Baguettes chinoises

J’adore la littérature asiatique. Ces cultures sont tellement différentes de la nôtre que les romans sont parfois difficiles à comprendre, mais justement, cela les rend passionnants.

Ici, l’auteur, Xinran, est une femme qui anime une émission de radio sur les femmes en Chine. Elle s’inspire des divers témoignages qu’elle a recueillis pour construire la trame de son roman. C’est un de mes romans préférés, super facile à lire, intéressant, grâce auquel on apprend des tonnes de choses, bref passionnant.

Allez, je vous raconte l’histoire…

Dans un village près de Nankin en Chine, un père est déshonoré car il n’a réussi qu’à avoir des filles, 6 filles, qu’il n’a même pas daigné appeler autrement que par leur numéro de naissance : Une Deux Trois… En effet, dans ce village, les filles sont considérées comme des baguettes, et les garçons sont des poutres solides qui seront capables de soutenir le toit des maisons. Il a réussi à marier sa fille aînée (malgré les réticences de celle-ci) à un homme vieux et influent. On lui propose pour sa deuxième le fils infirme d’un homme riche. Deux, désespérée par ce mariage dont elle ne veut pas, se jette dans le puits. L’homme riche, pas du tout gêné, propose que ce soit Trois qui épouse son fils infirme. Celle-ci décide de s’enfuir dans la ville la plus proche, à Nankin. Le roman retrace le destin de trois femmes chinoises qui cherchent l'indépendance dans une société sexisteLe roman s’ouvre sur son arrivée dans cette ville, sa recherche d’un travail. Comme campagnarde, elle ne connaît pas les usages de la ville, mais heureusement, un certain nombre de citadins, en souvenir de leurs débuts, prennent en pitié les jeunes filles arrivées de la campagne. On lui trouve un emploi dans un restaurant, et elle va gagner bien plus d’argent que n’importe quel habitant de son village. Au bout d’un an, elle ose retourner chez elle. Face à la richesse qu’elle rapporte, son père accepte de lui confier Cinq, car elle est laide et bête, on ne craint donc pas qu’elle se fasse séduire, et Six, la seule à avoir fait quelques études. Les deux jeunes filles vont à leur tour faire leurs preuves, à force de courage et d’envie de réussir. A leur retour, elles prouvent à tous que les filles ne sont pas de simples baguettes.

C’est un roman magnifique, plein d’espoir et qui propose une belle image de l’humanité. C’est un vrai plaisir de le lire, on s’attache à ces jeunes filles, qui n’ont même pas eu la chance de porter un vrai prénom, mais qui veulent vraiment changer leur destin. La lecture est facile, agréable. On découvre avec plaisir une image très intéressante de la vie populaire dans cette ville chinoise. Ce que j’aime particulièrement dans ce roman, c’est l’idée qu’il est possible de changer son destin, de choisir sa voie en quittant celle qui semblait toute tracée. Que d’espoirs !

Si vous le lisez ou l’avez lu, n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé.

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Les valises, Sève Laurent-Farjal

Sarah part en voyage scolaire à Auschwitz. Elle se sent mal, elle est brouillée avec son amie Josy, et le garçon le plus frimeur de la classe n’arrête pas de la provoquer à la fixer du regard sans cesse. Le voyage ne se déroule pas comme prévu. Pendant la visite de l’ancien camp de concentration, elle tombe sur une valise qui porte son nom de famille. 

roman jeunesse histoire nazisme famille amour

D’un seul coup, tout s’embrouille en elle. Pourquoi sa mère a-t-elle toujours refusé de parler de son père ? Qui est-il ? Pourquoi sont-elles seules au monde toutes les deux.

Au retour du voyage, Sarah rassemble ses forces pour poser des questions à sa mère. Malheureusement, la vie ne lui en laisse pas le temps, car sa mère est victime d’un accident de voiture le jour même. Sarah est placée en famille d’accueil.

Elle va se lancer sur les traces de son passé, aidée en cela par son professeur d’histoire, passionné de généalogie, et de ce garçon, Jérôme, qui derrière son attitude frimeuse, révèle des trésors de profondeur et de fidélité.

Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce roman, je lui décerne même un coup de cœur. Déjà, j’ai beaucoup aimé le travail autour de la mémoire, et les secrets de famille. L’auteur mêle habilement les problématiques historiques et les problématiques familiales, c’est passionnant.

Mais ce que j’ai préféré dans ce roman, c’est l’histoire d’amour. C’est très rare de trouver un auteur qui parle aussi bien de l’amour, avec tant de justesse. Elle ne tombe ni dans le côté mièvre et ridicule, ni dans la pudibonderie. Elle parle avec beaucoup de justesse de la passion vécue par des adolescents, des questions qu’ils se posent, des tourments rencontrés parfois, de l’attirance physique, du doute, du bouleversement émotionnel entraîné.

J’ai juste une petite réserve sur le côté historique. Etait-il vraiment possible d’aller en voyage scolaire à Auschwitz en 1982 malgré le rideau de fer ? Et est-ce que le travail de mémoire se faisait à cette époque comme nous le faisons maintenant ? J’ai vécu l’histoire plutôt comme celle de deux adolescents de notre époque, pourtant les besoin du récit nécessitent que cela se passe en 1982. Cela restera un point d’interrogation dans mon esprit…

Je conseille ce roman à des adolescents à partir de 13 ou 14 ans. Il fait 300 pages et se lit assez facilement.

C’était ma 4ème participation au challenge #marsauféminin organisée par Floandbooks.

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Tatiana sous les toits, Gisèle Bienne

#marsauféminin

Aurore vit dans un immeuble avec ses parents et son petit frère Vincent qui lui est « tombé dessus » depuis quelques mois. Aurore a du mal à trouver sa place dans la famille. Ses parents sont un peu dépassés par leur bébé, et ne comprennent pas Aurore, qui a des idées un peu roman deuil ados famille théâtre artdécalées. Un jour, une comédienne, Tatiana, s’installe dans l’appartement au-dessus de chez eux. Aurore est fascinée par cette femme, par l’univers qu’elle représente. Elle s’arrange pour la croiser le plus souvent possible dans les escaliers, et essaie de se faire inviter chez elle. On découvre peu à peu la vie d’Aurore, avec ses questionnements, ses difficultés, son histoire familiale, ses amours et amitiés. La rencontre avec Tatiana oriente l’histoire vers l’art, le théâtre, la littérature.

Mon avis : Ce roman m’a beaucoup surprise. Je l’ai trouvé assez ennuyeux au début, avec cette petite fille qui paraît superficielle de s’intéresser à la « star » qui vit dans l’appartement au-dessus d’elle. Et puis plus on avance dans le roman, plus l’histoire devient profonde, toute en subtilité. Les personnages se développent, se complexifient. On découvre les secrets de la famille, les non-dits, les tristesses cachées. Et on comprend mieux cette petite fille, plus si petite d’ailleurs, qui se positionne différemment de ses amis collégiens, et n’a pas peur d’assumer sa différence. Ce roman aborde les thèmes de l’adolescence, du deuil familial, de l’art avec beaucoup de pudeur et d’originalité. Il n’est pas tellement épais (139 pages), cependant je le conseille à des ados plutôt bons lecteurs (ou au moins assez mûrs dans leur façon d’envisager la lecture) car cette écriture en demi-teinte pourra surprendre ceux qui préfèrent les romans pleins d’actions et de rebondissements.
Ce livre a été lu dans le cadre du challenge #marsauféminin, qui propose de lire des auteurs féminins, organisé par le blog Floandbooks.

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Le pouvoir des cinq : Raven’s gate, Anthony Horowitz

Matt a 14 ans et une vie pourrie. Ses parents sont décédés dans un accident de voiture 6 ans auparavant, il a été placé chez sa tante (ou plutôt sa demi-tante si on peut dire ça), qui ne s’occupe pas de lui. Il sèche les cours, traîne avec un voyou car c’est le seul qui lui montre un semblant d’intérêt. Il se laisse entraîner par ce dernier dans un cambriolage, qui tourne mal.

