Les mille visages de notre histoire, Jennifer Niven

Résumé : Il y a deux narrateurs dans cette histoire, qui raconte leur vie tour à tour. D’un côté on rencontre Libby. Elle entre en classe de première au lycée. Elle a perdu sa mère 6 ans auparavant, brutalement, d’une rupture d’anévrisme. Pour se protéger de la terrible douleur de cette mort, elle a mangé énormément, sans s’arrêter, sans cesse et est devenue énorme. Tellement énorme que dans les six derniers mois elle n’a plus pu sortir de son lit et qu’elle a finalement dû être évacuée de chez elle par les pompiers qui ont détruit le mur extérieur de sa maison et l’ont sortie avec une grue. Elle a ensuite été soignée, coachée, aidée, elle a parlé, extirpé sa peur, sa coroman adolescents obésité amitié amour harcèlementlère, sa douleur. Elle a perdu 136 kilos. Depuis cette époque, elle n’est pas retournée à l’école et a suivi sa scolarité à la maison, aidée de son père, homme merveilleux, encourageant et aimant qui l’a toujours soutenue. La voici prête maintenant à affronter le retour à la vie collective, au lycée, à affronter les regards de ceux qui la verront toujours comme « l’ado la plus grosse des Etats-Unis », à affronter les moqueries sur son obésité. Mais Libby a un tempérament de fer, et elle est bien décidée à ne pas se laisser atteindre. De l’autre côté on rencontre Jack. C’est un lycéen qui a du charme et sait en jouer, est connu au lycée, a une petite amie et pas mal de potes. Mais il cache un très douloureux secret : il est atteint de prosopagnosie, qui est un trouble neurologique empêchant de reconnaître les visages, même ceux des personnes qui lui sont le plus proches (ses parents, ses frères, sa petite amie…). Il cache ce problème à tout le monde, sa famille, ses amis. Personne ne sait sauf lui. Il a mis en place des stratégies pour réussir à identifier son entourage sans trop de difficultés, mais la vie est terrible pour lui, car il avance perpétuellement dans une foule d’inconnus et craint sans cesse de se tromper.

On suit leurs parcours au milieu de la vie lycéenne, de ses difficultés, de ses péripéties. Je n’en dis pas plus pour ne pas enlever le plaisir de la découverte aux futurs lecteurs…

Mon avis : J’ai adoré ce roman que j’ai lu en une soirée. Les personnages sont généreux, ils rencontrent des difficultés, essaient de bien se comporter et voient que ce n’est pas toujours si facile. Ils veulent vivre leur vie, être heureux. J’ai aimé cette description de l’adolescence car je l’ai trouvée très juste. Les personnages sont entiers, pleins d’ardeur, mais aussi de craintes et d’angoisses.

Je conseille cette lecture à partir de 13 ans pour des lecteurs assez aguerris car la double narration et les 480 pages peuvent rebuter les petits lecteurs.

La Passe-miroir, Christelle Dabos

Résumé : L’univers dans lequel se passe cette série correspond à la planète terre, mais qui aurait eu de gros soucis. En effet, une grande partie de la planète s’est « effondrée » et a disparu dans l’espace pour ne laisser plus que la place à des arches. Ce sont des sortes de petits pays qui flottent dans l’espace. Chacun est régi par un Esprit de Famille, personnage immortel, extrêmement puissant, mais un peu amnésique. Les familles qui peuplent les arches sont pourvues de pouvoirs magiques, et chaque arche a sa spécialité.roman feunesse fantastique

L’histoire débute sur l’arche Amina, dont la famille a des pouvoirs sur les objets. L’héroïne est une jeune fille, Ophélie, qui a deux pouvoirs : celui de « lire » les objets en les touchant, dès qu’elle touche un objet, elle a accès aux pensées des personnes qui l’ont touché avant elle, depuis le moment présent jusqu’à la création de l’objet, et celui de passer à travers les miroirs. Elle est maladroite, perpétuellement enrhumée, pas du tout coquette. Elle n’a comme seul intérêt que son musée où elle rassemble le plus d’objets possibles. Elle ne s’intéresse pas du tout aux hommes, bien au contraire, elle s’arrange pour faire échouer tous les mariages que sa famille essaie d’organiser pour elle. Mais brutalement sa vie entière va être bousculée, lorsqu’elle reçoit l’ordre d’épouser un homme originaire de l’arche du Pôle Nord, Citacielle. Elle comprend rapidement que cette fois-ci elle n’a pas le choix, l’ordre venant de très haut. Quand son promis arrive, Thorn, il se montre froid, brutal, impoli, et veut rentrer chez lui, accompagnée par Ophélie, à peine quelques heures après son arrivée. La jeune fille est alors propulsée dans un monde très différent du sien, l’arche du pôle, où tout est artifice, mensonge, ruses de cour, manipulations politiques. Son promis est extrêmement désagréable avec elle. Les pouvoirs des familles qui peuplent cette arche sont terrifiants, et l’usage qu’ils en font, tout autant. Mais Ophélie, sous ses airs de petite chose fragile et enrhumée, possède une volonté de fer, et un caractère indomptable. Elle va faire preuve de sa personnalité, gagner l’estime et peut-être plus, de son futur époux, et s’imposer dans cet univers terrible. Seulement, elle ne sait pas encore qu’elle est au cœur d’un complot aux conséquences bien plus terribles et engageant non moins que les puissants du monde entier et une entité mystérieuse dont on se demande si elle n’est pas à l’origine de ce monde si étrange.

