Anastasia avec conviction, Lois LOWRY

roman enquête réflexion valeurs enfants adosRésumé : Anastasia a un chien depuis quelques jours, et elle a promis à ses parents de s’en occuper. Aussi lorsque le chien gratte la porte pour sortir à 6h du matin, c’est qui doit aller le promener pour qu’il fasse ses besoins dans la rue. C’est aussi elle qui doit emmener un petit sachet plastique afin de ramasser les dits-besoins et de les jeter à la poubelle afin de ne pas salir les trottoirs de la ville. Ce matin-là, Anastasia fait tout bien correctement, et en profite pour emporter une lettre que sa maman lui a demandé de poster. Mais malheur, un peu angoissée par l’idée que quelqu’un la voit en train de ramasser une crotte avec un sachet plastique, elle se trompe et met le sachet contenant la crotte dans la boîte aux lettres, et la lettre dans la poubelle. Comprenant son erreur, elle est très embarrassée, et craint d’être accusée d’avoir causé du désagrément aux postiers. Surtout qu’elle apprend que la police s’est trouvé sur les lieux peu après son « crime » et que la poubelle en question a disparu. Le cours de réflexion philosophique qu’elle suit au collège et qui la mène à s’interroger sur les choix et les responsabilités de chacun la conduisent à se poser de plus en plus de questions.

Mon avis : Voici un livre très agréable, facile à lire, avec une héroïne tout à fait sympathique dans ses nombreux doutes. Ce roman pousse à s’interroger sur nos choix dans la vie, tout en restant sur un mode léger et presque un peu humoristique. C’est une très bonne lecture, à recommander à partir de 10 ans.

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Le garçon qui avait perdu la face, Louis Sachar

David va au collège. Il aimerait bien intégrer le groupe que son ancien meilleur pote fréquente, mais il sent que ce n’est pas si facile, il n’est pas assez « cool » pour eux. Un jour qu’il est avec ce groupe, les garçons décident d’attaquer une vieille dame pour lui voler sa canne. louis sachar le garçon qui avait perdu la face roman ados collège amitiéDavid les suit pour ne pas que les autres se moquent de lui, mais cette idée ne lui plait pas du tout. Les autres font tomber la vieille dame (David voit ses dessous), lui renversent de la limonade sur la tête, cassent un carreau et volent sa canne. David ne sait comment réagir. Il voudrait venir en aide à cette vieille dame par terre, mais il a peur de perdre la face devant les autres garçons. Alors, il fait un doigt d’honneur à la vieille dame, espérant vaguement qu’elle ne saura pas ce que ça veut dire. La vieille femme prononce alors une sorte de formule magique en le regardant, une malédiction.

Aussi, dans les jours qui suivent, David sent la malédiction s’acharner sur lui. Tout ce que les garçons ont fait subir à la dame lui arrive : il casse un carreau chez lui, il tombe de sa chaise en classe, il oublie de fermer sa braguette et toute la classe voit ses dessous… David ne sait comment arrêter cette malédiction. Elle lui pose spécialement problème car il aimerait bien inviter une fille à aller au cinéma, mais il a peur de se renverser de la limonade sur la tête ou autre catastrophe. De nouveaux amis vont l’aider à prendre confiance en lui, à réaliser qu’il n’est pas obligé de fréquenter les stars du collège pour avoir de la valeur et être quelqu’un de bien. Peu à peu il va comprendre qu’il n’y a qu’une seule solution pour annuler la malédiction, assumer ce qui a été fait.

Mon avis : Un livre facile à lire, rigolo. De nombreux ados se reconnaîtront dans David, un collégien tout à fait banal qui aimerait bien fréquenter les stars de la classe, et pour ça est prêt à faire un peu n’importe quoi. Le roman montre bien que la confiance en soi est primordiale pour faire face aux moqueries et que l’essentiel est de rester fidèle à soi-même.

