Le collège des éplucheurs de citrouilles, Laure Deslandes

Un nouveau coup de cœur, j’ai de la chance ce week-end !

En fait ce collège s’appelle le collège des Museaux et il est paumé au fin fond de la Bretagne. A l’origine il n’y avait que 30 élèves dans l’établissement, avec une classe6ème/5ème et une autre 4ème/3ème. Mais pour le sauver de la fermeture, le collège a décidé d’accueillir un internat avec des enfants qui n’ont plus de place nulle part ailleurs, en général parce que ce sont des habitués aux conseils de discipline.roman jeunesse collège hippie sorcière vie alternative

L’histoire s’ouvre sur le personnage d’Eliott qui fait partie des internes. On comprend qu’il n’est pas vraiment un caïd, plutôt un ado que la vie a malmené. Il est triste et angoissé lorsqu’il pense à sa mère. On comprendra plus tard que celle-ci est sous la coupe d’un homme violent, Vince, et qu’il en a après Eliott. On découvre peu à peu toutes les bizarreries du collège, les profs complètement farfelus (on grimpe aux arbres en EPS, le prof d’histoire fait cours en pantoufles, la prof d’arts pla pratique une sorte d’hypnose…), les menus de la cantine entièrement bio (un des élèves le qualifie avec une formule qui m’a fait bien rigoler, c’est du « végétarien avec de la viande ») et savoureux, les élèves qui aiment aller à l’école (ça c’est peut-être le plus bizarre !)…

La narration s’attache ensuite à Péline, jeune fille qui habite ici depuis toujours. Elle vit seule avec sa mère, a des goûts très bohèmes, est débrouillarde, et peut-être un peu sorcière sur les bords.

Tous les deux vont apprendre à se connaître, et s’enrichir du contact l’un de l’autre, jusqu’à essayer ensemble de résoudre le problème d’Eliott.

Quant au titre du roman, il est bien mystérieux, m’a tout de suite plu, et on le comprend à peu près à la moitié de l’histoire… Je vous laisse découvrir !

Mon avis : J’ai adoré ce roman. L’univers un peu hippie sorcière qu’il met en scène m’a tellement fait rigoler, j’ai eu plaisir à retrouver des valeurs qui me parlent, à découvrir ce collège un peu décalé dans lequel j’aimerais beaucoup enseigner. Les personnages sont attachants et si au début je me demandais si Eliott n’était pas un peu parano, à la fin j’étais quand même assez angoissé à l’idée que le monde des adultes ne saurait peut-être pas entendre ses angoisses pourtant bien réelles.

Ce roman est assez épais, mais je l’ai lu en une petite après-midi. Il parlera à tous les ados qui ont des goûts peut-être un peu décalés par rapport au collégien typique. J’espère que vous apprécierez sa lecture autant que moi ! Et je dis un grand merci à son auteur pour ce moment de bien-être que j’ai vécu à sa lecture qui m’a donné le sourire et la pêche.

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Cahier Mon Autobio d’Ado

cahier écriture adolescents écrireJ’ai le plaisir de vous présenter le cahier Mon Autobio d’Ado. C’est le premier cahier que j’écris à destination des adolescents. Il s’agit en fait de la continuité d’un exercice d’écriture que je propose à mes élèves de 3ème depuis maintenant (oulà !) presque 10 ans. Chaque année cet exercice a un grand succès. Les élèves sont super motivés, s’investissent à fond et me rendent des écrits vraiment très très beaux et émouvants. Aussi je me suis dit qu’il serait intéressant d’en faire profiter d’autres ados qui auraient eux aussi envie de raconter leur autobiographie.

Ce cahier s’adresse :

– à tous ceux qui aiment écrire

– à tous qui n’aiment pas écrire ! Chez mes élèves (je l’ai proposé à une dizaine de classes de 30 élèves, il a donc été fait par presque 300 adolescents) cet exercice a toujours rencontré du succès, que ce soient des élèves habitués à la lecture et l’écriture ou au contraire des élèves réticents, peu à l’aise avec l’écrit.

