La guerre des clans, tome 1

Rusty est un chaton domestique qui rêve de forêt, de chasse. Un jour qu’il entre dans le couvert de la forêt voisine, il rencontre un jeune chat qui lui dit être un apprenti guerrier dans le Clan du Tonnerre. Arrive alors Etoile bleue, la chatte qui dirige ce clan. Elle fait à Rusty une étrange proposition, celle de rejoindre leurs rangs de chats sauvages, malgré son origine domestique. Rusty ne peut plus contenir son excitation, c’est la vie dont il a toujours rêvée.

Rusty rejoint donc le clan, et commence son entraînement. Il se révèle très doué, autant pour le combat que pour se faire des amis, lui qui réfléchit parfois un peu trop au goût de certains. Il découvre rapidement que certains chats cachent des mystères peu avouables. Il lui faudra apprendre à démêler le vrai du faux pour savoir à qui donner sa loyauté.

Mon avis : J’ai été extrêmement surprise du plaisir que j’ai pris en lisant ce roman. Une histoire dont les personnages sont des chats ne m’attirait pas beaucoup, mais finalement, l’auteur a su jouer avec les codes de la fantasy pour les adapter aux chats (l’organisation clanique, l’initiation du guerrier, les cérémonies, les combats), et le rendu est très réussi. Je me suis laissée prendre aux enjeux rencontrés par ce clan, la rivalité avec les autres clans, notamment celui du Clan de l’ombre, les machinations secrètes au sein du clan, la rencontre d’une paria ennemie et la réflexion sur le sort à lui accorder…

Ce fut vraiment une belle lecture, et j’ai hâte de découvrir la suite !

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Chroniques du monde émergé, Licia Troisi

Résumé : La trilogie s’ouvre sur le personnage de Nihal, dans un tome qui lui est consacré, Nihal de la terre du vent. Cette petite fille vit seule avec son père, armurier de métier. Elle est le chef d’une bande d’enfants dont le jeu préféré est de se battre, jeu auquel elle est particulièrement douée et sauvage. Elle rêve de devenir guerrier, même si son père lui répète que les guerriers femmes n’existent pas.

Pour occuper ses ardeurs et soigner son ego mis à mal par un combat perdu contre un apprenti magicien, elle décide d’apprendre la magie auprès de sa tante, Soana, une magicienne très puissante qu’elle ne connaît quasiment pas.

Elle rencontre Fen, un chevalier du vent, ces chevaliers d’élite montés sur le dos d’un dragon, combattants exceptionnels qui dirigent l’armée du monde émergé dans sa lutte contre le Tyran, magicien noir extrêmement puissant qui envahit les royaumes les uns après les autres pour les asservir et les laisser aussi vides et morts que le désert. Nihal comprend d’une part qu’elle est amoureuse de lui, même si c’est un amour à sens unique car il est le compagnon de  sa tante, et d’autre part qu’elle veut éperdument devenir chevalier du vent. roman fantasy dragon combat adolescent

Impressionné par l’ardeur au combat de la jeune fille, le chevalier accepte de l’entraîner chaque fois qu’il vient voir sa bien-aimée Soana. Nihal s’entraîne assidument même quand il n’est pas là.

Pendant qu’elle fait son apprentissage, sa cité est attaquée par l’armée du Tyran composée de fammins, ces créatures d’horreur que le magicien a fabriquées pour servir ses sombres desseins. Nihal essaie de sauver son père, mais l’armée est la plus rapide, et lorsqu’elle arrive à l’armurerie, son père meurt sous ses yeux, elle-même est blessée et manque de mourir. Pendant la bataille, un fammin l’a qualifiée de semi-elfe. Aussi dès qu’elle reprend conscience, elle demande à sa tante Soana de lui fournir des explications. Elle comprend alors que Livon n’était pas son vrai père et qu’elle est la dernière survivante d’un peuple massacré par le Tyran, les demi-elfes. C’est de là que lui viennent ses yeux violets et ses cheveux bleus. La jeune fille sent une rage terrible envahir son cœur, un désir de vengeance irrépressible.

Elle va alors tout faire pour devenir chevalier du vent, bravant les interdits et les tabous. Puis, elle se battra avec une violence et une rage telles qu’elles la pousseront à prendre tous les risques. Heureusement, son maître chevalier et Sennar, l’apprenti magicien devenu entre temps puissant conseiller mais aussi un ami très cher, l’aideront à lutter contre ses démons intérieurs, et à découvrir ce qui peut faire d’elle un vrai guerrier.

Mon avis : C’est une très belle saga de fantasy. L’intrigue est un peu longue à se mettre en place, mais elle est ensuite parcourue par un puissant souffle épique. La lecture m’a parfois donné de vrais frissons tellement les combats sont intenses, le personnage intègre et téméraire. J’ai apprécié de voir l’évolution du personnage principal, ses parts d’ombre. J’ai adoré certains personnages secondaires comme son maître chevalier. Certaines scènes m’ont fait jubiler (le combat qu’elle mène pour entrer à l’académie par exemple !). C’est donc une magnifique série de fantasy, tout à fait adaptée aux ados, mais en même temps digne des grands titres du genre. Un roman à conseiller à ceux qui aiment lire, car c’est quand même une trilogie de plus de 900 pages en tout.