On l’envoie dans une famille d’accueil du Yorkshire, dans un coin de campagne complètement isolé, et même arriéré. Chez Mme Deverill, il doit travailler à la ferme, comme un forçat. Cette femme est glaçante, et le devient encore plus lorsque Matt découvre qu’elle a un dossier sur lui, et ce, depuis la mort de ses parents. Que lui veut-elle ? Que se trame-t-il dans ce village étrange ? Matt essaie de s’enfuir, mais un mystérieux pouvoir l’en empêche. Il découvre de plus en plus de choses angoissantes, et se sent complètement impuissant pour lutter contre.

Mon avis : Ce roman appartient au genre de l’horreur. L’écriture est vivante, agréable à lire. Il y a pas mal d’action, mais aussi des moments plus lents où l’angoisse monte. PErsonnellement je n’aime pas le genre de l’horreur, mais pour être objective, ce roman est bien ficelé et bien écrit. Je trouve cependant qu’il y a un peu trop de violence à mon goût et parfois assez gore quand même. Je le recommande donc à partir de 13 ans environ, selon si l’ado a l’habitude de ce genre ou pas.

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Cette chronique constitue ma 4ème participation au challenge Littérature de l’imaginaire organisé par le blog Ma Lecturothèque.

Chronique des temps obscurs, tomes 1 à 4, Michelle Paver

roman adolescent préhistoire loup nature foretL’histoire

L’action se passe dans une grande forêt, il y a 6000 ans. Torak vit avec son père, loin des autres hommes organisés en clans. Son père lui a appris à survivre dans les bois, à s’y sentir chez lui, à connaître les animaux, leurs habitudes, à respecter la nature sous toutes ses formes, et le monde des esprits.

Quand le roman s’ouvre, Torak doit fuir. En effet, un ours terrible vient de blesser son père à mort, et celui-ci sait qu’il va revenir. Cependant avant de mourir, il dit des paroles mystérieuses à son fils, regrettant de ne pas avoir eu le temps de lui dire la vérité, et espérant que celui-ci lui pardonnera. Il donne une mission à Torak, partir vers le Nord, en suivant un guide qui lui apparaîtra au moment propice, pour aller voir l’Esprit du Monde, afin de débarrasser la forêt de cet ours maléfique, qui est en fait un animal possédé par un démon.

Alors commence pour Torak une immense aventure, accompagné d’un loup avec qui il sait communiquer et qui devient son frère de meute, et d’une jeune femme courageuse et habile à l’arc. Ensemble ils sauront braver la colère du démon, la jalousie des hommes, et plus que cela leurs peurs les plus profondes.

Mon avis

Cette lecture est un vrai coup de cœur. J’ai dévoré le premier tome qui est vraiment fantastique, et n’ai eu de cesse de trouver la suite. L’action est palpitante, on frémit avec Torak, on a envie de se rouler par terre comme lui avec Loup, on s’inquiète de savoir quels sont les bons choix. L’auteur a su dessiner un univers riche et passionnant, et pour autant facile à comprendre et à imaginer. J’ai beaucoup apprécié le cadre préhistorique qu’elle a su installer, et les références à la nature et au monde des esprits. Une lecture que je recommande pour les lecteurs de moyens à très bons. Les tomes sont assez épais, mais cependant se lisent plutôt rapidement.

Cette chronique constitue ma troisième participation au challenge littérature de l’imaginaire.

J’aime pas le lundi, Jérôme Lambert

Lucien est un collégien plutôt introverti. Il aime être tranquille, il dort souvent en classe. Au désespoir de ses parents, il n’a pas beaucoup d’ami, en fait il en a un seul (sauf si on a le droit de compter dans ses amis le portrait affiché à l’entrée du collège). Par contre il y a des tas de choses qu’il n’aime pas. Tellement, qu’il décide d’en faire la liste pendant les deux heures de retenue qu’un prof lui a donnés. Dans la liste des choses qu’il n’aime pas figure Fatou, une fille du collège, grande, imposante, et qui n’hésite pas à lui rentrer dedans quand elle le croise.

Or justement, Fatou a décidé de lui lancer un défi. Lequel des deux déteste le plus de choses ? Lucien est sûr de gagner, en plus il a pris de l’avance dans sa liste avec ses deux heures de colle.