– à tous les ados qui ont envie/besoin de se pencher sur leur propre vie, de faire un peu le bilan de qui ils sont, ce qu’ils aiment, ce qu’ils ont déjà vécu, et ce qu’ils souhaiteraient vivre maintenant. Parler de soi est un besoin important des adolescents, et cet exercice leur permet de prendre le temps de le faire. Ils sont guidés, ce qui leur permet d’étoffer leur pensée et leur réflexion et d’écrire certainement beaucoup plus que s’ils étaient face à une page blanche.

– peut-être aussi à des adultes qui ont envie de raconter leur vie et ne savent pas trop par quel bout s’y prendre.

Le cahier comporte :

  • plus de 25 propositions d’écriture
  • des extraits de grands auteurs qui ont écrit leur autobiographie (Rousseau, Beauvoir, Pagnol, Leiris…)
  • des pages vierges pour ceux qui ont envie d’en dire plus
  • des espaces pour coller des photos

Il se divise en quatre chapitres :

  • Mon enfance
  • Mon autoportrait
  • Ma vie actuelle
  • Mon avenir

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Le Combat d’Hiver, Jean-Claude Mourlevat

Voici un roman difficile à résumer ! Mais je le classe en coup de cœur car j’en ai adoré la lecture, impossible de le relâcher avant de l’avoir terminé. L’action est bien menée, le rythme soutenu sans être pour autant effréné, les personnages riches et attachants. Ça faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir avec un roman jeunesse.roman ados imaginaire monde dictature lutte résistance

L’histoire débute dans un internat qui est plutôt une sorte d’orphelinat pour jeunes filles. Les règles sont cruelles, le fonctionnement strict et inhumain. Nous suivons deux jeunes filles, puis deux jeunes hommes, qui font partie de l’internant de garçons installés dans la même ville. Ces quatre jeunes gens vont s’évader lorsqu’ils découvrent que s’ils sont enfermés là, c’est que leurs parents ont tous été assassinés suite au coup d’état qui a installé la dictature en place. Leurs parents étaient des résistants. Ces quatre héros vont essayer de lutter à leur tour. Ils sont séparés par la suite, donc on suit leur parcours dans trois narrations qui s’entrecroisent. Le tout est bien construit et facile à comprendre. L’écriture est très belle, et sait nous garder en haleine.

400 pages pour ce beau roman, qu’il faut donc plutôt proposer à de bons lecteurs.

 

Les incroyables aventures de Baba Wildy, Eric Atlan

Résumé : Baba Wildy est orphelin. Ses parents ont disparu dans un accident d’avion mystérieux, suite aux agissements de son père, qui semble travailler pour des gens plutôt louches. Baba Wildy est donc élevé par sa tante. Son meilleur ami, son alter ego est un hamster appelé Trombone, à l’humour décapant et particulièrement têtu et audacieux.

Baba Wildy est hyper timide, a tendance à bégayer. il adore la musique et est amoureux d’un jeune boulangère aveugle, à qui il n’ose pas dire plus de trois mots. Un jour, il ouvre un logiciel hérité de son père, et est repéré par un groupe d’espions russes qui vont dès lors tenter de mettre la main sur lui.

S’en suivent une série d’actions enchaînées à un rythme effrené, des situations particulièrement dangereuses dont Baba Wildy se sort de façon complètement folle et fantaisiste, pour le plus grand plaisir du lecteur.

Mon avis : L’histoire n’est pas très profonde, mais on passe un bon moment à la lecture de ce livre. De l’action, de l’humour, du rythme, des personnages attachants, tous les ingrédients sont réunis pour une lecture détente sympathique. En plus, le livre est très abondamment illustré, ce qui rend la lecture agréable et fluide.

Je le recommande aux ados qui aiment les histoires d’espions, avec de l’action. A partir de 12 ans.

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Baguettes chinoises

J’adore la littérature asiatique. Ces cultures sont tellement différentes de la nôtre que les romans sont parfois difficiles à comprendre, mais justement, cela les rend passionnants.