Mon avis : J’ai adoré cette série, j’attends le dernier tome avec impatience. J’ai aimé l’originalité de l’histoire, de l’univers, des personnages. Les personnages sont très loin des clichés habituels de la beauté, l’élégance, des bonnes manières etc…, la magie de cet univers ne passe pas non plus par une formation, des sorciers, des mages etc… Le monde où se passe l’action est très différent de ce dont on a l’habitude, et relativement complexe. Rien que la couverture du roman est déjà extrêmement attractive et m’a convaincue de commencer à lire, avec cette sorte de ville flottante en forme de spirale.

Je recommande vivement cette lecture, pour d’assez bons lecteurs cependant car justement toute cette originalité peut déboussoler les lecteurs les plus fragiles. Je pense qu’on peut lire cette série à partir de 13 ans environ.

Le dernier Orc, Silvana de Mari

C’est un très beau roman de fantasy. Il se situe dans la suite d’un autre roman de l’auteure, mais je pense qu’on peut le lire indépendamment sans trop de difficultés.

On rencontre un jeune garçon, Rankstrail. Quasiment mutique, très fort physiquement, il voue un amour intense à sa famille, qu’il va essayer de protéger par tous les moyens possibles. Cela commence par aider sa mère à porter le linge qu’elle lave pour gagner un peu d’argent, puis par braconner pour nourrir la famille, et enfin par s’engager comme mercenaire afin d’envoyer l’argent de sa solde à sa famille et leur permettre ainsi de survivre. Mais ce n’est pas un simple gamin des rues, car un homme savant lui apprend à lire, à compter, et lui raconte l’histoire de leur pays, la stratégie guerrière…roman fantasy adolescents

En tant que mercenaire, Rankstrail se fait immédiatement remarquer et respecter pour ses immenses qualités de pisteur, son odorat, son ouïe, et son sens inné de la façon dont on dirige une troupe et dont on se fait respecter de ses hommes. Il les sauve de quantités de situations dangereuses et se hisse peu à peu au rang de chef.

On le suit ensuite dans ses aventures guerrières, notamment contre l’invasion des Orcs, principal danger menaçant le pays. Il croise ensuite le chemin de Yorsh, le dernier des elfes, et de son épouse, Robi. Tous ces destins parviendront peu à peu à modifier la donne, et à redonner l’espoir à un pays pris entre le joug intolérable d’un Juge-Administrateur mégalomane, sadique et dangereux, et les invasions meurtrières du peuple des Orcs.

Mon avis : j’ai adoré cette lecture. C’est de la fantasy d’une grande qualité, et très ambitieuse pour un public adolescent. Certaines scènes de violence réserveront ce roman aux ados âgés d’au moins 13 ans. Le roman est sous-tendu par des idées particulièrement intéressantes qu’il met en scène de façon subtile et passionnante. J’en ai retenu deux. La première est que chaque individu peut s’affranchir de son ascendance, qu’on est soit-même, quelque soit la famille dont on vient, quelques soient nos origines et les actions de nos parents. Ce sont nos actes qui nous définissent. La deuxième est que pour construire la paix il faut mener deux combats, l’un avec les armes contre les ennemis, l’autre avec l’économie contre la pauvreté, la maltraitance, l’ignorance. Les personnages sont complexes, nuancés, le rythme est soutenu, avec des scènes de combat dignes de grandes épopées. Un grand moment de lecture.

Ma vie sens dessus dessous, S.E. Durrant

Nouveau coup de cœur pour ce roman, que j’ai lu en une soirée au coin du feu.

Ira et son petit frère Zac sont promenés de famille d’accueil en famille d’accueil avant d’arriver au foyer de Skilly House, à Londres. Plutôt méfiants, ils vont découvrir un univers pas si difficile, où les adultes encadrants leur donnent réconfort et quiétude. Ils vivent dans une petite chambre sous les toits. Ira a 9 ans et Zac 7 ans lorsque l’histoire débute. Ils ne connaissent de leur passé qu’une photo un peu floue d’eux avec un chien noir. Ira se sent responsable de son petit frère, elle essaie d’être forte pour deux. Elle le rassure, lui raconte des histoires, le protège. C’est une enfant qui aime écrire des histoires, dessiner.

Le roman raconte leur quotidien dans le foyer, leurs espoirs, leurs craintes, leurs rêves, leurs amitiés avec les autres enfants, la façon dont chacun gère les difficultés de sa vie d’enfant sans famille, voire sans histoire pour certains. Tous ils rêvent de trouver une famille qui les accueillera définitivement, mais comme le dit Ira avec un cynisme tellement triste pour son âge, plus on est vieux, moins on fait envie aux familles adoptives…roman adolescent orphelinat famille d'accueil foyer émotions

Un jour ils vont avoir la chance de partir à la campagne en vacances pendant une semaine chez une ancienne institutrice. Ils reviennent métamorphosés de ce voyage, mais le quotidien leur paraît par contraste encore plus difficile. Mais la vie continue et peut-être un jour s’améliorera-t-elle.

Mon avis : c’est un roman difficile à résumer, car sa saveur ne tient pas tant dans l’histoire et les actions racontées, mais plutôt dans la finesse de la description des pensées et émotions de ces enfants laissés pour compte. J’ai trouvé une grande justesse dans la compréhension et la description des personnages. Ira sait si bien décrypter le comportement de son frère, elle sait lire les émotions cachées sous la surface des actions.

