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Les Maîtres du vent, Judith Bouilloc

carte-gilgalCe roman de fantasy se déroule dans un monde imaginaire, sur un très grand continent de forme circulaire appelé Gilgal. Ce continent se divise en plusieurs entités politiques, chacune dirigée par un gouvernement propre. Le héros de l’histoire lui, vient du royaume de Waldgan, un royaume forestier où est en place une monarchie élective, avec un roi élu par les membres du Conseil des Sages.

Notre héros est adolescent. Il est orphelin de père, et vit entouré de sa mère, une guérisseuse passé experte dans l’art des plantes médicinales et de son oncle, un sculpteur sur pierre au talent inoubliable. Les deux lui enseignent leur art, mais Yann, à leur grand regret, voudrait choisir la voie des armes, comme son défunt père. En décédant, son oncle le sculpteur lui livre un dernier message énigmatique : « tu dois percer les secrets gardés par les maîtres du vent, c’est ainsi que tu pourras saisir la beauté ». C’est ainsi que l’adolescent se met en route pour Avel, le royaume des vents, situé au sud du continent.roman jeunesse fantasy ados

Il arrive sur place lors de la grande cérémonie du choix des futurs étudiants de la très célèbre et convoitée académie des vents. Rencontrant deux compatriotes fort sympathiques, il décide, un peu par hasard, de se présenter lui aussi au concours, ouvert pour la première année à d’autres nationalités que les Avélis. A sa grande surprise, et grâce à un don qu’il découvre pour la première fois pendant une des épreuves, Yann est sélectionné.

Commence pour lui une grande aventure : il va apprendre à ne faire qu’un avec les vents, à les écouter, à les noter sur une partition, à s’en servir pour voler, à les invoquer… Mais tout ceci ne sera pas aussi simple et idyllique qu’il le pensait au début. Très vite, il se rend compte que lui et les autres étudiants étrangers sont victimes d’exclusion et de mépris de la part des étudiants avélis, mais également de certains professeurs. Il comprend également que les plus grands secrets de l’art de combattre avec le vent lui seront interdits. Alors, avec la complicité de son compatriote Adémar, le colosse à la hache, et d’un Avélis d’esprit facétieux, Baldoméro, Yann s’apprête à tirer tout ce qu’il peut de cette expérience, quitte à parfois faire fi des règlements.

Mon avis : Ce roman est très agréable, plutôt bien construit en deux grandes parties principales. L’univers est très beau, les idées originales, notamment celle du peuple des vents. L’action est agréable, se lit avec fluidité. J’aurais aimé une plus grande exploration des différentes possibilités offertes par cette univers, au-delà du goût pour les combats développés par le héros. Peut-être un voyage, une quête… Cela reste en tout cas une très belle lecture, faite avec plaisir. A conseiller plutôt pour de bons lecteurs (quand même 430 pages) à partir de 12 ans environ.

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Le suivant sur la liste, Manon Fargetton

Nathan, geek de génie, est renversé devant le collège. Izia a tout vu, elle sait que ce n’est pas un accident, mais un meurtre. Aussi, elle est très surprise en découvrant un message de Nathan, datant d’après sa mort. C’est le cas aussi de Samuel et de Morgane. Tous sont amenés à se retrouver dans une clinique mystérieuse, autour de Timothée, le cousin de Nathan. Ils vont apprendre la vérité sur leur naissance, découvrir de bien mystérieux pouvoirs, et se trouver confrontés à l’obligation de fuir pour sauver leur vie. Face à ce danger qui les menace et qui les entoure de tous côtés, seule l’entraide leur permettra de survivre.

Mon avis : Un roman palpitant, sur un sujet assez à la mode dans les romans jeunesse. Il est cependant plutôt bien traité dans ce roman, alliant suspense, action, mais aussi réflexion et un peu d’humour. Une lecture trépidante et assez sympa. Le deuxième tome, La nuit des fugitifs, est tout aussi agréable à lire.