Ici, l’auteur, Xinran, est une femme qui anime une émission de radio sur les femmes en Chine. Elle s’inspire des divers témoignages qu’elle a recueillis pour construire la trame de son roman. C’est un de mes romans préférés, super facile à lire, intéressant, grâce auquel on apprend des tonnes de choses, bref passionnant.

Allez, je vous raconte l’histoire…

Dans un village près de Nankin en Chine, un père est déshonoré car il n’a réussi qu’à avoir des filles, 6 filles, qu’il n’a même pas daigné appeler autrement que par leur numéro de naissance : Une Deux Trois… En effet, dans ce village, les filles sont considérées comme des baguettes, et les garçons sont des poutres solides qui seront capables de soutenir le toit des maisons. Il a réussi à marier sa fille aînée (malgré les réticences de celle-ci) à un homme vieux et influent. On lui propose pour sa deuxième le fils infirme d’un homme riche. Deux, désespérée par ce mariage dont elle ne veut pas, se jette dans le puits. L’homme riche, pas du tout gêné, propose que ce soit Trois qui épouse son fils infirme. Celle-ci décide de s’enfuir dans la ville la plus proche, à Nankin. Le roman retrace le destin de trois femmes chinoises qui cherchent l'indépendance dans une société sexisteLe roman s’ouvre sur son arrivée dans cette ville, sa recherche d’un travail. Comme campagnarde, elle ne connaît pas les usages de la ville, mais heureusement, un certain nombre de citadins, en souvenir de leurs débuts, prennent en pitié les jeunes filles arrivées de la campagne. On lui trouve un emploi dans un restaurant, et elle va gagner bien plus d’argent que n’importe quel habitant de son village. Au bout d’un an, elle ose retourner chez elle. Face à la richesse qu’elle rapporte, son père accepte de lui confier Cinq, car elle est laide et bête, on ne craint donc pas qu’elle se fasse séduire, et Six, la seule à avoir fait quelques études. Les deux jeunes filles vont à leur tour faire leurs preuves, à force de courage et d’envie de réussir. A leur retour, elles prouvent à tous que les filles ne sont pas de simples baguettes.

C’est un roman magnifique, plein d’espoir et qui propose une belle image de l’humanité. C’est un vrai plaisir de le lire, on s’attache à ces jeunes filles, qui n’ont même pas eu la chance de porter un vrai prénom, mais qui veulent vraiment changer leur destin. La lecture est facile, agréable. On découvre avec plaisir une image très intéressante de la vie populaire dans cette ville chinoise. Ce que j’aime particulièrement dans ce roman, c’est l’idée qu’il est possible de changer son destin, de choisir sa voie en quittant celle qui semblait toute tracée. Que d’espoirs !

Si vous le lisez ou l’avez lu, n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé.

Les valises, Sève Laurent-Farjal

Sarah part en voyage scolaire à Auschwitz. Elle se sent mal, elle est brouillée avec son amie Josy, et le garçon le plus frimeur de la classe n’arrête pas de la provoquer à la fixer du regard sans cesse. Le voyage ne se déroule pas comme prévu. Pendant la visite de l’ancien camp de concentration, elle tombe sur une valise qui porte son nom de famille. 

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D’un seul coup, tout s’embrouille en elle. Pourquoi sa mère a-t-elle toujours refusé de parler de son père ? Qui est-il ? Pourquoi sont-elles seules au monde toutes les deux.

Au retour du voyage, Sarah rassemble ses forces pour poser des questions à sa mère. Malheureusement, la vie ne lui en laisse pas le temps, car sa mère est victime d’un accident de voiture le jour même. Sarah est placée en famille d’accueil.

Elle va se lancer sur les traces de son passé, aidée en cela par son professeur d’histoire, passionné de généalogie, et de ce garçon, Jérôme, qui derrière son attitude frimeuse, révèle des trésors de profondeur et de fidélité.

Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce roman, je lui décerne même un coup de cœur. Déjà, j’ai beaucoup aimé le travail autour de la mémoire, et les secrets de famille. L’auteur mêle habilement les problématiques historiques et les problématiques familiales, c’est passionnant.

