce garçon, Jérôme, qui derrière son attitude frimeuse, révèle des trésors de profondeur et de fidélité.

Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce roman, je lui décerne même un coup de cœur. Déjà, j’ai beaucoup aimé le travail autour de la mémoire, et les secrets de famille. L’auteur mêle habilement les problématiques historiques et les problématiques familiales, c’est passionnant.

Mais ce que j’ai préféré dans ce roman, c’est l’histoire d’amour. C’est très rare de trouver un auteur qui parle aussi bien de l’amour, avec tant de justesse. Elle ne tombe ni dans le côté mièvre et ridicule, ni dans la pudibonderie. Elle parle avec beaucoup de justesse de la passion vécue par des adolescents, des questions qu’ils se posent, des tourments rencontrés parfois, de l’attirance physique, du doute, du bouleversement émotionnel entraîné.

J’ai juste une petite réserve sur le côté historique. Etait-il vraiment possible d’aller en voyage scolaire à Auschwitz en 1982 malgré le rideau de fer ? Et est-ce que le travail de mémoire se faisait à cette époque comme nous le faisons maintenant ? J’ai vécu l’histoire plutôt comme celle de deux adolescents de notre époque, pourtant les besoin du récit nécessitent que cela se passe en 1982. Cela restera un point d’interrogation dans mon esprit…

Je conseille ce roman à des adolescents à partir de 13 ou 14 ans. Il fait 300 pages et se lit assez facilement.

C’était ma 4ème participation au challenge #marsauféminin organisée par Floandbooks.

Sur le site de la FNAC.

Tatiana sous les toits, Gisèle Bienne

#marsauféminin

Aurore vit dans un immeuble avec ses parents et son petit frère Vincent qui lui est « tombé dessus » depuis quelques mois. Aurore a du mal à trouver sa place dans la famille. Ses parents sont un peu dépassés par leur bébé, et ne comprennent pas Aurore, qui a des idées un peu roman deuil ados famille théâtre artdécalées. Un jour, une comédienne, Tatiana, s’installe dans l’appartement au-dessus de chez eux. Aurore est fascinée par cette femme, par l’univers qu’elle représente. Elle s’arrange pour la croiser le plus souvent possible dans les escaliers, et essaie de se faire inviter chez elle. On découvre peu à peu la vie d’Aurore, avec ses questionnements, ses difficultés, son histoire familiale, ses amours et amitiés. La rencontre avec Tatiana oriente l’histoire vers l’art, le théâtre, la littérature.

Mon avis : Ce roman m’a beaucoup surprise. Je l’ai trouvé assez ennuyeux au début, avec cette petite fille qui paraît superficielle de s’intéresser à la « star » qui vit dans l’appartement au-dessus d’elle. Et puis plus on avance dans le roman, plus l’histoire devient profonde, toute en subtilité. Les personnages se développent, se complexifient. On découvre les secrets de la famille, les non-dits, les tristesses cachées. Et on comprend mieux cette petite fille, plus si petite d’ailleurs, qui se positionne différemment de ses amis collégiens, et n’a pas peur d’assumer sa différence. Ce roman aborde les thèmes de l’adolescence, du deuil familial, de l’art avec beaucoup de pudeur et d’originalité. Il n’est pas tellement épais (139 pages), cependant je le conseille à des ados plutôt bons lecteurs (ou au moins assez mûrs dans leur façon d’envisager la lecture) car cette écriture en demi-teinte pourra surprendre ceux qui préfèrent les romans pleins d’actions et de rebondissements.
Ce livre a été lu dans le cadre du challenge #marsauféminin, qui propose de lire des auteurs féminins, organisé par le blog Floandbooks.