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La cascade gelée, Gaye Hiçyilmaz

Selda vit en Turquie avec sa mère et ses sœurs. Son père et ses frères ont émigré en Suisse allemande depuis plusieurs années. Elles attendent avec impatience de pouvoir les rejoindre. Enfin les billets d’avion arrivent, et c’est le grand départ. Selda est impatiente, mais en même temps très inquiète. Elle qui est excellente élève en Turquie, comment va-t-elle faire à l’école dans un pays dont elle ne connaît pas la langue ? Elle a peur de devenir une élève à problèmes, de ne pas pouvoir réaliser ses ambitions.

roman adolescents ados immigration Turquie SuisseL’arrivée en Suisse est pleine de sentiments complexes. Le pays lui plaît, elle découvre les montagnes, la neige. Elle admire l’ordre suisse, l’élégance des villes. Pourtant, elle ne retrouve pas l’ambiance familiale telle qu’elle l’avait connue en Turquie, son père est devenu maussade, sa mère ne trouve pas sa place dans ce nouveau pays. A l’école, les enseignants sont très gentils, mais Selda ne se fait aucun ami, progresse lentement en allemand. Pourtant elle s’accroche, et peu à peu réussit à faire surface. Elle devient amie avec la fille du directeur de la plus grosse usine de la ville, qui malgré sa fortune est rejetée par les autres élèves. Selda découvre alors que la fortune n’empêche pas à une famille de connaître les soucis et le malheur.

Elle rencontre également un jeune homme turc, mais qui lui est un immigré clandestin, et à cause de cela, voué à un avenir sombre, perpétuellement exploité par les autres. Elle veut lui venir en aide, mais ce n’est pas si facile qu’elle pourrait le croire.

Mon avis : Ce roman m’a beaucoup plu. C’est un roman qui sait prendre son temps, qui installe les personnages avec beaucoup de profondeur, qui décrit les situations avec subtilité. Ce roman évite la caricature face à la question de l’immigration. Il montre combien les situations peuvent être complexes, parfois presque contradictoires. De nombreux sujets sont abordés, les différences des cultures, les risques de la radicalisation, le problème de l’immigration clandestine, de l’esclavage moderne qui en résulte, de l’intégration à l’école et dans la vie quotidienne. Il sait montrer les richesses de l’immigré aux côtés des difficultés qu’il rencontre. Il offre également une réflexion sur l’amitié, la franchise et ses difficultés, même sur la famille.

Ce roman est riche et dense. Je le conseille aux bons lecteurs, que les 373 pages n’effraieront pas.

Bacha Posh, Charlotte Erlih

En Afghanistan, les femmes n’ont pas le droit de sortir sans être accompagnées d’un homme, un père, un frère ou un fils. Par conséquent, cela pose un problème dans les familles où il n’y a pas de garçon parmi les enfants. Pour remédier à ce problème, il existe une tradition, déguiser l’une des filles en garçon : on appelle cela une bacha posh. Cette fille a alors tous les droits des garçons : sortir librement dans la rue, étudier, faire du sport. Elle est exemptée des tâches ménagères réservées aux femmes dans cette culture. Et grâce à elle, sa mère et ses sœurs peuvent sortir, accompagnées. Cependant, le jour de sa puberté, cette liberté s’arrête, la jeune fille reprend son statut de fille, ne peut sortir plus que voilée intégralement, et accompagnée d’un homme.

Le roman raconte l’histoire de l’une d’elles, nommée Ferrukzad à la naissance, elle est depuis l’âge de 5 ans Ferrukh. Elle va à l’école, et a monté une équipe d’aviron. Forte de sa connaissance du français, elle a réussi à se procurer un bateau de compétition, et avec ses copains, ils espèrent pouvoir représenter l’Afghanistan aux jeux olympiques. Mais un jour, Ferrukhzad a ses premières règles, et est considérée désormais comme une fille. C’est sa petite sœur, Amira, qui va maintenant jouer le rôle d’un garçon. Les parents de Ferrukhzad mentent aux amis de celle-ci (celui-ci pour les amis), disent qu’il est parti. Ferrukhzad est désespérée, elle ne veut pas trahir ses amis si peu de temps avant les jeux olympiques. Elle va tenter de se révolter contre ses parents et la tradition.