Mais ce que j’ai préféré dans ce roman, c’est l’histoire d’amour. C’est très rare de trouver un auteur qui parle aussi bien de l’amour, avec tant de justesse. Elle ne tombe ni dans le côté mièvre et ridicule, ni dans la pudibonderie. Elle parle avec beaucoup de justesse de la passion vécue par des adolescents, des questions qu’ils se posent, des tourments rencontrés parfois, de l’attirance physique, du doute, du bouleversement émotionnel entraîné.

J’ai juste une petite réserve sur le côté historique. Etait-il vraiment possible d’aller en voyage scolaire à Auschwitz en 1982 malgré le rideau de fer ? Et est-ce que le travail de mémoire se faisait à cette époque comme nous le faisons maintenant ? J’ai vécu l’histoire plutôt comme celle de deux adolescents de notre époque, pourtant les besoin du récit nécessitent que cela se passe en 1982. Cela restera un point d’interrogation dans mon esprit…

Je conseille ce roman à des adolescents à partir de 13 ou 14 ans. Il fait 300 pages et se lit assez facilement.

C’était ma 4ème participation au challenge #marsauféminin organisée par Floandbooks.

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Tatiana sous les toits, Gisèle Bienne

#marsauféminin

Aurore vit dans un immeuble avec ses parents et son petit frère Vincent qui lui est « tombé dessus » depuis quelques mois. Aurore a du mal à trouver sa place dans la famille. Ses parents sont un peu dépassés par leur bébé, et ne comprennent pas Aurore, qui a des idées un peu roman deuil ados famille théâtre artdécalées. Un jour, une comédienne, Tatiana, s’installe dans l’appartement au-dessus de chez eux. Aurore est fascinée par cette femme, par l’univers qu’elle représente. Elle s’arrange pour la croiser le plus souvent possible dans les escaliers, et essaie de se faire inviter chez elle. On découvre peu à peu la vie d’Aurore, avec ses questionnements, ses difficultés, son histoire familiale, ses amours et amitiés. La rencontre avec Tatiana oriente l’histoire vers l’art, le théâtre, la littérature.

Mon avis : Ce roman m’a beaucoup surprise. Je l’ai trouvé assez ennuyeux au début, avec cette petite fille qui paraît superficielle de s’intéresser à la « star » qui vit dans l’appartement au-dessus d’elle. Et puis plus on avance dans le roman, plus l’histoire devient profonde, toute en subtilité. Les personnages se développent, se complexifient. On découvre les secrets de la famille, les non-dits, les tristesses cachées. Et on comprend mieux cette petite fille, plus si petite d’ailleurs, qui se positionne différemment de ses amis collégiens, et n’a pas peur d’assumer sa différence. Ce roman aborde les thèmes de l’adolescence, du deuil familial, de l’art avec beaucoup de pudeur et d’originalité. Il n’est pas tellement épais (139 pages), cependant je le conseille à des ados plutôt bons lecteurs (ou au moins assez mûrs dans leur façon d’envisager la lecture) car cette écriture en demi-teinte pourra surprendre ceux qui préfèrent les romans pleins d’actions et de rebondissements.
Ce livre a été lu dans le cadre du challenge #marsauféminin, qui propose de lire des auteurs féminins, organisé par le blog Floandbooks.

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Le pouvoir des cinq : Raven’s gate, Anthony Horowitz

Matt a 14 ans et une vie pourrie. Ses parents sont décédés dans un accident de voiture 6 ans auparavant, il a été placé chez sa tante (ou plutôt sa demi-tante si on peut dire ça), qui ne s’occupe pas de lui. Il sèche les cours, traîne avec un voyou car c’est le seul qui lui montre un semblant d’intérêt. Il se laisse entraîner par ce dernier dans un cambriolage, qui tourne mal.

On l’envoie dans une famille d’accueil du Yorkshire, dans un coin de campagne complètement isolé, et même arriéré. Chez Mme Deverill, il doit travailler à la ferme, comme un forçat. Cette femme est glaçante, et le devient encore plus lorsque Matt découvre qu’elle a un dossier sur lui, et ce, depuis la mort de ses parents. Que lui veut-elle ? Que se trame-t-il dans ce village étrange ? Matt essaie de s’enfuir, mais un mystérieux pouvoir l’en empêche. Il découvre de plus en plus de choses angoissantes, et se sent complètement impuissant pour lutter contre.