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amitié pervers narcissique

Respire, Anne-Sophie Brasme

Résumé : Charlène est une enfant un peu solitaire. Elle a eu une amie très proche en primaire, et lorsque celle-ci a déménagé, elle s’est retrouvée seule. La vie à la maison n’est pas facile, ses parents ne s’entendent plus mais refusent le divorce, par conviction. L’ambiance est donc froide et sans affection. amitié pervers narcissiqueElle n’a quasiment pas d’amis en 6ème et pendant l’été qui précède la 5ème, elle décide de changer, de s’affirmer, et de tout faire pour être enfin vue et appréciée. Malheureusement lorsqu’elle arrive au collège le jour de la rentrée, une nouvelle élève est là, Sarah, dont le magnétisme attire tous les regards et fascine tous ceux qui l’entourent. Charlène retrouve l’anonymat et l’indifférence sans les avoir quittés autrement que dans es rêves. Elle se renferme sur elle-même et désespère. Un jour pendant le cours de sport, elle laisse son asthme prendre le dessus, et ne s’arrête pas de courir, alors même qu’elle sent qu’elle est en train de s’étouffer. Elle est hospitalisée d’urgence. Elle n’avoue à personne que cet accident n’en est pas vraiment un. Un jour, la porte de sa chambre s’ouvre sur Sarah, cette jeune fille lumineuse et merveilleuse. Celle-ci lui parle avec une clairvoyance qui émeut Charlène jusqu’aux larmes, enfin quelqu’un qui la comprend, et lui propose d’être son amie. Commence pour Charlène une période extraordinaire, où l’amitié avec Sarah prend toute la place, où enfin elle a le sentiment de vivre. Seulement sous la lumière, Sarah cache une personnalité bien plus complexe et dangereuse, et insidieusement, elle resserre son filet autour de la fragile Charlène. L’amitié devient alors une prison dont Charlène est incapable de s’échapper.

Mon avis : Ce roman est terrifiant. Dès le début on sait que l’histoire va mal se terminer car lorsque nous faisons sa connaissance, la narratrice est en prison. Elle remonte pour nous l’histoire de sa vie et nous explique ce qui s’est passé pour qu’elle termine ici. Nous sommes donc habités d’un malaise tout au long de l’histoire, alors même qu’elle nous décrit des moments d’intense bonheur. On sent que derrière cette euphorie il y a une fêlure, un danger sournois. Et lorsqu’il se révèle, on est terrifié par la méchanceté et la violence psychologique mises en œuvre.

Ce roman est court, moins de 200 pages en poche. Cependant je ne le recommande que à partir de 15 ans car il faut à mon avis une grande maturité pour lire et comprendre cette violence psychologique et cette manipulation. Pour ma part j’en garde un beau souvenir car l’écriture est d’une grande qualité, mais également un sentiment de malaise car je n’aime pas ce type de méchanceté.

Les mille visages de notre histoire, Jennifer Niven

Résumé : Il y a deux narrateurs dans cette histoire, qui raconte leur vie tour à tour. D’un côté on rencontre Libby. Elle entre en classe de première au lycée. Elle a perdu sa mère 6 ans auparavant, brutalement, d’une rupture d’anévrisme. Pour se protéger de la terrible douleur de cette mort, elle a mangé énormément, sans s’arrêter, sans cesse et est devenue énorme. Tellement énorme que dans les six derniers mois elle n’a plus pu sortir de son lit et qu’elle a finalement dû être évacuée de chez elle par les pompiers qui ont détruit le mur extérieur de sa maison et l’ont sortie avec une grue. Elle a ensuite été soignée, coachée, aidée, elle a parlé, extirpé sa peur, sa coroman adolescents obésité amitié amour harcèlementlère, sa douleur. Elle a perdu 136 kilos. Depuis cette époque, elle n’est pas retournée à l’école et a suivi sa scolarité à la maison, aidée de son père, homme merveilleux, encourageant et aimant qui l’a toujours soutenue. La voici prête maintenant à affronter le retour à la vie collective, au lycée, à affronter les regards de ceux qui la verront toujours comme « l’ado la plus grosse des Etats-Unis », à affronter les moqueries sur son obésité. Mais Libby a un tempérament de fer, et elle est bien décidée à ne pas se laisser atteindre. De l’autre côté on rencontre Jack. C’est un lycéen qui a du charme et sait en jouer, est connu au lycée, a une petite amie et pas mal de potes. Mais il cache un très douloureux secret : il est atteint de prosopagnosie, qui est un trouble neurologique empêchant de reconnaître les visages, même ceux des personnes qui lui sont le plus proches (ses parents, ses frères, sa petite amie…). Il cache ce problème à tout le monde, sa famille, ses amis. Personne ne sait sauf lui. Il a mis en place des stratégies pour réussir à identifier son entourage sans trop de difficultés, mais la vie est terrible pour lui, car il avance perpétuellement dans une foule d’inconnus et craint sans cesse de se tromper.