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Bacha Posh, Charlotte Erlih

En Afghanistan, les femmes n’ont pas le droit de sortir sans être accompagnées d’un homme, un père, un frère ou un fils. Par conséquent, cela pose un problème dans les familles où il n’y a pas de garçon parmi les enfants. Pour remédier à ce problème, il existe une tradition, déguiser l’une des filles en garçon : on appelle cela une bacha posh. Cette fille a alors tous les droits des garçons : sortir librement dans la rue, étudier, faire du sport. Elle est exemptée des tâches ménagères réservées aux femmes dans cette culture. Et grâce à elle, sa mère et ses sœurs peuvent sortir, accompagnées. Cependant, le jour de sa puberté, cette liberté s’arrête, la jeune fille reprend son statut de fille, ne peut sortir plus que voilée intégralement, et accompagnée d’un homme.

Le roman raconte l’histoire de l’une d’elles, nommée Ferrukzad à la naissance, elle est depuis l’âge de 5 ans Ferrukh. Elle va à l’école, et a monté une équipe d’aviron. Forte de sa connaissance du français, elle a réussi à se procurer un bateau de compétition, et avec ses copains, ils espèrent pouvoir représenter l’Afghanistan aux jeux olympiques. Mais un jour, Ferrukhzad a ses premières règles, et est considérée désormais comme une fille. C’est sa petite sœur, Amira, qui va maintenant jouer le rôle d’un garçon. Les parents de Ferrukhzad mentent aux amis de celle-ci (celui-ci pour les amis), disent qu’il est parti. Ferrukhzad est désespérée, elle ne veut pas trahir ses amis si peu de temps avant les jeux olympiques. Elle va tenter de se révolter contre ses parents et la tradition.

Ce roman est très intéressant, je ne connaissais pas du tout cette tradition. Il n’y a pas de jugement ouvert sur cette tradition, le roman raconte juste les faits, l’action, et retrace les ressentis de la jeune fille.

Un article intéressant sur le sujet.

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35 kgs d’espoir, Anna Gavalda

Grégoire a 13 ans et il est en 6ème, cherchez l’erreur… Il a redoublé deux fois, le CE2 et la 6ème. Il déteste l’école. Il ne sait pas pourquoi. Pourtant il est aussi intelligent qu’un autre, aussi gentil… Mais il ne supporte pas ‘aller à l’école. Tous les matins il a une grosse boule d’angoisse dans le ventre, il se sent mal. Livre parfait pour ceux qui détestent lire et détestent l'écoleTout lui paraît ennuyeux et impossible à l’école, même le sport ! Il ne se sent bien que dans l’atelier au fond du jardin e son grand-père. Là, il s’amuse à construire des tas de choses, il bricole, il invente. Mais à l’école on ne fait rien de tout ça. Aussi peu à peu la situation se dégrade, il se fait renvoyer. Plus aucun collège ne l’accepte. Ses parents parlent de l’envoyer au pensionnat. Son grand-père qui l’avait toujours soutenu ne veut plus lui parler. Grégoire est désespéré, il ne sait plus quoi faire. Une petite lueur d’espoir s’allume lorsqu’il découvre le prospectus d’un lycée technique qui propose un internat. Là les élèves semblent faire des choses intéressantes : bricoler, utiliser des machins… Mais avec son dossier scolaire plus que minable, va-t-il réussir à y entrer ?

Mon avis : Un excellent roman pour ceux qui n’aiment ni l’école ni la lecture. Il nous montre que pour s’en sortir, il faut vraiment se battre et chercher des solutions adaptées à chacun. La société actuelle ne propose pas beaucoup de voies alternatives, si on veut y parvenir, il faut vraiment chercher à construire son propre chemin. Mais le jeu en vaut la chandelle. C’est un roman extrêmement court (100 pages) et écrit très gros. Cela facilitera la lecture à ceux qui n’en ont pas l’habitude. Mais pour autant il ne prend pas les ados pour des imbéciles comme certains romans vraiment débiles. L’histoire est construite, avec des rebondissements, des problèmes réels. J’ai adoré, je le classe dans mes coups de coeur.