Mon avis : Ce roman appartient au genre de l’horreur. L’écriture est vivante, agréable à lire. Il y a pas mal d’action, mais aussi des moments plus lents où l’angoisse monte. PErsonnellement je n’aime pas le genre de l’horreur, mais pour être objective, ce roman est bien ficelé et bien écrit. Je trouve cependant qu’il y a un peu trop de violence à mon goût et parfois assez gore quand même. Je le recommande donc à partir de 13 ans environ, selon si l’ado a l’habitude de ce genre ou pas.

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Cette chronique constitue ma 4ème participation au challenge Littérature de l’imaginaire organisé par le blog Ma Lecturothèque.

Chronique des temps obscurs, tomes 1 à 4, Michelle Paver

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L’action se passe dans une grande forêt, il y a 6000 ans. Torak vit avec son père, loin des autres hommes organisés en clans. Son père lui a appris à survivre dans les bois, à s’y sentir chez lui, à connaître les animaux, leurs habitudes, à respecter la nature sous toutes ses formes, et le monde des esprits.

Quand le roman s’ouvre, Torak doit fuir. En effet, un ours terrible vient de blesser son père à mort, et celui-ci sait qu’il va revenir. Cependant avant de mourir, il dit des paroles mystérieuses à son fils, regrettant de ne pas avoir eu le temps de lui dire la vérité, et espérant que celui-ci lui pardonnera. Il donne une mission à Torak, partir vers le Nord, en suivant un guide qui lui apparaîtra au moment propice, pour aller voir l’Esprit du Monde, afin de débarrasser la forêt de cet ours maléfique, qui est en fait un animal possédé par un démon.

Alors commence pour Torak une immense aventure, accompagné d’un loup avec qui il sait communiquer et qui devient son frère de meute, et d’une jeune femme courageuse et habile à l’arc. Ensemble ils sauront braver la colère du démon, la jalousie des hommes, et plus que cela leurs peurs les plus profondes.

Mon avis

Cette lecture est un vrai coup de cœur. J’ai dévoré le premier tome qui est vraiment fantastique, et n’ai eu de cesse de trouver la suite. L’action est palpitante, on frémit avec Torak, on a envie de se rouler par terre comme lui avec Loup, on s’inquiète de savoir quels sont les bons choix. L’auteur a su dessiner un univers riche et passionnant, et pour autant facile à comprendre et à imaginer. J’ai beaucoup apprécié le cadre préhistorique qu’elle a su installer, et les références à la nature et au monde des esprits. Une lecture que je recommande pour les lecteurs de moyens à très bons. Les tomes sont assez épais, mais cependant se lisent plutôt rapidement.

Cette chronique constitue ma troisième participation au challenge littérature de l’imaginaire.

Le royaume de Thirrin, tome 1 & 2, Stuart Hill

Voici une nouvelle saga de littérature de fantasy à destination des adolescents. J’ai beaucoup aimé et à plusieurs titres. Déjà, c’est une saga en deux volumes, certes longs (très longs même : 543 pages pour le premier et 670 pour le second, tout ça en grand format), mais malgré tout qui se termine. J’en ai un peu marre des sagas dont on ne voit pas le bout, où il faut lire 50 tomes pour enfin connaître le fin mot de l’histoire. Ici au moins, on avance, on prend son temps, on déguste, et on sait où on va.

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Par ailleurs, j’ai énormément aimé le souffle é

pique qui traverse et transcende toute l’histoire. On enchaîne glorieuses batailles, actes de bravoure, chevauchées infernales, combats chevaleresques. Une grande épopée, à la Raymond Feist (d’ailleurs j’ai trouvé à plusieurs reprises qu’on sentait son influence dans les pages de ces romans).

L’auteur nous livre de magnifiques descriptions des différents paysages traversés, les personnages sont sympathiques, même s’ils ont leurs petits défauts.