On suit leurs parcours au milieu de la vie lycéenne, de ses difficultés, de ses péripéties. Je n’en dis pas plus pour ne pas enlever le plaisir de la découverte aux futurs lecteurs…

Mon avis : J’ai adoré ce roman que j’ai lu en une soirée. Les personnages sont généreux, ils rencontrent des difficultés, essaient de bien se comporter et voient que ce n’est pas toujours si facile. Ils veulent vivre leur vie, être heureux. J’ai aimé cette description de l’adolescence car je l’ai trouvée très juste. Les personnages sont entiers, pleins d’ardeur, mais aussi de craintes et d’angoisses.

Je conseille cette lecture à partir de 13 ans pour des lecteurs assez aguerris car la double narration et les 480 pages peuvent rebuter les petits lecteurs.

La Passe-miroir, Christelle Dabos

Résumé : L’univers dans lequel se passe cette série correspond à la planète terre, mais qui aurait eu de gros soucis. En effet, une grande partie de la planète s’est « effondrée » et a disparu dans l’espace pour ne laisser plus que la place à des arches. Ce sont des sortes de petits pays qui flottent dans l’espace. Chacun est régi par un Esprit de Famille, personnage immortel, extrêmement puissant, mais un peu amnésique. Les familles qui peuplent les arches sont pourvues de pouvoirs magiques, et chaque arche a sa spécialité.roman feunesse fantastique

L’histoire débute sur l’arche Amina, dont la famille a des pouvoirs sur les objets. L’héroïne est une jeune fille, Ophélie, qui a deux pouvoirs : celui de « lire » les objets en les touchant, dès qu’elle touche un objet, elle a accès aux pensées des personnes qui l’ont touché avant elle, depuis le moment présent jusqu’à la création de l’objet, et celui de passer à travers les miroirs. Elle est maladroite, perpétuellement enrhumée, pas du tout coquette. Elle n’a comme seul intérêt que son musée où elle rassemble le plus d’objets possibles. Elle ne s’intéresse pas du tout aux hommes, bien au contraire, elle s’arrange pour faire échouer tous les mariages que sa famille essaie d’organiser pour elle. Mais brutalement sa vie entière va être bousculée, lorsqu’elle reçoit l’ordre d’épouser un homme originaire de l’arche du Pôle Nord, Citacielle. Elle comprend rapidement que cette fois-ci elle n’a pas le choix, l’ordre venant de très haut. Quand son promis arrive, Thorn, il se montre froid, brutal, impoli, et veut rentrer chez lui, accompagnée par Ophélie, à peine quelques heures après son arrivée. La jeune fille est alors propulsée dans un monde très différent du sien, l’arche du pôle, où tout est artifice, mensonge, ruses de cour, manipulations politiques. Son promis est extrêmement désagréable avec elle. Les pouvoirs des familles qui peuplent cette arche sont terrifiants, et l’usage qu’ils en font, tout autant. Mais Ophélie, sous ses airs de petite chose fragile et enrhumée, possède une volonté de fer, et un caractère indomptable. Elle va faire preuve de sa personnalité, gagner l’estime et peut-être plus, de son futur époux, et s’imposer dans cet univers terrible. Seulement, elle ne sait pas encore qu’elle est au cœur d’un complot aux conséquences bien plus terribles et engageant non moins que les puissants du monde entier et une entité mystérieuse dont on se demande si elle n’est pas à l’origine de ce monde si étrange.

Mon avis : J’ai adoré cette série, j’attends le dernier tome avec impatience. J’ai aimé l’originalité de l’histoire, de l’univers, des personnages. Les personnages sont très loin des clichés habituels de la beauté, l’élégance, des bonnes manières etc…, la magie de cet univers ne passe pas non plus par une formation, des sorciers, des mages etc… Le monde où se passe l’action est très différent de ce dont on a l’habitude, et relativement complexe. Rien que la couverture du roman est déjà extrêmement attractive et m’a convaincue de commencer à lire, avec cette sorte de ville flottante en forme de spirale.

Je recommande vivement cette lecture, pour d’assez bons lecteurs cependant car justement toute cette originalité peut déboussoler les lecteurs les plus fragiles. Je pense qu’on peut lire cette série à partir de 13 ans environ.

Le dernier Orc, Silvana de Mari

C’est un très beau roman de fantasy. Il se situe dans la suite d’un autre roman de l’auteure, mais je pense qu’on peut le lire indépendamment sans trop de difficultés.

On rencontre un jeune garçon, Rankstrail. Quasiment mutique, très fort physiquement, il voue un amour intense à sa famille, qu’il va essayer de protéger par tous les moyens possibles. Cela commence par aider sa mère à porter le linge qu’elle lave pour gagner un peu d’argent, puis par braconner pour nourrir la famille, et enfin par s’engager comme mercenaire afin d’envoyer l’argent de sa solde à sa famille et leur permettre ainsi de survivre. Mais ce n’est pas un simple gamin des rues, car un homme savant lui apprend à lire, à compter, et lui raconte l’histoire de leur pays, la stratégie guerrière…roman fantasy adolescents

En tant que mercenaire, Rankstrail se fait immédiatement remarquer et respecter pour ses immenses qualités de pisteur, son odorat, son ouïe, et son sens inné de la façon dont on dirige une troupe et dont on se fait respecter de ses hommes. Il les sauve de quantités de situations dangereuses et se hisse peu à peu au rang de chef.