Mon avis : Mon résumé ne fait pas honneur à ce livre. Son intérêt ne tient pas dans l’histoire, assez plate, mais dans le style de l’auteur, plein d’humour et d’ironie assez mordante. Cependant, je suis sceptique sur le fait que ce roman puisse plaire à des adolescents. En effet, cette ironie s’applique souvent au monde adulte, ou à la façon dont les adultes se comportent avec les adolescents. Or je me demande si des adolescents sont sensibles à cet humour. Je vous laisse me dire ce qu’il en est…

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Le loup à l’oreille cassée, André Delabarre

roman ado loups loup sauvage nature forêtLoupataud est un jeune loup d’une portée née au coeur de la Forêt Noire. Sa mère lui apprend les techniques de chasse et de survie qu’un loup doit connaître, mais il est plutôt maladroit et a des difficultés à suivre ses conseils. Un jour, des chasseurs font irruption dans la vie de la meute, et tue la mère du petit loup. Les loups de la meute fuient de tous les côtés, dans l’espoir de semer l’ennemi, et Loupataud, terrorisé, se retrouve seul au milieu de la forêt. Il rencontre alors une petite fille, Miran, qui l’apprivoise peu à peu. Cette petite fille vit seule avec sa mère à l’écart du village, rejetée de tous. Depuis un événement traumatisant, elle refuse de parler et reste repliée sur elle-même, à l’aise seulement dans la nature. L’amitié avec Loupataud va leur permettre à tous deux de réapprendre à faire confiance et à s’ouvrir.

Mon avis : Un roman bien écrit, agréable, qui croise plusieurs sujets de façon passionnante : le thème des loups, que beaucoup d’enfants/ados apprécient, le thème de l’exclusion sociale, de l’amitié. Une belle lecture, adaptée pour dès le début du collège, voire la fin du primaire pour les meilleurs lecteurs.

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Double jeu, Jean-Philippe BLONDEL

roman ado théâtre lycée intégrationQuentin va au lycée dans sa cité. Il a des potes, il fait l’imbécile en cours, il sèche de plus en plus. Le proviseur le convoque avec ses parents, et lui propose une ultime solution : faire sa classe de première dans un lycée de centre ville. C’est ça ou être renvoyé définitivement de l’école car il a passé 16 ans. Quentin n’en a pas du tout envie, mais sa mère lui fait comprendre qu’il n’a pas le choix. Alors il s’exécute, de mauvaise grâce. Rien ne lui plaît dans ce lycée : les autres élèves sont tous issus de familles riches, ils ont des codes qu’il ne comprend pas, ils friment tous, on l’oblige à bosser pour s’en sortir, il n’a personne avec qui faire le bazar en classe alors il préfère rester seul et silencieux dans un coin. Il voudrait fuir, partir ailleurs, recommencer sa vie loin, et avoir plus de chance que ce qu’il n’a eu jusqu’à maintenant. Jusqu’au jour où piqué par la prof de français, il fait une réponse qui laisse tout le monde surpris. De ce jour là, cette prof que tout le lycée adule en raison de l’option théâtre dont elle s’occupe, va s’intéresser à lui, l’obliger à s’ouvrir, à réfléchir, et peut-être même à prendre un rôle auquel il n’aurait jamais osé rêver. Mais le chemin est dur dans cette classe où il doit lutter pour trouver une place.

Mon avis : un roman vraiment sympa sur la difficulté de s’intégrer au collège et au lycée, la difficulté à trouver sa place quand on a l’impression de n’avoir aucune chance dans la vie, les différences sociales, mais aussi sur le théâtre et sa magie.

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Le suivant sur la liste, Manon Fargetton

Nathan, geek de génie, est renversé devant le collège. Izia a tout vu, elle sait que ce n’est pas un accident, mais un meurtre. Aussi, elle est très surprise en découvrant un message de Nathan, datant d’après sa mort. C’est le cas aussi de Samuel et de Morgane. Tous sont amenés à se retrouver dans une clinique mystérieuse, autour de Timothée, le cousin de Nathan. Ils vont apprendre la vérité sur leur naissance, découvrir de bien mystérieux pouvoirs, et se trouver confrontés à l’obligation de fuir pour sauver leur vie. Face à ce danger qui les menace et qui les entoure de tous côtés, seule l’entraide leur permettra de survivre.