J’ai trouvé aussi très amusantes les références au monde réel. Dans cet univers, il existe la ville de Venise avec son doge, un empire du désert qui fait penser à l’empire ottoman. Pourtant ce n’est pas le monde réel, c’est une sorte de mélange entre imaginaire et réalité que j’ai trouvé savoureux.

J’ai quand même été déçue par un aspect de l’histoire. La dimension magique est très peu exploitée. Un des personnages du premier tome se révèle peu à peu avoir des pouvoirs magiques exceptionnels, et une ascendance mystérieuse. Mais cela ne nous sera jamais expliqué vraiment. On ne sait pas comment il a pris connaissance de son potentiel magique, comment la magie fonctionne dans ce monde, son personnage est trop peu exploité à mon goût dans le récit.

Je vous raconte rapidement l’histoire :

Thirrin, princesse de Haute-Froidurie a 14 ans lorsque son petit pays du Nord est envahi par l’empire voisin, géant belliqueux jamais vaincu depuis 15 ans de guerres d’invasion. Son père part au combat dans l’espoir d’arrêter les envahisseurs et de les bloquer jusqu’à l’arrivée de l’hiver, qui à cause des chutes de neige et de la descente de la glace dans les cols de la frontière, protègera son pays. Il espère qu’ainsi sa fille Thirrin et son peuple sauront se

 préparer à affronter leur ennemi pour sauver leur royaume.

Thirrin part alors en quête d’alliés. Pleine d’audace et faisant preuve d’une ouverture d’esprit sans précédent, elle ira à la rencontre des peuples avec lesquels son pays a été en guerre pendant de nombreuses années. Mais leur alliance sera-t-elle suffisante pour affronter l’armée gigantesque et invaincue du général machiavélique qui a juré leur perte ?

Tome 2 :

20 ans ont passés, pendant lesquels le général Scipio Bellorum a retrouvé tout le prestige qu’il avait perdu par sa défaite en Haute-Froidurie. Il a mis au point de nouvelles machines de combat, et se décide à envahir son voisin du Nord avec l’armée la plus grande qu’on ait jamais vu. Il vient avec ses deux fils, de véritables bêtes de guerre, élevés dans la cruauté.

Thirrin a eu 4 enfants. Chacun d’eux trouvera son rôle et rencontrera son destin, plus vaste que ce qu’il avait imaginé pendant cette nouvelle guerre. On suit leurs parcours en parallèle dans une oeuvre qui prend une dimension plus large que le tome précédent, pour toujours autant de plaisir de lecture.

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  Cette chronique constitue ma deuxième participation au challenge de littérature de l’imaginaire.

Le roi de la forêt des brumes, Michel Morpurgo

Un jeune garçon, Ashley, vit en Chine avec son père, responsable d’une mission religieuse et humanitaire. Lorsque le Japon attaque la Chine, l’inquiétude est grande. Elle atteint son comble le jour où un jeune garçon est tué par des bombardements dans la ville voisine. Les étrangers seront les premiers à être tués si le Japon parvient à envahir la province où ils sont installés. Le père du garçon décide alors de l’envoyer se réfugier en Inde, d’où il pourra prendre un bateau à destination de l’Angleterre pour rejoindre la famille de sa mère. Pour ceci, il devra faire un immense voyage à pied, entrer au Tibet, traverser une partie de l’Himalaya.

Ashley part avec Oncle Sung, un ami de sa mère décédée, d’origine tibétaine. Il se déguise et fait semblant d’être son neveu, muet. Cependant, tandis qu’ils sont dans les hauteurs de l’Himalaya, une tempête survient. Sung doit abandonner Ashley, blessé à la cheville, avec le maigre espoir de pouvoir rapporter de la nourriture et de les sauver tous deux. C’est alors qu’une créature légendaire survient et sauve le garçon du froid et de la faim. Il va découvrir la vie et les habitudes des mystérieux yétis…

Mon avis : C’est un très beau roman, écrit avec élégance par la plume poétique de Michel Morpurgo. L’histoire est bien menée, intéressante. Il y a suffisamment de suspense pour qu’on soit accroché, sans pour autant que le rythme soit effréné comme dans certains romans actuels. Les descriptions sont splendides et donnent envie de découvrir ce merveilleux pays qu’est le Tibet. La vie du héros avec les yétis fera rêver tous les amoureux des animaux si intelligents qu’ils se rapprochent de l’homme. Une lecture à conseiller, mais plutôt aux bons lecteurs car le style de l’auteur est assez recherché et pourrait mettre en difficulté les petits lecteurs.