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Les Ostrogoths, Martine Pouchain

Résumé : Clovis appartient à une famille assez particulière. Son père avait une passion pour l’époque mérovingienne, les six enfants de la famille portent donc le nom soit d’un roi, soit d’une femme célèbre de cette époque (Clodomir, Théodoric, Clothaire, Clotilde et Natilde). Leur famille est pauvre, très pauvre. Lorsque le roman débute, leur père touche le RMI, qu’il dépense en boisson au café, et leur mère vient d’être licenciée. ostrogothsIls mangent des crêpes à l’eau, s’ahbillent au secours populaire, et sont rassurés, parce que jusqu’au 16 mars, il y a la trêve hivernale, qui interdit à leur propriétaire des les expulser. Clovis craque un jour au lycée et vole un baladeur CD. A l’intérieur, il trouve un CD d’un groupe bizarre, le Wolfgang, qu’il surnomme immédiatement le gang du loup. C’est du piano. Il va tomber amoureux de cette musique, et grâce à la grand-mère solitaire qui vit dans l’appartement au-dessus du leur, il commence à apprendre la musique. Cela lui redonne de l’espoir, et il s’accroche au rêve d’une vie meilleure, dans laquelle il pourrait devenir pianiste de jazz, et jouer dans les bars. Ce rêve l’aide à survivre quand tout va de plus en plus mal dans sa famille, au point que son père frappe sa mère puis un jour, achète un revolver. Clovis va s’accrocher à son rêve, et tout faire pour que tout ceci ne se termine pas en drame.

Mon avis : Le thème de la misère est traité avec un mélange d’humour et d’émotion qui m’a vraiment accrochée. Ces six gamins sont attendrissants dans leur lutte quotidienne pour être heureux malgré toute la misère qu’ils endurent. On tremble en voyant le père sombrer, et en essayant d’imaginer ce qu’il veut faire. Le thème de ce roman est très difficile, surtout sur la fin, il faut donc le réserver à des adolescents à partir de 14 ans.

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Le temps des miracles, Anne-Laure BONDOUX

Koumaïl a 12 ans lorsqu’il est trouvé par des douaniers, à la frontière française, caché au fond d’un camion transportant des porcs. Il ne sait pas parler un mot de français, à part quelques formules apprises par cœur. Il va retracer toute son histoire pour nous. Il arrive du Caucase, une région de Russie déchirée par les différents soulèvements ethniques et la répression russe. 11 ans auparavant, une jeune femme, Gloria, a assisté au déraillement d’un train, provoqué par un attentat. En se précipitant pour aider les passagers, elle découvre un bébé tenue par une femme blessée. miraclesElle recueille le bébé, et ne réussit jamais à retrouver la mère par la suite. Lorsque la guerre civile prend toute son ampleur, elle fuit avec l’enfant. Elle souhaite lui donner la chance de retrouver sa vraie patrie, la France, grâce au passeport qu’elle a récupéré dans les affaires que la maman du petit lui avait tendu en même temps que l’enfant. Cet enfant, c’est Koumaïl. Ils vont traverser ensemble de nombreuses épreuves qui ne sembleront ne jamais vouloir s’arrêter. Ils trouvent de temps en temps un havre de paix (bidonville, camp gitan, immeuble de réfugiés…) avant de devoir fuir à nouveau, avec pour ligne d’horizon, la France…

Mon avis : Ce livre est bouleversant tout en restant assez pudique. L’auteur nous présente des faits d’une gravité terrible, mais ne sombre jamais dans le mélo. Cela reste toujours très digne. L’histoire est impressionnante. Je trouve qu’il est toujours très difficile d’imaginer ce que les réfugiés peuvent avoir traversé. On pense au passage de la frontière, sans penser qu’avant cela, ils ont dû fuir durant des milliers de kilomètres, fuyant une guerre dont ils ne comprenaient pas les enjeux, la mort, la famine, la maladie, l’enrôlement de force… Et pourtant, au milieu de tout ce malheur, on constate qu’il est toujours possible de construire des amitiés, de forger des liens. Un de mes passages préférés est celui de l’université des pauvres Quant au personnage de Gloria, elle est fantastique de confiance en l’avenir, d’espoir, d’optimisme. Je recommande ce livre à partir de 13 ans, pour des lecteurs occasionnels ou réguliers.