Si ce roman est plein d’émotion, tristes comme joyeuses, pour autant, il n’est pas outrancier comme certains romans jeunesse actuels qui se livrent à une débauche émotionnelle fatigante. Le thème abordé est difficile, mais traité je trouve avec sensibilité. J’ai vraiment aimé cette lecture, qui de plus n’est pas très difficile. En effet, il y a un seul narrateur, le récit est plutôt linéaire. Le roman comporte 200 pages ce qui est raisonnable pour des adolescents moyennement habitués à la lecture.

Le troisième vœu, Janette Rallison

Savannah a 15 ans, un petit ami qui est en terminale, dans la même classe que sa sœur. Elle prévoit d’aller au bal de fin d’année avec lui. Sauf que… contre tout attente, son petit ami tombe fou amoureux de sa sœur, et rompt avec Savannah.

Celle-ci est très en colère, et surtout désespérée. C’est alors qu’apparaît dans sa vie une jeune fée, qui se présente comme une Marraine fée débutante. Elle lui donne le droit à trois vœux, pour lesquels Savannah doit signer un contrat. Sans se méfier, Savannah se met à rêver à voix haute, d’un prince, qui la rencontrerait dans un bal, et tomberait amoureux d’elle…. Et crac, la fée l’expédie aussitôt dans la vie de Cendrillon. Sauf que ce n’est pas à franchement parler la Cendrillon de Disney, mais une jeune fille vivant au Moyen-Âge, avec toutes les difficultés que cela comporte. Savannah découvre effarée que le bal aura lieu seulement plusieurs mois plus tard, et qu’elle va devoir travailler comme une forcenée dans un monde sale, injuste et difficile tout ce temps. roman adolescentes amour contes de fées humour suspense histoire

Elle essaie alors de préciser sa pensée à sa Marraine fée, en expliquant qu’elle veut être aimée par un prince bon et elle n’a pas le temps de terminer sa phrase que la Marraine fée l’expédie dans la vie de Blanche-Neige. C’est encore pire. Maintenant elle doit s’occuper de sept nains, qui la prennent pour une idiote finie, incapable de rien comprendre, rien retenir et de rien cuisiner de mangeable.

Savannah en a plus que marre, après 50 appels (il faut dire que sa Marraine fée débutante est une ado qui ne pense à rien d’autre qu’au shopping et ne répond qu’après 36 relances), elle arrive enfin à expliquer à sa Marraine fée qu’il faut qu’elle l’écoute jusqu’au bout lorsqu’elle prononce son voeu, et qu’elle arrête de lui couper la parole. Elle prend donc le temps d’expliquer que ce qu’elle veut, c’est un garçon dans son monde à elle, qui l’aimera pour elle-même et pas juste pour sa figure, qui soit du genre prince charmant (entendez dans la bouche de Savannah, un mec cool, mais que va en comprendre la fée…!!) et qu’elle veut aller au bal de fin d’année avec lui.

Tout va bien, la voici de retour dans sa chambre. Heureuse, elle profite de retrouver sa famille, l’eau courante, l’électricité. Personne ne s’est inquiété de sa disparition, car une heure dans le monde réel correspond à une semaine dans le monde des contes. Sauf que le lendemain, elle apprend qu’un ami à elle a disparu. Elle comprend aussitôt que la fée est responsable. Celle-ci lui avoue alors qu’elle a transporté un garçon du monde moderne au Moyen-Âge, en lui donnant pour mission d’accomplir quelque chose qui fasse de lui un Prince, puisque c’est ce que Savannah veut. Dévorée par la culpabilité Savannah va trouver une solution pour se faire transporter là-bas, afin de lui venir en aide. Ses aventures (et mésaventures) sont loin d’être terminées…

Mon avis : Je n’ai pas du tout accroché au début du roman, j’ai failli arrêter, c’est pour dire. La vie de Jane et Savannah dans le monde réel n’a rien de très palpitant. Par chance je me suis accrochée, et bien m’en a pris, car la suite est délicieuse. Je me suis beaucoup amusée des déboires de Savannah dans le monde des contes de fées. Sa prise de conscience des difficultés de la vie au Moyen-Âge est très bien racontée, et on rigole beaucoup. De même avec sa relation avec cette horripilante Marraine fée qui semble prendre un malin plaisir à mal interpréter ses vœux. Ce fut donc finalement un très chouette moment de lecture, pour un roman un peu à l’eau de rose, mais en mode humoristique, avec du suspense, une petite pointe de littérature par le jeu de réécriture des contes, et une encore plus petite pointe d’histoire.

A recommander à des adolescents qui aiment quand même bien lire car c’est un joli petit pavé, et le brouillage des époques et des personnages peut en perturber plus d’un.

Ceux qui sauront, Pierre Bordage

Une uchronie est un roman mettant en scène notre monde géographiquement identique, mais historiquement modifié. Un événement historique que nous connaissons n’a pas eu lieu et le romancier imagine comment le monde a donc évolué finalement.roman histoire rébellion révolution adolescent ado

Dans Ceux qui sauront, Pierre Bordage imagine que les royalistes ont renversé la IIIème République. Toutes les avancées obtenues suite aux différentes révolutions en France sont annulées. La monarchie gouverne depuis Versailles, la police royale rode et arrête tous les supposés agitateurs et opposants, et surtout les gens du peuple qui auraient le mauvais goût de se rebeller. Nous sommes en 2008, mais à cause de la monarchie, le monde a peu évolué, et surtout les inégalités sont criantes.