On le suit ensuite dans ses aventures guerrières, notamment contre l’invasion des Orcs, principal danger menaçant le pays. Il croise ensuite le chemin de Yorsh, le dernier des elfes, et de son épouse, Robi. Tous ces destins parviendront peu à peu à modifier la donne, et à redonner l’espoir à un pays pris entre le joug intolérable d’un Juge-Administrateur mégalomane, sadique et dangereux, et les invasions meurtrières du peuple des Orcs.

Mon avis : j’ai adoré cette lecture. C’est de la fantasy d’une grande qualité, et très ambitieuse pour un public adolescent. Certaines scènes de violence réserveront ce roman aux ados âgés d’au moins 13 ans. Le roman est sous-tendu par des idées particulièrement intéressantes qu’il met en scène de façon subtile et passionnante. J’en ai retenu deux. La première est que chaque individu peut s’affranchir de son ascendance, qu’on est soit-même, quelque soit la famille dont on vient, quelques soient nos origines et les actions de nos parents. Ce sont nos actes qui nous définissent. La deuxième est que pour construire la paix il faut mener deux combats, l’un avec les armes contre les ennemis, l’autre avec l’économie contre la pauvreté, la maltraitance, l’ignorance. Les personnages sont complexes, nuancés, le rythme est soutenu, avec des scènes de combat dignes de grandes épopées. Un grand moment de lecture.

Ma vie sens dessus dessous, S.E. Durrant

Nouveau coup de cœur pour ce roman, que j’ai lu en une soirée au coin du feu.

Ira et son petit frère Zac sont promenés de famille d’accueil en famille d’accueil avant d’arriver au foyer de Skilly House, à Londres. Plutôt méfiants, ils vont découvrir un univers pas si difficile, où les adultes encadrants leur donnent réconfort et quiétude. Ils vivent dans une petite chambre sous les toits. Ira a 9 ans et Zac 7 ans lorsque l’histoire débute. Ils ne connaissent de leur passé qu’une photo un peu floue d’eux avec un chien noir. Ira se sent responsable de son petit frère, elle essaie d’être forte pour deux. Elle le rassure, lui raconte des histoires, le protège. C’est une enfant qui aime écrire des histoires, dessiner.

Le roman raconte leur quotidien dans le foyer, leurs espoirs, leurs craintes, leurs rêves, leurs amitiés avec les autres enfants, la façon dont chacun gère les difficultés de sa vie d’enfant sans famille, voire sans histoire pour certains. Tous ils rêvent de trouver une famille qui les accueillera définitivement, mais comme le dit Ira avec un cynisme tellement triste pour son âge, plus on est vieux, moins on fait envie aux familles adoptives…roman adolescent orphelinat famille d'accueil foyer émotions

Un jour ils vont avoir la chance de partir à la campagne en vacances pendant une semaine chez une ancienne institutrice. Ils reviennent métamorphosés de ce voyage, mais le quotidien leur paraît par contraste encore plus difficile. Mais la vie continue et peut-être un jour s’améliorera-t-elle.

Mon avis : c’est un roman difficile à résumer, car sa saveur ne tient pas tant dans l’histoire et les actions racontées, mais plutôt dans la finesse de la description des pensées et émotions de ces enfants laissés pour compte. J’ai trouvé une grande justesse dans la compréhension et la description des personnages. Ira sait si bien décrypter le comportement de son frère, elle sait lire les émotions cachées sous la surface des actions.

Si ce roman est plein d’émotion, tristes comme joyeuses, pour autant, il n’est pas outrancier comme certains romans jeunesse actuels qui se livrent à une débauche émotionnelle fatigante. Le thème abordé est difficile, mais traité je trouve avec sensibilité. J’ai vraiment aimé cette lecture, qui de plus n’est pas très difficile. En effet, il y a un seul narrateur, le récit est plutôt linéaire. Le roman comporte 200 pages ce qui est raisonnable pour des adolescents moyennement habitués à la lecture.

Verte, Marie Desplechin

Verte vit seule avec sa maman, Ursule. Elle va à l’école, comme tout le monde, vit dans un appartement, comme beaucoup… Mais elle est différente des autres malgré tout, car sa mère est une sorcière. Et chez lroman sorcières primaire collègees sorcières, les pouvoirs se transmettent de mère en fille aînée. Aussi, Verte sait-elle qu’un jour, ses pouvoirs se manifesteront.

Cependant, Verte ne trouve pas ça du tout génial. Devenir une sorcière qui fait des potions qui puent, dans le but de jeter des mauvais sorts, et rester seule toute sa vie ? Non merci ! Elle a envie d’avoir une vie normale. D’ailleurs, ce qui l’intéresse en ce moment, c’est ce garçon à l’école, Soufi. Elle aimerait bien aussi connaître son père, qu’elle n’a jamais rencontré.