Ce roman est très intéressant, je ne connaissais pas du tout cette tradition. Il n’y a pas de jugement ouvert sur cette tradition, le roman raconte juste les faits, l’action, et retrace les ressentis de la jeune fille.

Un article intéressant sur le sujet.

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Les autodafeurs, Marine Carteron

Voici un nouveau roman plein d’aventures, d’action et de mystère.

Auguste a 14 ans. Il vit avec ses deux parents et sa petite soeur Césarine. Il est très préoccupé par son look pour plaire aux filles, il réclame à corps et à cris un portable à ses parents qui refusent, et il fait tout pour éviter sa mère qui travaille dans le collège où il va. Ses parents sont un peu ringards et vieux jeu, des profs quoi ! Un jour son père meurt dans un accident de voiture. Auguste propose alors d’aller s’installer à la campagne chez les grands-parents paternels, ce qui semroman adolescents espionnage espions mission secrète agents secrets complotble redonner le sourire à sa mère. Cependant, là-bas, il va faire des découvertes qui vont totalement changer sa vision du monde et de sa famille. Il apprend que sa famille appartient depuis des générations entières à une société secrète, la Confrérie, chargée de protéger le savoir de l’humanité contenu dans les livres. En effet, dans l’ombre oeuvrent les autodafeurs, personnes mauvaises qui veulent asservir les êtres humains en leur coupant l’accès à la connaissance. Leur principal objectif est la destruction générale des livres. Auguste découvre que lui-même a été secrètement formé pour devenir un agent de la Confrérie : cela explique les cours d’arts martiaux, les stages de survie auprès des indiens d’Amérique… Il découvre également que loin d’être des adultes ringards, les membres de sa famille sont des espions surentraînés et hyper organisés pour sauvegarder ces secrets millénaires. Mais les ennemis se rapprochent, et il faut agir. En parallèle, on lit le journal intime de Césarine, sa petite soeur, atteinte d’autisme Asperger. Son journal est fantastiquement drôle avec sa façon d’analyser perpétuellement les évènements de façon rationnelle et terre-à-terre. Césarine est une surdouée à qui personne ne prête attention. Elle va montrer qu’elle peut jouer un rôle de tout premier plan dans cette aventure.

Ce roman est plein d’action, ça va parfois à 100 à l’heure, il y a aussi beaucoup d’humour, et une réflexion intéressante sur le rôle des livres pour l’humanité. Il ne faut pas se décourager en lisant le début qui peut paraître un peu long, par la suite, l’action s’engage et la lecture est plus rapide. Parfois les évènements peuvent sembler même un peu exagéré, mais c’est presque jubilatoire, en tout cas moins toutes ces exagérations m’ont faite beaucoup rire, et j’ai passé un super moment de lecture, sans voir le temps passer. Pour le moment j’ai lu les deux premiers tomes, j’attends de trouver le 3ème avec impatience.

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Tu es une légende, Tim Winton

Ce roman est le troisième d’une trilogie. Je n’ai pas lu les précédents et cela ne m’a pas gênée une seule seconde. Il raconte l’histoire d’une famille très unie vivant en Australie. roman adolescents maladie dépression déprimeElle comporte deux parents dont le père est flic. Ils sont donc logés dans une maison prêtée par l’état, une maison un peu pourrie dans un quartier pas mal pourri. La mère est écolo, pleine d’énergie, elle élève ses trois enfants avec amour et bienveillance. L’aîné est le héros, il va au collège, s’est fait larguer l’année précédente par sa copine devant tout le monde, et cette année a dû supporter le déménagement de son meilleur copain. C’est pas trop la joie pour lui. Il a un frère cadet en fin d’école primaire, et une petite soeur encore bébé. Une vie assez banale somme toute. Mais d’un coup, tout change et devient compliqué. En effet, sa mère tombe en dépression et doit être hospitalisée. Lockie doit donc assumer la maison à sa place, changer la petite, faire les courses, préparer les repas, faire les lessives, et préparer sa rentrée au collège par dessus le marché. Il rend également visite à sa mère à l’hopital, essaie de renouer le contact avec elle par dessus ce brouillard de tristesse duquel elle semble incapable de sortir.