L’instruction est interdite aux classes défavorisées, internet est bridé et réservé aussi à l’élite. Les nobles vivent dans le luxe et profitent des progrès technologiques pendant que le peuple a des conditions de vie atroces.

Mais certains ne veulent pas de ce monde injuste. Un réseau clandestin essaie d’apprendre au peuple les rudiments du savoir. C’est dangereux, ils sont considérés comme des terroristes. Ce réseau publie également sur internet des informations sur la situation dans le monde, permet aux gens de communiquer alors qu’ils n’en ont pas le droit.

Les personnages du récit sont d’un côté Clara, riche héritière, promise à un mariage forcé avec un riche prétendant, et de l’autre, Jean, fils d’une famille pauvre, qui apprend à lire clandestinement, malgré les dangers. Tous deux rêvent d’un autre avenir que celui auquel ils sont destinés. Un événement inattendu va bouleverser leur vie, les faire se rencontrer et croiser peut-être l’espoir.

Mon avis : Ce roman est le premier d’une trilogie passionnante. J’ai vraiment beaucoup aimé (j’hésite presque à la classer en coup de cœur, je verrai quand j’aurai terminé la trilogie), et mes élèves aussi. Il est à réserver aux adolescents à partir de 13 voire 14 ans, car il faut une certaine maturité pour comprendre les enjeux de l’uchronie. De plus, suivre deux histoires croisées peut être un peu difficile pour les petits lecteurs. Il est plutôt épais (440 pages), donc à réserver à ceux que cela n’effraie pas.

Acheter sur le site de la FNAC

N’hésitez pas à vous abonner à la Newsletter de ce blog, c’est par ici !

Cœur d’encre, Cornelia Funke

Meggie a douze ans, elle vit avec son père Mo. Ils vivent de façon un peu marginale. Son père est relieur, il répare les livres anciens, leur refait une couverture. C’est un passionné de bouquins, et il a transmis sa passion à sa fille. Ils vivent à l’écart du monde, dans une vieille maison. Meggie l’accompagne dans tous ses voyages, même si cela l’oblige parfois à rater l’école.roman cornelia funke magie lecture

Un jour, un homme très étrange vient voir son père, un homme que l’on appelle Doigt de Poussière. Meggie les écoute en cachette, il parle d’un danger, d’hommes qui pourraient les poursuivre, d’un livre qui serait recherché. Alors, Meggie et son père partent en voyage pour fuir ce danger, emportant secrètement un livre que Meggie n’a jamais vu. Ils vont se réfugier chez la tante de Meggie, Elinor, une vieille fille qui ne vit que pour ses livres, qu’elle possède par milliers, protège jalousement, et semble aimer bien plus que les êtres humains. Là ils pensent être en sécurité. Malheureusement, ils vont découvrir que ce n’est pas le cas : le livre qu’ils cherchaient à protéger est volé, et le père de Meggie kidnappé.

C’est alors que l’on découvre le secret de Mo, le père de Meggie. Il est une « langue magique », c’est-à-dire qu’il a la capacité à faire sortir des éléments de l’histoire d’un livre lorsqu’il le lit à voix haute. Mais cette capacité fonctionne aussi à l’envers. C’est ainsi que lorsque Meggie était toute petite, sa mère a disparu dans un roman d’aventures, alors que des personnages, malheureusement fort antipathiques, en sont sortis. Ce sont eux qui, s’étant parfaitement adaptés au monde dans lequel ils ont atterri, qui kidnappent Mo, dans l’espoir d’exploiter son don à leur profit.

Meggie se lance alors avec sa tante et Doigt de Poussière, fort opportunément resté dans les parages, à la poursuite des ravisseurs de son père. Commence une formidable aventure.

Mon avis : c’est un roman tout à fait sympathique, plaisant à la lecture. J’aime beaucoup le personnage d’Elinor, qui vient mettre un peu de relief dans l’histoire. Le thème m’a beaucoup plu, cette idée de pouvoir entrer ou sortir d’une histoire. Le roman est cependant assez long à lire, il faut donc le réserver à des ado bons lecteurs et fan de ce type de littérature.

A cœurs ouverts, Jessi Kirby

Si vous avez aimé le roman Nos étoiles contraires, je suis quasi sûre que vous allez adorer celui-ci également. Voici une magnifique histoire sur l’amour, le deuil, la famille…roman amour adolescents ado

Emily a 18 ans. Depuis 400 jours, elle pleure la mort de son petit ami, Matt. Ils étaient en couple depuis leurs 14 ans, pour elle, il était l’homme de sa vie. Depuis sa mort elle ne fait que pleurer, elle ne vois presque plus ses amis, elle n’est pas allée à la fête de fin du lycée (ça se passe aux Etats-Unis), elle ne s’est pas inscrite à la fac, elle ne fait plus de sport, elle qui était dans l’équipe d’athlétisme de son lycée.