Mon avis : Un roman palpitant, sur un sujet assez à la mode dans les romans jeunesse. Il est cependant plutôt bien traité dans ce roman, alliant suspense, action, mais aussi réflexion et un peu d’humour. Une lecture trépidante et assez sympa. Le deuxième tome, La nuit des fugitifs, est tout aussi agréable à lire.

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Anastasia avec conviction, Lois LOWRY

roman enquête réflexion valeurs enfants adosRésumé : Anastasia a un chien depuis quelques jours, et elle a promis à ses parents de s’en occuper. Aussi lorsque le chien gratte la porte pour sortir à 6h du matin, c’est qui doit aller le promener pour qu’il fasse ses besoins dans la rue. C’est aussi elle qui doit emmener un petit sachet plastique afin de ramasser les dits-besoins et de les jeter à la poubelle afin de ne pas salir les trottoirs de la ville. Ce matin-là, Anastasia fait tout bien correctement, et en profite pour emporter une lettre que sa maman lui a demandé de poster. Mais malheur, un peu angoissée par l’idée que quelqu’un la voit en train de ramasser une crotte avec un sachet plastique, elle se trompe et met le sachet contenant la crotte dans la boîte aux lettres, et la lettre dans la poubelle. Comprenant son erreur, elle est très embarrassée, et craint d’être accusée d’avoir causé du désagrément aux postiers. Surtout qu’elle apprend que la police s’est trouvé sur les lieux peu après son « crime » et que la poubelle en question a disparu. Le cours de réflexion philosophique qu’elle suit au collège et qui la mène à s’interroger sur les choix et les responsabilités de chacun la conduisent à se poser de plus en plus de questions.

Mon avis : Voici un livre très agréable, facile à lire, avec une héroïne tout à fait sympathique dans ses nombreux doutes. Ce roman pousse à s’interroger sur nos choix dans la vie, tout en restant sur un mode léger et presque un peu humoristique. C’est une très bonne lecture, à recommander à partir de 10 ans.

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Les petits orages, Marie Chartres

Résumé : La vie de Moses Laufer Victor est un calvaire, dont il s’échappe en regardant de stupides vidéos de pandas sur youtube. En effet, déjà il a un prénom idiot, son visage est couvert d’une acné très importante, ses parents sont tous les deux psychanalystes, et pourtant fort peu doués pour roman ado différence handicap indien amitiéparler des leurs émotions. Or les émotions sont grandes et pleines de souffrances dans cette famille, depuis l’année précédente quand un accident de voiture a grièvement blessé l’adolescent, qui a de terribles cicatrices et douleurs, et doit se déplacer avec une béquille, et sa mère, restée handicapée. Moses ne sait plus comment continuer, comment donner du sens à sa vie, où tout ce qui était avant facile et fluide est devenu difficile et douloureux : marcher, se pencher, s’asseoir. Il n’a quasiment pas d’amis, refusant la pitié comme la moquerie. Il va rencontrer un adolescent tout aussi blessé que lui, même si ses cicatrices sont moins visibles : Ratso, un Indien. Tous deux vont apprendre à se connaître, au-delà de leurs sensibilités douloureuses et de leurs colères. Cette amitié leur permettra de surmonter ces souffrances, et au travers d’un voyage assez aventureux et incertain, à bord d’une voiture épave, en direction de la réserve indienne dont est originaire Ratso, de retrouver le goût de la vie et de l’avenir.

Avis : J’ai beaucoup aimé ce livre, un coup de cœur comme cela faisait longtemps que je n’en avais plus eu. Ce livre traite de la différence, qu’elle soit dûe au handicap, à la pauvreté, à l’origine… Il est facile à lire, pas trop long. Les émotions sont fortes, mais pour autant restent vraies et évitent le sensationnalisme. L’auteure sait nous ménager des surprises, ses personnages se dévoilent peu à peu, mais n’hésitent pas à garder une part de mystère. On a envie de savoir la suite de l’histoire, de comprendre les personnages et leur vie. On découvre la misère matérielle, psychologique et politique de la vie dans les réserves indiennes. Très belle lecture, que je recommande à partir de 14 ans.