Ce roman est assez court, très agréable à lire. L’émotion est forte dans ce roman, il permet de découvrir la maladie de la dépression, souvent mal connue, et parfois méprisée. On peut ainsi mieux comprendre les gens qui en sont atteint. Cependant le roman ne tombe pas dans les lamentations et le désespoir. L’humour est toujours présent en sourdine pour nous remonter le moral, et le héros trouvera d’ailleurs une aide mystérieuse inespérée. Un très beau roman, émouvant et authentique.

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Le chemin de Sarasvati, Claire Ubac

En Inde, au XXème siècle.

« Femme de Meyyan, qu’est-ce que tu es en train de faire ?

Elle siffle entre ses dents :

– Tu sais bien qu’il faut la laisser mourir de faim, cette merde que tu nous as pondue ! »

un roman sur les enfants des rues en inde la misère, les castes et les intouchablesVoici comment Isaï est accueillie à sa naissance par la maîtresse de la maison, sa tante. Toutes les femmes du village essaient d’empêcher sa mère de l’allaiter, ou cherchent à provoquer un malheureux accident entraînant la mort de ce bébé né honteusement fille. Mais par chance pour elle, sa mère s’accroche, la protège, et la fillette survit. En grandissant, elle subit les brimades incessantes de sa tante qui la traite comme une servante. Lire la suite

6000 nuits, André Borbe

Esther est une jeune fille de 16 ans un peu particulière. En effet, depuis sa naissance, elle est insomniaque, elle ne dort pas la nuit. Pas une minute, rien. Elle en profite pour lire. Cette caractéristique est tenue secrète par son entourage. Dans un monde régi par la terreur, sous la dictature d’un Tyran sans cesse masqué, il ne fait pas bon se faire remarquer.

univers étrange avec une dictature une jeune fille insomniaques découvre son destin et le pouvoir de l'écriture pour lutter contre le tyranCe monde où elle vit garde l’espoir grâce à un mystérieux groupe, les Bienveillants. Ces personnes écrivent perpétuellement des histoires et les font livrer dans la ville par les Livreurs. Les histoires sont uniques à chaque fois, et contiennent juste ce qu’il faut pour aider les habitants de la ville à ne pas céder au désespoir et à garder la tête haute malgré la dictature.

Un jour, son oncle est arrêté par la milice. Esther et sa mère obtiennent l’autorisation de lui rendre une visite à la citadelle où il est enfermé. Là, il révèle des paroles étranges à la jeune fille. « Ils te cherchent… Ils savent que quelqu’un va recevoir la plume d’or… » Il lui donne une boîte avec seulement un papier plié à l’intérieur et une adresse « Où bon me semble – Impasse des regrets« .

Esther commence sa quête. Elle se promène de nuit, malgré les dangers de rencontrer la milice et d’être arrêtée. Elle découvre un univers jusqu’ici ignoré. Elle rencontre différentes personnes, amies ou ennemies, à elle de le découvrir. Elle découvre qui elle est, et quel rôle elle doit jouer dans le monde terrible où elle vit.

En parallèle se mettent en place plusieurs autres récits, 16 ans auparavant et 32 ans auparavant. Ils nous font rencontrer le personnage de Rehtsë, un vagabond tombé amoureux de la princesse Meredith. Ces différents récits permettent de comprendre peu à peu comment le pays est tombée sous cette dictature.

Mon avis : C’est un roman très chouette. J’ai beaucoup aimé l’univers dans lequel vit Esther, ses relations avec son amie Edith. Le mystère est distillé avec bonne mesure dans le roman. On comprend peu à peu les enjeux de ce monde et de cette dictature. La fin m’a laissé un goût amer. J’ai trouvé que vraiment le malheur tenait à peu de choses et que c’était un peu triste.