Matt est mort brutalement, d’un traumatisme crânien renversé par une voiture. Aussi, ses parents ont-ils fait le choix de donner ses organes pour sauver d’autres vies. Emily les accompagne pour rencontrer les personnes qui ont reçu ces dons. Cela l’aide à avancer dans son deuil. Mais l’un d’eux refuse de répondre à la demande, et ne répond pas à sa lettre, celui qui a reçu le cœur de Matt. Emily ne peut s’empêcher de penser à lui, d’attendre sa réponse. Presque obsédée, elle mène des recherches et finit par découvrir son identité. Il habite au bord de l’océan, à seulement 50 km. Elle se rend là-bas, en se faisant la promesse de juste le regarder, de ne pas chercher à l’aborder. Mais une fois sur place, les choses ne se passent pas exactement comme prévu…

Mon avis : j’ai passé un très beau moment de lecture avec ce roman, c’est vraiment un coup de cœur. J’ai été très émue par ce deuil, par cette presque veuve de 18 ans, par l’amour dont sa famille l’entoure dans cette épreuve. Les sentiments sont forts, vrais. Emily ne sait comment avancer, elle ne sait pas même si elle a le droit d’avancer, de commencer à moins penser à Matt. Ses sentiments évoluent, ils sont décrits de façon complexes. Le roman est également très intéressant lorsqu’il s’intéresse au vécu de la personne qui reçoit le don d’organe, lui permettant ainsi d’avoir une nouvelle vie, mais oh combien contraignante.

Je classe ce roman dans mes coups de cœur. Je le recommande à partir de 13 ans au moins, pour d’assez bons lecteurs car il est un peu long (336 pages).

Le Clan des Otori, Lian Hearn

L’histoire se passe dans un Japon féodal imaginaire, et nous plonge dans les intrigues de seigneurs guerriers de la contrée des Trois Pays. Nous rencontrons Tomasu, jeune garçon vivant dans un village d’Invisibles. Ces gens croient en un dieu unique qui prônerait que tous les hommes sont égaux. A cause de cela, ils sont persécutés par le Seigneur Iida Sadamu, chef du clan des Tohan. Pendant une sortie de Tomasu, tout son village est massacré. En revenant, il se retrouve face au terrible Iida, et parvient, quasiment par hasard, à le désarçonner. Il se fait là un ennemi mortel. Il prend la fuite car il sait que désormais sa mort sera lente et douloureuse. Par chance, il croise la route de Shigeru des Otori, un seigneur guerrier d’un clan opposé à celui d’Iida. Tous deux fuient dans l’incognito. Shigeru ramène Tomasu chez lui, lui donne le nom de Takeo, et décide de prendre en charge son éducation dans le but de l’adopter.

 Tous murmurent en effet que le garçon ressemble au frère de Shigeru, mort dans une bataille l’opposant à Iida, suite à laquelle les Otori ont perdu de nombreuses terres. Takeo découvre que si Shigeru Otori l’a trouvé et recueilli, ce n’était pas par hasard. Il semble connaître mieux que lui ses origines, et lui en dévoile peu à peu les secrets. Takeo apprend alors que par son père, il est l’un des descendants de la Tribu, groupe secret, sorte de guilde d’assassins et d’espions dont les membres possèdent des dons particuliers. Ainsi, Takeo a une ouïe sur-développée, il est capable d’endormir les chiens du regard, il apprend à se dédoubler, à se rendre invisible… Shigeru lui demande de développer ses dons au maximum. Takeo comprend que Shigeru a une mission secrète à lui demander, mission dont les intérêts rejoignent les siens : se venger d’Iida. Mais les influences sont nombreuses et parfois contradictoires, cette mission semble difficile à mener à bien.

Le Clan des Otori est une magnifique fresque historique. L’univers n’est pas strictement celui du Moyen-Age, certaines villes sont inventées, l’histoire véritable du Japon n’est pas respectée à la lettre. Cependant, on découvre vraiment les codes de ce peuple guerrier, la Tribu évoque l’imaginaire des ninja, il y a des références à la peinture traditionnelle du Japon, sa calligraphie, ses monastères… Les personnages sont fascinants, pleins de complexité. On découvre la profondeur de leur caractère petit à petit en avançant dans la lecture. Le héros a une personnalité extraordinaire, partagée entre une force exceptionnelle mais aussi beaucoup de faiblesse. J’ai vraiment beaucoup aimé toute la série. De plus, j’apprécie particulièrement que chaque roman se clôture d’une certaine façon. On a bien sûr envie de lire la suite pour connaître toute l’histoire du clan des Otori dont Takeo est désormais l’héritier, mais si on se fatigue de la lecture, on peut s’arrêter sans trop de frustration. Pour ma part, j’ai adoré les quatre tomes (l’auteur en a écrit un cinquième, racontant les évènements précédents le début du premier tome et notamment ceux conduisant à la mort du frère de Sire Shigeru des Otori. Je ne l’ai pas encore lu, mais ça ne saurait tarder !). Les personnages s’enrichissent tout au long de la saga, on découvre de nouvelles dimensions de cet univers, notamment dans le tome 4 où l’empereur s’intéresse soudainement aux actions de Takeo. Bref, passionnant !

Je recommande cette série à des adolescents plutôt très bons lecteurs. Ceux qui sont passionnés du Japon seront aux anges, mais les autres aussi tellement l’écriture est entraînante et les personnages intéressants. A réserver aux adolescents les plus âgés, car la culture du Japon médiéval est assez violente et certaines scènes peuvent choquer.