Sa mère qui désespère de tirer quelque chose d’elle décide de la confier à sa propre mère, la grand-mère de Verte, Anastabotte, tous les mercredis afin de voir si elle parviendra à lui enseigner quelque chose.

Mon avis : L’histoire est racontée successivement par plusieurs personnages, la mère, la grand-mère, Verte, le garçon… Chacun explique sa façon de comprendre les choses, le rapport à la magie, les relations entre personnages, les émotions de chacun. Ce livre, pourtant court et écrit dans une langue très simple, est en même temps très riche. Il permet de s’interroger sur la famille, la transmission, le libre-arbitre, les préjugés…

Il peut être lu par des lecteurs très jeunes (catégorie à partir de 10 ans sur ce blog car c’est la plus basse, mais de bons lecteurs de 8 ou 9 ans pourront y trouver du plaisir également).

Le troisième vœu, Janette Rallison

Savannah a 15 ans, un petit ami qui est en terminale, dans la même classe que sa sœur. Elle prévoit d’aller au bal de fin d’année avec lui. Sauf que… contre tout attente, son petit ami tombe fou amoureux de sa sœur, et rompt avec Savannah.

Celle-ci est très en colère, et surtout désespérée. C’est alors qu’apparaît dans sa vie une jeune fée, qui se présente comme une Marraine fée débutante. Elle lui donne le droit à trois vœux, pour lesquels Savannah doit signer un contrat. Sans se méfier, Savannah se met à rêver à voix haute, d’un prince, qui la rencontrerait dans un bal, et tomberait amoureux d’elle…. Et crac, la fée l’expédie aussitôt dans la vie de Cendrillon. Sauf que ce n’est pas à franchement parler la Cendrillon de Disney, mais une jeune fille vivant au Moyen-Âge, avec toutes les difficultés que cela comporte. Savannah découvre effarée que le bal aura lieu seulement plusieurs mois plus tard, et qu’elle va devoir travailler comme une forcenée dans un monde sale, injuste et difficile tout ce temps. roman adolescentes amour contes de fées humour suspense histoire

Elle essaie alors de préciser sa pensée à sa Marraine fée, en expliquant qu’elle veut être aimée par un prince bon et elle n’a pas le temps de terminer sa phrase que la Marraine fée l’expédie dans la vie de Blanche-Neige. C’est encore pire. Maintenant elle doit s’occuper de sept nains, qui la prennent pour une idiote finie, incapable de rien comprendre, rien retenir et de rien cuisiner de mangeable.

Savannah en a plus que marre, après 50 appels (il faut dire que sa Marraine fée débutante est une ado qui ne pense à rien d’autre qu’au shopping et ne répond qu’après 36 relances), elle arrive enfin à expliquer à sa Marraine fée qu’il faut qu’elle l’écoute jusqu’au bout lorsqu’elle prononce son voeu, et qu’elle arrête de lui couper la parole. Elle prend donc le temps d’expliquer que ce qu’elle veut, c’est un garçon dans son monde à elle, qui l’aimera pour elle-même et pas juste pour sa figure, qui soit du genre prince charmant (entendez dans la bouche de Savannah, un mec cool, mais que va en comprendre la fée…!!) et qu’elle veut aller au bal de fin d’année avec lui.

Tout va bien, la voici de retour dans sa chambre. Heureuse, elle profite de retrouver sa famille, l’eau courante, l’électricité. Personne ne s’est inquiété de sa disparition, car une heure dans le monde réel correspond à une semaine dans le monde des contes. Sauf que le lendemain, elle apprend qu’un ami à elle a disparu. Elle comprend aussitôt que la fée est responsable. Celle-ci lui avoue alors qu’elle a transporté un garçon du monde moderne au Moyen-Âge, en lui donnant pour mission d’accomplir quelque chose qui fasse de lui un Prince, puisque c’est ce que Savannah veut. Dévorée par la culpabilité Savannah va trouver une solution pour se faire transporter là-bas, afin de lui venir en aide. Ses aventures (et mésaventures) sont loin d’être terminées…

Mon avis : Je n’ai pas du tout accroché au début du roman, j’ai failli arrêter, c’est pour dire. La vie de Jane et Savannah dans le monde réel n’a rien de très palpitant. Par chance je me suis accrochée, et bien m’en a pris, car la suite est délicieuse. Je me suis beaucoup amusée des déboires de Savannah dans le monde des contes de fées. Sa prise de conscience des difficultés de la vie au Moyen-Âge est très bien racontée, et on rigole beaucoup. De même avec sa relation avec cette horripilante Marraine fée qui semble prendre un malin plaisir à mal interpréter ses vœux. Ce fut donc finalement un très chouette moment de lecture, pour un roman un peu à l’eau de rose, mais en mode humoristique, avec du suspense, une petite pointe de littérature par le jeu de réécriture des contes, et une encore plus petite pointe d’histoire.

A recommander à des adolescents qui aiment quand même bien lire car c’est un joli petit pavé, et le brouillage des époques et des personnages peut en perturber plus d’un.