Je recommande cette lecture à tous les adolescents qui aiment déjà un peu lire. Le roman fait 250 pages et contient une certaine violence donc mieux faut attendre d’avoir au moins 13 ans pour le lire.

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Quelques classiques en version bande-dessinée

Les auteurs-illustrateurs de bande-dessinée ont eu l’excellente idée depuis quelques temps de faire des versions BD des grands classiques de la littérature. Je ne saurais qu’encourager cette initiative ! En effet, si l’on aime lire, je pense qu’on préférera malgré tout toujours aller au contact des textes d’origine. Tenir un roman dans ses mains, tourner les pages, ça n’a pas de prix ! Mais pour les jeunes plus réticents à la lecture, il serait tellement dommage de se priver de cette leçon de vie que sont les grandes oeuvres de la littérature. Ces versions en BD permettent donc de leur offrir une solution intermédiaire. Je préfère largement ça aux films.

En effet, le lecteur de bande-dessinée fournit un effort intellectuel malgré tout puisqu’il doit lire des phrases, comprendre le sens des mots.

De plus, il est actif de sa lecture, il peut l’arrêter s’il le souhaite, il doit tourner des pages, il ne peut rien faire d’autre en même temps donc son attention est plus forte (contrairement aux écrans qui nous rendent passifs et permettent d’entretenir cette mauvaise habitude de faire plusieurs choses à la fois ou de zapper sans cesse).

Enfin, le lecteur de bande-dessinée fait travailler son imagination. Le travail de l’imaginaire est moins important qu’avec un roman puisque les personnages sont représentés. Mais il reste toute la partie sonore à créer dans sa tête, l’action, les mouvements… Et c’est très important !

Voici une première sélection de quelques titres que je vous propose de découvrir en bande-dessinée (ou en roman évidemment !).

Bande-dessinée adaptée du roman les Hauts de Hurlevent– Les Hauts de Hurlevent, Emily Brontë : C’est une histoire terrible. Une famille recueille un enfant des rues et l’élève comme leurs enfants. Seulement le garçon, nommé Heathcliff se sent sans cesse méprisé par les autres enfants de son entourage à cause de ses origines obscures. Lorsque Catherine la jeune fille de la famille qui l’a élevé refuse de l’épouser pour préférer un homme plus riche, ce sera le début d’une colère froide et terrible. Il n’aura de cesse de se venger de tous d’une façon implacable. Lorsque j’ai lu ce roman quand j’étais au collège, j’en ai été remuée pendant des jours entiers. Je ne comprenais pas la haine de Heathcliff, sa violence. C’est une très belle lecture, vraiment bouleversante, et en plus, au programme de la classe de 4ème (mais qu’on peut lire à tout âge, c’est un très grand classique de la littérature anglaise !)

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Le Horla adapté en bande-dessinée– Le Horla de Maupassant : Une nouvelle fantastique terrible. Nous venons de l’étudier par extraits avec mes 4èmes et la plupart ont bien accroché. Maupassant est un maître pour faire monter l’angoisse. Tout va bien au début. Puis arrive une simple tristesse, petite mélancolie, le narrateur se sent un peu malade. Et cet état empire peu à peu. Le narrateur angoisse, craint quelque chose d’inconnu, un malheur invisible. Peu à peu il semble avoir des hallucinations, se demande s’il est somnambule…

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La vie comme elle vient, Anne-Laure BONDOUX

Mado a quinze ans. Ses parents sont morts il y a neuf mois dans accident de voiture. Elle est confiée à la garde de sa soeur, Patty. jusqu’à présent les deux sœurs ne s’entendaient pas vraiment, mais maintenant elles sont tout l’une pour l’autre et elles se battent pour que le juge des tutelles ne choisisse pas de mettre Mado plutôt dans un foyer. Mais la vie avec Patty n’est pas facile. Alors que Mado est plutôt du genre timide et bosseuse à l’école, Patty est une fêtarde du genre assez irresponsable.

Lorsque Patty lui annonce qu’elle est enceinte de déjà 6 mois, Mado comprend que cette nouvelle risque de remettre en cause leur organisation. Du coup, les deux sœurs décident de ne rien changer à leurs projets et de partir malgré tout en vacances dans la maison de famille en Ardèche.