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Le garçon qui avait perdu la face, Louis Sachar

David va au collège. Il aimerait bien intégrer le groupe que son ancien meilleur pote fréquente, mais il sent que ce n’est pas si facile, il n’est pas assez « cool » pour eux. Un jour qu’il est avec ce groupe, les garçons décident d’attaquer une vieille dame pour lui voler sa canne. louis sachar le garçon qui avait perdu la face roman ados collège amitiéDavid les suit pour ne pas que les autres se moquent de lui, mais cette idée ne lui plait pas du tout. Les autres font tomber la vieille dame (David voit ses dessous), lui renversent de la limonade sur la tête, cassent un carreau et volent sa canne. David ne sait comment réagir. Il voudrait venir en aide à cette vieille dame par terre, mais il a peur de perdre la face devant les autres garçons. Alors, il fait un doigt d’honneur à la vieille dame, espérant vaguement qu’elle ne saura pas ce que ça veut dire. La vieille femme prononce alors une sorte de formule magique en le regardant, une malédiction.

Aussi, dans les jours qui suivent, David sent la malédiction s’acharner sur lui. Tout ce que les garçons ont fait subir à la dame lui arrive : il casse un carreau chez lui, il tombe de sa chaise en classe, il oublie de fermer sa braguette et toute la classe voit ses dessous… David ne sait comment arrêter cette malédiction. Elle lui pose spécialement problème car il aimerait bien inviter une fille à aller au cinéma, mais il a peur de se renverser de la limonade sur la tête ou autre catastrophe. De nouveaux amis vont l’aider à prendre confiance en lui, à réaliser qu’il n’est pas obligé de fréquenter les stars du collège pour avoir de la valeur et être quelqu’un de bien. Peu à peu il va comprendre qu’il n’y a qu’une seule solution pour annuler la malédiction, assumer ce qui a été fait.

Mon avis : Un livre facile à lire, rigolo. De nombreux ados se reconnaîtront dans David, un collégien tout à fait banal qui aimerait bien fréquenter les stars de la classe, et pour ça est prêt à faire un peu n’importe quoi. Le roman montre bien que la confiance en soi est primordiale pour faire face aux moqueries et que l’essentiel est de rester fidèle à soi-même.

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Freak city, Kathrin Schrocke

Résumé : Mika est un adolescent de 15-16 ans. Il ne sait pas vraiment où il en est avec sa petite amie qui a décidé de rompre au moins momentanément. Il sort au hasard dans un café branché, et rencontre une jeune fille vraiment très attirante, Léa. amour surdité handicap roman adolescents adolescence adoUn peu surpris par ses réactions étranges, il comprend qu’elle est sourde et qu’elle communique par la langue des signes. Il s’inscrit un peu sur un coup de tête à un cours pour apprendre lui aussi à signer. Peu à peu sa relation avec Léa se construit, il découvre l’univers des sourds, il apprend à connaître leurs codes, leurs difficultés, leurs forces aussi et pourquoi certains d’entre eux affirment qu’ils ne voudraient pas devenir des « entendants ». Mais son coeur ballotte encore un peu entre son ancienne petite amie Sandra et cette jeune fille fascinante mais un peu effrayante Léa. Il entre peu à peu dans le monde des adultes, découvre ses ambiguïtés, apprend la difficultés des choix, et la joie de s’assumer.

Mon avis : Voici un chouette roman. Cela se passe en Allemagne, il ne faut donc pas s’étonner que les âges de scolarité ne collent pas tout à fait avec les nôtres. La découverte de l’univers des sourds, des difficultés que rencontrent certains d’entre eux avec leur famille par exemple, les stratégies qu’ils mettent en place au quotidien pour surmonter leur handicap est vraiment passionnante. Il s’agit également d’une jolie histoire d’amour, intéressante car compliquée, comme dans la vraie vie. Ce roman s’adresse aux grands adolescents, capables de comprendre les ambiguïtés de la vie et des gens.