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J’aime pas le lundi, Jérôme Lambert

Lucien est un collégien plutôt introverti. Il aime être tranquille, il dort souvent en classe. Au désespoir de ses parents, il n’a pas beaucoup d’ami, en fait il en a un seul (sauf si on a le droit de compter dans ses amis le portrait affiché à l’entrée du collège). Par contre il y a des tas de choses qu’il n’aime pas. Tellement, qu’il décide d’en faire la liste pendant les deux heures de retenue qu’un prof lui a donnés. Dans la liste des choses qu’il n’aime pas figure Fatou, une fille du collège, grande, imposante, et qui n’hésite pas à lui rentrer dedans quand elle le croise.

Or justement, Fatou a décidé de lui lancer un défi. Lequel des deux déteste le plus de choses ? Lucien est sûr de gagner, en plus il a pris de l’avance dans sa liste avec ses deux heures de colle.

Mon avis : Mon résumé ne fait pas honneur à ce livre. Son intérêt ne tient pas dans l’histoire, assez plate, mais dans le style de l’auteur, plein d’humour et d’ironie assez mordante. Cependant, je suis sceptique sur le fait que ce roman puisse plaire à des adolescents. En effet, cette ironie s’applique souvent au monde adulte, ou à la façon dont les adultes se comportent avec les adolescents. Or je me demande si des adolescents sont sensibles à cet humour. Je vous laisse me dire ce qu’il en est…

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Plumes de vies, Isabelle Guigou

Clarisse est en quatrième. Elle vit seule avec son père. Soudain, le monde s’effondre pour elle : son père est arrêté et emprisonné pour trafic de drogue. Elle est alors placée en famille d’accueil, elle doit changer de collège.

Le roman se constitue de lettres ou journaux intimes des différents acteurs de cette histoire : Clarisse écrit à son père Matthieu, qui lui répond. La mère de la famille d’accueil, Amina raconte aussi ce qu’elle vit, ainsi que son fils, Icham. On lit aussi les mots d’une vieille dame, Mme Carmen, qui aime commérer, surtout au sujet de son voisin le drogué.

Au début j’ai été assez surprise par ce roman. Le père fait une bêtise, mais se repend, il promet de ne plus toucher à la drogue. La famille d’accueil est gentille, personne ne juge le père, tout le monde comprend son écart, sait qu’il va essayer de s’en sortir. Les bons sentiments sont omniprésents. Je me demandais un peu quel était l’intérêt du roman. et puis à partir de la moitié, la situation devient plus compliqué. A sa sortie de prison, le père essaie de tenir bon, il a rencontré une femme dont il est amoureux, il a retrouvé un travail. Mais c’est difficile, il est extrêmement fragile, et un jour, il rechute. Sa rechute va finalement avoir des conséquences dramatiques.

Mon avis : Ce roman est intéressant, il traite d’un sujet difficile, et avec beaucoup de justesse. Le mélange des points de vue permet de comprendre la position de chacun. Deux choses m’ont cependant un peu gênée. D’une part cette longueur de la première partie où tout est un peu trop gentillet (mais la 2ème partie rattrape ce petit défaut) et d’autre part les choix typogaphiques. Afin d’imiter les lettres ou journaux intimes, l’éditeur a choisi des polices imitant l’écriture manuscrite. Je trouve que c’est assez fatigant à lire, et j’imagine que les personnes ayant des difficultés à lire (notamment les dyslexiques) seront vraiment gênées. C’est un peu dommage selon moi.