Mais la vie va venir chambouler tous leurs plans et les confronter à des épreuves inattendues.

Mon avis : C’est un roman vraiment chouette. Patty est déconcertante, à la fois complètement irresponsable mais tellement généreuse. On comprend finalement qu’elle aussi a beaucoup souffert de la mort de ses parents et qu’à 22 ans se retrouver tutrice de sa sœur et enceinte par erreur ce n’est pas si facile à assumer. Mado est impressionnante de maturité face à la naissance du bébé.

Un roman sur la vie et ses surprises, assez long (un peu plus de 200 pages), à réserver donc à ceux qui ont déjà une certaine habitude de la lecture.

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Simple, Marie-Aude MURAIL

Résumé : Kléber a 17 ans. Son frère Barnabé a 22 ans. On le surnomme « Simple ». Un problème a eu lieu pendant la grossesse, et il a maintenant l’âge mental d’un enfant de trois ans. Il joue aux playmobils, a un doudou appelé Monsieur Pinpin qu’il ne faut surtout pas perdre sous peine de grand drame et a un verolair (comprendre « revolver ») pour tuer les méchants (il avoue en chuchotant à Kléber que son vérolair, c’est son zizi, mais chuuuuut). Leur mère est morte depuis quelques années, et leur père a trouvé une nouvelle femme. Celle-ci a peur de Simple, et le père décide donc de le placer dans une institution pour handicapés, Malicroix. Mais Simple est malheureux là-bas. Alors, Kléber décide de le sortir de là, et de s’en occuper lui-même. Mais pas facile de s’occuper d’un frère classé débile mental lorsqu’on est en terminale et qu’on a envie de découvrir la vie, l’amour…simple
Après un bref passage chez une grande-tante, Kléber réussit à trouver une colocation avec 4 autres étudiants. La cohabitation sera parfois difficile, mais aussi enrichissante. Simple, avec son sans-gêne et ses remarques à mourir de rire permettra aux autres jeunes d’évoluer et de trouver le courage de changer leur vie.

Mon avis : Cet auteur me donne du travail. Chaque fois que je lis un nouveau roman d’elle, je suis obligée de faire un article tellement c’est bien ! Encore une fois j’ai eu envie de rire, de pleurer. Les remarques de Simple sont parfois juste bidonnantes. Il est tellement naturel et dit des trucs énormes aux gens. Et puis ça sert le coeur quand on le voit jouer avec ses playmobils et mettre en scène une bataille où le méchant Malicroix va tuer l’autre bonhomme parce que c’est un idiot et qu’il ne comprend rien.

Un livre magnifique, qui permet de réfléchir au handicap, à la place des personnes handicapées dans notre société, au regard que l’on porte sur eux. Il y a 200 pages, je le recommande donc aux lecteurs d’environ 13 ans, qui aiment un peu lire.

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Oscar et la dame rose, Eric-Emmanuel Schmitt

Résumé : Oscar a dix ans. Il vit à l’hopital. Il a une leucémie, et l’opération pour le soigner a raté. Une dame vient le voir pour lui tenir compagnie. Il la surnomme « Mamie Rose ». oscarElle lui propose d’écrire à Dieu pour se sentir un peu moins seul, et peut-être trouver du réconfort. Alors Oscar lui écrit, une lettre par jour. Il raconte sa vie à l’hopital, ses copains, son amoureuse, ses relations avec ses parents qui sont devenues compliquées depuis qu’il malade, comme si ses parents ne pouvaient plus lui parler normalement. Il raconte ses conversations avec Mamie-Rose, l’ancienne joueuse de catch.