Ceux qui sauront, Pierre Bordage

Une uchronie est un roman mettant en scène notre monde géographiquement identique, mais historiquement modifié. Un événement historique que nous connaissons n’a pas eu lieu et le romancier imagine comment le monde a donc évolué finalement.roman histoire rébellion révolution adolescent ado

Dans Ceux qui sauront, Pierre Bordage imagine que les royalistes ont renversé la IIIème République. Toutes les avancées obtenues suite aux différentes révolutions en France sont annulées. La monarchie gouverne depuis Versailles, la police royale rode et arrête tous les supposés agitateurs et opposants, et surtout les gens du peuple qui auraient le mauvais goût de se rebeller. Nous sommes en 2008, mais à cause de la monarchie, le monde a peu évolué, et surtout les inégalités sont criantes.

L’instruction est interdite aux classes défavorisées, internet est bridé et réservé aussi à l’élite. Les nobles vivent dans le luxe et profitent des progrès technologiques pendant que le peuple a des conditions de vie atroces.

Mais certains ne veulent pas de ce monde injuste. Un réseau clandestin essaie d’apprendre au peuple les rudiments du savoir. C’est dangereux, ils sont considérés comme des terroristes. Ce réseau publie également sur internet des informations sur la situation dans le monde, permet aux gens de communiquer alors qu’ils n’en ont pas le droit.

Les personnages du récit sont d’un côté Clara, riche héritière, promise à un mariage forcé avec un riche prétendant, et de l’autre, Jean, fils d’une famille pauvre, qui apprend à lire clandestinement, malgré les dangers. Tous deux rêvent d’un autre avenir que celui auquel ils sont destinés. Un événement inattendu va bouleverser leur vie, les faire se rencontrer et croiser peut-être l’espoir.

Mon avis : Ce roman est le premier d’une trilogie passionnante. J’ai vraiment beaucoup aimé (j’hésite presque à la classer en coup de cœur, je verrai quand j’aurai terminé la trilogie), et mes élèves aussi. Il est à réserver aux adolescents à partir de 13 voire 14 ans, car il faut une certaine maturité pour comprendre les enjeux de l’uchronie. De plus, suivre deux histoires croisées peut être un peu difficile pour les petits lecteurs. Il est plutôt épais (440 pages), donc à réserver à ceux que cela n’effraie pas.

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Hors de moi, Didier van Cauwelaert

On m’a prêté récemment ce tout petit roman de Didier van Cauwelaert. Cet auteur a un nom imprononçable, mais écrit des choses vraiment sympas. C’est souvent facile à lire, avec un style léger mais pourtant des intrigues solides et des thèmes importants. De bonnes lectures détentes !

un roman plein de suspense avec une intrigue haletanteDans ce roman, le héros, Martin Harris se réveille à l’hôpital à Paris après six jours. Le taxi qu’il avait emprunté a refusé la priorité à un camion et est tombé dans la Seine. Heureusement, sa conductrice, Muriel, a réussi à s’extirper de la carcasse, et à remonter son client à la surface. A son réveil, elle propose à son client de le ramener chez lui. Il accepte. Seulement, une fois face à sa porte d’entrée, une surprise de taille l’attend. Un autre homme est dans son appartement, il porte son pyjama, et sa femme, Liz, l’appelle « Martin ». Personne ne le reconnaît, cet autre homme est capable tout comme lui de raconter les évènements de sa vie, la mort de son père, les souvenirs de famille, la teneur de ses recherches secrètes en botanique. Robert se démène pour confondre l’imposteur, alors que tout semble se liguer contre lui. Mais quel est l’intérêt d’une telle machination ? Pourquoi sa femme avec qui il partageait une belle relation est-elle complice ? Comment est-il possible que quelqu’un d’autre en sache autant sur sa vie intime, ses souvenirs personnels ?

C’est un roman court et haletant. On rentre dans l’intrigue très rapidement, et on se demande vraiment quelle est la clé du mystère. Le personnage est attachant, son désarroi m’a beaucoup touchée. On se prend à souhaiter qu’il réussisse à confondre l’imposteur, tout en se demandant qui au fond est réellement l’imposteur et comment une telle situation est possible. C’est donc un roman très facile à lire, plein de suspense. On le dévore jusqu’à la dernière page sans avoir envie de le poser un instant. Une amie à qui il avait été prêtée est revenue très fâchée le lendemain. Le livre l’avait tellement tenue en haleine qu’elle avait lu toute la nuit pour le terminer et n’avait presque rien dormi. Et oui, la lecture est une activité dangereuse et à hauts risques !

Je le recommande pour de grands ados, capable de se mettre dans la peau d’un héros adulte. A partir de 15 ans.

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Cœur d’encre, Cornelia Funke

Meggie a douze ans, elle vit avec son père Mo. Ils vivent de façon un peu marginale. Son père est relieur, il répare les livres anciens, leur refait une couverture. C’est un passionné de bouquins, et il a transmis sa passion à sa fille. Ils vivent à l’écart du monde, dans une vieille maison. Meggie l’accompagne dans tous ses voyages, même si cela l’oblige parfois à rater l’école.roman cornelia funke magie lecture

Un jour, un homme très étrange vient voir son père, un homme que l’on appelle Doigt de Poussière. Meggie les écoute en cachette, il parle d’un danger, d’hommes qui pourraient les poursuivre, d’un livre qui serait recherché. Alors, Meggie et son père partent en voyage pour fuir ce danger, emportant secrètement un livre que Meggie n’a jamais vu. Ils vont se réfugier chez la tante de Meggie, Elinor, une vieille fille qui ne vit que pour ses livres, qu’elle possède par milliers, protège jalousement, et semble aimer bien plus que les êtres humains. Là ils pensent être en sécurité. Malheureusement, ils vont découvrir que ce n’est pas le cas : le livre qu’ils cherchaient à protéger est volé, et le père de Meggie kidnappé.