Sur le site de la FNAC

L’Élégance du hérisson, Muriel Barbery

Mme Michel est concierge dans un immeuble parisien depuis plus de 25 ans. On découvre rapidement qu’alors qu’elle essaie de toutes ses forces de coller au cliché social de la concierge, télé à fond, chat, vêtements de mauvaise qualité… elle est bien loin de l’incarner réellement. Depuis sa petite enfance, elle s’est découvert une passion pour la littérature, l’Art, la langue française, qu’elle a toujours gardée complètement secrète. Elle fait tout pour éviter que cela se sache. Son journal mêle avec délicatesse son amour pour les belles choses et la belle langue, et ses efforts pour le cacher à tous ceux qui l’entourent, à leur snobisme, et à leur inculture crasse, à peine cachée sous le vernis craquelé de la richesse.roman littérature philosophie

Dans son immeuble vit une petite fille de 12 ans, Paloma, fille d’un politicien, et d’une bourgeoise complètement névrosée. Surdouée qui cache sa haute intelligence, Paloma est malheureuse dans ce monde de faux-semblants. Elle tient un journal dans lequel elle cherche à développer des pensées profondes, souvent inspirées par le ballet caricatural du monde dans lequel elle vit. Elle a prévu de se suicider le jour de son anniversaire, car elle est pleinement consciente de la vacuité de l’existence.

Ces deux êtres fragiles portent un regard corrosif sur la société, mais pourtant toujours tendre et en quête de la moindre parcelle de beauté qui pourrait leur apparaître. L’arrivée dans l’immeuble d’un Japonais va bouleverser toutes leurs habitudes, et leur permettre de se rencontrer, mais aussi d’enfin se dévoiler, et se découvrir.

Mon avis : Ce roman est relativement difficile à lire, car en tant qu’hommage à la beauté de la langue française, il en explore de nombreuses finesses, et n’hésite pas opter pour une syntaxe pleine de belles circonvolutions. Il n’en reste cependant que la lecture est fluide et plaisante, qu’on apprécie le cynisme du regard des héroïnes sur leur entourage, tout autant que leur amour de la beauté, qu’elle soit artistique, ou simplement celle de l’instant. C’est une lecture à apprécier tranquillement, avec une tasse de thé, et une fine pâtisserie. Elle se déguste, page après page.

Une très belle lecture de 350 pages, à recommander aux adolescents très à l’aise avec la littérature et la langue française.

Sur le site de la FNAC

Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers

Résumé : Aristote a 15 ans. Il a très peu d’amis, aucun en fait. Il se sent en décalage complet avec les garçons de son âge. A la maison, ce n’est pas forcément facile non plus. Ses parents sont plutôt sympas. sa mère, enseignante, passe son temps à lui dire que ce qu’il ressent est normal, que c’est « une phase ». Son père est le plus souvent silencieux. Ancien soldat de la guerre du Vietnam, il est sorti abîmé par cette guerre, et hanté par les souvenirs roman ado homosexualité amourde ce qu’il a vécu. Aristote a aussi deux sœurs, des jumelles qui ont 12 ans de plus que lui, et un frère de 11 ans de plus. Mais ses frères et sœurs ne sont pas un soutien pour lui. Les filles sont trop âgées, elles le traitent presque comme leur propre fils, ce qui l’énerve prodigieusement. Quant à son frère, il est en prison, et plus personne ne parle de lui, toutes ses photos ont été enlevées de la maison, c’est comme s’il n’avait jamais existé.

 

Désœuvré pendant les vacances d’été, Aristote va à la piscine. Là, un garçon de son âge l’aborde et lui propose de lui apprendre à nager. Ce garçon, c’est Dante. Dante est lui aussi en décalage avec les garçons de son âge : il aime lire, il est attentionné avec les oiseaux, il apprécie ses parents, il aime dessiner, et comme lui, il a un prénom difficile à porter. Entre les deux adolescents, commence une amitié très forte. Les deux garçons apprennent à se connaître, chacun avec ses parts d’ombre, ses secrets, ses non-dits.

Mon avis : Comme la plupart des très bons romans, celui-ci est quasiment impossible à résumer. L’histoire est racontée du point de vue d’Aristote. Celui-ci se révèle une personne complexe, qui a des difficultés à parler de ses émotions, et même à se comprendre lui-même.

Le récit est très fort et même poignant. Il mêle les thèmes de l’adolescence, de l’amitié, des secrets de famille, des premières amours et de la difficulté à se comprendre soi-même.

C’est un gros coup de cœur que cette lecture. Je la recommande vivement à tous les ados qui aiment les récits inspirés d’histoires vraies, qui se posent des questions sur l’adolescence, l’amitié, l’amour…

Sur le site de la FNAC

Vango, Timothée de Fombelle

Lorsqu’on rencontre Vango dans les premières pages du roman, il est allongé sur le parvis de Notre dame à paris, avec 39 autres jeunes hommes, prêt à devenir prêtre. Mais la cérémonie est brutalement interrompue par l’irruption de la police. On vient l’arrêter, il est accusé de meurtre. Vango prend la fuite d’une manière tout à fait étonnante : il se met à escalader la façade de l’imposante cathédrale. En même temps, un mystérieux tueur commence à lui tirer dessus dans le but de le tuer. Qui est ce garçon Vango que tous recherchent ?

On fait ensuite un rand retour en arrière, à l’époque où Vango est un enfant, rejeté par la mer avec une femme appelée Mademoiselle sur une île de la Méditerranée. Personne ne sait d’où il vient, qui il est, pas même lui. Il vit comme un enfant sauvage, avec cette femme, merveilleuse cuisinière et pédagogue qui lui enseignera plusieurs langues. Il partira bientôt à la recherche de ses origines, espérant comprendre son destin, et pourquoi tout le monde le traque sans cesse.