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Les Maîtres du vent, Judith Bouilloc

carte-gilgalCe roman de fantasy se déroule dans un monde imaginaire, sur un très grand continent de forme circulaire appelé Gilgal. Ce continent se divise en plusieurs entités politiques, chacune dirigée par un gouvernement propre. Le héros de l’histoire lui, vient du royaume de Waldgan, un royaume forestier où est en place une monarchie élective, avec un roi élu par les membres du Conseil des Sages.

Notre héros est adolescent. Il est orphelin de père, et vit entouré de sa mère, une guérisseuse passé experte dans l’art des plantes médicinales et de son oncle, un sculpteur sur pierre au talent inoubliable. Les deux lui enseignent leur art, mais Yann, à leur grand regret, voudrait choisir la voie des armes, comme son défunt père. En décédant, son oncle le sculpteur lui livre un dernier message énigmatique : « tu dois percer les secrets gardés par les maîtres du vent, c’est ainsi que tu pourras saisir la beauté ». C’est ainsi que l’adolescent se met en route pour Avel, le royaume des vents, situé au sud du continent.roman jeunesse fantasy ados

Il arrive sur place lors de la grande cérémonie du choix des futurs étudiants de la très célèbre et convoitée académie des vents. Rencontrant deux compatriotes fort sympathiques, il décide, un peu par hasard, de se présenter lui aussi au concours, ouvert pour la première année à d’autres nationalités que les Avélis. A sa grande surprise, et grâce à un don qu’il découvre pour la première fois pendant une des épreuves, Yann est sélectionné.

Commence pour lui une grande aventure : il va apprendre à ne faire qu’un avec les vents, à les écouter, à les noter sur une partition, à s’en servir pour voler, à les invoquer… Mais tout ceci ne sera pas aussi simple et idyllique qu’il le pensait au début. Très vite, il se rend compte que lui et les autres étudiants étrangers sont victimes d’exclusion et de mépris de la part des étudiants avélis, mais également de certains professeurs. Il comprend également que les plus grands secrets de l’art de combattre avec le vent lui seront interdits. Alors, avec la complicité de son compatriote Adémar, le colosse à la hache, et d’un Avélis d’esprit facétieux, Baldoméro, Yann s’apprête à tirer tout ce qu’il peut de cette expérience, quitte à parfois faire fi des règlements.

Mon avis : Ce roman est très agréable, plutôt bien construit en deux grandes parties principales. L’univers est très beau, les idées originales, notamment celle du peuple des vents. L’action est agréable, se lit avec fluidité. J’aurais aimé une plus grande exploration des différentes possibilités offertes par cette univers, au-delà du goût pour les combats développés par le héros. Peut-être un voyage, une quête… Cela reste en tout cas une très belle lecture, faite avec plaisir. A conseiller plutôt pour de bons lecteurs (quand même 430 pages) à partir de 12 ans environ.

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Le loup à l’oreille cassée, André Delabarre

roman ado loups loup sauvage nature forêtLoupataud est un jeune loup d’une portée née au coeur de la Forêt Noire. Sa mère lui apprend les techniques de chasse et de survie qu’un loup doit connaître, mais il est plutôt maladroit et a des difficultés à suivre ses conseils. Un jour, des chasseurs font irruption dans la vie de la meute, et tue la mère du petit loup. Les loups de la meute fuient de tous les côtés, dans l’espoir de semer l’ennemi, et Loupataud, terrorisé, se retrouve seul au milieu de la forêt. Il rencontre alors une petite fille, Miran, qui l’apprivoise peu à peu. Cette petite fille vit seule avec sa mère à l’écart du village, rejetée de tous. Depuis un événement traumatisant, elle refuse de parler et reste repliée sur elle-même, à l’aise seulement dans la nature. L’amitié avec Loupataud va leur permettre à tous deux de réapprendre à faire confiance et à s’ouvrir.

Mon avis : Un roman bien écrit, agréable, qui croise plusieurs sujets de façon passionnante : le thème des loups, que beaucoup d’enfants/ados apprécient, le thème de l’exclusion sociale, de l’amitié. Une belle lecture, adaptée pour dès le début du collège, voire la fin du primaire pour les meilleurs lecteurs.

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