C’est alors que l’on découvre le secret de Mo, le père de Meggie. Il est une « langue magique », c’est-à-dire qu’il a la capacité à faire sortir des éléments de l’histoire d’un livre lorsqu’il le lit à voix haute. Mais cette capacité fonctionne aussi à l’envers. C’est ainsi que lorsque Meggie était toute petite, sa mère a disparu dans un roman d’aventures, alors que des personnages, malheureusement fort antipathiques, en sont sortis. Ce sont eux qui, s’étant parfaitement adaptés au monde dans lequel ils ont atterri, qui kidnappent Mo, dans l’espoir d’exploiter son don à leur profit.

Meggie se lance alors avec sa tante et Doigt de Poussière, fort opportunément resté dans les parages, à la poursuite des ravisseurs de son père. Commence une formidable aventure.

Mon avis : c’est un roman tout à fait sympathique, plaisant à la lecture. J’aime beaucoup le personnage d’Elinor, qui vient mettre un peu de relief dans l’histoire. Le thème m’a beaucoup plu, cette idée de pouvoir entrer ou sortir d’une histoire. Le roman est cependant assez long à lire, il faut donc le réserver à des ado bons lecteurs et fan de ce type de littérature.

A cœurs ouverts, Jessi Kirby

Si vous avez aimé le roman Nos étoiles contraires, je suis quasi sûre que vous allez adorer celui-ci également. Voici une magnifique histoire sur l’amour, le deuil, la famille…roman amour adolescents ado

Emily a 18 ans. Depuis 400 jours, elle pleure la mort de son petit ami, Matt. Ils étaient en couple depuis leurs 14 ans, pour elle, il était l’homme de sa vie. Depuis sa mort elle ne fait que pleurer, elle ne vois presque plus ses amis, elle n’est pas allée à la fête de fin du lycée (ça se passe aux Etats-Unis), elle ne s’est pas inscrite à la fac, elle ne fait plus de sport, elle qui était dans l’équipe d’athlétisme de son lycée.

Matt est mort brutalement, d’un traumatisme crânien renversé par une voiture. Aussi, ses parents ont-ils fait le choix de donner ses organes pour sauver d’autres vies. Emily les accompagne pour rencontrer les personnes qui ont reçu ces dons. Cela l’aide à avancer dans son deuil. Mais l’un d’eux refuse de répondre à la demande, et ne répond pas à sa lettre, celui qui a reçu le cœur de Matt. Emily ne peut s’empêcher de penser à lui, d’attendre sa réponse. Presque obsédée, elle mène des recherches et finit par découvrir son identité. Il habite au bord de l’océan, à seulement 50 km. Elle se rend là-bas, en se faisant la promesse de juste le regarder, de ne pas chercher à l’aborder. Mais une fois sur place, les choses ne se passent pas exactement comme prévu…

Mon avis : j’ai passé un très beau moment de lecture avec ce roman, c’est vraiment un coup de cœur. J’ai été très émue par ce deuil, par cette presque veuve de 18 ans, par l’amour dont sa famille l’entoure dans cette épreuve. Les sentiments sont forts, vrais. Emily ne sait comment avancer, elle ne sait pas même si elle a le droit d’avancer, de commencer à moins penser à Matt. Ses sentiments évoluent, ils sont décrits de façon complexes. Le roman est également très intéressant lorsqu’il s’intéresse au vécu de la personne qui reçoit le don d’organe, lui permettant ainsi d’avoir une nouvelle vie, mais oh combien contraignante.

Je classe ce roman dans mes coups de cœur. Je le recommande à partir de 13 ans au moins, pour d’assez bons lecteurs car il est un peu long (336 pages).

Le Clan des Otori, Lian Hearn

L’histoire se passe dans un Japon féodal imaginaire, et nous plonge dans les intrigues de seigneurs guerriers de la contrée des Trois Pays. Nous rencontrons Tomasu, jeune garçon vivant dans un village d’Invisibles. Ces gens croient en un dieu unique qui prônerait que tous les hommes sont égaux. A cause de cela, ils sont persécutés par le Seigneur Iida Sadamu, chef du clan des Tohan. Pendant une sortie de Tomasu, tout son village est massacré. En revenant, il se retrouve face au terrible Iida, et parvient, quasiment par hasard, à le désarçonner. Il se fait là un ennemi mortel. Il prend la fuite car il sait que désormais sa mort sera lente et douloureuse. Par chance, il croise la route de Shigeru des Otori, un seigneur guerrier d’un clan opposé à celui d’Iida. Tous deux fuient dans l’incognito. Shigeru ramène Tomasu chez lui, lui donne le nom de Takeo, et décide de prendre en charge son éducation dans le but de l’adopter.