On rencontre successivement d’autres personnages mystérieux, le commandant d’un ballon dirigeable, une jeune fille aux yeux verts originaire d’Écosse, une autre, parisienne, qui se promène sur les toits de la capitale, des moines en danger, cachés dans un monastère secret, tout ceci sur le fond historique troublé du milieu du XXème siècle.

Ce roman est passionnant, j’ai dévoré les deux tomes de cette aventure avec grand plaisir et beaucoup d’intérêt. La lecture est un peu compliquée, en effet, la narration suit plusieurs personnages tour à tour, et à plusieurs époques différentes. Cela m’a un peu embrouillée par moments, mais au final j’ai suivi l’intrigue sans trop de difficultés, cela permet d’ailleurs d’aiguiser l’attention en ravivant le mystère. Il faut être plutôt un bon lecteur pour se repérer dans cette histoire riche et complexe. De même, le contexte historique est sans cesse présent, mais pas forcément expliqué, c’est mieux alors de connaître l’époque de la montée du nazisme, les différents évènements de cette époque (la nuit des longs couteaux par exemple), et la période de la seconde guerre mondiale. Cette lecture semble donc tout à fait conseillée pour des élèves de 3ème dont c’est le programme d’histoire. J’ai failli classer ce roman dans mes coups de coeur.

Sur le site de la FNAC : tome 1tome 2intégrale

Le froid modifie la trajectoire des poissons, Pierre Szalowski

L’histoire : Le narrateur a onze ans, et il apprend dans les jours qui suivent Noël que ses parents ont décidé de se séparer. Il est super triste et en colère. Dans sa détresse, il lance un appel au ciel, lui demandant de l’aider. Comme réponse un peu étrange, le ciel envoie un épisode de verglas intense et hyper grave.roman bonheur adolescents divorce

Au début, ça n’a pas l’air de bien améliorer les choses pour lui. Son père s’en va habiter temporairement dans leur chalet de vacances, sa mère fait les comptes pour séparer leurs biens communs. Par contre ces conditions météorologiques extrêmes vont entraîner beaucoup de perturbation dans le voisinage. Des gens qui vivaient côte à côte mais sans se connaître vont être obligés de se rencontrer, de s’ouvrir, et peut-être, de voir leur vie métamorphosée à tout jamais. On découvre ainsi Julie, danseuse dans un club nocturne, qui ne sait plus trop pourquoi elle continue ce boulot, et qui ne rencontre que des hommes qui profitent d’elles, Boris, chercheur mathématicien obnubilé par ses poissons et la température de l’eau de leur bocal (c’est le sujet de sa thèse de doctorat qui est en jeu !), Simon et Michel, couple homosexuel qui cache leur amour de peur d’avoir des problèmes, Alex et son père Alexis, blessés par le passé, en colère et en rejet dans le présent… Et puis un jour, le père du narrateur revient à la maison, les deux bras dans le plâtre. Est-ce que les choses vont enfin s’améliorer pour lui aussi ?

Tous ces destins se croisent et s’entrecroisent, pour un roman plein de bonne humeur et de belles surprises. C’est un vrai roman « feel good » pour ados. Cette lecture fait du bien, on sort ragaillardi, motivé, on retrouve confiance dans le genre humain. Idéal à lire en hiver quand on est assailli par la morosité ambiante et qu’on a l’impression que le mauvais temps est vraiment trop déprimant. Une jolie leçon de bonheur.

Acheter ce roman chez Decitre ou à la Fnac.

 

The Big History Show – L’Emission, Jeanne Bocquenet-Carle

L’histoire : L’histoire se passe dans le futur (mais pas si lointain, quelques années tout au plus). Un magnat des médias, milliardaire, a réussi à faire mettre au point une machine à voyager dans le temps. Il a décidé que cette invention serait le point central d’un immense nouveau jeu de télé-réalité : le big history show. 5 équipes de deux personnes partent à différentes époques de l’histoire, elles ont une mission à remplir le plus vite possible. A chaque manche, une équipe est éliminée. Le jeu présente certains risques car les époques historiques peuvent être dangereuses, et l’équipe de télé n’a pas toujours le temps d’intervenir, surtout qu’il leur faut rester discret pour ne pas risquer de changer l’histoire.

anticipation, science, science-fiction, éthiqueLe roman s’ouvre sur une série de personnages dont on fait rapidement connaissance. D’un côté les futurs candidats de l’émission : Lana inscrit sa sœur Coline sans lui demander son avis, car elle veut l’aider à se bouger après une rupture sentimentale mal digérée ; Chris et Mathilde s’inscrivent à l’initiative de Chris, dont on découvrira qu’il a vécu un traumatisme terrible un an auparavant, qu’il espère soigner avec le jeu ;  Jean, beau et courageux guide de haute montagne qui s’inscrit pour faire plaisir à sa mère, retraitée férue d’histoire ; Juliette et Adem, deux étudiants dont la première est une sacrée peste, qui veut gagner à tout prix, et enfin deux hommes qu’on voit assez peu, d’ailleurs ils seront les premiers à être éliminés. De l’autre côté on rencontre l’équipe de production de l’émission : le producteur, le présentateur, le patron de la chaîne, personnages imbus d’eux-mêmes, superficiels, assez insupportables, mais aussi la directrice du casting, le responsable des voyages, le technicien, plus humains, plus torturés…

On découvre les dessous de l’émission, la façon dont les candidats sont choisis pour correspondre aux émotions à provoquer chez le public, la façon dont le montage est fait, le plus voyeuriste possible, mais surtout en évitant toute référence qui pourrait choquer une association quelconque, ou risquer de faire réfléchir le public au bien fondé d’un tel jeu.