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Maïté Coiffure, Marie-Aude Murail

Louis est en classe de 3ème. Il ne comprend pas grand chose en cours, même quand il essaie, et n’aime pas l’école. Un jour, il explique à table qu’il doit faire un stage en entreprise et qu’il n’a aucune idée. Sa grand-mère lui trouve une place dans un salon de coiffure, au grand dam de son père, brillant chirurgien, qui rêve de grandes études pour son fils. Louis ne sait pas trop quoi en penser. Il va à son premier jour de stage, et là, surprise, il découvre qu’il aime cette ambiance, qu’il aime travailler, qu’il a envie d’apporter son aide au salon, et même de le faire prospérer. Désormais, il a un projet : il veut faire un CAP coiffure après la 3ème. Seulement, il sait que son père n’acceptera jamais sa décision.

Mon avis : Alors là, ça fait du bien un roman comme celui-là au milieu de toutes ces histoires de vampires et d’espions en tous genres. Un roman juste vrai, dans la vraie vie, avec des vraies personnes. Un roman plein d’émotion, des personnages loin d’être parfaits, et justement parfaits de vérité. Tous sont très attachants, et font vraiment réfléchir à ce qui a de la valeur dans la vie. On renverse au passage quelques préjugés, et on crie encore une fois que on peut être mauvais à l’école et très intelligent, rater son brevet et réussir sa vie, que ce qui compte vraiment, c’est de savoir ce qu’on veut et de s’y accrocher. J’adore. A faire lire à tous les lecteurs, à partir de 13 ans.

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Mon petit coeur imbécile, Xavier-Laurent PETIT

Sisanla a dix ans, elle vit dans un petit pays au fin fond de l’Afrique. Elle sait qu’elle est une miraculée : atteinte d’une malformation cardiaque, elle pourrait mourir à tout instant. Alors elle s’accroche, évite tous les efforts, et compte sans cesse : les battements de son coeur, les jours qu’elle a déjà réussi à vivre, les années qu’il faudrait à ses parents pour économiser la somme nécessaire à l’opération qui la soignerait… De son côté, comme pour compenser, sa mère, Maswala (mamantilope), passe son temps à courir, pieds nus, dans la savane. Un jour, elles découvrent dans un vieil article de journal qu’en gagnant le marathon de Kamjuni, on peut gagner 1,5 million de kels, la somme qu’il faudrait pour le voyage et l’opération de Sisanla. Dès lors Maswala n’a plus qu’une idée en tête : courir, gagner et sauver sa fille.

Mon avis : Un beau roman, très émouvant, on a parfois envie de rire, souvent envie de pleurer. L’écriture est simple et agréable, poétique mais également pleine de vivacité. C’est Sisanla qui raconte, la petite fille au coeur malade. Je ne l’ai pas encore testé avec mes élèves, mais je pressens que ce genre de livre pourrait plaire même à des élèves très réfractaires à la lecture. Pour les élèves qui ne peuvent pas lire, il existe une version audio. Je ne l’ai pas écoutée, mais j’ai lu de bonnes critiques.

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Le jardin secret, Frances H. Burnett

Jusqu’à l’âge de dix ans, Mary a été élevée en Inde, par les domestiques de ses parents. Elle n’a reçu que peu d’affection et se montre gâtée et capricieuse. Dans les trois premières pages du roman, ses parents meurent d’une épidémie de choléra. Elle est alors recueillie dans le manoir anglais de son oncle. Ce dernier, miné par un terrible chagrin n’est quasiment jamais là. Elle devient amie avec le jeune frère d’une servante du manoir. Celui-ci lui fait découvrir la nature. Elle apprend à se débrouiller seule et découvre un merveilleux jardin caché abandonné caché derrière une porte fermée à clé et rouillée. Un jour, elle découvre que le manoir renferme un autre habitant, et elle est fermement résolue à faire sa connaissance.

Mon avis : Ce roman est très poétique, sur les thèmes de la nature et de l’amitié. Ces enfants retrouvent la santé et la joie de vivre grâce au jardin et à la relation qu’ils nouent. La lecture plaira à des enfants rêveurs, et en quête d’un univers bien à eux. A partir de 10-11 ans pour des lecteurs qui aiment lire.