 Tous murmurent en effet que le garçon ressemble au frère de Shigeru, mort dans une bataille l’opposant à Iida, suite à laquelle les Otori ont perdu de nombreuses terres. Takeo découvre que si Shigeru Otori l’a trouvé et recueilli, ce n’était pas par hasard. Il semble connaître mieux que lui ses origines, et lui en dévoile peu à peu les secrets. Takeo apprend alors que par son père, il est l’un des descendants de la Tribu, groupe secret, sorte de guilde d’assassins et d’espions dont les membres possèdent des dons particuliers. Ainsi, Takeo a une ouïe sur-développée, il est capable d’endormir les chiens du regard, il apprend à se dédoubler, à se rendre invisible… Shigeru lui demande de développer ses dons au maximum. Takeo comprend que Shigeru a une mission secrète à lui demander, mission dont les intérêts rejoignent les siens : se venger d’Iida. Mais les influences sont nombreuses et parfois contradictoires, cette mission semble difficile à mener à bien.

Le Clan des Otori est une magnifique fresque historique. L’univers n’est pas strictement celui du Moyen-Age, certaines villes sont inventées, l’histoire véritable du Japon n’est pas respectée à la lettre. Cependant, on découvre vraiment les codes de ce peuple guerrier, la Tribu évoque l’imaginaire des ninja, il y a des références à la peinture traditionnelle du Japon, sa calligraphie, ses monastères… Les personnages sont fascinants, pleins de complexité. On découvre la profondeur de leur caractère petit à petit en avançant dans la lecture. Le héros a une personnalité extraordinaire, partagée entre une force exceptionnelle mais aussi beaucoup de faiblesse. J’ai vraiment beaucoup aimé toute la série. De plus, j’apprécie particulièrement que chaque roman se clôture d’une certaine façon. On a bien sûr envie de lire la suite pour connaître toute l’histoire du clan des Otori dont Takeo est désormais l’héritier, mais si on se fatigue de la lecture, on peut s’arrêter sans trop de frustration. Pour ma part, j’ai adoré les quatre tomes (l’auteur en a écrit un cinquième, racontant les évènements précédents le début du premier tome et notamment ceux conduisant à la mort du frère de Sire Shigeru des Otori. Je ne l’ai pas encore lu, mais ça ne saurait tarder !). Les personnages s’enrichissent tout au long de la saga, on découvre de nouvelles dimensions de cet univers, notamment dans le tome 4 où l’empereur s’intéresse soudainement aux actions de Takeo. Bref, passionnant !

Je recommande cette série à des adolescents plutôt très bons lecteurs. Ceux qui sont passionnés du Japon seront aux anges, mais les autres aussi tellement l’écriture est entraînante et les personnages intéressants. A réserver aux adolescents les plus âgés, car la culture du Japon médiéval est assez violente et certaines scènes peuvent choquer.

Sur le site de la FNAC

Tom petit Tom tout petit homme Tom, Barbara Constantine

Tom a 11 ans. Il vit avec sa maman, Joss, qui en a à peine 25. Elle l’a eu alors qu’elle était encore au collège. Il ne connaît pas son père.roman ado pauvreté

Tous les deux vivent dans une caravane à la campagne, ils sont très pauvres, volent la moitié de leur nourriture dans les potagers des maisons voisines, attrapent des merles pour les manger. Joss fait des petits boulots à droite à gauche pour essayer de survivre, mais elle a du mal à les garder. Elle est assez impulsive, pas trop réfléchie, parfois violente. Elle a du mal à s’en sortir dans la vie, les hommes n’en veulent qu’à ses seins (ce qui la gonfle prodigieusement), elle n’a aucun diplôme. Pourtant elle a de la volonté, et essaie d’économiser pour accomplir ses rêves.

Tom est très débrouillard, il sait se faire à manger, il se gère souvent seul surtout quand sa maman sort tard le soir, voire part quelques jours en week-end avec des amis.

Il va faire la connaissance de deux autres âmes en perdition, Madeleine, une vieille dame de 93 ans, solitaire, à moitié décrépie, et Samy, un ex-copain de sa maman, ex-taulard, solitaire lui aussi. La première va lui apprendre à faire du potager, le deuxième discute longuement avec lui, de tout et de rien.

Les uns et les autres apprennent à se connaître, à se comprendre. Ils vont découvrir que à plusieurs, la vie est plus facile, plus douce.

Mon avis : J’ai beaucoup aimé ce roman, tendre et tranquille. Les situations décrites sont difficiles, mais elles sont racontées avec relativement de pudeur. Nous ne sommes pas dans la débauche de sentiments que l’on trouve parfois en littérature jeunesse. D’ailleurs, cette pudeur peut rendre le roman un peu compliqué pour les lecteurs les plus en difficulté, car il faut comprendre les sous-entendus de certaines paroles, déduire des informations. Cependant cela reste une lecture assez facile et abordable, à partir de 12 ans environ. Le roman fait 250 pages.

Sur le site de la FNAC

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