Lorsque le jeu se lance, on ne peut s’empêcher de vibrer avec les personnages, d’être pris dans le rythme haletant des épreuves. La première époque parcourue est la seconde guerre mondiale, lors de l’invasion de la France par les Allemands en juin 1944. C’est un pléonasme, mais l’époque est historique !

Mon avis : Un grand coup de cœur pour ce roman, qui plus est écrit en langue française et édité par une petite maison d’édition indépendante. Ce n’est pas si souvent que je lis des romans à tendance un peu utopie/uchronie en langue française, donc ça fait vraiment plaisir, surtout quand la lecture est aussi agréable. Les personnages se sont montrés très attachants, j’ai ri, pleuré, frémi avec eux. Le rythme est rapide, sans être effréné, les chapitres assez courts encourageront les lecteurs un peu moins aguerris. C’est un roman qui mélange les voix narratives puisqu’on suit différents personnages tour à tour, mais pour une fois c’est fait d’une façon très claire, et je ne pense pas que ce sera un obstacle à la lecture pour les lecteurs moins habitués.

Par ailleurs ce roman permet une vraie réflexion. On voit les dessous des jeux de télé-réalité. J’ai beaucoup apprécié le délicat dosage entre le cynisme de certains personnages et la sensibilité des autres. L’auteur a su livrer un portrait grinçant de ce phénomène sans pour autant tomber dans la caricature (contrairement à Hunger Games par exemple). On se pose aussi des questions sur la science et l’éthique. A qui appartiennent les découvertes, est-ce normal de pouvoir breveter des inventions aussi extraordinaires et priver l’humanité de leur utilisation à des fins scientifiques ? Bref, j’ai adoré !

Je recommande cette lecture aux adolescents à partir de 12 ans, autant pour de bons lecteurs que pour des lecteurs un peu moins à l’aise.

Pour l’acheter, vous pouvez aller :

sur le site de la maison d’édition : Marathon Éditions.

sur le site de la FNAC

Le collège des éplucheurs de citrouilles, Laure Deslandes

Un nouveau coup de cœur, j’ai de la chance ce week-end !

En fait ce collège s’appelle le collège des Museaux et il est paumé au fin fond de la Bretagne. A l’origine il n’y avait que 30 élèves dans l’établissement, avec une classe6ème/5ème et une autre 4ème/3ème. Mais pour le sauver de la fermeture, le collège a décidé d’accueillir un internat avec des enfants qui n’ont plus de place nulle part ailleurs, en général parce que ce sont des habitués aux conseils de discipline.roman jeunesse collège hippie sorcière vie alternative

L’histoire s’ouvre sur le personnage d’Eliott qui fait partie des internes. On comprend qu’il n’est pas vraiment un caïd, plutôt un ado que la vie a malmené. Il est triste et angoissé lorsqu’il pense à sa mère. On comprendra plus tard que celle-ci est sous la coupe d’un homme violent, Vince, et qu’il en a après Eliott. On découvre peu à peu toutes les bizarreries du collège, les profs complètement farfelus (on grimpe aux arbres en EPS, le prof d’histoire fait cours en pantoufles, la prof d’arts pla pratique une sorte d’hypnose…), les menus de la cantine entièrement bio (un des élèves le qualifie avec une formule qui m’a fait bien rigoler, c’est du « végétarien avec de la viande ») et savoureux, les élèves qui aiment aller à l’école (ça c’est peut-être le plus bizarre !)…

La narration s’attache ensuite à Péline, jeune fille qui habite ici depuis toujours. Elle vit seule avec sa mère, a des goûts très bohèmes, est débrouillarde, et peut-être un peu sorcière sur les bords.

Tous les deux vont apprendre à se connaître, et s’enrichir du contact l’un de l’autre, jusqu’à essayer ensemble de résoudre le problème d’Eliott.

Quant au titre du roman, il est bien mystérieux, m’a tout de suite plu, et on le comprend à peu près à la moitié de l’histoire… Je vous laisse découvrir !

Mon avis : J’ai adoré ce roman. L’univers un peu hippie sorcière qu’il met en scène m’a tellement fait rigoler, j’ai eu plaisir à retrouver des valeurs qui me parlent, à découvrir ce collège un peu décalé dans lequel j’aimerais beaucoup enseigner. Les personnages sont attachants et si au début je me demandais si Eliott n’était pas un peu parano, à la fin j’étais quand même assez angoissé à l’idée que le monde des adultes ne saurait peut-être pas entendre ses angoisses pourtant bien réelles.

Ce roman est assez épais, mais je l’ai lu en une petite après-midi. Il parlera à tous les ados qui ont des goûts peut-être un peu décalés par rapport au collégien typique. J’espère que vous apprécierez sa lecture autant que moi ! Et je dis un grand merci à son auteur pour ce moment de bien-être que j’ai vécu à sa lecture qui m’a donné le sourire et la pêche.

Sur le site de la FNAC.