Mon avis : C’est un roman extrêmement court et facile à lire, qui a plu jusqu’à présent à tous les élèves sans exception à qui je l’ai fait lire. Il est plein d’humour, Oscar a une façon de dire les choses vraiment drôle. Il est triste, bouleversant même, et pourtant, l’auteur n’essaie pas d’en rajouter sur la tristesse du thème. Il cherche au contraire à dédramatiser la situation. Il fait réfléchir : comment nous comportons-nous face à ceux qui sont malades, et ceux qui vont mourir. On parle à Dieu, mais même ceux qui ont une autre religion ou alors qui n’en ont aucune peuvent s’y reconnaître. L’important c’est de se poser des questions. Je le recommande sans exception à tous, bons au archi-mauvais lecteurs. A partir de 13 ans, car le thème reste difficile.

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Le temps des miracles, Anne-Laure BONDOUX

Koumaïl a 12 ans lorsqu’il est trouvé par des douaniers, à la frontière française, caché au fond d’un camion transportant des porcs. Il ne sait pas parler un mot de français, à part quelques formules apprises par cœur. Il va retracer toute son histoire pour nous. Il arrive du Caucase, une région de Russie déchirée par les différents soulèvements ethniques et la répression russe. 11 ans auparavant, une jeune femme, Gloria, a assisté au déraillement d’un train, provoqué par un attentat. En se précipitant pour aider les passagers, elle découvre un bébé tenue par une femme blessée. miraclesElle recueille le bébé, et ne réussit jamais à retrouver la mère par la suite. Lorsque la guerre civile prend toute son ampleur, elle fuit avec l’enfant. Elle souhaite lui donner la chance de retrouver sa vraie patrie, la France, grâce au passeport qu’elle a récupéré dans les affaires que la maman du petit lui avait tendu en même temps que l’enfant. Cet enfant, c’est Koumaïl. Ils vont traverser ensemble de nombreuses épreuves qui ne sembleront ne jamais vouloir s’arrêter. Ils trouvent de temps en temps un havre de paix (bidonville, camp gitan, immeuble de réfugiés…) avant de devoir fuir à nouveau, avec pour ligne d’horizon, la France…

Mon avis : Ce livre est bouleversant tout en restant assez pudique. L’auteur nous présente des faits d’une gravité terrible, mais ne sombre jamais dans le mélo. Cela reste toujours très digne. L’histoire est impressionnante. Je trouve qu’il est toujours très difficile d’imaginer ce que les réfugiés peuvent avoir traversé. On pense au passage de la frontière, sans penser qu’avant cela, ils ont dû fuir durant des milliers de kilomètres, fuyant une guerre dont ils ne comprenaient pas les enjeux, la mort, la famine, la maladie, l’enrôlement de force… Et pourtant, au milieu de tout ce malheur, on constate qu’il est toujours possible de construire des amitiés, de forger des liens. Un de mes passages préférés est celui de l’université des pauvres Quant au personnage de Gloria, elle est fantastique de confiance en l’avenir, d’espoir, d’optimisme. Je recommande ce livre à partir de 13 ans, pour des lecteurs occasionnels ou réguliers.

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L’affaire du 15 bis, Claire Mazard

Résumé : Dans les premières pages du roman, le cadavre d’une jeune femme est trouvé dans une poubelle, un matin glacial d’hiver à Paris. La commissaire Raczynski est chargée de l’enquête. Au début, peu d’éléments lui viennent en aide, jusqu’au moment où les parents d’un ado fugueur identifie l’ancienne jeune fille au pair de leur fils. Nous suivons ensuite une adolescente, Alix, adolescente mal dans sa peau, dans une forte détresse émotionnelle. Elle ne réussit plus à communiquer avec ses parents,15 bis essaie d’attirer l’attention par son look gothique. Après s’être scarifiée, elle vient de trouver du réconfort auprès d’un mystérieux correspondant sur internet, un certain Scarabée d’or, qui lui envoie des mails de soutien et affirme vouloir l’aider. Un autre élève de sa classe, Maxence, semble lui aussi malgré sa joie apparente être en proie à des pensées noires. Il trouve lui aussi secours près d’un ami sur le web, qui lui lance des défis pour l’aider à prendre confiance en lui. On découvre peu à peu que cette aide virtuelle est en fait un piège machiavélique qui se referme sur les deux adolescents, risquant de les conduire au pire…

Mon avis : Un suspense terrible ! Je m’en suis encore une fois rongée les ongles tout le long. Le début du roman ne démarre pas très vite, mais une fois qu’on a rencontré les deux héros adolescents, on est pétrifié par l’angoisse de ce qui va leur arriver. Le criminel est vraiment un dangereux maniaque (même si à la fin on comprend ses motivations), et cela fait réfléchir sur les dangers d’internet qui ne sont pas toujours ce que l’ont pourrait imaginer. Il a eu un grand succès auprès des 4èmes du collège où je travaille. Une lecture à recommander à tous les ados de maintenant.