Bacha Posh, Charlotte Erlih

En Afghanistan, les femmes n’ont pas le droit de sortir sans être accompagnées d’un homme, un père, un frère ou un fils. Par conséquent, cela pose un problème dans les familles où il n’y a pas de garçon parmi les enfants. Pour remédier à ce problème, il existe une tradition, déguiser l’une des filles en garçon : on appelle cela une bacha posh. Cette fille a alors tous les droits des garçons : sortir librement dans la rue, étudier, faire du sport. Elle est exemptée des tâches ménagères réservées aux femmes dans cette culture. Et grâce à elle, sa mère et ses sœurs peuvent sortir, accompagnées. Cependant, le jour de sa puberté, cette liberté s’arrête, la jeune fille reprend son statut de fille, ne peut sortir plus que voilée intégralement, et accompagnée d’un homme.

Le roman raconte l’histoire de l’une d’elles, nommée Ferrukzad à la naissance, elle est depuis l’âge de 5 ans Ferrukh. Elle va à l’école, et a monté une équipe d’aviron. Forte de sa connaissance du français, elle a réussi à se procurer un bateau de compétition, et avec ses copains, ils espèrent pouvoir représenter l’Afghanistan aux jeux olympiques. Mais un jour, Ferrukhzad a ses premières règles, et est considérée désormais comme une fille. C’est sa petite sœur, Amira, qui va maintenant jouer le rôle d’un garçon. Les parents de Ferrukhzad mentent aux amis de celle-ci (celui-ci pour les amis), disent qu’il est parti. Ferrukhzad est désespérée, elle ne veut pas trahir ses amis si peu de temps avant les jeux olympiques. Elle va tenter de se révolter contre ses parents et la tradition.

Ce roman est très intéressant, je ne connaissais pas du tout cette tradition. Il n’y a pas de jugement ouvert sur cette tradition, le roman raconte juste les faits, l’action, et retrace les ressentis de la jeune fille.

Un article intéressant sur le sujet.

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Les autodafeurs, Marine Carteron

Voici un nouveau roman plein d’aventures, d’action et de mystère.

Auguste a 14 ans. Il vit avec ses deux parents et sa petite soeur Césarine. Il est très préoccupé par son look pour plaire aux filles, il réclame à corps et à cris un portable à ses parents qui refusent, et il fait tout pour éviter sa mère qui travaille dans le collège où il va. Ses parents sont un peu ringards et vieux jeu, des profs quoi ! Un jour son père meurt dans un accident de voiture. Auguste propose alors d’aller s’installer à la campagne chez les grands-parents paternels, ce qui semroman adolescents espionnage espions mission secrète agents secrets complotble redonner le sourire à sa mère. Cependant, là-bas, il va faire des découvertes qui vont totalement changer sa vision du monde et de sa famille. Il apprend que sa famille appartient depuis des générations entières à une société secrète, la Confrérie, chargée de protéger le savoir de l’humanité contenu dans les livres. En effet, dans l’ombre oeuvrent les autodafeurs, personnes mauvaises qui veulent asservir les êtres humains en leur coupant l’accès à la connaissance. Leur principal objectif est la destruction générale des livres. Auguste découvre que lui-même a été secrètement formé pour devenir un agent de la Confrérie : cela explique les cours d’arts martiaux, les stages de survie auprès des indiens d’Amérique… Il découvre également que loin d’être des adultes ringards, les membres de sa famille sont des espions surentraînés et hyper organisés pour sauvegarder ces secrets millénaires. Mais les ennemis se rapprochent, et il faut agir. En parallèle, on lit le journal intime de Césarine, sa petite soeur, atteinte d’autisme Asperger. Son journal est fantastiquement drôle avec sa façon d’analyser perpétuellement les évènements de façon rationnelle et terre-à-terre. Césarine est une surdouée à qui personne ne prête attention. Elle va montrer qu’elle peut jouer un rôle de tout premier plan dans cette aventure.

Ce roman est plein d’action, ça va parfois à 100 à l’heure, il y a aussi beaucoup d’humour, et une réflexion intéressante sur le rôle des livres pour l’humanité. Il ne faut pas se décourager en lisant le début qui peut paraître un peu long, par la suite, l’action s’engage et la lecture est plus rapide. Parfois les évènements peuvent sembler même un peu exagéré, mais c’est presque jubilatoire, en tout cas moins toutes ces exagérations m’ont faite beaucoup rire, et j’ai passé un super moment de lecture, sans voir le temps passer. Pour le moment j’ai lu les deux premiers tomes, j’attends de trouver le 3ème avec impatience.

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