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Pour ceux qui veulent lire la suite, je n’ai pas très bien compris l’ordre des volumes. Papillons noirs est parfois appelé tome 1, alors que l’affaire du 15 bis est aussi appelé tome 1. Je ne pense pas que cela soit très gênant, ce sont des histoires policières différentes qui peuvent se lire séparément et pas forcément dans l’ordre. Par contre je ne les ai pas lus, je ne peux donc pas en parler !

No pasarán, le jeu, Christian Lehmann

Eric, Thierry et Andreas sont trois copains fous de jeux sur ordinateur. Ils sont les seuls de la classe à avoir des ordinateurs puissants, capables de faire tourner les derniers jeux de guerre et de stratégie. Thierry est le plus petit, un peu fragile, et c’est aussi un crac de l’informatique de façon générale. Eric a une mère dépressive, un frère qui fait son service militaire et a été envoyé en Bosnie (l’histoire se passe à l’époque de la guerre de l’ex-Yougoslavie). Andreas est le plus grand, le plus costaud. Il est plus vieux que les autres. C’est lui qui apprécie le plus la violence des jeux. Il choisit toujours les jeux les plus sanguinolents, et le mode de jeu qui lui permettra de voir le plus de sang couler. 

Lorsque le roman débute, tous trois sont en Angleterre en voyage scolaire. Ils ont réussi à échapper à la surveillance des professeurs et vont dans une boutique de jeux vidéos planquée au fond d’un quartier louche de Londres. Là ils découvrent tous les derniers jeux à la mode à des prix extraordinaires. Soudain, le vendeur, un très vieil homme (ce qui les surprend dans une boutiques de jeux vidéos) a une réaction terrible face à un insigne en métal que porte Andréas.  Celui-ci quitte la boutique en colère. Répétant « ça ne finira jamais… » le vieil homme donne une disquette toute simple à Eric et Thierry, et leur ordonne de jouer à ce jeu avec leur ami. Face à ce support si minable, une simple disquette, les deux amis pensent qu’il s’agit d’un petit jeu ridicule. Lorsqu’ils le lancent, ils sont stupéfaits par les images et le son qui sortent soudainement de l’ordinateur. Et en commençant à jouer, ils vont découvrir un univers terrifiant, et apprendre sur eux-mêmes et sur leur ami des choses qu’ils auraient souhaité ne pas savoir.

Mon avis : Voici un excellent roman sur le thème des jeux vidéos. L’exaltation qui peut naître chez le joueur face à l’enchaînement des images est très bien décrit. Le roman date de 1996, on pourrait donc craindre que l’univers des jeux vidéos qui y est décrit soit complètement ringard, mais l’auteur a su écrire d’une façon qui reste assez durable. Evidemment, les matériels ont changé, les titres également, mais au final, la passion qui s’empare du joueur est toujours la même, les univers parcourus se ressemblent. On trouve un vrai plaisir à la lecture de ce roman, une vraie angoisse aussi face à ce que doivent affronter les personnages. Je recommande ce roman évidemment aux joueurs passionnés, histoire qu’ils sortent un peu la tête de leurs écrans, et apprennent non pas à refuser le jeu vidéo (c’est un plaisir comme un autre), mais à le considérer avec plus de recul et de sens critique. Ceux qui ne sont pas joueurs apprécieront aussi ce roman car l’histoire est pleine de suspense.

Il y a une suite : Andréas, le retour, mais je ne l’ai pas encore lue. Dès que je trouve le roman, je viens compléter l’article.

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